Le premier protocole complet
pour lutter contre les pires
maladies de l’hiver
LE REMPART
ANTI-VIRUS

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SOMMAIRE
LES AUTEURS DE CE LIVRE ........................................................................................................... 2
MON PREMIER HIVER SANS TOMBER MALADE par le Dr Eric Ménat ..................... 4
DE LA GRIPPE À LA COVID, ÉVITER ET PRÉVENIR LES INFECTIONS RESPIRATOIRES par le Dr Eric Ménat.................................................................................... 41
LES PRODUITS DE LA RUCHE POUR UN HIVER SANS MALADIE par le Dr Eric Ménat.................................................................................................................... 146
BOOSTEZ VOTRE TERRAIN IMMUNITAIRE : 13 STRATÉGIES QUI MARCHENT ! par Christian Brun ....................................................................................................................... 210
AYURVÉDA : CES 12 PLANTES « CHAUFFANTES » REPOUSSENT LE FROID EN HIVER par Kiran Vyas ................................................................................................................. 228
BAS LES MASQUES ! LES SOLUTIONS DE LA MÉDECINE CHINOISE CONTRE LA COVID-19 par Jean Pélissier .................................................................................................... 244
COMMENT LE STRESS DU 21ÈME SIÈCLE AFFAIBLIT VOTRE IMMUNITÉ par le Dr Michel Frey .................................................................................................................. 259
MALADIES AUTO-IMMUNES : LA RÉVOLUTION NUTRITIONNELLE ! par le Dr Antonello D’oro......................................................................................................... 269
DOULEURS ARTICULAIRES : EXPLOREZ LA PISTE INTESTINALE par le Dr Antonello D’oro......................................................................................................... 287
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LES AUTEURS DE CE LIVRE
Ce livre a été écrit par six des plus grands spécialistes de l’immunité. Retrouvez leurs recommandations pour rester en forme tout l’hiver, éviter d’attraper maladies et virus et renforcer votre immunité.
Christian Brun. Naturopathe et enseignant dans la prestigieuse école de formation le CENATHO-Paris
Le Dr Ménat. Médecin homéopathe, nutritionniste et phytothérapeute, spécialiste du cancer et des infections froides, Éric Ménat est aussi enseignant à la faculté de médecine de Paris XIII.
Kiran Vyas. Considéré comme le plus grand spécialiste de l’ayurvéda en France, Kiran Vyas est conférencier et auteur de nombreux ouvrages sur l’ayurvéda, le yoga, le yoga des yeux, le massage, la cuisine indienne. Il a fondé il y a plus de 30 ans les centres Tapovan à Paris et en Normandie.
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Jean Pélissier. Après plus de 30 ans de pratique de la médecine chinoise en cabinet, Jean Pélissier se consacre actuellement à l’enseignement d’un des grands pans de la médecine chinoise, à savoir les méthodes de prévention. C’est aussi un excellent conférencier, un enseignant pédagogue et l’auteur de plusieurs ouvrages sur la MTC.
Dr Michel Frey. Docteur en médecine, il est spécialiste des questions de vieillissement et de fertilité. Durant ses années de pratique au service des armées, il a étudié l’impact négatif du stress sur l’organisme et a développé un protocole adapté pour y répondre. Michel Frey est également diplômé de médecine traditionnelle chinoise et auteur de nombreux ouvrages de référence dans ce domaine.
Dr Antonello D’Oro. Médecin spécialiste en rhumatologie, formé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, il exerce cette spécialité depuis
15 ans à Genève.
Les propos et points de vue exprimés dans ce livre n'engagent que leur auteur. Aucun des auteurs ne saurait être tenu solidaire des propos qui ne lui sont pas attribués.
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MON PREMIER HIVER SANS TOMBER MALADE
par le Dr Éric Ménat
Si un jeune médecin lit ces lignes, il y trouvera un sage conseil au moment d’ouvrir son cabinet. La meilleure façon de « fidéliser » ses patients, ce n’est pas forcément de leur signer une ordonnance dès qu’ils la demandent… Il y a beaucoup, beaucoup mieux. Surtout lorsque l’hiver pointe son nez.
La prévention des infections hivernales a été pour moi la première preuve indiscutable de l’efficacité des médecines naturelles et d’une prise en charge globale des patients.
En tant qu’homéopathes, de nombreux patients viennent nous consulter parce qu’ils sont fragiles l’hiver et en ont assez de prendre des antibiotiques tous les mois.
Au départ, la demande est surtout de pouvoir remplacer les antibiotiques par des thérapeutiques plus naturelles, mais au final ils se rendent compte qu’ils n’ont même plus besoin de prendre ce type de traitements, car ils sont de moins en moins malades.
Quand je me suis installé, cette efficacité manifeste des traitements de prévention a été très encourageante pour moi, car elle m’a permis d’avoir des patients très fidèles. Les bénéfices qu’on peut retirer de la prévention hivernale sont tels que la majorité des personnes reviennent l’année suivante pour recommencer cette prévention, et en général elles incitent leurs proches qui sont dans la même situation à consulter.
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Depuis près de 30 ans que j’exerce, j’ai pris habitude de toujours demander à mes patients s’ils sont fragiles l’hiver et s’ils veulent mettre en place une prévention, car je sais que c’est à la fois simple et efficace et qu’ils seront ravis des avantages que cela leur procure.
Heureusement, tout le monde ne présente pas une telle fragilité et n’a pas besoin de cette prise en charge. Mais quand c’est le cas, il est important d’en comprendre les causes, car elles sont multiples.
Les règles d’hygiène de vie, l’alimentation, la flore intestinale, le système immunitaire… de nombreuses pistes doivent être envisagées pour obtenir de bons résultats. Il ne s’agit évidemment pas de prendre juste deux comprimés de vitamine C !
Comment fonctionne notre système immunitaire
Le but de notre système immunitaire est de contrôler les interactions entre un organisme et son environnement dans le but d’assurer « l’intégrité́ » de cet organisme. En effet, nous vivons dans un monde rempli de microbes et autres éléments potentiellement agressifs, et en même temps, sans cet environnement qui stimule et fait murir notre immunité, nous serions bien plus fragiles.
Notre système immunitaire doit donc nous permettre de cohabiter avec tous ces micro-organismes que nous croisons ou que nous hébergeons :
• Flore saprophyte de la peau ou des muqueuses
• Flore du système digestif (de la bouche au rectum)
• Germes pathogènes qui voudraient proliférer dans notre organisme, etc.
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Ce système de défense doit aussi nous protéger contre des molécules, des corps étrangers et même des tumeurs. Il doit donc être capable de différencier les cellules ou molécules du « soi » qui doivent donc être respectées et les « étrangères » qui doivent être éliminées.
Pour cela, le système immunitaire est divisé en plusieurs parties. On distingue :
• Le système immunitaire inné : commun à tous les animaux
• Le système immunitaire adaptatif : exclusivement chez les vertébrés.
Ce système agit essentiellement grâce aux globules blancs dont les principaux acteurs sont :
• Les monocytes qui donnent les macrophages, les cellules qui vont tenter d’absorber tous les éléments que le système immunitaire veut éliminer
• Les polynucléaires, qui ont différentes fonctions
• Les lymphocytes qui, au final, sont le coeur de notre système de défense.
Ces différentes cellules nous amènent à distinguer deux grandes fonctions :
• L’immunité humorale
• L’immunité cellulaire
Notre première ligne de défense reste les macrophages qui vont « manger » tout ce qui paraît étranger, mais cette défense innée est grossière, lente et sans mémoire.
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La nature a prévu des lymphocytes qui vont permettre des réactions immunitaires plus rapides, plus complètes également et nous offrir une mémoire cellulaire nous permettant d’être « immunisé » contre diverses maladies.
C’est surtout l’immunité humorale qui est la responsable de ce système, grâce aux lymphocytes B. C’est ce système qui va lutter contre les microbes et nous défendre l’hiver en fabricant des anticorps appelés aussi gammaglobulines. Ce sont des « lymphocytes B mémoire » qui vont garder l’image des microbes déjà rencontrés et permettre de fabriquer très rapidement, lors d’un deuxième contact, ces anticorps spécifiques qui empêchent les microbes de se développer. C’est ce même système qui est concerné par la vaccination.
L’immunité cellulaire, elle, est surtout dépendante des lymphocytes T qui vont nous défendre en particulier contre les tumeurs. Ces notions ne concernent pas ce dossier même si certains lymphocytes T vont prendre part aux défenses contre les microbes.
Le système immunitaire au coeur de nos préoccupations
Lorsqu’un patient fait des infections à répétition l’hiver, le premier réflexe est de s’occuper de son système immunitaire. Cela paraît logique… et pourtant, comme nous le verrons, ce n’est pas la seule cause de nos vulnérabilités, ni même la principale !
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En cas de fragilité hivernale, il est nécessaire d’évaluer notre système immunitaire et surtout l’immunité humorale (voir encadré). Le médecin pourra prescrire en particulier :
• Une numération formule sanguine (NFS) qui permet de compter les globules rouges et les globules blancs en différenciant les lymphocytes des autres cellules.
• Une électrophorèse des protéines qui permet de connaître le taux de gammaglobulines, mais aussi d’autres points trop complexes à détailler ici.
Pour aller plus loin, on pourra aussi faire :
• Un profil protidique qui analyse les différentes gammaglobulines impliquées dans les défenses anti-infectieuses (IgM, IgG, IgA).
• Un typage lymphocytaire qui analyse les différents lymphocytes présents dans le sang (dont les lymphocytes B et T).
Ces éléments vont nous permettre d’évaluer les défenses immunitaires globales du patient et ainsi mieux savoir quels traitements proposer.
Sachez que les globules rouges sont également importants, car une anémie va toujours fragiliser le patient et réduire l’efficacité de ses défenses.
Mais au final, le système immunitaire est rarement la principale cause des infections hivernales à répétition.
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L’intestin, un des centres essentiels et parfois méconnus de l’immunité
L’intestin est un des centres les plus importants de notre santé. Les perturbations de la flore (qu’on appelle aussi dysbiose) ou les altérations de la muqueuse intestinale (on parle d’hyperperméabilité intestinale) sont source de nombreuses pathologies allant de la colopathie aux maladies auto-immunes.
Ce que l’on sait moins c’est que l’intestin est un rouage essentiel du système immunitaire. Si notre moelle osseuse fabrique toutes les cellules du sang (globules rouges et blancs en particulier), c’est au niveau de l’intestin que beaucoup d’anticorps sont synthétisés. Par exemple, 80 % des gammaglobulines qui iront défendre nos bronches naissent dans l’intestin, dans une zone particulière de la muqueuse intestinale qu’on appelle les « plaques de Peyer ».
On dit que 60 % des cellules de l’immunité sont basées dans l’intestin. C’est un peu normal, car il reste notre plus grande « barrière » entre l’extérieur et l’intérieur de l’organisme. Et si notre peau est aussi une
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barrière importante, elle est très peu perméable grâce à son épaisseur, tandis que la muqueuse intestinale n’est constituée que d’une seule couche de cellules (les entérocytes), ce qui la rend très fragile et vulnérable.
C’est pourquoi la nature a prévu une flore intestinale (ou microbiote) très importante et un système immunitaire très présent tout au long du tube digestif afin de défendre et protéger la muqueuse et donc notre organisme.
On comprend alors qu’une bonne immunité dépend aussi et peut-être avant tout d’un intestin sain et équilibré.
Au-delà de ses fonctions immunitaires, le tube digestif va jouer un autre rôle dans les infections chroniques. Si la muqueuse digestive est trop perméable, elle va laisser passer des molécules qui n’auraient pas dû entrer dans le sang, entraînant, entre autres, une forme « d’encrassement » de l’organisme.
Et si la flore est déséquilibrée (dysbiose), elle va être à l’origine de putréfactions intestinales, sources de molécules très « encrassantes » de la famille des polyamines et qui répondent aux doux noms de cadaverines ou putrescine (elles entraînent des gaz très malodorants).
Si ces toxines pénètrent dans l’organisme, c’est évidemment une source supplémentaire d’encrassement.
Or, si notre sang véhicule trop de toxines et que les émonctoires principaux (foie et rein) sont trop sollicités, ces toxines vont se diriger vers les émonctoires accessoires que sont la peau et surtout les muqueuses afin que ce trop-plein puisse ressortir.
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Vous venez de comprendre pourquoi les personnes qui mangent mal, qui ont de la colopathie, des flatulences ou d’autres troubles digestifs vont aussi avoir des écoulements chroniques des muqueuses, en particulier au niveau ORL.
Toute personne qui présente un écoulement nasal postérieur doit s’interroger sur son intestin, sa flore et donc son alimentation.
Ainsi, la boucle est bouclée et nous nous retrouvons face au cercle vicieux suivant :
• Une alimentation déséquilibrée va entraîner des fermentations et putréfactions intestinales
• Une dysbiose s’installe qui altère la perméabilité intestinale
• Des toxines viennent encrasser l’organisme et les muqueuses respiratoires vont à la fois présenter des inflammations, mais aussi des sécrétions chroniques
• Cet état subinflammatoire fait le lit des infections microbiennes
• Oui, mais voilà, comme la muqueuse intestinale est altérée, la fabrication des gammaglobulines l’est aussi et nos défenses immunitaires s’en trouvent amoindries.
On comprend mieux que, dans ces situations, des personnes présentent des infections ORL ou broncho-pulmonaires à répétition et n’arrivent pas à s’en sortir de tout l’hiver !
Et nous arrivons donc à mieux comprendre pourquoi l’alimentation est une piste prioritaire dans la prévention des infections hivernales.
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Le « réglage alimentaire », une démarche incontournable
Il y a trois grands axes à prendre en compte quand on parle d’alimentation dans le cadre de la prévention hivernale :
• Repérer les carences en nutriments essentiels
• Éviter l’encrassement de l’organisme à cause d’une alimentation déséquilibrée
• Rechercher des intolérances alimentaires qui sont bien plus fréquentes qu’on ne le pense.
Les carences sont souvent les plus citées par les médecins et pourtant ce sont sans aucun doute les moins problématiques.
Évidemment, il faut des vitamines pour stimuler l’état général et le système immunitaire. Et l’hiver, on dispose de fruits et légumes moins variés et moins riches en vitamines. C’est pourquoi les compléments alimentaires seront souvent utiles.
Il faut aussi manger suffisamment pour apporter de l’énergie aux cellules. C’est d’ailleurs pour moi le principal point sur lequel j’insiste quand je parle de carences alimentaires en hiver, car je rencontre souvent des patients fragiles qui n’adaptent pas leur alimentation à la saison et à la température, que ce soit par goût ou par peur de grossir.
Mais je rencontre probablement autant de personnes qui mangent trop et qui vont encrasser leur organisme. Que ce soit par habitude, à cause de froid ou de la fatigue, certaines personnes abusent de plats trop riches comme on en consomme parfois en hiver.
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En faisant ce type d’excès, ils vont perturber leur intestin, leur flore comme on l’a vu dans le paragraphe précédent, mais aussi leur foie (émonctoire principal). On observera donc des symptômes d’encrassement avec des écoulements chroniques, des excès de mucosités (les anciens appelaient cela des « colles ») qui fragilisent nos voies aériennes supérieures.
Parfois, ce sont juste des excès d’aliments encrassant, mais parfois il s’agit d’aliments que le patient ne supporte pas. En effet, de mon expérience, la principale cause alimentaire de fragilité hivernale est sans conteste les intolérances alimentaires.
Quand j’ai un patient qui présente une pathologie grave qui m’amène à réaliser un bilan Imupro pour diagnostiquer des intolérances alimentaires, la première amélioration que je vais observer c’est la diminution voire la disparition des écoulements chroniques et de cette fragilité hivernale dès qu’il supprime les aliments incriminés.
C’est particulièrement flagrant chez les enfants. Je pense en particulier aux enfants autistes qui sont souvent fragiles l’hiver. On recherche toujours ces intolérances chez eux et quand on les a prises en compte, l’effet sur les infections respiratoires est quasi immédiat !
Malheureusement, les bilans Imupro sont assez chers et s’ils sont justifiés quand on est face à une pathologie complexe, la dépense d’argent peut s’avérer excessive, voire inenvisageable, pour une simple fragilité hivernale. Malgré tout, il existe un « petit » bilan Imupro qui analyse les 22 principaux aliments pour 98 euros et parfois cela nous rend bien service1.
1 Imuproscreen - http://imupro.fr/produits/imupro-screen/
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Sans aller jusqu’à réaliser un tel bilan, on peut déjà se pencher sur les aliments le plus souvent en cause.
Chez l’adulte, mais encore plus chez l’enfant, l’aliment qui favorise le plus souvent ces infections à répétition est sans aucun doute le lait de vache et tous ses dérivés. Que ce soit à cause d’une intolérance au lactose (le plus fréquent) ou d’une sensibilité aux protéines du lait (diagnostiquée par un bilan Imupro) les laitages de vache, en particulier par leur effet sur l’intestin, vont augmenter les inflammations des muqueuses respiratoires et favoriser les rhinopharyngites et autres pathologies ORL à répétition.
En cas de fragilité hivernale, il sera toujours utile de réduire voire de supprimer les laitages de vache pour voir ce que cela donne sur l’état général et cette fragilité saisonnière.
Le deuxième aliment le plus souvent incriminé est le gluten. Parfois il s’agit d’une intolérance modérée et l’on constate que c’est surtout le blé cuit au four (pain, biscuiterie, viennoiserie, pâte à tarte…) qui est en cause et assez peu le blé cuit à l’eau (pâte et semoule).
Sachez aussi que la plupart des aliments riches en gluten sont aussi riches en sucre et l’on arrive au dernier point que je veux développer ici : la consommation de sucres peut également, en particulier par son action sur la flore intestinale, être une cause d’infections à répétition.
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La nutrithérapie
Équilibrer et personnaliser l’alimentation n’est pas toujours suffisant. Les aliments de l’hiver sont moins riches en vitamines, et pendant la saison froide nous avons des besoins nutritionnels spécifiques qu’on ne trouve pas toujours facilement dans notre assiette.
Voici les compléments alimentaires les plus importants en hiver et que beaucoup de personnes auraient intérêt à prendre (demandez toujours conseil à votre médecin avant de prendre ce type de produits).
Les probiotiques
Les probiotiques sont des bactéries qui aident à rééquilibrer la flore intestinale. Nous avons vu plus haut à quel point cette flore est essentielle pour l’équilibre de notre système immunitaire.
C’est pourquoi je conseille à la plupart de mes patients de prendre des probiotiques à l’automne pour relancer leur immunité et réduire leurs risques d’infections. Si ces patients sont spécialement fragiles au niveau intestinal, je n’hésiterai pas à renouveler cette prescription pendant toute la saison froide.
La prise de probiotiques a largement prouvé son effet sur l’équilibre de la flore et de l’immunité2.
N’hésitez pas à faire des cures de probiotiques pendant l’hiver.
2 Rapport AFSSA Effets des probiotiques et prébiotiques sur la flore et l'immunité de l'homme adulte – 02 2005
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La vitamine D
La relation entre un déficit en vitamine D et la susceptibilité aux infections est soupçonnée depuis plus d’un siècle, notamment devant les infections respiratoires plus fréquentes chez les enfants atteints de rachitisme3.
De nombreuses études montrent que la supplémentation en vitamine D améliore notre système immunitaire et réduit les infections hivernales. Ainsi, une étude chez des femmes ostéoporotiques a montré une réduction significative des infections respiratoires et des grippes en cas de supplémentation en vitamine D à raison de 2000 UI/j ou de 800 UI/j. L’effet était encore plus significatif dans le groupe recevant 2000 UI/j, ce qui montre qu’il faut savoir prendre des doses suffisantes.
L’effet est le même chez les enfants. Ainsi une étude chez de jeunes écoliers japonais (non vaccinés contre la grippe) recevant soit 1200 UI/j de vitamine D, soit un placebo durant les mois d’hiver a montré une réduction de 42 % de l’incidence de la grippe dans le groupe ayant bénéficié de la supplémentation. Par ailleurs, le nombre de crises d’asthme chez les enfants connus comme étant asthmatiques avait aussi diminué de 83 % dans le groupe vitamine D4.
3 Khajavi et al. The rachitic lung: pulmonary findings in 30 infants and children with malnutritional rickets. Clin Pediatr 1977 16: 36-38.
4 Mitsuyoshi Urashima et al. Randomized trial of vitamin D supplementation to prevent seasonal influenza A in schoolchildren. Am J Clin Nutr 2010; 91: 1255-60.
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La vitamine C
Je ne présente plus cette vitamine que beaucoup utilisent l’hiver, avec raison, pour augmenter leurs défenses. Prendre 500 mg de vitamine C naturelle le matin et le midi après le repas (donc 1 gramme au total) ne peut que vous aider à passer un meilleur hiver.
Le fer
Le fer est un pro-oxydant et il ne faut jamais en prendre trop. Par ailleurs, les compléments à base de fer sont souvent mal tolérés par les intestins fragiles.
Inversement, un patient présentant une anémie se défendra moins bien contre les microbes et aura souvent des coups de pompe pendant la saison froide, ce qui le fragilise d’autant plus.
En cas d’anémie ou de ferritine (la molécule qui est le reflet de notre stock de fer) trop basse (inférieure à 30 mg/L), il faudra penser à consommer du fer d’une façon ou d’une autre. À noter que le fer a besoin de vitamine C pour être absorbé et efficace. Demandez conseil à votre médecin.
Le zinc
Cet oligoélément est souvent oublié, négligé, dans la prévention hivernale et pourtant il joue un rôle important dans la qualité de nos défenses.
De nombreuses études ont montré son rôle sur notre système immunitaire et son intérêt clinique. Ainsi, un travail réalisé sur des personnes de 65 ans et publié dans la revue American Journal of Clinical Nutrition en 2016
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montre que la supplémentation en zinc améliore leur fonction immunitaire et entraîne une réponse immunitaire plus rapide et de meilleure qualité quand elles sont confrontées à un microbe.
Avant de prendre ce type de complément, il est conseillé de vérifier par une prise de sang son statut en zinc.
Le soufre et l’huile de Haarlem
Je termine par le soufre qui est un oligoélément très important pendant la saison froide. C’est l’oligoélément de la souplesse et des muqueuses. Grâce au soufre, les muqueuses respiratoires vont fabriquer un mucus plus efficace.
C’est surtout au niveau bronchique que cela sera essentiel. C’est pourquoi je donne souvent du soufre à mes patients qui font de la bronchite chronique. Mais pas n’importe quel soufre.
Le meilleur pour moi est sans aucun doute l’huile de Haarlem. C’est un produit imaginé il y a près de trois siècles par les alchimistes de Haarlem (ville des Pays-Bas). C’est le soufre le mieux absorbé que je connaisse. Les gens le savent bien, car lorsqu’ils prennent des capsules d’huile de Haarlem, leurs urines, leur respiration et même leur peau vont exhaler le soufre. Ce n’est pas l’effet le plus agréable du produit, mais cela montre qu’il a été très bien absorbé.
Et les patients qui prennent cette huile de Haarlem en hiver ressentent toujours ses bienfaits sur la respiration et la réduction de leur fragilité.
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Malheureusement, tout le monde ne supporte pas ce complément alimentaire sur le plan digestif, et quand c’est le cas, je le remplace par des granions de soufre en pharmacie, moins puissants, mais tout de même très utiles.
Cette liste de compléments de nutrithérapie n’est évidemment pas exhaustive, mais vous avez là les produits les plus importants en cas de fragilité hivernale. Voyons maintenant les traitements naturels qui peuvent vous aider à passer un bon hiver.
Phytothérapie et prévention hivernale
Les plantes ont une place centrale dans la prévention des infections hivernales. Elles ont de multiples propriétés très utiles en hiver et je distinguerai :
• Les plantes immunostimulantes
• Les plantes à visée respiratoire
Les plantes immunostimulantes
Ce sont celles que je détaillerai le plus, car elles sont au centre de la prévention hivernale et sont très fidèles en termes d’efficacité.
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Échinacée
Commençons par la plus connue et la plus utilisée. Trois espèces sont considérées comme médicinales par la pharmacopée française :
• Échinacée à feuilles étroites : Echinacea angustifolia
• Échinacée pourpre : Echinacea purpurea
• Échinacée pâle : Echinacea pallida
Nous utilisons surtout Echinacea purpurea, car elle fait partie des plantes autorisées sans réserve en France, mais Echinacea angustifolia est également très efficace.
L’échinacée est une plante originaire d’Amérique du Nord. Les Indiens d’Amérique l’employaient pour guérir les plaies infectées et les morsures de serpent.
Ses propriétés sont multiples
Elle est avant tout un excellent stimulant de l’immunité en favorisant l’activité des macrophages et en augmentant globalement le nombre des globules blancs.
Elle a un effet antibactérien direct sur de nombreux microbes (Streptococcus, Haemophilus influenzae, Légionnella, Staphylococcus aureus…) et une activité virucide globale.
Elle est légèrement dynamisante et elle augmente la résistance à l’effort (action synergique du ginseng).
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Ces propriétés assez puissantes entraînent une précaution d’emploi : il ne faut pas prendre de l’échinacée en continu sous peine d’épuiser le système immunitaire par surstimulation. Et de ce fait, elle présente une contre-indication évidente : les maladies auto-immunes et traitements immunosuppresseurs en cas de greffe.
On choisira toujours des extraits secs titrés en polyphénols. Par exemple : Extrait sec d’Echinacéa purpurea titré à 4 % d’échinacosides (un des polyphénols actifs).
La posologie dépendra de la concentration dans les gélules ou le produit proposé. Dans tous les cas, on prendra de préférence le matin (voire le midi, mais pas le soir) — 5 jours sur 7 ou 1 semaine sur 2.
Andrographis (Andrographis paniculata)
C’est une plante ayurvédique que j’aime bien utiliser même si je ne suis pas un spécialiste de la médecine traditionnelle indienne.
Andrographis stimule les défenses immunitaires. Elle est d’ailleurs surnommée l’échinacée d’Inde et est utilisée en médecine populaire pour les fièvres, la malaria, les hépatites, la tuberculose, les morsures de serpents venimeux, la dysenterie bacillaire, la bronchite, la colite, la toux.
Son activité immunostimulante se complète d’une action antimicrobienne. Un extrait d’Andrographis inhibe la croissance de plusieurs bactéries comme Escherichia coli, Staphylococcus aureus, ou Proteus vulgaris et même partiellement le VIH.
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Elle a un tropisme pour les voies respiratoires, c’est pourquoi je l’utilise plus souvent chez le bronchiteux chronique, parfois en association ou en alternance avec Échinacée.
Andrographis est contre-indiquée chez la femme enceinte (effet abortif potentiel) et sera utilisée avec prudence en cas de lithiase biliaire, car elle peut provoquer des spasmes de la vésicule.
On utilise surtout des extraits secs, de préférence d’origine biologique. Cette plante n’est jamais titrée en principes actifs.
Maïtaké (Grifola frondosa)
Le maïtaké fait partie de la mycothérapie, mais est souvent assimilé aux plantes.
Surnommé en Asie « le roi des champignons », c’est, au même titre que les deux plantes précédentes, un grand immunostimulant.
Il contient des polysaccharides dont les plus importants sont les bêta-glucanes.
Le maïtaké, du fait de sa concentration en bêta-glucanes, est un des champignons les plus puissants sur le plan de l’immunostimulation (on l’a même utilisé dans le SIDA). Il augmente ainsi la capacité de réponse du système immunitaire contre les invasions virales, fongiques, parasitaires et bactériennes.
Le maïtaké est également tonique, adaptogène (augmente la résistance de l’organisme à différents types de stress) et neuroprotecteur.
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Des recherches chez les animaux ont aussi montré une action antitumorale des polysaccharides extraits du maïtaké. En dehors de la cancérologie où il est le plus connu, j’aime bien l’utiliser dans mes protocoles de prévention hivernale, surtout chez des patients ayant eu un cancer ou qui sortent de chimiothérapie.
On doit prendre l’équivalent de 1 g de maïtaké séché 2 à 3 fois par jour.
Les extraits « concentrés » de maïtaké du commerce peuvent être très différents quant à leur concentration en substances actives. Il faut choisir des spécialités annonçant clairement la teneur en polysaccharides ou en bêta-glucanes. Les bons produits proposent des concentrations de 10 à 20 %.
Uña de gato (griffe du chat) (Uncaria tomentosa)
Voici la dernière plante immunostimulante dont je veux vous parler. En dehors de son nom que je trouve poétique, c’est une plante aux propriétés multiples et très fidèle. Comme son nom l’évoque, elle nous vient surtout d’Amérique du Sud.
Ses propriétés reconnues sont les suivantes :
• Renforce le système immunitaire en stimulant les macrophages
• Aide à combattre infections et inflammations
• Elle est aussi anti-inflammatoire et souvent utilisée en cas de douleurs rhumatismales
• Pour finir, elle est antioxydante et semble freiner le développement et la prolifération des tumeurs cancéreuses.
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Comme le maïtaké, je l’utilise chez des personnes plus fragiles avec des symptômes inflammatoires d’origine rhumatismale ou cancéreuse.
Uña de gato est contre-indiquée chez les femmes enceintes ou allaitantes.
Elle devra être parfois utilisée à assez forte dose, souvent 4 à 6 gélules par jour, 5 jours sur 7 suivant la concentration du produit utilisé.
Plantes à visée respiratoire
J’utilise presque systématiquement des plantes immunostimulantes pour la prévention hivernale. Il m’arrive aussi d’y associer des plantes à visée respiratoire, surtout chez les patients bronchiteux chroniques, car dans ce domaine la phytothérapie est presque irremplaçable.
Ce sera également vrai en cas de toux chroniques comme on en rencontre souvent l’hiver.
Je vais simplement citer les principales sans entrer dans les détails, car il est préférable de consulter un médecin spécialisé pour les utiliser.
Plantain (Plantago major)
Propriétés de la plante : anti-inflammatoire et antispasmodique des muscles lisses dans les affections des voies respiratoires. Elle est légèrement antihistaminique (utiliser en cas de terrain allergique) et antioxydante.
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Ce sera un bon antitussif même en cas de toux grasse, car elle est aussi anti-infectieuse. C’est ma plante préférée dans cette indication.
On l’utilise donc surtout en cas de :
• Bronchite
• Laryngite
• Toux asthmatiformes
Bouillon-blanc (Verbascum thapsus)
C’est l’adoucissant des voies respiratoires. On dit qu’il est émollient, expectorant, adoucissant, sudorifique et anti-inflammatoire.
On peut l’associer au plantain ou à d’autres plantes ou bien l’utiliser en tisane dans les indications suivantes :
• Toux
• Asthme
• Bronchopneumopathies
ERYSIMUM (Erysimum officinale)
Il est avant tout utilisé dans les toux grasses du fait de ses propriétés expectorantes et mucolytiques.
Ses indications sont donc :
• Enrouements, laryngites, pharyngites
• Toux
• Affections bronchiques aiguës
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GRINDELIA (Grindelia robusta)
C’est une autre grande plante de la toux et des infections respiratoires.
Le grindélia est antibactérien, anti-inflammatoire, antispasmodique et calmant de la toux par action centrale.
Il est utilisé dans les :
• Toux inflammatoires et infectieuses
• Bronchites productives, états catarrhaux chroniques des voies respiratoires
• Asthme, coqueluche, emphysème, insuffisance respiratoire, rhume des foins
C’est une plante efficace à condition de l’utiliser à assez fortes doses.
Les produits de la ruche : quel beau cadeau de la nature !
Les produits de la ruche sont presque incontournables l’hiver tant ils sont efficaces et parfois irremplaçables.
La gelée royale
C’est un grand stimulant général dont la composition n’a pas été totalement élucidée.
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Ses propriétés sont tout de même bien étudiées. Voici les principales :
• Augmentation et relance de la vitalité en général
• Stimulation physique, psychique et intellectuelle
• Accroissement de la résistance au stress, à la fatigue, au froid, aux infections par renforcement des défenses naturelles
• Améliore les convalescences
La meilleure gelée royale est celle qui est fabriquée au printemps et en été. C’est pourquoi les meilleurs produits sont ceux qui proposent de la gelée royale fraîche à l’automne.
On l’utilise pure à raison de 1 g par jour. Elle se présente souvent sous forme de petit pot de 10 g pour un traitement de 10 jours par mois.
On peut trouver de bons produits sous forme d’ampoules ou de gélules, mais vérifiez toujours la teneur exacte en gelée royale et évitez les produits qui contiennent trop d’excipients inutiles.
En gélule on fera plutôt des cures de 600 mg par jour 20 jours par mois ou 5 jours sur 7.
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Le pollen
C’est un produit qui peut être consommé toute l’année pour son apport en vitamines et minéraux. J’ai une préférence pour le pollen frais qu’on trouve sous forme « congelée » dans les magasins de diététique.
Je l’utilise moins souvent pour la prévention hivernale, mais on peut très bien le prendre en alternance les jours où l’on ne consomme pas de gelée royale. Si vous aimez son goût et si vous connaissez un bon fournisseur, mangez régulièrement 1 cuillerée à soupe de pollen en pelote.
La propolis
C’est un produit très puissant qu’on utilise plus souvent en « curatif » qu’en préventif. Chez les personnes fragiles, il m’arrive de proposer de la propolis 1 semaine sur 2 en prévention dans les périodes d’épidémies hivernales.
La propolis est un matériau complexe fabriqué par les abeilles à partir de leurs sécrétions et de substances végétales résineuses (conifères : écorce de pins, sapins, épicéas) afin de protéger la ruche des microbes et parasites environnants. C’est un véritable mortier anti-infectieux !
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Ses principales propriétés sont :
• Anti-infectieux puissant (antifongique, antibactérien, antiviral)
• Anti-inflammatoire
• Cicatrisant et analgésique très utilisé pour les lésions buccales et après les chirurgies dentaires
• Action antioxydante et antitumorale. Effet stimulant sur les globules blancs (et rouges) pendant les chimiothérapies.
On l’utilisera l’hiver essentiellement pour lutter contre les maladies infectieuses de toute nature, surtout ORL et bronchiques : pharyngites, laryngites, angines, rhinites, otites, sinusites, stomatites, gingivites, infections dentaires.
En épisode aigu, il faut savoir prendre de fortes doses : 600 à 800 mg (3 à 4 gélules) 3 fois par jour !
En prévention, on prendra plutôt 2 gélules matin et soir (soit 800 mg de propolis pure par jour) en cures discontinues.
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Mon protocole homéo !
Voici un protocole homéopathique simple à mettre en place que vous
pouvez suivre jusqu’au début du printemps.
Le samedi matin à jeun, prendre en alternance :
- Un samedi sur 2 : 1 dose d’Oscillococcinum
- Un samedi sur 2 : 10 granules de Thymuline 9CH
Le dimanche matin à jeun, prendre en alternance 10 granules de :
- 1er dimanche : Aviaire 9CH
- 2e dimanche : Enterococcinum 9CH
- 3e dimanche : Influenzinum 9CH
- 4e dimanche : Sérum de Yersin 9CH
On peut prendre ce protocole tout l’hiver en commençant en octobre ou novembre et en poursuivant jusqu’à fin mars ou avril.
Il y a bien d’autres manières d’utiliser ces remèdes. Faites confiance à votre médecin homéopathe pour vous conseiller.
Cela m’amène à évoquer la vaccination, car pour beaucoup c’est le meilleur moyen de prévenir la grippe. Je n’entrerai pas ici dans le débat sur l’efficacité et la tolérance des vaccins. Par contre, je veux que vous compreniez que lorsqu’on se fait vacciner contre la grippe, on est protégé exclusivement contre ce microbe et contre aucun autre ! Parfois même le vaccin va faire chuter l’immunité globale pendant quelques semaines (phénomène bien identifié chez les patients sidéens) et augmenter le risque de faire d’autres infections.
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L’avantage du traitement homéopathique comme décrit ci-dessus et des autres approches exposées dans ce dossier est qu’ils vont augmenter les défenses immunitaires contre TOUS les microbes, de la rhinopharyngite à la pneumonie en passant par les gastro-entérites.
Et mes patients qui ont expérimenté ces approches le savent bien. Ils sont beaucoup moins fragiles de façon globale. Bien entendu, il arrive de faire une petite « rhino » voire une forme de syndrome grippal, mais ils savent qu’ils sont bien moins malades que sans cette prévention et que si un virus les agresse, ils sauront s’en débarrasser plus rapidement.
En hiver, on adapte son mode de vie !
L’alimentation est essentielle, mais il ne faut pas oublier les autres règles d’hygiène de vie, car trop de personnes voudraient vivre de la même façon du 1er janvier au 31 décembre.
Or, si la nature et les animaux se reposent et ont un rythme différent pendant l’hiver, pourquoi l’être humain devrait-il échapper à cette règle ? Si vous voyagez dans des pays froids comme le Canada, vous constaterez que les habitants ont des modes de vie très différents entre l’été et l’hiver. Quand il fait -20°C, il est indispensable de modifier son rythme et de s’habiller autrement.
En France, j’ai souvent constaté que les patients ne cherchaient pas vraiment à s’adapter correctement aux contraintes de l’hiver. Les hommes portent le même costume toute l’année. Ils ont parfois un manteau, mais pas question de changer réellement leurs habitudes.
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Ne dit-on pas qu’on devrait se lever et se coucher avec le soleil ? Dans ce cas, il faudrait baisser de rythme l’hiver et dormir plus, comme le font la plupart des animaux. Mais notre société ne le permet pas. La productivité, la pression sociale, la vie culturelle sont totalement identiques tout au long de l’année et cela explique une partie de nos fragilités hivernales.
Le froid nous agresse de plusieurs façons et va entraîner une fatigue de l’organisme :
• Notre température interne doit rester autour de 37°C et plusieurs mécanismes entrent en jeu pour la maintenir. Les frissons sont ainsi une réaction naturelle du corps qui cherche à augmenter la température interne face au froid.
• La peau subit une vasoconstriction au niveau des extrémités (mains, pieds, oreilles, nez), et les frissons apparaissent.
• Il existe de fait des conséquences cardiovasculaires du froid : la vasoconstriction induit une plus grande viscosité du sang qui sollicite bien plus le coeur.
• En même temps, nous devons sécréter plus d’hormones pour maintenir cette température (hormones thyroïdiennes, cortisol, dopamine voire adrénaline), ce qui n’est pas sans effet sur la fonction cardiaque et la fatigue qui en découle.
• Les muqueuses des voies respiratoires sont agressées en permanence par les basses températures. Elles se dessèchent et sont donc moins efficaces pour lutter contre l’entrée des bactéries et virus.
Tous ces éléments sont source de stress et de fatigue pour notre organisme qui s’affaiblit au fur et à mesure que la saison avance.
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Le froid altère parallèlement le fonctionnement de notre système immunitaire. Les cellules se déplacent moins vite, ce qui ralentit la réponse immunitaire et laisse du temps au virus pour s’installer. Les cils qui nettoient régulièrement nos bronches sont également moins efficaces lorsque les températures sont hivernales. Tous ces éléments expliquent aussi la recrudescence en hiver des rhumes et autres bronchites.
Du côté des virus, le froid constitue au contraire un avantage. Tant qu’il ne s’est pas installé dans un organisme, le microbe est enveloppé dans sa capside. Cette dernière est d’autant plus résistante que l’air est froid. De plus, la diminution de l’ensoleillement limite aussi l’exposition des virus aux rayons ultraviolets qui les dégradent naturellement. Autrement dit, la durée de vie d’un virus augmente lorsque la température baisse et que le soleil se cache. Son pouvoir contagieux en est renforcé.
À noter que ces deux éléments valent aussi pour le virus de la gastro-entérite dont les épidémies sont surtout fréquentes en hiver.
Il faut ajouter à tout cela un facteur indirect lié au froid lui-même : le confinement.
L’hiver est une période qui favorise la promiscuité. On vit davantage dans des lieux mal aérés, chauds et parfois humides (transports en commun, centres commerciaux, appartements surchauffés…). Les virus y prolifèrent et y circulent plus facilement.
Évidemment, aucune prévention ne peut se passer d’un réglage alimentaire et d’une adaptation du rythme et de l’hygiène de vie à la saison et aux températures.
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Voici deux protocoles de base qui pourront vous aider à mieux comprendre l’articulation de tous ces traitements.
Protocole prévention 1
Pour des personnes sans fragilité spécifique
Elle s’adresse à des personnes qui veulent mettre en place une prévention hivernale afin d’être moins malade et plus en forme.
Faire une ou plusieurs cures de probiotiques éventuellement associés à de la chlorophylle magnésienne.
Prendre 5 jours sur 7 de l’échinacée et/ou des produits de la ruche et un traitement homéopathique de base comme je l’ai décrit plus haut.
Ne pas oublier la vitamine D, la vitamine C et éventuellement un complexe de vitamines et minéraux.
Dans ce cadre-là j’utilise souvent un complexe assez unique dans sa composition et sa concentration en principes actifs : Le Quantastimmun5 qui associe :
• Tous les produits de la ruche : gelée royale, pollen et propolis
• De l’Echinacéa à forte dose et un peu d’extrait de pépins de pamplemousse
• Tout cela dans du miel d’eucalyptus et sans aucun excipient.
Ce qui donne le protocole suivant :
• Probiotiques : le matin les jours pairs
5 Phytoquant : www.phytoquant.net
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• Chlorophylle magnésienne : le matin les jours impairs
• Quantastimmun : 1 sachet le matin, 6 jours sur 7
• Vitamine D : 1000 à 2000 UI par jour ou 10 000 UI par semaine
• Les granules homéopathiques samedi et dimanche comme expliqué plus haut
• Vitamine C : 500 mg par jour ou bien un complexe de vitamines et minéraux
Ce protocole n’est pas très complexe à mettre en place et est très fidèle dans son efficacité.
Protocole prévention 2
Pour des personnes particulièrement fragiles
Ce plan de prévention vise d’abord les personnes fragiles, comme par exemple des sujets âgés souffrant de bronchite chronique.
Dans ces situations, le même traitement que ci-dessus sera utilisé, mais en le renforçant.
Par exemple :
- Probiotiques le matin et chlorophylle magnésienne le soir
- Quantastimmun : 1 sachet le matin, 6 jours sur 7
- Andrographis : 3 gélules le matin, 1 semaine sur 2 en alternance avec :
- Propolis : 2 gélules matin et soir, 1 semaine sur 2 en alternance avec Andrographis
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- Vitamine D : 1000 à 2000 UI par jour ou 10000 UI par semaine
- Les granules homéopathiques samedi et dimanche comme expliqué plus haut
- Huile de Haarlem : 2 capsules au dîner, 1 jour sur 2
- Association Plantain/Bouillon-blanc : 2 gélules matin et soir, 1 jour sur 2 en alternance avec Huile de Haarlem
- Vitamine C : 500 mg par jour ou bien un complexe de vitamines et minéraux
J’ai exposé ici un traitement volontairement très énergique. Évidemment, il peut être modulé en fonction de la personne et de sa demande. Le traitement homéopathique pourra être également personnalisé.
Protocole prévention 3
Pour des personnes fragilisées par une maladie ou un traitement
Ce protocole s’adresse particulièrement à des malades très affaiblis, comme par exemple une personne qui a été traitée par une chimiothérapie.
Après une chimiothérapie, le système immunitaire revient difficilement à la normale. Souvent les globules blancs restent très bas. Il existe aussi une fatigue qui augmente la fragilité générale, sans parler de l’aspect émotionnel6.
6 Référez-vous à la 2e édition de mon livre : « Cancer, être acteur de son traitement » aux éditions Leduc
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Voici une façon de stimuler les défenses et d’aider ces personnes à mieux traverser l’hiver :
• Probiotiques le matin et chlorophylle magnésienne le soir
• Echinacéa : 3 gélules le matin, 1 semaine sur 2 en alternance avec :
• Maïtaké : 3 gélules le matin, 1 semaine sur 2 en alternance avec Echinacéa
• Propolis : 2 gélules matin et soir, 1 semaine sur 2 en alternance avec :
• Uña de gato : 2 gélules matin et soir, 1 semaine sur 2 en alternance avec propolis
• Vitamine D : 2000 UI par jour ou 14 000 UI par semaine
• Les granules homéopathiques samedi et dimanche comme expliqué plus haut
• Vitamine C : 500 mg 2 fois par jour
• Un complexe riche en antioxydants (flavonoïdes)
• Penser aussi à prendre des oméga-3 et du magnésium dans ces situations
Les principales règles de vie à respecter
Voici quelques règles d’hygiène de vie simples à respecter en hiver pour prévenir les infections hivernales. J’explique toujours à mes patients qu’une bonne prévention hivernale commence par la prise de conscience de ces situations fragilisantes et l’importance de s’adapter à ces contraintes.
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Les principales règles d’hygiène de vie sont les suivantes :
• Se couvrir suffisamment en fonction du temps et de son activité. Mieux vaut prévenir que guérir et éviter de fatiguer l’organisme à lutter contre le froid.
• Protéger la peau des agressions du froid avec une crème hydratante
• Aérer les pièces dès que possible, au moins 10 min par jour. Renouveler l’air, c’est le purifier !
• Se méfier du confinement, surtout avec des personnes malades, et faire éventuellement chambre à part en cas de rhume, grippe ou autre virus…
• Avoir une alimentation diversifiée. Compléter par des compléments alimentaires une alimentation moins riche en vitamines qu’en été.
• Boire régulièrement (ce n’est pas réservé à l’été). Penser aux boissons chaudes et en particulier aux tisanes « thérapeutiques ». Tisanes de thym, de romarin, citron chaud avec du miel, de la cannelle et du gingembre…
• Adapter son rythme de vie à la saison et augmenter les périodes de repos. L’hiver on est censé dormir plus longtemps.
• Conserver une activité physique. Elle permet de se détendre et de mieux dormir.
• Penser aux activités de relaxation, méditation ou autres méthodes pour gérer le stress
• Envisager une luminothérapie.
¨Cette dernière règle est surtout utile pour les personnes qui présentent une dépression saisonnière à cause de la baisse de la luminosité et des jours plus courts en hiver. Ce n’est pas une cause directe d’infections hivernales, mais cela ne va pas aider le système immunitaire.
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Il faut donc faire attention pendant l’hiver, car c’est une saison fragilisante. Mais ça ne suffit pas toujours et un certain nombre de personnes présentent bien des fragilités qui vont nécessiter des traitements préventifs spécifiques.
Conclusion
Bien entendu, ce long dossier n’est pas exhaustif et certains de mes confrères y verront des oublis, car nous avons tous nos petits « trucs », nos habitudes.
Ces traitements ont aussi l’avantage d’être très bien tolérés, de n’avoir aucune contre-indication majeure (sauf celles que j’ai signalées) et d’être utilisables avec la plupart des traitements allopathiques (aucune interaction attendue). Il est néanmoins toujours nécessaire de demander l’avis de votre médecin si vous prenez des traitements au long cours.
Dans ce dossier je n’ai pas parlé de l’aromathérapie, des extraits de pépins de pamplemousse, de l’argent colloïdal et toutes les thérapeutiques qui sont surtout utilisées pour traiter une infection aiguë. Cela fera peut-être partie d’un futur dossier. En effet, au-delà de la prévention, les approches naturelles sont souvent très efficaces pour enrayer des syndromes infectieux aigus, d’autant que ces derniers sont à 80 % d’origine virale et que les antibiotiques sont donc inutiles 4 fois sur 5 !
Mais une démarche de prévention bien conduite permet d’éviter d’avoir recours à tous ces traitements et au final peut permettre des économies non négligeables en termes de santé publique.
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Ainsi, une étude réalisée sur l’homéopathie préventive dans un service d’hospitalisation de personnes âgées avait permis de réduire de moitié la prescription d’antibiotiques.
Le plus important est évidemment l’intérêt au niveau individuel, et si vous êtes fragile et que vous n’avez pas l’habitude de faire de la prévention l’hiver, n’hésitez pas à vous tourner vers ces approches naturelles, vous devriez rapidement en retirer beaucoup de bénéfices.
Je vous souhaite donc un bel hiver, en pleine forme !
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DE LA GRIPPE A LA COVID, ÉVITER ET PRÉVENIR LES INFECTIONS RESPIRATOIRES
par le Dr Éric Ménat
Dans ce dossier indispensable, le Dr Ménat revient sur ce virus qui va bouleverser nos vies, notre système de santé et, de façon certaine, notre façon de nous soigner.
Dans ce dossier, je vais vous parler de la prévention des infections respiratoires en général. En effet, à ce jour, nous ne disposons que de très peu d’études sur la Covid. En revanche, nous avons des décennies d’expérience et de nombreuses études qui nous permettent de savoir ce qu’on peut faire pour réduire les risques d’infections hivernales, et de la grippe en particulier.
Alors, si ça marche pour de nombreux virus, pourquoi ça ne pourrait pas aider pour la Covid ? Je viens de vous présenter des chiffres très inquiétants, mais il faut les mettre en perspective avec la mortalité globale annuelle par infection respiratoire.
On estime à 10 millions le nombre de bronchites aiguës en France chaque année. Une bonne partie est liée à une bronchite chronique plus ou moins ancienne. La bronchite aiguë doit impérativement être prise au sérieux, car, contrairement aux angines ou aux sinusites, c’est une maladie potentiellement mortelle. On s’en aperçoit tristement avec ce coronavirus.
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Les bronchites aiguës, toutes causes confondues, sont à l’origine de 16 000 décès par an en France. Je reviendrai sur ces chiffres dans un chapitre spécifique, mais notons que, à ce jour, 3 000 personnes ont perdu la vie à cause de la Covid. C’est déjà beaucoup trop et ce n’est pas fini, mais ce n’est pas non plus un chiffre incroyable, d’autant que nombre des personnes décédées souffraient d’autres maladies potentiellement mortelles et qu’elles auraient peut-être fait partie de ces 16 000 décès annuels même sans l’intervention de la Covid-19.
Mais, évidemment, la Covid tue aussi des personnes jeunes et il est indispensable de mettre en place des mesures énergiques de prévention, de dépistage et de traitement.
C’est ce que je veux vous expliquer dans ce dossier : comment prévenir et traiter efficacement les infections respiratoires, de la grippe au coronavirus ?
Les poumons : des organes souples… et fragiles
Nous avons 2 poumons. Le poumon droit comporte 3 lobes et le gauche 2 seulement, puisque le coeur prend une partie de la place dans le côté gauche du thorax. La notion de lobe est surtout importante en cas de chirurgie, car ces lobes sont assez indépendants les uns des autres.
Pour simplifier, on peut diviser les poumons en 2 parties :
• Les bronches, qui sont des tuyaux de plus en plus fins permettant de faire circuler l’air au plus profond des poumons ;
• Les alvéoles pulmonaires, qui sont l’élément fonctionnel du poumon, l’endroit où s’effectuent les échanges gazeux avec le sang :
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pénétration de l’oxygène dans les capillaires et élimination du gaz carbonique. On imagine que pour que ces gaz traversent les alvéoles, ces dernières doivent être très fines (leur épaisseur est de 0,001 mm, soit 50 fois plus fin qu’un cheveu !), ce qui fait leur fragilité !
Les poumons par eux-mêmes sont des organes très souples (vous avez peut-être déjà vu du « mou » qu’on donnait à manger aux chats à une époque). Les grosses bronches possèdent une paroi musculaire qui peut se spasmer. Les alvéoles, elles, suivent le mouvement et s’ouvrent puis se referment en fonction de la respiration.
Les poumons sont entourés d’un tissu appelé plèvre, qui comporte 2 feuillets. Le feuillet interne est intimement collé aux poumons. Le feuillet externe est, lui, collé à l’intérieur de la paroi thoracique. Entre les 2 feuillets existe une pression négative, du vide, qui fait que, quand la cage thoracique se dilate, le poumon la suit et l’air entre.
En effet, la respiration n’est pas un mécanisme dépendant des poumons, mais des muscles de la cage thoracique associés au muscle respiratoire le plus important, le diaphragme.
L’inspiration est un phénomène actif qui met en jeu tous ces muscles. La cage thoracique se distend et le diaphragme descend. Les poumons, qui suivent le mouvement, vont donc se dilater et l’air va entrer jusqu’aux alvéoles pour délivrer l’oxygène et se charger en gaz carbonique.
L’expiration est un mécanisme passif. Les muscles se relâchent, la cage thoracique se rétrécit, comprimant les poumons qui vont rejeter l’air chargé de CO2. Il existe des muscles expiratoires qui sont mis en jeu en
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cas de besoin, chez les sportifs, mais aussi en cas de toux ou de gêne respiratoire.
En pathologie, on parle souvent de bronchite, mais ce mot regroupe l’inflammation des bronches ET des alvéoles.
Vous rencontrerez aussi le terme « arbre bronchique », car les bronches se ramifient tout en se rétrécissant, comme les branches d’un arbre.
L’air passe d’abord par la trachée, qui relie la gorge aux 2 poumons. Il s’introduit ensuite dans les 2 bronches principales, puis dans des bronches plus petites, puis dans les bronchioles qui l’amènent jusqu’aux 700 millions d’alvéoles pulmonaires, qui représentent une surface d’échange gazeux de 100 m² (soit un terrain de tennis).
L’ensemble de l’arbre bronchique est recouvert d’une muqueuse qui va sécréter un mucus permettant de piéger les impuretés et autres particules qui ont pu être inhalées afin de permettre leur élimination. Pour cela, les bronches possèdent des cils et une musculation qui permet au mucus de remonter vers la gorge pour être avalé ou craché.
Heureusement que ce système existe, car l’arbre respiratoire est un cul-de-sac, de sorte que toutes les particules toxiques que l’on respire parviennent aux alvéoles, où sans ce système elles pourraient s’accumuler, étant trop grosses, pour la plupart, pour passer dans le sang.
Néanmoins, cette muqueuse est fragile et, quand elle est altérée, le mucus ne peut pas remonter et les particules encrassent alors progressivement les alvéoles. C’est ce qui se passe avec le goudron du tabac.
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Partie 1
Distinguer bronchites aiguës et chroniques
La bronchite aiguë est une infection des poumons plus ou moins « profonde », pouvant toucher les grosses bronches et/ou les structures alvéolaires. Elle peut être d’origine virale ou bactérienne. Elle s’accompagne de toux et éventuellement d’une expectoration plus ou moins abondante et purulente.
Comme beaucoup d’infections aiguës, elle s’accompagne la plupart du temps de fièvre. On peut faire 1 ou 2 bronchites l’hiver de façon isolée, mais les bronchites aiguës surviennent fréquemment sur des terrains favorables et en particulier chez des bronchiteux chroniques.
La bronchite chronique n’est pas une infection, mais une inflammation chronique des bronches et des alvéoles qui sont abimées, entraînant de la toux chronique accompagnée d’une expectoration plus ou moins fréquente, mais non purulente. De façon plus ou moins régulière, ces bronchites chroniques vont se surinfecter avec apparition de fièvre et surtout de crachats purulents.
Voilà les principales différences entre bronchite aiguë et bronchite chronique.
L’une peut être la conséquence de l’autre, mais la prise en charge est différente en fonction de l’existence ou non d’une bronchite chronique.
Les bronchites chroniques sont très liées au tabac et à la pollution. Ces différentes particules vont d’abord « encrasser » les poumons, entraînant une hypersécrétion de mucus, qui a 2 conséquences :
1) Une toux chronique ;
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2) Des surinfections plus fréquentes, car les bactéries se développent très bien dans ce mucus qui stagne à partir du moment où il est trop chargé en particules inhalées.
Puis, les alvéoles chroniquement remplies de mucus chargé en particules et soumises à des infections à répétition vont s’altérer, se déchirer et ainsi favoriser l’apparition d’une bronchite chronique puis d’un emphysème et, pour finir, d’une insuffisance respiratoire.
Et lorsqu’une alvéole est détruite, elle ne se répare pas. Ce qui veut dire que les lésions pulmonaires sont souvent définitives.
On comprend alors l’importance d’une prise en charge énergique des bronchites et une prévention attentive des bronchites chroniques.
LA BRONCHITE AIGUË : une pathologie potentiellement mortelle !
C’est donc une infection aiguë qui ne doit pas être négligée, car elle peut abimer définitivement les poumons et, surtout, être potentiellement mortelle si elle n’est pas traitée correctement. Dans ce chapitre, je resterai général et je consacrerai un peu plus loin un chapitre spécifique à la Covid-19.
Comment reconnaître une bronchite aiguë ?
C’est théoriquement assez simple, puisque dès qu’il y a une inflammation ou une hypersécrétion bronchique, on ressent le besoin de tousser.
Oui, mais voilà, les bronchites ne sont pas les seules causes de toux. Les trachéites et les laryngites s’accompagnent presque toujours d’une toux.
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Même les rhinopharyngites, à cause de l’écoulement postérieur au fond de la gorge, peuvent entraîner une toux.
En revanche, les trachéites et laryngites donnent essentiellement des toux sèches. Ce qui veut dire que la plupart des toux grasses sont d’origine pulmonaire et signent une bronchite.
Cependant, certaines trachéites finissent par donner quelques expectorations (assez peu) et les écoulements nasaux postérieurs entraînent aussi une toux productive afin de pouvoir éliminer ces glaires qui coulent au fond de la gorge. Et inversement, certaines bronchites, au moins au début et surtout quand elles sont virales, peuvent donner des toux très sèches, comme on le voit justement avec la Covid-19.
Malgré tout, quand on tousse, c’est toujours parce qu’on ressent une gêne, qui peut être un chatouillement, un encombrement, voire une douleur qui va entraîner un besoin de tousser. Si cette gêne est située très haute, à la base du cou, il s’agit plutôt d’une trachéite, la plupart du temps virale, voire d’origine allergique ou en lien avec un reflux. Dans tous les cas, elle est très rarement bactérienne et le traitement est très différent des bronchites. Les trachéites peuvent donner des toux persistantes, très fatigantes et pénibles, mais n’auront jamais la gravité des bronchites, sauf peut-être dans de rares cas chez le petit enfant.
Les trachéites et les pathologies du nourrisson ne seront pas traitées dans ce dossier. Si la toux est déclenchée par une gêne au niveau du thorax, derrière le sternum ou plus rarement latéralement au niveau des côtes, alors il faut suspecter une infection bronchique.
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Sachez que, parfois, la bronchite est plus sournoise, avec une toux assez faible. Mais, en revanche, une douleur à la base d’un poumon, comme un point de côté, doit faire suspecter un « foyer » pulmonaire (un abcès), surtout que ce type de pathologie peut être grave.
C’est pourquoi la suspicion d’une bronchite aiguë nécessite de consulter un médecin qui écoutera attentivement les poumons avec son stéthoscope et prescrira éventuellement une radiographie pulmonaire afin de vérifier l’absence d’un foyer qui signe un abcès du poumon.
On parlera alors parfois de pneumonie ou de broncho-pneumonie, qui sont des pathologies graves nécessitant une antibiothérapie prolongée.
L’infection bronchique peut également se propager à la plèvre, ce tissu qui entoure les poumons et les relie à la cage thoracique. La plèvre est très innervée et une pleurésie (inflammation de la plèvre) entraîne des douleurs parfois violentes, comme un point de côté qui ne passe pas. Cette plèvre peut, à cause de l’inflammation et de l’infection, se remplir de liquide (on parle d’épanchement pleural) et, dans ce cas, elle n’est plus capable d’assurer sa fonction (qui est de participer au mécanisme respiratoire). C’est pourquoi une pleurésie peut donner un essoufflement et une fatigue importante. Mais c’est surtout la douleur qui prédomine.
Une atteinte de la plèvre peut se retrouver à l’examen clinique grâce au stéthoscope, mais aussi à la percussion des poumons qui retrouve une matité anormale. Elle sera confirmée par une radiographie et, là encore, nécessitera un traitement énergique.
Il existe des causes particulières de pleurésie, en particulier la tuberculose et le cancer bronchique, voire le cancer de la plèvre, qu’on appelle un
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mésothéliome. Mais la plupart des bronchites aiguës ne touchent pas la plèvre, sauf en cas de foyer pulmonaire, ce qui est tout de même assez rare.
Vous voyez que rien n’est simple face à une toux ou des symptômes respiratoires.
En pratique : diagnostiquer une bronchite aiguë
On va suspecter une bronchite aiguë devant une toux liée à une gêne située derrière le sternum ou parfois sur les côtés, en regard des poumons, accompagnée d’un syndrome fébrile, c’est-à-dire de la fièvre plus ou moins élevée parfois associée à des frissons et courbatures (dans ce cas, on parle de syndrome grippal).
Cette toux peut être sèche, surtout au début d’une bronchite virale, ou grasse, signant une hypersécrétion bronchique plus souvent en lien avec une infection bactérienne.
On s’intéressera alors à l’expectoration, qui peut nous renseigner sur la cause :
• Si le crachat est clair et assez liquide, on pourra évoquer une bronchite virale qui n’entraîne pas de pus ;
• Si le crachat est épais et coloré, souvent jaune, voire vert, c’est un signe d’infection purulente signant une origine bactérienne ;
• Si le crachat est blanc, épais et collant, cela évoque une cause allergique. Je ne traiterai pas les allergies respiratoires ni l’asthme dans ce dossier ;
• Si le crachat comporte des traces de sang, on parle d’hémoptysie. Elle signe l’importance de l’inflammation, mais n’est pas forcément
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un critère de gravité. En revanche, des crachats sanglants sans qu’il y ait de signes d’infection doivent nécessiter un bilan approfondi pour rechercher la cause, qui peut être une tumeur, mais il existe bien d’autres diagnostics possibles face à une hémoptysie.
Je veux rappeler l’importance d’un examen médical en cas de suspicion de bronchite aiguë, car cette pathologie peut se révéler grave et ne doit jamais être négligée. Il m’arrive de soigner des patients à distance, par téléphone ou mail, en cas d’un rhume ou d’une rhinopharyngite banale. Mais en cas de bronchite aiguë, je préfère toujours qu’il se déplace au cabinet pour évaluer l’importance des symptômes.
Virus ou bactéries : identifier les causes des bronchites aiguës
La bronchite aiguë est une maladie infectieuse. Il existe 2 causes principales qui peuvent être liées :
1) Les virus ;
2) Les bactéries.
Il existe d’autres causes de bronchites infectieuses : la tuberculose (une mycobactérie particulière), assez rare heureusement dans nos pays et que je ne ferai qu’évoquer, et les levures ou champignons donnant des infections plutôt persistantes et que l’on rencontre surtout chez des personnes immunodéprimées (chimiothérapie, sida, traitement immunosuppresseur…).
Mais la grande majorité des bronchites aiguës, que l’on rencontre en particulier en hiver, sont virales ou bactériennes.
Les bronchites virales
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Ce sont les bronchites les plus fréquentes et, à de rares exceptions, les moins graves.
Les bronchites virales potentiellement graves sont :
• Les bronchiolites du nourrisson où la gravité est liée au terrain particulier, car un bébé ne sait pas cracher et ses bronches peuvent se spasmer et s’encombrer très vite ;
• Les bronchites qui apparaissent chez un patient fragile et mal équilibré (asthme, bronchite chronique, cancer, dénutrition…). Là encore, la gravité est liée au terrain ;
• Certaines grippes dont, une nouvelle fois, la gravité est essentiellement liée au terrain : obésité, insuffisance respiratoire, âge, grossesse, etc. ;
• Des infections respiratoires liées à certains virus particuliers, comme la Covid-19.
Mais, quelle que soit la cause, il est évident que certains vont très facilement s’en sortir et d’autres vont malheureusement en mourir. Pourquoi ? Parce que, comme l’a si bien dit Antoine Béchamp : « le microbe n’est rien, le terrain est tout » !
Nous y reviendrons, mais c’est pour cela qu’il est important d’agir en amont sur le terrain, car, évidemment, il vaut mieux prévenir que guérir. Cette épidémie de coronavirus en est un bon exemple.
Les virus respiratoires bénins
Ils donnent des infections respiratoires brutales avec une toux sèche souvent d’apparition brutale. Suivant le terrain de la personne et la qualité
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de son système immunitaire, cette infection aiguë va guérir en quelques jours à quelques semaines. On pourrait même se passer de traitement, mais, pour ma part, je donne systématiquement un traitement naturel pour réduire le risque de surinfection et/ou de toux persistante.
En effet, les seuls risques de ces bronchites virales banales sont :
• une toux qui peut persister pendant des semaines, même si on voit cela plutôt avec les virus paragrippaux ;
• une surinfection bactérienne toujours possible si le terrain est fragile et, dans ce cas, on évolue vers une bronchite plus profonde et plus grave (voir plus bas).
Les virus grippaux et paragrippaux
Chaque hiver, on nous rebat les oreilles (et je suis poli) avec la grippe et ses dangers. C’est à mon sens très excessif, mais c’est évidemment pour mieux nous vendre le vaccin censé nous protéger (j’y reviendrai).
Encore une fois, ce n’est pas tant la grippe qui est à risque, mais le terrain sur lequel elle apparaît.
Je peux affirmer qu’en 30 ans de pratique je n’ai jamais eu un seul patient qui ait été hospitalisé pour une grippe. Il faut dire que j’ai un biais de recrutement, puisque mes patients viennent me voir pour faire de la prévention et qu’ils ont une hygiène de vie bien meilleure que la moyenne de la population. Et ils sont rarement fumeurs.
Ce qui veut dire qu’on ferait mieux de mettre tout l’argent dépensé dans les campagnes de vaccination pour faire de l’information sur l’hygiène de
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vie et les moyens de prévention des infections hivernales. Oui, mais voilà, ça ferait perdre de l’argent aux vendeurs de tabac et de vaccins. Et ça ferait même perdre de l’argent à l’État qui rentrerait moins de taxes ! Comme quoi le système est un peu vicié à la base, non ?
Les coronavirus
J’utilise le pluriel, car il existe plusieurs coronavirus et cette famille de « virus à couronnes » est connue depuis les années 1960.
Les chauves-souris et les oiseaux, en tant que vertébrés volants à sang chaud, sont des hôtes idéaux pour les coronavirus, assurant l’évolution et la dissémination du virus. Et c’est pour cela qu’on a accusé ces pauvres chauves-souris d’être responsables de l’épidémie actuelle.
C’est évidemment une hypothèse totalement gratuite sur laquelle je vais revenir. Jusqu’à peu, on connaissait 4 coronavirus responsables chez l’homme d’infections bénignes.
Au début des années 2000 sont apparus des coronavirus bien plus méchants.
D’abord le SARS-CoV en 2003, responsable de la très grave épidémie de SARS qui est l’acronyme anglais de Severe Acute Respiratory Syndrome ou « syndrome respiratoire aigu sévère » lié au coronavirus.
Elle est apparue en Chine (déjà) en 2002 et serait liée à la consommation dans un restaurant d’un animal sauvage, la civette palmiste masquée (!?). Cette maladie n’a fait finalement « que 774 morts », ce qui a représenté 10 % environ des personnes atteintes. Sans qu’on puisse réellement
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expliquer pourquoi, cette infection ne s’est pas étendue aux autres pays et elle a été considérée comme éradiquée en 2004.
Ensuite le MERS-CoV, pour « syndrome respiratoire du Moyen-Orient », qui a débuté en Arabie saoudite en 2012. Sa mortalité est catastrophique puisqu’elle s’élève à 35 % des sujets touchés ! Heureusement, ce virus est beaucoup moins contagieux que la Covid-19 et on dénombre actuellement « seulement » 450 décès.
Encore une fois, on incrimine le passage de l’animal à l’homme et, en l’occurrence, la consommation de lait de chameau ou la proximité avec les chameaux. Mais, dans ce cas, pourquoi cette maladie est aussi rare alors que l’usage du chameau est largement pratiqué dans tout le Moyen-Orient ?
À ce jour, aucune réponse et aucun traitement n’ont été trouvés. Pourtant, des gens meurent chaque année de cette maladie, y compris des Occidentaux après un séjour dans cette région et possiblement un contact étroit avec des chameaux.
Et enfin, ce SARS-CoV-2 responsable de la pandémie de Covid-19 (pour maladie à coronavirus 2019) apparue en Chine en octobre 2019 avant de s’étendre, cette fois-ci, au monde entier. Là encore, on incrimine la consommation de viande de pangolin et/ou de chauve-souris (vendues pour l’alimentation en Chine), mais cette origine est loin d’être démontrée.
Le tabac : deuxième cause de mortalité en France
Je ne suis pas le premier à dénoncer la situation du tabac en France et dans le monde. C’est tout de même la deuxième cause de mortalité en
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France après le sucre et l’obésité ! Et cette drogue mortelle est parfaitement légale. Elle rapporte même des milliards de taxes à l’État.
La hausse du prix du tabac censé réduire le tabagisme est un écran de fumée, car les études ont montré que quand on augmente le prix des cigarettes de 15 %, le tabagisme recule de 8 %. La différence va dans la poche de l’administration !
Dans un paquet à 10 euros, 82 % du prix est représenté par les taxes. Le fabricant touche 8,6 % et le buraliste 9,4 % !
L’État touche ainsi 15 milliards d’euros chaque année grâce aux taxes sur le tabac ! Comment se passer de cette manne d’argent ? Vous comprenez dans quel cercle vicieux nous sommes.
Bien entendu, on a aussi calculé ce que le tabac coûte à l’État en termes de dépenses de santé. Et le chiffre est tout aussi effrayant : 16 milliards.
Les statisticiens et les économistes sont encore plus diaboliques dans leurs conclusions, car ils ont aussi calculé le bénéfice lié aux retraites non versées à tous les malades qui décèdent prématurément à cause du tabac. Et cela fait une économie supplémentaire de 6,6 milliards d’euros pour nos caisses de retraite et d’assurance maladie !
L’économie du tabac est aussi noire que les poumons des fumeurs et aussi monstrueuse que les maladies qui en découlent.
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AUCUN traitement officiel pour agir sur les bronchites virales
Pour revenir aux bronchites aiguës, sachez que la majorité des syndromes grippaux de l’hiver sont en fait dus à des virus qu’on appelle « paragrippaux », c’est-à-dire des cousins du virus de la grippe contre lesquels la vaccination est totalement inefficace. Ce qui ne sera pas le cas des démarches préventives que je vous détaillerai plus bas et qui, en renforçant le terrain, agissent sur la prévention de TOUTES les infections respiratoires.
Encore une fois, même si ces infections virales dues à des virus paragrippaux ne sont pas dangereuses en soi, elles peuvent toujours se compliquer, et je propose systématiquement un traitement pour les guérir plus vite. Ce que ne propose pas l’allopathie, car en dehors des antibiotiques, qui sont exclusivement actifs sur les bactéries, il n’existe AUCUN traitement officiel pour agir sur les bronchites virales. Ce qui explique aussi pourquoi le ministère de la Santé base toute sa communication sur la vaccination, qui est la seule méthode validée pour réduire le risque de complications liées à la grippe.
La « vraie grippe » est souvent assez simple à reconnaître même si, parfois, les symptômes ne sont pas aussi typiques :
• Elle donne une fièvre très élevée, souvent entre 39 et 40 °C ;
• On peut même observer le fameux « V grippal » : la fièvre monte brutalement assez haut pendant 24 à 48 h puis baisse autour de 38 °C, voire plus bas, laissant penser que l’infection était bénigne et se termine rapidement. Puis la température va de nouveau remonter brutalement autour de 39 et 40 °C ;
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• Elle s’accompagne presque toujours du syndrome grippal : frissons parfois intenses et courbatures comme si on avait été roué de coups ;
• Rapidement, la toux va s’installer. Elle est tenace, fatigante, avec une sensation d’écharde, de véritable plaie au niveau des grosses bronches ;
• Cette toux est d’abord très sèche, mais pourra devenir légèrement productive avec le temps. Elle va durer plusieurs semaines si on n’intervient pas rapidement pour enrayer l’installation du virus qui crée une véritable plaie au niveau des bronches ;
• Elle peut se compliquer d’une surinfection bactérienne (c’est la seule raison pour donner des antibiotiques) ou d’une insuffisance respiratoire si le virus se multiplie rapidement et vient créer de multiples lésions ou si le patient a déjà une insuffisance respiratoire pour d’autres raisons ;
• Elle est potentiellement mortelle à cause de l’aggravation de l’insuffisance respiratoire, nécessitant une hospitalisation en service de réanimation et parfois une intubation pour mettre en place une respiration artificielle.
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Malgré tout, la grippe n’est pas la seule infection pulmonaire virale. Les virus le plus souvent rencontrés sont les :
• Virus Influenza A et B (virus de la vraie grippe), qui sont loin d’être les plus fréquents ;
• Virus Para-Influenzae, qui donnent donc des syndromes paragrippaux, proches de la grippe ;
• Virus respiratoire syncytial, qui donne des bronchites parfois assez marquées et les bronchiolites du nourrisson ;
• Rhinovirus E ;
• Adénovirus ;
• Virus Coxsackie ;
• Coronavirus.
On voit donc qu’il y a de multiples raisons de faire des bronchites virales, et je rappelle que le vaccin protège uniquement contre les virus Influenzae, et encore seulement 1 fois sur 2 (voir plus bas).
Les vraies grippes sont donc minoritaires et heureusement rarement très graves. En moyenne, une bronchite virale va durer 2 semaines, mais, comme la vraie grippe, on peut l’enrayer plus vite avec un traitement naturel. Suivant l’agressivité du virus, elle pourra donner une toux sèche chronique qui peut durer 1 à 2 mois !
Si la toux devient très grasse, il faut suspecter une surinfection bactérienne !
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Les bronchites bactériennes
Elles sont finalement, comme les angines bactériennes, bien plus rares. Ce qui veut dire que, dans une grande majorité des cas, les antibiotiques sont inutiles au début d’une bronchite. Car je vous rappelle que les antibiotiques sont actifs exclusivement sur des bactéries.
En allopathie, il n’existe aucun médicament efficace sur les virus respiratoires. On a bien tenté d’imposer le Tamiflu® comme traitement de la grippe, mais toutes les études s’accordent pour dire qu’il est sans effet sur la gravité ou l’évolution de la maladie.
Contrairement aux angines qui, lorsqu’elles sont virales, évoluent peu vers une angine bactérienne, les bronchites virales se compliquent plus souvent d’une surinfection bactérienne avec expectoration purulente.
Cela est dû à l’anatomie des poumons qui, nous l’avons vu, sont un cul-de-sac où les bactéries peuvent plus facilement se développer en cas d’inflammation ou d’hypersécrétion.
C’est pourquoi certains médecins donnent systématiquement des antibiotiques en cas de bronchite, au cas où il y aurait une surinfection.
Il arrive qu’une bronchite soit d’emblée bactérienne. Dans ce cas, elle peut être assez grave, car les bactéries détruisent une partie des alvéoles, et le pus qu’elles entraînent va engorger les bronchioles et entraîner des difficultés respiratoires.
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Les principaux microbes rencontrés sont :
• Haemophilus influenzae, qui touche beaucoup les enfants et peut donner aussi des otites et des angines ;
• Streptococcus pneumoniae, qu’on appelle aussi pneumocoque et qui donne des broncho-pneumonies parfois graves avec foyer pulmonaire purulent (abcès) ;
• Mycoplasma pneumoniae, qui donne des symptômes pouvant faire penser à une bronchite virale, car s’accompagnant de moins de pus et d’expectoration ;
• Chlamydia pneumoniae, qui est un « cousin » du précédent et, comme lui, est un germe intracellulaire. Il donne aussi moins de pus et d’expectoration, mais est un peu plus méchant que le mycoplasme. Ces 2 microbes ont la mauvaise habitude de donner des infections récidivantes, car le germe peut rester caché dans notre organisme. Et souvent on n’en fait pas le diagnostic au moment de l’infection aiguë.
• Moraxella catarrhalis ;
• Bordetella pertussis, qui est la bactérie de la coqueluche avec sa toux plutôt sèche, mais aboyante et épuisante. On voit de plus en plus de coqueluches l’hiver, en particulier chez l’adulte, et il faut y penser, car elle bénéficie d’une antibiothérapie spécifique si on la diagnostique à temps (le vaccin est d’une efficacité limitée).
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Je viens de citer les principales bactéries qu’on rencontre en ville, mais il en existe bien d’autres, qu’on peut contracter plutôt dans des collectivités ou des services hospitaliers. Je pense en particulier à :
• Des germes anaérobies comme : Fusobacteriums ou bactéroïdes, qu’on rencontre surtout à l’hôpital ;
• Des germes aérobies souvent graves, mais heureusement moins fréquents : staphylocoque doré, Klebsiella pneumoniae, les Pseudomonas, Enterobacter, Serratia… ;
• La fameuse légionellose due à la bactérie Legionella, ainsi dénommée, car elle a été découverte lors d’une épidémie qui avait touché d’anciens combattants. Elle est souvent transmise par l’air des conduits d’aération ou de climatisation des immeubles et bureaux quand ils sont mal entretenus. On en rencontre également dans les hôpitaux !
Dans tous les cas, si une bronchite bactérienne est suspectée, il sera souvent indispensable de traiter par antibiotique. En ville, on donne un traitement probabiliste dont le but est d’être actif sur les pneumocoques. Pour ce faire, nous prescrivons essentiellement de l’amoxicilline. Son défaut est d’être inactif sur les Chlamydiae et le mycoplasme. C’est pourquoi, si la bronchite ne s’amende pas rapidement, il faudra changer d’antibiotique.
Si une bronchite purulente apparaît chez un patient fragile ou suite à une hospitalisation, il sera préférable de faire une analyse du crachat pour rechercher le germe exact afin de donner le plus rapidement possible un traitement adapté.
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Mais souvenez-vous que si vous avez une bronchite avec expectoration purulente, il sera plus raisonnable de prendre un antibiotique plutôt que de se contenter d’un traitement naturel. Pour les mêmes raisons, une consultation s’impose souvent pour que le médecin analyse la gravité et prescrive éventuellement des examens complémentaires, et en particulier une radiographie.
Inversement, en cas de bronchite virale (les plus fréquentes), les antibiotiques seront inutiles et il faudra envisager un traitement par d’autres méthodes.
Partie 2
La Covid-19
Je me dois de réserver un chapitre à part à cette épidémie qui nous touche de plein fouet au moment où j’écris ces lignes. Si je prends le temps de le faire maintenant, c’est pour tenter de vous donner des connaissances objectives et des moyens d’agir tout de suite.
Covid-19 est le diminutif de « maladie à coronavirus 2019 ». On l’appelle aussi SARS-CoV2, ou syndrome respiratoire aigu sévère lié au coronavirus. SARS-CoV2 est aussi le nom donné au virus.
Peu importent ces dénominations qui montrent avant tout qu’en médecine on parle tout le temps avec des sigles, termes ou acronymes souvent totalement hermétiques pour le grand public. Pourtant, c’est ce grand public qui souffre et meurt actuellement, et c’est bien lui qui doit être clairement informé !
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Tout ce que je vais dire dans ce chapitre est très spécifique de ce virus, mais tout ce que j’explique dans les autres chapitres au sujet de la prévention des infections respiratoires virales, en particulier l’hiver, est totalement adaptable à la Covid-19, même si nous n’avons pas assez de recul à ce jour pour pouvoir l’affirmer de façon certaine !
D’où vient ce nouveau coronavirus ?
L’explication officielle c’est que le virus est naturellement présent chez les chauves-souris et que ce virus aurait muté et serait passé chez l’homme à cause de la consommation de chauves-souris en Chine.
C’est une explication possible et séduisante pour éviter d’aller voir plus loin. Ces Chinois mangent vraiment n’importe quoi et c’est à cause d’eux et de leurs absurdes traditions qu’on a une épidémie mondiale ! Pourquoi pas ?
Mais c’est oublier une chose essentielle : Wuhan, la ville où l’épidémie abrite aussi un laboratoire de virologie P4 ouvert en 2015 en partenariat avec la France. Ce laboratoire héberge les recherches les plus délicates et dangereuses sur les virus (d’où sa classification P4, qui impose des règles très strictes au personnel, dont les plus exposés travaillent en scaphandre totalement étanche).
Quelle est la probabilité pour qu’un nouveau virus totalement inconnu jusque-là émerge, apparaisse par le hasard des mutations, dans une ville où l’on travaille justement sur les mutations virales sans qu’il n’y ait aucun rapport entre les deux ?
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Pour moi, et j’assume parfaitement ces propos tant qu’on ne m’aura pas démontré le contraire, il y a au contraire de fortes probabilités que ce virus soit sorti de ce laboratoire de recherche.
Attention, je ne crois pas aux théories du complot. Je pense plutôt à un accident, à une erreur dans les règles de sécurité qui aurait laissé échapper ce virus.
D’autres arguments, qui restent à revalider, nous confortent dans cette hypothèse. Un chercheur français indépendant, mathématicien à la retraite, a publié une étude sur le génome de ce virus où on retrouve curieusement des portions de l’ARN du virus du HIV (le virus du sida).
Si cela est confirmé, cela pointe vers une intervention humaine. La façon dont les portions d’ARN du HIV sont agencées ne peut pas être due au hasard, d’après ce mathématicien qui n’a rien à gagner à publier ce type d’étude si ce n’est faire avancer la science et la vérité.
Ces portions d’ARN, peut-être « ajoutées », seraient en lien avec la virulence du virus. Elles ne peuvent pas « donner le sida », mais augmentent la contagiosité du virus.
Je voudrais noter une autre curiosité de la ville de Wuhan : c’est la région où on teste la 5G en Chine. Elle y est particulièrement développée depuis quelques années et son déploiement s’est accéléré en 2019 !
À ce jour, on ne sait pas s’il peut y avoir un lien de cause à effet entre le déploiement de la 5G dans la région et cette épidémie, mais la question reste ouverte et nécessitera des recherches et des évaluations.
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Je note par ailleurs que la 5G a été particulièrement déployée dans le nord de l’Italie (Milan, Turin, Bologne) l’année dernière ! Que doit-on en penser ? À ce jour, nous n’en savons rien, mais il est possible que la 5G puisse faire baisser l’immunité !
Une chose est sûre, des études approfondies seront nécessaires avant de libérer totalement l’installation de la 5G sur tout le territoire français.
Et une enquête indépendante devra dire quelle est la responsabilité du laboratoire P4 de Wuhan. En espérant que ce soit possible et que la réponse ne soit pas classée « secret défense » !
Quels sont les symptômes ?
L’infection Covid-19 donne des symptômes très inhabituels, montrant là encore des caractéristiques virales plus que surprenantes. Je veux bien que ce soit en lien avec des mutations naturelles liées au hasard, mais ça fait beaucoup de mutations et beaucoup de hasards, tout de même !
Au début, la maladie est assez peu typique : de la fièvre, de la toux (pas toujours), des symptômes de rhinopharyngite avec un nez qui coule et parfois un mal de gorge.
Si vous avez ces symptômes, pas de panique, ça peut être tout et n’importe quoi.
C’est l’évolution au bout de quelques jours qui va commencer à nous orienter vers un SARS-CoV2.
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On pourra observer :
• Une fièvre souvent modérée, autour de 38 °C. Elle va osciller et peut monter par poussées, à 39 °C, voire 40 °C autour du 7e jour ;
• Les poussées de fièvre sont plus souvent nocturnes avec une transpiration parfois abondante. C’est en soi un bon symptôme, car cela montre que l’organisme se défend. Il faut respecter cette fièvre, qui est salvatrice. Elle peut s’accompagner d’une sensation de froid extrême et du besoin de se couvrir ;
• Des maux de tête sont assez fréquents, voire violents, pas seulement liés à la fièvre. Ils incitent à prendre du paracétamol, voire d’autres antalgiques comme l’ibuprofène, mais je vous le déconseille fortement ;
• La fièvre s’accompagne souvent de courbatures et de douleurs musculaires, voire osseuses ;
• La toux est un des symptômes les plus fréquents. Elle est essentiellement sèche, avec là aussi, comme pour la fièvre, des hauts et des bas. Elle est parfois plus marquée le matin et le soir, mais ça peut dépendre du patient. Parfois, elle est un peu plus grasse avec des mucosités collantes, blanchâtres et difficiles à expectorer ;
• Avec la toux apparaît une difficulté respiratoire, un essoufflement au moindre effort. Le patient s’oxygène mal, il sent que l’air pénètre difficilement dans ses poumons. Il doit faire un effort conscient pour respirer alors que la respiration est habituellement spontanée et inconsciente. On n’arrivera plus à retenir sa respiration (apnée) que quelques secondes. L’essoufflement à l’effort est tel que parfois parler est presque impossible ;
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• Évidemment, avec tout cela il y a une énorme fatigue. Là aussi, c’est un des symptômes les plus répandus. La fatigue est physique et intellectuelle. Le patient a besoin de s’allonger et ne veut rien faire, même pas manger. Il y a souvent une période d’anorexie, une perte d’appétit liée à plusieurs facteurs, dont la fatigue, mais aussi l’anosmie et l’agueusie ;
• Le virus s’attaque en effet au système nerveux. On va observer plusieurs symptômes qui varient en fonction des patients :
- Anosmie : perte de l’odorat parfois quasi complète. Elle peut être brutale et même inaugurale. Elle signe presque à coup sûr un Covid-19,
- Agueusie : perte du goût ou parfois modification des goûts qui aggrave la perte d’appétit,
- Indifférence à la maladie. Curieusement, le patient paraît détaché de la gravité des symptômes et sans réaction, anergique et sans peur réelle ;
• Des troubles digestifs sont présents dans 1 cas sur 2 environ : nausées, diarrhée, colite sont les plus fréquentes. Ils aggravent aussi la perte d’appétit et la fatigue ;
• Plus rarement, il y aura des symptômes cardiovasculaires, et en particulier des palpitations. La tension artérielle est normale ou basse.
L’autre particularité des symptômes de la Covid, et cela signe le diagnostic presque à coup sûr, est la très grande variabilité d’un jour sur l’autre. Un matin, le patient ira mieux avec une température normale et la nuit suivante il pourra monter à 39,5 °C. Un autre jour, il aura des troubles
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digestifs ou des douleurs qui peuvent s’estomper le lendemain pour réapparaître le surlendemain.
Mais dans tous les cas, il faudra surveiller une aggravation autour du 7e jour. Il peut s’agir d’une fièvre élevée et d’une aggravation de la fatigue et de l’anorexie. C’est impressionnant, mais pas forcément inquiétant.
En revanche, à cette période, peuvent apparaître des signes de détresse respiratoire qui peuvent nécessiter une hospitalisation. Surtout s’ils s’accompagnent d’une chute de la tension ou de la saturation en oxygène du sang.
C’est pourquoi un bilan avec le médecin s’impose autour du 7e jour afin de dépister ces signes d’aggravation qui sont potentiellement mortels si on ne fait rien.
La mort intervient pour plusieurs raisons :
• Une inflammation au niveau des poumons déclenchée par le virus, mais liée aussi à une réaction excessive ou inappropriée de l’organisme. À ce jour, on ne sait pas ce qui favorise cela chez certains patients, mais cette réaction peut nécessiter de fortes doses de cortisone, car à ce stade le danger n’est plus le virus, mais la réaction de l’organisme. Sinon, la cortisone est contre-indiquée pour toute infection virale ;
• Une décompensation du coeur et du rein. En effet, le SARS-CoV2 s’accroche à nos cellules grâce à un récepteur appelé « angiotensine 2 ». Or ce récepteur est présent dans les poumons, mais aussi, et surtout dans le système cardiovasculaire et le rein. Beaucoup de patients meurent d’insuffisance cardiaque et/ou rénale, surtout s’ils avaient déjà une fragilité de ces organes ;
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• Il peut aussi y avoir un arrêt cardiaque à cause de la mauvaise oxygénation malgré l’intubation, car l’inflammation massive des poumons empêche l’oxygène de passer dans le sang.
On constate tous les soirs à la télévision le nombre de morts qui ne baisse pas malgré les efforts surhumains de tout le personnel hospitalier totalement dévoué et très compétent.
Cela veut dire que, pour réduire le nombre de morts, il faut tout faire pour éviter d’avoir à hospitaliser les patients, car si on arrive au stade de l’intubation, il est trop souvent trop tard.
C’est pourquoi je vais insister plus bas sur l’importance de traiter TOUS les malades avant que certains ne décompensent ainsi.
Comment le diagnostiquer ?
Mais pour soigner un malade, il faut savoir de quoi il est malade. Si la clinique est assez reconnaissable, il faut tout de même attendre quelques jours avant de pouvoir affirmer avec peu de marge d’erreur que c’est bien un Covid. Or je rappelle que l’aggravation se fait souvent autour du 7e jour.
C’est pourquoi il me paraît indispensable de pouvoir faire des examens complémentaires devant tout patient présentant des symptômes suspects.
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Les tests biologiques
Il existe 2 façons de dépister et de diagnostiquer une infection à SARS-CoV2.
On peut rechercher le virus lui-même. La méthode s’appelle PCR (Polymerase Chain Reaction). Le principe est de faire un prélèvement là où se situe le virus, en l’occurrence au fond des fosses nasales, puis d’utiliser la technique qui permet d’amplifier l’ARN du virus pour le mettre en évidence.
Cette méthode est assez fiable si elle est bien réalisée. Pour autant, on considère qu’elle ne donne une réponse positive que dans 7 à 8 cas sur 10. Il y a donc au moins 20 % des personnes infectées qui auront une PCR négative. C’est ce qu’on appelle un faux négatif.
Souvent, il est lié à un mauvais prélèvement, réalisé pas assez profondément au niveau des fosses nasales. Pour autant, un prélèvement bien fait ne ramènera parfois pas de virus. On peut aussi imaginer que, chez certains, le virus n’est plus présent dans le nez, mais uniquement au niveau bronchique. Et parfois, c’est la technique qui peut se « tromper ».
On pourrait aller chercher le virus dans l’arbre bronchique, mais, pour cela, il faut faire une fibroscopie ou un lavage bronchique. Cette méthode est parfois faite chez des malades hospitalisés, mais est inenvisageable en routine pour le grand public ou les personnes présentant un début d’infection.
Un deuxième test biologique est possible : la sérologie. Vous connaissez ce test, c’est celui qu’on réalise par exemple chez les femmes pour savoir
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si elles ont déjà été en contact avec la rubéole ou la toxoplasmose avant une grossesse.
Quand on a attrapé une maladie infectieuse, notre système fabrique des anticorps contre le microbe. La sérologie est le dosage de ces anticorps dans le sang. Ce bilan est assez fiable, bien qu’il existe là encore de faux positifs. Mais surtout, la sérologie est un marqueur TARDIF, car les anticorps sont absents au début de la maladie et même pendant au moins les 7 premiers jours.
La sérologie est donc un mauvais test de dépistage. Son autre défaut, c’est qu’il prouve qu’on a été en contact avec le microbe, mais ne dit absolument pas si le microbe est toujours présent, car les anticorps vont persister pendant des années après la disparition de l’infection.
La sérologie est donc totalement un mauvais test pour faire le diagnostic de la maladie, car il est trop tardif. Il sera surtout inutile pour dire si un malade est contagieux et il ne pourra pas être utilisé, contrairement à ce que certains suggèrent, pour décider de la fin du confinement des malades.
Un bilan sanguin n’apportera pas beaucoup plus de renseignements. Suivant la gravité de la maladie, on verra une CRP (protéine C réactive) augmentée car elle est le reflet de l’inflammation. Plus elle est élevée et plus l’inflammation est importante. Mais la clinique est plus parlante finalement.
On peut voir des modifications des globules blancs, mais ils ne sont pas spécifiques de ce virus, donc ne nous apprennent rien sur le microbe en cause.
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Un dosage paraît important : le D-dimère, qui est un reflet de l’inflammation et de la coagulation. On a pu montrer que l’élévation des D-dimères était prédictive d’une aggravation de la maladie et est un argument pour hospitaliser le malade.
Au final, seule la PCR a un intérêt face à l’épidémie actuelle de coronavirus 2019 pour dépister les malades et faire le diagnostic de Covid-19. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les Chinois, les Sud-Coréens, les Israéliens et les Allemands pour contenir l’épidémie et mieux soigner les malades.
C’est ce qui explique que ces pays aient une mortalité bien plus faible que les autres.
Les bilans radiologiques
Dans 20 % des cas, on l’a vu, le résultat est faussement négatif. « Faussement » veut dire que le malade est bien porteur de la Covid-19, mais celui-ci n’est pas détecté par la PCR.
Si le patient présente des signes cliniques évocateurs, bien que la PCR soit négative, pas question de conclure à une autre maladie. Les Sud-Coréens l’ont très vite compris et, afin de contrôler l’épidémie, ils ont fait passer un scanner pulmonaire à tous les malades dans cette situation.
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Comprenez bien le principe.
• Si la PCR est positive, alors le malade a la Covid-19 de façon certaine, donc il doit être isolé et traité.
• Si la PCR est négative et que le patient n’a pas les symptômes, on peut penser qu’il n’a pas attrapé le virus.
• Si la PCR est négative, mais que le patient présente des symptômes évocateurs, alors le scanner pulmonaire permettra de trancher.
Les Chinois et les Sud-Coréens ont montré que dans plus de 95 % des cas le scanner est déterminant et le patient peut être considéré comme infecté par la Covid-19 si le scanner est anormal.
Évidemment, on ne peut pas faire un scanner à tout le monde. C’est pourquoi la PCR permet de donner une réponse fiable dans 80 % des cas, et dans les 20 % restants, on se servira du scanner pour affirmer ou infirmer l’infection.
Dans ce dernier cas, on pourra d’ailleurs envisager une PCR par lavage bronchique pour confirmer le diagnostic.
Je vous signale que tous les médecins savent cela. Je n’invente rien et je n’expose pas de faits révolutionnaires ici. Ces notions sont connues de tous les scientifiques.
La seule question est : pourquoi ne fait-on pas cela pour toutes les personnes présentant des symptômes d’infection respiratoire ? J’y reviendrai dans un prochain paragraphe.
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Quel traitement proposer à ce jour ?
Aujourd’hui, en France, on est obligé de traiter les patients « à l’aveugle ». Ils ont des symptômes évocateurs et nous sommes en pleine épidémie. Alors, c’est sûrement la Covid.
En théorie, on devrait systématiquement avoir une confirmation diagnostique grâce à la PCR et, si besoin, le scanner, mais à part pour les cas graves qui arrivent à l’hôpital, on ne le fait pas.
Pourtant, si on le faisait pour tous, on pourrait probablement réduire le nombre de patients qui viennent engorger les urgences et les services de réanimation.
Mais nos experts en ont décidé autrement, alors on fait avec les moyens du bord et ce que nous laisse la législation et nos gouvernants.
Traitement officiel
Si un patient présente une forte suspicion de Covid-19, les recommandations officielles sont simples : on ne fait rien à part lui donner du paracétamol et le renvoyer chez lui en quarantaine. Et on croise les doigts, en espérant qu’il ne s’aggravera pas au 7e jour !
S’il s’aggrave, il est alors hospitalisé et, suivant la gravité, il sera mis sous oxygène ou éventuellement intubé en réanimation.
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C’est seulement à ce moment-là qu’il recevra un éventuel traitement antiviral, la plupart dans le cadre d’une étude randomisée, ce qui veut dire que les patients sont tirés au sort pour recevoir un médicament ou un placebo !
Les patients en réanimation reçoivent aussi d’autres drogues, parfois très puissantes pour réussir à « faire tenir » le coeur, le rein et les poumons. Je ne rentrerai pas dans les détails, car ce sont des prises en charge complexes et de dernier recours face à un patient qui décompense. Malheureusement, un grand pourcentage de ces patients mourra.
Alors, je le demande à nouveau : ne faudrait-il pas traiter tous les malades pour réduire le nombre des personnes qui vont finir en réanimation ?
Nos experts nous disent que NON, car aucun traitement n’a prouvé son efficacité, donc on ne fait rien. Est-ce raisonnable ? En tout cas, c’est une démarche scientifique. Je dirais plutôt que c’est « leur » démarche scientifique, mais elle est pour moi très hypocrite et n’est certainement pas frappée au coin du bon sens !
Hypocrite, car en même temps qu’ils refusent l’utilisation des antiviraux comme le Plaquénil® (hydroxychloroquine) aux malades, ils leur donnent du paracétamol alors qu’aucune étude n’a montré son intérêt thérapeutique et surtout son absence de risque !? 2 poids 2 mesures !
Le seul moment où je rejoins ces experts, c’est quand ils disent qu’il ne faut pas donner du Plaquénil® à n’importe qui. C’est une évidence. D’où l’absolue nécessité de tester tous les malades comme le fait le Pr Raoult à Marseille. Si le test est négatif, pas de Plaquénil®, évidemment. Et encore moins en prévention.
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Mais dès que le test est positif, alors le malade est soigné avec son protocole complet. Et les chiffres dont je dispose aujourd’hui en écrivant ces lignes, c’est que sur les 700 patients pris en charge avec ce protocole, un seul est décédé !!
Où est la logique et où est le bon sens dans le refus des experts de traiter les malades AVANT qu’ils arrivent à l’hôpital dans un état grave ?
Les antiviraux et le protocole du Pr Raoult
Que penser du protocole proposé par le Pr Didier Raoult de l’IHU de Marseille ?
Pas question pour moi de rentrer dans des considérations de personnes ou de politique. Le Pr Raoult a une personnalité particulière qui ne laisse pas indifférent et cela peut expliquer certains commentaires, mais ce n’est pas notre problème. Une chose dont je suis sûr, c’est que c’est un médecin indépendant qui dit ce qu’il pense. On peut ne pas aimer son mode de communication et on peut ne pas être d’accord avec lui, mais la question est : que vaut son protocole sur le plan scientifique ?
Je ne vais pas vous faire une critique détaillée de ses études, car ce serait bien trop compliqué. Les résultats du travail de ce grand spécialiste de l’infectiologie, mondialement reconnu dans son domaine, sont plus un recueil de données qu’une véritable étude scientifique comme les statisticiens le réclament.
Il agit, il dépiste, il soigne avec un protocole et il observe les résultats. Ce n’est pas la meilleure démarche scientifique pour démontrer une efficacité.
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Mais, au final, il suffit de regarder la mortalité globale et on aura une partie de la réponse.
On a critiqué le Pr Raoult, car il utilisait un protocole pas assez éprouvé. C’est vrai, mais c’est aussi le seul protocole qui ait montré une certaine efficacité dans les études chinoises.
Mais voilà, les experts occidentaux, et surtout français, ont toujours du mal à croire les Chinois, alors ils veulent refaire les études.
Pire, ils ont décidé d’inclure dans leurs études d’autres antiviraux (utilisés contre Ebola ou le sida). Seulement, ces antiviraux ont pour la plupart déjà montré leur totale inefficacité dans les études en Chine.
On peut comprendre que le Pr Raoult ait choisi de tester la chloroquine plutôt que des antiviraux probablement inefficaces. On ne peut même pas lui reprocher un conflit d’intérêts puisqu’il a choisi le protocole le moins cher !
Car il faudrait aussi qu’on regarde les effets secondaires et le coût exorbitant des autres antiviraux. Que d’hypocrisie.
Donc, je n’ai pas peur de le dire : je ne peux que soutenir le Pr Didier Raoult et son équipe dans leur démarche. C’est sans aucun doute la moins mauvaise solution dans l’état actuel des connaissances.
Et nous n’avons pas le temps de tergiverser, car ce sont des milliers de morts tous les jours que l’Europe et maintenant les USA doivent déplorer ! Ça devrait faire réagir, non ??
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L’autre scandale dans cette histoire, c’est que nous savons que, pour être plus efficace, il faut associer un antibiotique, l’azithromycine, au Plaquénil® (hydroxychloroquine).
Or, dans l’étude proposée par nos « experts » français et même européens, on a décidé de ne donner que du Plaquénil® seul. C’est absurde, sauf si on cherche uniquement à démontrer que le Pr Raoult se trompe et que le traitement ne marche pas !
Dernier scandale et pas des moindres : le gouvernement français, sur recommandation de nos experts, a décidé de limiter l’utilisation du Plaquénil aux cas graves une fois qu’ils sont hospitalisés. Non seulement on sait parfaitement que, pris trop tard, ce traitement n’a aucune efficacité, mais en plus, comment voulez-vous soulager le travail de nos médecins hospitaliers si on ne traite pas les malades AVANT qu’ils soient obligés d’être hospitalisés ?
Vous comprenez pourquoi je parle de bon sens d’un côté et d’oeillères pseudoscientifiques de l’autre. Comme disait la mauvaise blague, on pourrait penser que nos experts ont comme idée « l’autopsie montrera que nous avions raison » !
Ou, pour reprendre une autre blague d’humour noir qui circule actuellement : « Il vaut mieux mourir scientifiquement que de guérir empiriquement. » Est-ce vraiment responsable de la part de nos experts ? Sont-ils autant déconnectés de la réalité dans leur tour d’ivoire qu’ils ne sont plus capables de raisonner en êtres humains logiques et bienveillants ? On a l’impression qu’ils sont prisonniers de leur raisonnement scientifique et qu’à aucun moment ils ne remettent en question leurs certitudes et leurs paradigmes !
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Bref, le protocole du Pr Raoult est pour moi actuellement la meilleure approche et il devrait être proposé à toute personne testée positive à la PCR. Il associe :
• 600 mg de Plaquénil®, soit 1 cpm de 200 mg 3 fois par jour pendant 10 jours ;
• De l’azithromycine à raison de 500 mg (2 cpm) le 1er jour et 1 cpm par jour les 4 jours suivants.
Au moment où j’écris cet article, nous disposons des premiers résultats du Pr Raoult sur 80 patients, mais il y a en tout 700 personnes en cours de traitement.
La première conclusion que l’on peut tirer : ce protocole n’entraîne aucun effet secondaire.
Évidemment, il existe des précautions d’emploi du Plaquénil® que tous les médecins connaissent parfaitement (c’est un très vieux médicament). Comme n’importe quel médecin, ceux de l’IHU de Marseille ont exclu les patients qui présentaient une contre-indication (très rares, en réalité).
Ensuite, si le Plaquénil® présente des effets secondaires parfois importants, ce n’est vrai qu’après 1 ou 2 ans de traitement, comme on le voit dans le lupus ou la polyarthrite.
Ici, le traitement est de 10 jours et, d’après les chiffres du Pr Raoult, il n’a entraîné AUCUN effet secondaire significatif.
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Je ne peux que confirmer cela, car dans le domaine de la maladie de Lyme, qui est une de mes spécialités, on donne très souvent des protocoles courts de Plaquénil® (entre 10 et 30 jours), et nous savons par expérience que ce traitement est très bien toléré.
Ensuite, sur les 700 patients en cours de traitement, ils n’en déplorent qu’un seul décès ! Alors que les chiffres pour la France entière sont de 5 à 6 % de décès parmi les patients diagnostiqués positifs !
Et sur les 80 patients présentés dans sa publication récente, le traitement a permis une décroissance très rapide du virus, avec 97,5 % des patients devenus négatifs au PCR au 5e jour !
On reproche au Pr Raoult de ne pas avoir fait un « lot témoin » avec des personnes qui auraient reçu un placebo. Mais est-ce vraiment éthique de lui reprocher une telle chose face à une maladie aussi grave ?
Aimeriez-vous être tirés au sort et avoir 1 chance sur 2 de recevoir un placebo ? Même pour faire avancer la science, ce procédé est très critiquable dans la situation actuelle. Et si c’est la seule méthode qui permet aux experts de dire que le traitement marche ou pas, peut-être faudra-t-il revoir nos références à l’avenir quand on est face à une urgence thérapeutique !
Donc le protocole du Pr Raoult, totalement inspiré des études chinoises comme lui-même l’a clairement dit, est actuellement le SEUL traitement à avoir montré une efficacité.
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Je ne dis pas que c’est le seul traitement possible et qu’il est systématiquement efficace. Il faut continuer à chercher, à étudier, à évaluer. Mais dans la situation épidémique actuelle, il me paraît surtout urgent d’agir. Et les oiseaux de mauvais augure qui conseillent notre président ont beau vouloir jouer la prudence en disant que le Pr Raoult prend des risques et n’a pas une démarche suffisamment rigoureuse et scientifique devraient s’inspirer de la déclaration du grand Charles de Gaulle : « Ne prendre aucun risque, c’est souvent en prendre un bien plus grand ! »
Mon seul problème aujourd’hui, c’est que l’Académie de médecine, l’ordre des médecins et tous les experts du conseil scientifique de l’Élysée ont interdit la prescription du Plaquénil® par les médecins ! Ce médicament est réservé aux médecins hospitaliers, et encore, pas à tous ! C’est un véritable scandale et il y aura des comptes à rendre à la fin quand on fera le décompte de toutes les morts qu’on aurait pu éviter avec un peu plus de bon sens et moins d’ego.
Mais si on est malade et qu’on n’est pas hospitalisé, que pouvons-nous faire pour nous soigner ?
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Les traitements de terrain et les autres approches thérapeutiques possibles
À mon niveau, pas question de renvoyer mes patients chez eux avec du paracétamol et d’attendre de voir s’ils vont guérir ou s’aggraver. Évidemment, 80 % d’entre eux vont guérir spontanément, mais parfois après 2 semaines de symptômes particulièrement désagréables sur lesquels on peut agir.
Mais cela veut dire qu’on sacrifie les autres 20 % et surtout les 5 % qui vont développer une forme grave sans rien faire pour l’éviter.
Donc, je soigne tous mes patients, avec ce que nos décideurs veulent bien nous laisser. Heureusement, nous avons des plantes, de l’aromathérapie et de l’homéopathie pour tenter de soulager nos patients.
Et même si là encore nous ne disposons pas d’étude pour le confirmer, notre expérience nous laisse penser que nous avons des outils efficaces au quotidien. Vous devez savoir que je participe, comme des centaines d’autres médecins français, à des forums de réflexion et de recherche qui regroupent les homéopathes du monde entier. Nous pouvons ainsi nous appuyer sur l’expérience des homéopathes de Chine, d’Inde, mais aussi d’Italie et des autres pays européens.
Et même si nous ne pouvons pas faire d’études officielles, nous discutons entre nous de tous nos cas et nous échangeons sur nos échecs et nos réussites, ce qui nous a permis de repérer les traitements les plus efficaces.
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Tout ce que je vais vous exposer maintenant ne doit pas faire oublier que le meilleur traitement est sans aucun doute celui du Pr Raoult. Par ailleurs, nous déconseillons l’automédication. Surtout qu’il est indispensable, en cas de Covid-19, d’être surveillé par un médecin, particulièrement autour du 7e jour de la maladie.
Voici les produits que nous utilisons en fonction de chaque cas.
Phytothérapie
Certaines plantes ont des propriétés antivirales. Elles pourraient être une alternative au Plaquénil®, mais aucune étude ne permet de mesurer leur impact réel.
Je vais donc seulement les citer à titre d’information, mais je ne préciserai pas les posologies, car une automédication avec ces plantes est déconseillée. Demandez conseil à votre médecin.
• ARTEMISIA ANNUA paraît le meilleur candidat. D’abord, parce que son profil d’action est le plus proche du Plaquénil®. Ensuite, parce que des études ont montré une action antivirale sur des virus équivalents.
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Un projet d’étude est d’ailleurs proposé par certains spécialistes en Afrique au cas où l’épidémie se développerait.
On l’utilise prioritairement en tisane.
• SCUTELLARIA BAICALENSIS (ou scutellaire du Baïkal) est une plante aux multiples propriétés. Elle aurait une action anticancéreuse. On l’utilise dans les maladies vectorielles à tiques, comme la maladie de Lyme.
Elle a montré (et uniquement cette scutellaire du Baïkal) une action sur la dengue, mais aussi sur le coronavirus.
On retrouve donc un profil d’action proche du Plaquénil®.
D’après les médecins qui l’ont utilisée depuis le début de l’épidémie, elle est plus utile en « curatif » qu’en préventif, à condition d’en prendre une quantité suffisante (12 gélules par jour). Donc, à ce jour, je ne suis pas certain que la prendre en prévention vous servirait à quelque chose.
Mais pour ceux qui n’ont pas accès au Plaquénil®, ça peut être une alternative, sans preuve pour le moment d’une efficacité réelle.
• PAO PEREIRA. Cette plante, utilisée aujourd’hui en cancérologie, a été étudiée par le Pr Mirko Beljanski qui l’avait proposée avec une certaine efficacité au début de l’épidémie de sida. Effectivement, le Pao Pereira a une action antivirale certaine et le Pr Beljanski avait prouvé qu’elle pouvait passer la barrière hémato-méningée et agir au niveau cérébral. Cette propriété assez rare peut être très utile face à un Covid-19 qui donne un certain nombre de symptômes neurologiques.
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Pour le moment, nous n’avons pas assez de recul pour juger de l’effet spécifique de cette plante sur le SARS-CoV2.
Ces 3 plantes sont sans effet secondaire et pourront donc être envisagées si on n’a pas d’autres choix plus fiables.
D’autres pistes sont envisagées actuellement en phytothérapie, mais aucune qui soit aussi intéressante que ces trois plantes-là.
Je voudrais tout de même citer un produit de phyto un peu à part :
• EXTRAITS DE PÉPINS DE PAMPLEMOUSSE. On est ici entre la phytothérapie et le complément alimentaire.
Ces extraits de pépins de pamplemousse (EPP) sont connus pour leur effet antifongique, mais ils ont aussi des propriétés antivirales assez puissantes. Là encore, pas d’étude sur la Covid-19, mais une action in vitro prouvée sur plusieurs types de virus.
Ce n’est certainement pas le produit le plus puissant pour agir sur une infection respiratoire à coronavirus, mais c’est une piste à ne pas négliger. Je l’utilise pour ma part assez souvent en prévention.
• PLANTAIN et BOUILLON-BLANC
Je cite ces 2 plantes qui font partie des plus actives sur l’inflammation des bronches. Elles ne sont pas un traitement du coronavirus, mais elles peuvent probablement aider à calmer la toux et l’inflammation douloureuse des poumons.
Je dis « probablement », car je n’ai pas encore assez de recul sur ces 2 plantes, mais une chose est sûre, elles sont très utiles dans les bronchites avec toux chroniques
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L’aromathérapie
Les huiles essentielles sont d’excellents anti-infectieux et certaines sont de puissantes armes antivirales.
Il va donc être possible de les utiliser en prévention, mais aussi en curatif, même si nous n’avons pas d’études spécifiques sur la Covid-19. En revanche, nous avons beaucoup d’études sur son efficacité sur des virus tout aussi difficiles à traiter.
Je citerai ici les principales huiles essentielles à utiliser en cas de suspicion de Covid-19. Reportez-vous également au chapitre « prévention » pour savoir comment les utiliser dans ce cas.
En cas de symptômes on pourra envisager de prendre :
• RAVINTSARA, qui est un des plus puissants antiviraux ;
• Les 2 melaleuca : NIAOULI et ARBRE À THÉ.
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Ces 3 huiles essentielles sont bien tolérées et présentent peu de précautions d’emploi. Je les conseille donc en priorité. D’autres sont potentiellement efficaces, mais à manipuler avec précaution (demandez conseil à votre thérapeute ou à votre pharmacien) :
• LAURIER NOBLE, qui est certainement une des plus utiles en plus des 3 premières citées, car elle a un spectre antiviral intéressant, mais à n’utiliser que sous contrôle d’un spécialiste en aromathérapie ;
• Les THYMS, en particulier à thymol et à thujanol ;
• EUCALYPTUS radié ;
• ORIGAN.
Cette liste est loin d’être exhaustive, mais vous avez là les huiles essentielles prioritaires, à mon sens.
Voici un protocole simple en cas de début de symptômes :
• HE de Ravintsara : 2 gouttes sur les poignets 3 fois par jour + 2 gouttes sur un sucre le matin à la fin du repas ;
• He de Tea Tree : 2 gouttes 3 fois par jour à la fin des repas et 3 gouttes en application sur le sternum et la base des bronches, éventuellement diluées dans un peu d’huile végétale d’arnica.
D’autres protocoles sont possibles, mais sous contrôle d’un spécialiste.
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L’homéopathie
L’épidémie de la Covid est une occasion pour démontrer à quel point l’homéopathie devrait être intégrée à tous les traitements, quels qu’ils soient, et être enseignée dans les facultés de médecine au lieu d’être mises au ban de notre société pseudo-scientifique.
Les homéopathes du monde entier se sont penchés sur les remèdes qui pourraient aider les malades et nous avons des retours extraordinaires de l’utilisation de cette médecine qui a déjà été utilisée dans bien d’autres épidémies (choléra, grippe…) au cours des 2 siècles passés.
Le génie de l’homéopathie, c’est de s’adapter au mode réactionnel de chaque patient, mais aussi aux particularités du virus.
Oui, je sais, il est difficile pour un cerveau trop cartésien de comprendre comment ces granules de sucre peuvent agir. Une chose est sûre, l’homéopathie n’agit pas par un mécanisme chimique, donc si on veut comprendre cette médecine, il faut changer de logiciel de raisonnement et modifier aussi les habitudes de recherche scientifique. Tant que les études ne seront pas adaptées au mode de fonctionnement de l’homéopathie, on n’avancera pas. À ce jour, toutes les études scientifiques sont basées sur des mécanismes d’action CHIMIQUES. C’est pour cela que défenseurs et détracteurs de l’homéopathie n’arrivent pas à s’entendre.
Comprenez bien une chose ici : l’homéopathie n’a aucune action sur le virus. Elle ne va agir que sur les défenses du malade et sur ses symptômes.
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L’homéopathie face à la Covid est avant tout un traitement des symptômes. Cependant, en améliorant les capacités de lutte du malade, elle peut aussi raccourcir l’évolution et limiter le risque d’évolution vers une forme grave.
Évidemment, nous n’avons pas d’étude fiable sur ce sujet, mais nous avons déjà beaucoup de retours très positifs. Ainsi, dans un Ehpad, en traitant tous les malades en homéopathie, un de mes confrères a évité pour le moment les hospitalisations et l’aggravation. Il faudra évidemment faire un point plus précis à la fin de l’épidémie, mais, pour l’heure, il est urgent d’agir.
Alors comme l’homéopathie est sans danger ni effet secondaire ni interaction médicamenteuse, je ne peux que vous conseiller de consulter un homéopathe si vous êtes malade.
À ce jour, les remèdes que nous avons mis en évidence sont :
• BRYONIA dans tous les cas. On le prendra entre la 9 CH et la 30 CH suivant ce qu’on trouvera en pharmacie. Dès le début des symptômes, on peut prendre 3 granules 6 fois par jour.
Pour limiter l’utilisation des granules, on peut aussi mettre 5 granules dans une bouteille d’eau de 33 cl, bien secouer régulièrement pour dynamiser et prendre une cuillère à café à garder sous la langue toutes les heures.
1 tube permettra d’aider à soigner toute la famille pour un coût ridicule !
Si Bryonia est le remède le plus souvent retrouvé au début de la maladie quand la toux est prédominante, il faudra parfois faire évoluer ce traitement en fonction des symptômes.
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• Si la maladie commence plutôt par des troubles digestifs avec une toux au second plan, on pourra penser à CAMPHORA. On peut le prendre entre la 9 CH et la 30 CH, mais certains auraient de meilleurs résultats avec une dilution en 1 000 K (plus difficile à se procurer actuellement). La posologie est la même.
D’autres remèdes sont à envisager. Je les cite pour vous informer, mais je vous recommande de demander à un spécialiste avant de les prendre :
• Eupatorium perf 5 CHou 9 CH est un remède de grippe qu’on utilise quand il y a une fièvre variable, des frissons et des courbatures ou douleurs musculaires et osseuses.
• Gelsemium 30 CH paraît un remède utile. Il est souvent utilisé dans la grippe. Il a été le remède de l’épidémie de grippe espagnole en 1918. Des publications d’homéopathes américains ont montré une efficacité remarquable. C’est aussi un remède de trac et de peur, donc il peut avoir sa place dans cette épidémie.
• Arsenicum album entre 9 CH et 15 CH serait aussi un remède utile suivant les symptômes ; c’est aussi un remède de peur.
• Justicia adhatoda 5 CH est ajouté quand il y a de l’anosmie.
• Beryllium metallicum en 9 CH est indiqué si la gêne respiratoire est plus marquée.
• Cuprum 9 CH, un remède de spasmes, paraît être efficace sur certaines toux liées à la Covid-19.
Je m’arrêterai là, mais vous voyez qu’on a plusieurs solutions pour aider nos patients avec un traitement homéopathique totalement compatible avec les autres traitements cités plus haut.
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De même, on peut y ajouter certains compléments alimentaires.
Compléments alimentaires et autres traitements à envisager en cas de maladie déclarée
• L’argent colloïdal
Je le cite ici, mais c’est un anti-infectieux que j’aurais pu citer avec la phytothérapie.
Je ne vous le conseille pas en prévention, car il ne faut pas absorber trop souvent des produits à base d’argent, mais si vous commencez à ressentir des symptômes, il peut avoir une bonne utilité.
En premier lieu, je le conseille en spray nasal pour agir directement sur le virus, là où il se cache. On peut aussi utiliser des Granions d’argent dans cette indication ou encore une spécialité qui s’appelle Rhinargion en pulvérisation nasale.
Mais on peut aussi l’utiliser per os, en prenant par exemple un Argent colloïdal 20 ppm (entre 15 et 23 ppm, suivant ce que vous trouvez) à raison de 1 cuillère à café 3 fois par jour avant les repas.
On l’utilisera pendant 10 jours.
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• Le zinc
Il joue un rôle apparemment majeur dans cette infection à coronavirus. Il serait synergique du Plaquénil®. Les personnes carencées en zinc feraient des formes plus graves. Là encore, il faudra plus d’études, mais nous avons déjà des travaux qui montrent clairement l’intérêt du zinc face à cette épidémie. Plusieurs pays asiatiques l’ont utilisé dans leur protocole avec la chloroquine. Un médecin américain aurait également obtenu de bons résultats sur 350 patients, mais nous ne pouvons pas vérifier ses chiffres.
Je donne donc en prévention 30 mg de zinc (voir plus bas), ce qui me paraît la priorité, mais si je dois prendre en charge un malade qui ne prenait pas de zinc, je lui en donnerai immédiatement à une dose plus forte. Certains proposent de monter à 200 mg par jour pendant 5 jours. On ne sait pas à ce jour si cette dose très forte est nécessaire. On sait par contre que le zinc à forte dose peut donner des nausées et même des vomissements. Pour ma part, je me limite à 90 mg par jour, soit 30 mg 3 fois par jour, de préférence au cours des repas. Mais, en réalité, personne ne sait pour le moment quelle est la dose optimale.
• Vitamine C
Les hautes doses de vitamine C ont une action antivirale certaine. Idéalement, il faudrait l’utiliser en perfusion à raison de 10 g par jour minimum. Mais cette pratique est compliquée. Pour autant, je regrette qu’elle ne soit pas proposée à l’hôpital, car je pense sincèrement que ça pourrait aider les malades. Là encore, il est dommage qu’on ne fasse pas une étude sur ce traitement.
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À mon niveau, si un patient présente des symptômes de Covid-19, je lui donnerai systématiquement de la vitamine C à raison de 1 g 3 à 6 fois par jour. On peut se procurer de la vitamine C en pharmacie. Quand on veut donner de telles doses, il est difficile de le faire avec une vitamine C naturelle. Peut-être que prendre 750 mg de vitamine C liposomale 3 à 4 fois par jour pourrait suffire, du fait de la meilleure biodisponibilité de cette forme de vitamine C.
En tout cas, chargez-vous en vitamine C si vous êtes malade. J’en donne aussi en prévention.
• Bicarbonate de sodium
Dans la Covid-19, il paraît important d’alcaliniser le terrain. C’est vrai en prévention, mais ce sera vrai aussi chez les malades. On peut utiliser pour cela divers compléments alimentaires alcalinisants, mais le bicarbonate de sodium est à la fois efficace et peu cher. On peut le prendre en poudre pure à raison de ½ cuillère à café rase 3 fois par jour, éventuellement avec un peu de jus de citron. Seul défaut : son très mauvais goût !
Sinon, on peut aussi prendre des eaux riches en bicarbonate : Vichy Célestins, Saint-Yorre ou Rozanna, à raison d’une bouteille par jour. Il faut aimer l’eau gazeuse !
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• Le cuivre
C’est un oligoélément qui agit sur l’inflammation et les douleurs. C’est aussi un très bon anti-infectieux, comme l’argent.
En oligothérapie, nous avons l’habitude de donner des Granions de cuivre en cas d’infection aiguë. Je fais donc de même en cas de Covid-19 en prescrivant à mes patients 2 ampoules matin et soir de Granions de cuivre pendant 5 jours.
• Soufre et huile de Haarlem
Le soufre est un élément protecteur des muqueuses respiratoires, et des bronches en particulier. Le prendre en prévention surtout chez les personnes fragiles au niveau pulmonaire est souvent proposé et utile.
Faut-il l’utiliser en phase aiguë ? Pour ma part, je le fais souvent dans les bronchites « classiques » ou bien dans la grippe quand la toux s’installe. Dans ce cas, je peux prescrire les Granions de soufre, mais j’ai une préférence pour l’huile de Haarlem.
C’est sans aucun doute une de meilleures sources naturelles de soufre et un remède remarquable pour soigner les muqueuses bronchiques.
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L’huile de Haarlem a été mise au point par des alchimistes de cette ville (aux Pays-Bas) au XVIe siècle. Sa formule est inchangée à ce jour, à condition d’acheter la « véritable » huile de Haarlem fabriquée par le laboratoire Lefevre depuis près d’un siècle. Elle contient :
• Du soufre (16 %) ;
• De la térébenthine de pin (80 %) ;
• De l’huile de lin (4 %).
Des études passionnantes ont été réalisées sur ce remède ancestral. Elle est utilisée principalement pour :
• Les affections rhumatismales ;
• Les affections ORL et pulmonaires, et c’est principalement sur les poumons qu’elle est exceptionnellement efficace ;
• Une action secondaire sur le rein et les voies biliaires.
Il faut dire que, à côté du soufre, essentiel pour les cartilages et les muqueuses, la présence d’huile de térébenthine de pin confère à l’huile de Haarlem des propriétés antiseptiques.
Son efficacité ne passe pas inaperçue, car les personnes qui prennent ce remède ressentent ses effets à tous les niveaux :
• Les urines sentent le soufre, ce qui prouve que le produit est parfaitement assimilé, ce qui n’est pas le cas de tous les soufres. C’est d’ailleurs l’élément qui fait la différence avec toutes les autres formes ;
• Les selles deviennent plus molles à cause de l’action sur la vésicule et de l’effet laxatif du soufre ;
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• L’air expiré peut aussi avoir une petite odeur sulfureuse (pas toujours agréable pour l’entourage), mais les personnes fragiles au niveau respiratoire vont très rapidement en ressentir les bienfaits.
Ce produit, puissant et efficace, est parfois mal toléré par les systèmes digestifs fragiles, et c’est sa principale limite d’emploi. Si on le prend « estomac vide », on peut avoir des nausées très désagréables. Et si on l’avale avec une boisson chaude, on va exhaler immédiatement cette odeur soufrée caractéristique des boules puantes.
C’est pourquoi je propose toujours la posologie suivante : 2 capsules le soir au cours du dîner à avaler avec un verre d’eau, 1 jour sur 2, au moins au début pour laisser le corps s’adapter et observer l’effet et les éventuelles intolérances.
Elle est formidable pour aider à soigner une toux chronique, qu’elle soit sèche ou grasse. Et son action antiseptique associée à des propriétés de fluidification du mucus fera merveille en cas de bronchite bactérienne purulente.
À ce jour, en cas de Covid, je n’ai pas assez de recul pour dire si c’est une aide réelle, mais je pense que c’est une piste à envisager, surtout chez les bronchiteux chroniques qui seraient infectés par le coronavirus.
Dans le chapitre sur la prévention, je vous parlerai d’une autre source de soufre, la NAC ou N-acétylcystéine. Elle peut être utilisée en aigu pour fluidifier les sécrétions bronchiques, mais comme la toux de la Covid est essentiellement sèche, je préfère encore une fois l’huile de Haarlem, malgré ses petits effets secondaires.
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Cette liste de compléments alimentaires n’est pas exhaustive, mais vous avez là les principales pistes que je pense utiles avec les connaissances actuelles sur cette maladie.
Le cas des AINS et du paracétamol
Ces antalgiques et antipyrétiques défrayent la chronique depuis l’apparition de la Covid-19.
On a enfin admis qu’il ne faut jamais donner d’anti-inflammatoire (ibuprofène et équivalents, mais aussi cortisone et aspirine) en cas d’infection virale et surtout en cas de grippe ou, aujourd’hui, en cas de Covid. Cela fait 30 ans que je le dis. Voici ce que j’écrivais dans un précédent dossier en 2018 :
Quand le médecin considère qu’une infection est typiquement virale et qu’il n’est pas nécessaire de prescrire un antibiotique, il va ordonner uniquement des médicaments pour agir sur la fièvre et les courbatures.
Alors, suivant les habitudes du médecin, il prescrira du paracétamol, de l’aspirine ou un anti-inflammatoire, comme l’ibuprofène.
Oui, mais voilà, on a oublié que l’aspirine et les anti-inflammatoires, qui auront une certaine efficacité sur le syndrome grippal, vont en même temps « ouvrir la porte » au virus et aggraver l’infection.
Oui, vous avez bien lu ! Et ce risque est connu depuis la grande grippe espagnole au début du siècle dernier, mais peu de médecins le prennent en considération et je n’ai jamais compris pourquoi. Cette erreur (prescrire
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des anti-inflammatoires) est reprise par des sites de référence, car on n’a pas d’autre solution, mais ça reste pour moi une prescription à risque.
Lors de la grande grippe de 1918, l’aspirine était de découverte récente et a été largement utilisée. Les personnes qui ont bénéficié de cette molécule « moderne » pour l’époque ont eu un taux de décès plus important.
En effet, l’aspirine et les anti-inflammatoires empêchent notre organisme de mettre en place 2 phénomènes qui luttent efficacement contre les virus :
• La fièvre, qui ralentit la multiplication des virus ;
• Le phénomène inflammatoire, qui empêche le virus de se propager.
Quand on prend des anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ou l’aspirine, on prive l’organisme de ces moyens de défense et, même si le patient se sentira mieux au départ (moins de fièvre et moins de douleurs), le virus va pouvoir se développer plus facilement. De plus, si c’est un virus agressif et/ou que le système immunitaire du patient est déficient, on peut voir se développer une infection virale bronchique grave pouvant aller jusqu’au décès, comme dans les grandes épidémies de grippe.
Et c’est ce qu’il s’est passé au début de l’infection à SARS-CoV2 ! Heureusement, les urgentistes et réanimateurs ont vite compris que les anti-inflammatoires entraîneraient des formes plus graves, et nos responsables ont émis un avis négatif sur cette prescription.
Plusieurs spécialistes ont été interrogés et j’ai été surpris d’apprendre par la bouche des plus grands infectiologues qu’ils connaissent ce risque depuis plus de 20 ans ! Alors, pourquoi avoir conservé des
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recommandations inverses ? Si vous recherchez sur des sites d’informations médicales, vous verrez qu’on suggère toujours aux gens de prendre ces médicaments en cas de syndrome grippal, arguant que c’est le seul traitement utile ! Mais combien de personnes sont mortes de la grippe pour avoir suivi ces recommandations anti-scientifiques ?
Heureusement, ce temps est révolu et on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas ! Alors les recommandations officielles se sont tournées vers le paracétamol, puisque c’est le seul médicament qui n’a pas d’effet anti-inflammatoire et peut calmer les céphalées et faire baisser la fièvre !
Mais dans ce monde où nos spécialistes veulent des études formelles avant de prescrire la moindre chose, a-t-on des études qui prouvent que cette prescription est utile ? Les études montrent clairement que le paracétamol est efficace sur les douleurs et la fièvre. Mais a-t-on des études qui prouvent aussi que ça ne favorise pas le développement du coronavirus dans notre corps ?
Car je le dis une fois de plus haut et fort : la fièvre est votre amie, c’est votre alliée pour lutter contre les virus. La faire baisser artificiellement vous prive automatiquement d’une ligne de défense essentielle. Et vous le savez probablement. Pour d’autres virus, ne vous est-il pas arrivé de transpirer un bon coup la nuit, avec un pyjama et même des draps « à tordre » à cause de la fièvre et vous réveiller le lendemain matin quasiment guéri ? Certains vont même favoriser ce phénomène en prenant des boissons chaudes, des soupes à l’ail et en se couvrant avec 3 couvertures afin de faire monter la fièvre et bien éliminer grâce à cette transpiration salvatrice.
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Et pour tout vous dire, ça fonctionne aussi avec la Covid-19. J’en ai vu plusieurs témoignages chez mes patients ou sur le Net.
Alors pourquoi cette prescription absurde de paracétamol ? Pour se déculpabiliser de ne rien avoir d’autre ? Mais nous avons d’excellents remèdes en homéopathie pour aider les patients fiévreux et justement Bryonia est l’un d’entre eux !
Quelle prévention individuelle ?
Après vous avoir décrit l’infection à coronavirus et sa prise en charge en phase aiguë, nous allons maintenant parler de la prévention. Je vais encore me répéter, mais nous n’avons pas d’étude concernant ce virus, néanmoins nous en avons énormément sur la prévention des infections virales hivernales.
Cela fait 30 ans que je prescris des traitements à mes patients avec des résultats particulièrement surprenants pour ceux qui n’ont pas l’habitude de faire ce genre de prévention hivernale. La phrase que j’entends le plus souvent (comme tous mes confrères homéopathes) c’est : « Depuis que vous me suivez et que je prends votre traitement préventif, je ne suis plus malade l’hiver. »
Il ne s’agit pas d’un vaccin homéopathique. Ça n’existe pas ! Il s’agit d’une prise en charge du terrain et d’une action sur les défenses immunitaires.
Alors, si ça marche pour les nombreux virus qu’on croise tous les hivers, pourquoi ça n’aiderait pas aussi pour lutter contre ce SARS-CoV2 !?
Je décris en détail les traitements pour la prévention hivernale à la fin de ce dossier.
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Ici, je vais vous résumer le protocole de prévention pour la Covid-19, car il y a tout de même certaines particularités.
Mesures barrières et confinement
La première prévention est représentée par les mesures barrières qui vous sont répétées par tous les médias :
• Se laver les mains régulièrement, car c’est la première voie de contamination ;
• Utiliser des mouchoirs en papier jetables ;
• Porter un masque quand on est dehors paraît préférable. Surtout si vous allez dans un magasin ;
• Rester confiné au maximum et limiter les contacts extérieurs, non seulement avec les gens, mais surtout avec des « choses » ;
• Quand vous sortez, touchez le moins de choses possible, mais si vous devez les toucher, faites-le avec vos mains nues et lavez-les ensuite avec une solution hydro-alcoolique. Si vous portez des gants, ils doivent être jetables et jetés avant de rentrer chez vous.
• Quand vous faites des courses, limitez ce que vous touchez, car d’autres auraient pu le toucher. Lavez-vous les mains dès que vous sortez du magasin. Les fruits et légumes seront lavés à l’eau avant d’être rangés. Les boîtes en carton et autres emballages pourront être supprimés dans la mesure du possible. Sinon, vous pouvez les laisser 24 h dans une pièce annexe, comme un garage ou un cellier, voire sur la terrasse.
Dans tous les cas, réduisez au maximum vos contacts avec le monde extérieur tant que l’épidémie n’est pas contrôlée et écoutez les recommandations à ce sujet.
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Des compléments alimentaires indispensables
Au minimum, il paraît nécessaire de prendre en prévention :
• De la vitamine D : 5 gouttes de ZYMA D ou de Dedrogyl si vous la prenez en pharmacie ou 5000 UI de vitamine D naturelle paraissent un minimum. Demandez conseil à votre médecin ;
• De la vitamine C : 1 g matin et midi de vitamine de synthèse ou environ 500 mg de vitamine C liposomale matin et midi sont à prendre chaque jour ;
• Du zinc : personnellement, je donne du gluconate de zinc ou mieux du bisglycinate de zinc à raison de 30 mg par jour en 1 ou 2 prises ;
• Des probiotiques pour agir sur la flore, donc sur l’immunité. Pour ma part, j’ai l’habitude d’alterner le matin à jeun 1 jour un probiotique et 1 jour de la chlorophylle magnésienne pure ;
• Au-delà de ces compléments, il faut avoir une alimentation équilibrée, diversifiée et plus grasse que d’habitude. Mais pas n’importe quelles graisses. Uniquement du « bon gras », comme les oeufs, les avocats, les oléagineux, les huiles bio riches en oméga-3 ou encore des poissons gras.
Pas question de faire un régime amaigrissant en ce moment. Mais pas question non plus de faire des excès de table qui surchargeraient en toxines l’organisme. On peut même prévoir des jeunes intermittents, comme par exemple ne pas manger le soir ou bien juste une soupe pour mettre le système digestif au repos pendant 12 h environ.
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Pensez à boire régulièrement, de l’eau (gazeuse pour le bicarbonate, en particulier), mais aussi et surtout du thé vert et des tisanes (surtout de thym et romarin). Et, si possible, un citron chaud le matin au réveil.
Une stimulation du système immunitaire
Je la propose systématiquement en ce moment. Il y a plusieurs façons de faire et il m’est difficile de vous donner ici toutes les solutions pratiques.
On utilise surtout :
• Echinacea, qui est une des plantes prioritaires actuellement ;
• La gelée royale est également utile pour la prévention des infections, mais on évite de la donner à une personne qui a un cancer évolutif ;
• La propolis est à la fois un antibiotique naturel et elle augmente les globules blancs, donc elle a toute sa place ;
• J’ai déjà cité les vitamines C et D, qui ont une action directe sur l’immunité ;
• D’autres plantes immunostimulantes peuvent être utilisées, comme le maïtaké, la uña de gato ou encore le shiitake. Attention, ces plantes sont contre-indiquées chez les personnes ayant des maladies auto-immunes ;
• L’HE de Ravintsara est également immunostimulante. Elle fait partie de mon protocole de base, à raison de 2 gouttes sur les poignets 2 fois par jour, 5 jours sur 7 ;
• L’homéopathie est également une bonne façon de stimuler l’immunité (voir ci-dessous) ;
• Pour finir, j’aime bien donner du Cuivre-Or-Argent Oligosol en prévention pour agir sur le terrain immunitaire.
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Pour simplifier mes prescriptions, j’utilise des spécialités qui associent plusieurs de ces produits. Je citerai en particulier :
• Quantastimmun de PhytoQuant, qui est un produit très complet et très fidèle qu’on évitera uniquement en cas de cancer puisqu’il contient de la gelée royale ;
• Immuresist de Lescuyer, qui est proche du précédent, mais en comprimés, donc moins dosés et sans gelée royale ;
• Je donne aussi, surtout s’il y a eu un cancer, une alternance de ECHINACEA en gélules : 2 matin et midi, 1 semaine sur 2 en alternance avec des gélules de PROPOLIS : 3 gélules matin et soir, 1 semaine sur 2.
Il existe probablement d’autres complexes utiles, mais je ne les connais pas tous.
L’homéopathie à titre préventif
Elle représente la base de mon traitement pour la prévention des infections hivernales, comme vous le lirez dans la dernière partie de ce dossier. Dans le cadre de la Covid-19, j’ai adapté mes prescriptions pour agir de façon plus spécifique.
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Voici mon protocole de base :
En prévention, prendre 5 granules le matin à jeun des remèdes suivants :
• Lundi : THYMULINE 9 CH
• Mardi : GELSEMIUM 30 CH
• Mercredi : INFLUENZINUM 9 CH
• Jeudi : ARSENICUM ALBUM 9 CH
• Vendredi : SÉRUM DE YERSIN 9 CH
• Samedi : BRYONIA 30 CH
• Dimanche : AVIAIRE 9 CH
Chez les personnes allergiques, j’évite la THYMULINE, qui pourra être remplacée par CAMPHORA en 30 CH, mais parfois par un remède plus spécifique du patient.
Votre médecin homéopathe pourra vous donner un traitement plus personnalisé ou plus centré sur un remède principal s’il est uniciste.
Des compléments alimentaires facultatifs
Ces autres compléments alimentaires sont très utiles aussi, mais ils augmentent le coût de ce traitement préventif et seront surtout proposés aux plus fragiles.
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Je complète donc parfois le traitement préventif avec :
• Du glutathion, qui est un antioxydant très utile ici ;
• De la NAC ou N-acétylcystéine, qui est classiquement donnée pour fluidifier les sécrétions bronchiques, mais qui est aussi un précurseur du glutathion, donc je fais d’une pierre 2 coups ;
• Du magnésium pour agir sur les facteurs de stress très présent pendant cette épidémie ;
• De la quercétine, un autre antioxydant qui paraît efficace contre ce type d’infection virale. On dit qu’il faudrait en prendre 500 mg, 2 fois par jour ;
• Des complexes d’antioxydants peuvent être ajoutés, mais ça reste secondaire à mon sens, même s’il est toujours utile d’augmenter nos défenses antioxydantes pour prévenir des infections qui déclenchent justement un stress oxydant majeur !
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Partie 3
Traitement des bronchites aiguës en dehors du SARS-CoV2
Je vais parler ici des traitements allopathiques proposés en médecine classique. Dans le chapitre suivant, j’aborderai la prise en charge globale et naturelle avec ses indications et ses limites.
Les médicaments
De quels médicaments disposons-nous dans le Vidal ? Le choix est assez limité !
Les antibiotiques
Ils sont donc donnés en cas de bronchite aiguë, bactérienne d’emblée (peu fréquente) ou en cas de surinfection d’une bronchite virale (ce qui arrive surtout si on n’a pas pris en charge correctement l’infection virale).
Les médecins vont utiliser surtout 2 classes d’antibiotiques :
1) Des dérivés de la pénicilline qu’on appelle des bêtalactamines, et en réalité surtout 1 molécule : l’AMOXICILLINE, qui est l’antibiotique de référence dans les bronchites bactériennes, car il est très actif sur le pneumocoque. Parfois, le médecin préférera l’AUGMENTIN®, qui est une association d’amoxicilline avec une molécule particulière, l’acide clavulanique, nécessaire quand on a affaire à un microbe résistant. Évidemment, on ne le sait pas à l’avance, et c’est pourquoi l’Augmentin® est souvent utilisé en première intention bien qu’il soit moins bien toléré. Mais cette classe d’antibiotiques a une limite : ils ne sont pas efficaces sur
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les mycoplasmes et chlamydiae, ni sur la coqueluche, des bactéries loin d’être rares ;
2) On va donc régulièrement utiliser une autre classe d’antibiotiques, les macrolides, et en particulier 2 molécules particulièrement efficaces et bien tolérées : le ZITHROMAX® (azithromycine) ou le ZECLAR® (clarithromycine). Ils sont efficaces sur la plupart des bactéries qui causent des bronchites, mais seulement sur 50 à 70 % des pneumocoques, contrairement à l’AUGMENTIN®, actif à 95 % sur ce germe dangereux. Donc, si une des classes ne paraît pas fonctionner et que la bronchite ne s’amende pas dans les 5 jours, il faudra changer de classe d’antibiotiques. Par contre, leur avantage comme on le montre face au coronavirus, c’est qu’ils seront utiles aussi en cas d’infection virale. C’est pourquoi j’aime bien utiliser ces antibiotiques. On propose aussi ces macrolides s’il existe une allergie aux bêtalactamines.
Cette différence d’activité antibactérienne explique pourquoi, chez des patients fragiles faisant une bronchite aiguë purulente, on proposera une analyse bactériologique des crachats. Cela permet de trouver plus rapidement l’antibiotique le plus efficace.
La plupart du temps, les antibiotiques sont donnés pendant 10 jours en cas de bronchite aiguë, sauf dans les cas graves où ils seront poursuivis plus longtemps.
C’est évidemment au médecin de décider du meilleur traitement en fonction de son examen clinique, des symptômes et du terrain du patient.
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Des fluidifiants
En cas de toux grasse, il peut être utile de fluidifier les sécrétions pour rendre leur expulsion plus efficace.
Ces traitements sont considérés comme peu efficaces par les pneumologues et ne sont pas prescrits systématiquement.
Ce sont surtout des molécules soufrées comme l’acétylcystéine ou la carbocystéine. Il existe plusieurs dizaines de spécialités en pharmacie (en comptant les différents génériques) et je crois que plus aucun n’est remboursé par la Sécurité sociale.
Pour ma part, je préfère largement les sources naturelles de soufre que je détaillerai plus loin, mais j’utilise parfois la N-acétylcystéine (vendue par exemple sous le nom de Mucomyst®, Exomuc® ou encore Fluimucil®), mais ces spécialités contiennent des excipients pas toujours bien tolérés.
On trouve aussi des compléments alimentaires apportant de la NAC pure avec peu d’excipients. Plusieurs laboratoires de produits naturels en proposent. Par exemple :
• NAC du laboratoire CRP Phyto, dosé à 450 mg de NAC pure par gélule, qui offre un des meilleurs rapports qualité-prix (https://www.crp-phyto.com/fr/micro-nutrition/16-n-acetyl-cysteine.html) ;
• NAC de Therascience, dosé à 300 mg de NAC par gélule (https://www.therascience.com/art-nac-1548.htm).
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Des antitussifs
En cas de toux grasse, on peut envisager des fluidifiants, mais il ne faut jamais donner des antitussifs, car cela prolongerait l’infection inutilement sans soulager le malade.
Les antitussifs sont donc indiqués uniquement dans les toux sèches appelées aussi « non productives ».
On trouve de nombreux médicaments dans le Vidal. Certains sont peu efficaces et d’autres dangereux, car dérivés de l’opium. Heureusement, beaucoup ont été supprimés ces dernières années, car certaines personnes utilisaient ces sirops pour des raisons de toxicomanie. Leur balance bénéfice-risque est considérée comme assez mauvaise.
À l’opposé, nous disposons de nombreuses plantes pour agir sur la toux et, d’ailleurs, certains sirops vendus en pharmacie sont exclusivement à base de plantes. L’homéopathie peut également être très efficace sur certaines toux sèches.
Je ne citerai pas tous les sirops existants actuellement (d’autant plus que la liste se modifie régulièrement), mais je vous conseille de vous méfier de ceux à base de CODÉINE (un dérivé de l’opium, et donc de la morphine). Ils donnent de la constipation et sont dangereux en cas d’insuffisance respiratoire.
Attention aux pièges. Par exemple, le sirop BIOCALYPTOL®, qui laisserait penser qu’il est à base de plantes et bio, est en fait un sirop 100 % chimique à base de pholcodine, un autre dérivé de la codéine !
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Idem pour le sirop EUCALYPTINE Lebrun®, qui contient certes un dérivé de l’eucalyptus, mais aussi de la codéine !! Que ne font pas les laboratoires pour tromper les malades, mais aussi les médecins ! Et ce qui est le plus choquant, c’est que l’Agence du médicament ne fait rien pour changer cette situation.
Pour ma part, voici les sirops que j’utilise parfois en pharmacie :
• HÉLICIDINE, qui contient un extrait de bave d’escargot (si si !). Il marche parfois assez bien sûr des toux de trachéites, mais il est d’un goût très sucré (présence d’édulcorants) ;
• TOPLEXIL, un des sirops à base d’oxomémazine. C’est une molécule qui fait partie des antihistaminiques. Elle est donc moins dangereuse que les dérivés morphiniques, mais elle endort beaucoup. Je réserve ce sirop aux toux sèches incessantes qui empêchent de dormir. Mais il est préférable de ne pas utiliser ce sirop la journée.
La plupart du temps, je prescrirai surtout de l’homéopathie et de la phytothérapie pure sans excipients, que je détaillerai plus loin.
En 30 ans, j’ai soigné des milliers de syndromes grippaux, dont un certain nombre de véritables grippes, et, en agissant ainsi, on peut enrayer l’infection en 1 semaine sans avoir recours à aucun produit chimique.
Cela fait des années que j’appelle de mes voeux des études qui permettraient de mieux évaluer toutes ces notions, mais, malheureusement, ça n’intéresse personne et aucun laboratoire ne veut investir les millions d’euros nécessaires à de telles études.
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Un dernier rappel : l’aspirine est une molécule qui devrait être totalement interdite chez le jeune enfant. Évitez de l’utiliser, au minimum avant 12, voire 16 ans, quelle que soit l’infection.
Voyons maintenant comment prendre en charge les bronchites aiguës par des méthodes globales et naturelles.
Prise en charge globale et naturelle d’une bronchite aiguë en dehors de la Covid-19
Les bronchites virales
Je commence par la situation la plus fréquente où les approches naturelles ont le plus d’intérêt.
Je vais prendre l’exemple d’un syndrome grippal dont je vous rappelle les symptômes :
• Fièvre plus ou moins élevée avec frissons et courbatures ;
• Parfois cela peut commencer par une rhinopharyngite qui « tombe sur les bronches », entraînant une toux sèche ;
• Parfois, la toux apparaît d’emblée, d’abord un « chatouillement » au niveau de la trachée et des bronches, puis la toux augmente, sèche, parfois par quintes douloureuses et/ou épuisantes, pouvant même aller jusqu’aux nausées ;
• Il peut exister à la fin des quintes une petite expectoration blanchâtre qu’il ne faut pas confondre avec les crachats purulents des bronchites bactériennes ;
• De la même façon, la première expectoration du matin peut être jaune-marron, car les sécrétions qui s’accumulent dans la gorge
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pendant la nuit s’oxydent. Mais si les crachats redeviennent blancs et peu abondants dans la journée, on considère qu’il s’agit d’une toux plutôt sèche et une origine virale ;
• Quand la toux dure depuis 1 à 2 semaines, vers la fin de l’infection, il arrive qu’elle devienne plus grasse. C’est lié à une sécrétion de mucus qui est un effort des bronches pour cicatriser. Là encore il ne faut pas la confondre avec les toux purulentes et productives des bronchites bactériennes ;
• Il peut exister une fatigue plus ou moins marquée, des douleurs à la base des poumons et une gêne respiratoire à l’effort, car les poumons enflammés ne supportent pas que l’air entre trop vite ou de façon trop importante.
Voici les différents traitements à envisager.
Des antiviraux naturels qui bloquent le développement du virus
2 approches sont prioritaires pour moi : la PROPOLIS et l’AROMATHÉRAPIE
1) La PROPOLIS
La propolis a ma préférence, car elle est bien tolérée et peut être utilisée chez pratiquement tous les patients, même les enfants. Cet ingrédient naturel fabriqué par les abeilles pour protéger les ruches de toutes les infections extérieures est efficace aussi bien contre les virus que les bactéries.
Elle est donc très utile en cas de bronchite virale, car elle va traiter la cause tout en limitant le risque de surinfection bactérienne.
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Il faut choisir une propolis de qualité, pure et bien dosée. En général, on trouve des gélules de propolis pure dosée en moyenne à 200 mg par gélule.
On peut choisir une propolis « classique », brune, qui marche très bien à condition d’en prendre suffisamment. Pour ma part, j’utilise 3 marques qui m’ont toujours donné satisfaction :
• Propolis La Royale (www.la-royale.com) ;
• Propolis Phytomance (www.therascience.com/art-propolis-bio-210.htm) ;
• Propolis verte Pollenergie (https://www.pollenergie.fr).
Dans les 3 cas, je prescris 3 à 4 gélules 3 fois par jour pendant 5 à 8 jours. Cette posologie pour un adulte dépend du poids du patient. Les 2 dernières sont « bio ». Pour un enfant, il faut demander l’avis du médecin.
Il existe une propolis plus puissante encore, mais plus chère, la propolis extra-forte de peuplier fabriquée par Pollenergie. Je la réserve aux cas compliqués, comme certains bronchiteux chroniques qui ont des infections chroniques difficiles à traiter.
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2) L’AROMATHÉRAPIE
L’aromathérapie est tout aussi efficace sur les bronches, mais elle comporte des précautions d’emploi et il est préférable de demander l’avis d’un spécialiste avant de l’utiliser. On la prescrit par 3 voies :
• Voie orale en capsules ou en gouttes. On a ainsi un traitement quasi équivalent à un antibiotique, avec une action antivirale potentiellement plus puissante que la propolis ;
• Voie percutanée, que j’utilise pour ma part très souvent, car elle présente moins de contre-indications et est très complémentaire de tous les autres traitements ;
• Voie olfactive, qui vient compléter les traitements, mais insuffisante si utilisée seule.
Quelles huiles essentielles utiliser ?
D’abord, 2 huiles essentielles (HE) incontournables pour leur action antivirale :
1) RAVINTSARA (Cinnamomum camphora cineoliferum) est l’HE de référence pour lutter contre les virus respiratoires ;
2) NIAOULI (Melaleuca quinquenervia) est l’autre HE la plus utilisée ici pour son spectre anti-microbien.
3) Des huiles plus spécifiques des voies respiratoires :
4) EUCALYPTUS GLOBULEUX (Eucalyptus globulus) ;
5) PIN SYLVESTRE (Pinus sylvestris).
Ces 2 remèdes sont issus de conifères bien connus pour leurs huiles essentielles très volatiles et assainissantes pour les voies respiratoires.
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On les utilisera donc parfois par voie orale, mais surtout par voie cutanée et olfactive.
D’autres huiles essentielles peuvent avoir une place dans la prise en charge des bronchites virales aiguës :
• Thym à linalol (Thymus vulgaris linaloliferum) ;
• Romarin à cinéole (Rosmarinus off cineoliferum) ;
• Sarriette des montagnes (Satureja montana) ;
• Origan compact (Origanum compactum) ;
• Laurier noble (Laurus nobilis) ;
• Tea Tree (Melaleuca alternifolia).
Et cette liste n’est pas exhaustive !
Vous pourrez retrouver certaines de ces huiles essentielles dans des spécialités proposées par différents laboratoires ou dans des formules prescrites par votre aromathérapeute.
Voici comment je vais utiliser l’aromathérapie en cas de bronchite aiguë.
Par voie orale, si je préfère utiliser l’aromathérapie à la propolis, je pourrai donner :
• OLÉOCAPS n° 1 (voies respiratoires), qui sont des capsules d’huile essentielle d’Origan. Prendre 1 capsule à la fin des 3 repas :
• OLIOSEPTIL Bronches, qui associe les HE d’Eucalyptus radiata, Ravintsara, Cannelle, Myrte, Marjolaine, Thym, Pin sylvestre : 1 à 2 gélules 3 fois par jour en fonction du poids du patient, de sa tolérance aux HE et de l’importance de l’infection.
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Mais comme je le disais plus haut, j’utilise plutôt la propolis par voie orale, car les huiles essentielles sont agressives pour les estomacs fragiles et pas toujours bien tolérées sur le plan hépatique.
En revanche, je vais assez souvent associer à la propolis de l’aromathérapie par voie olfactive et cutanée.
En priorité, je vais proposer un mélange d’huiles essentielles à appliquer sur la poitrine le soir au coucher et éventuellement 1 à 2 autres fois dans la journée. On peut faire préparer ce mélange par la pharmacie ou bien le faire soi-même. Dans ce cas, j’aime bien utiliser les HE « Nature et Vie », qui sont toutes bio : www.nature-vie.com/aroma.html.
Voici une de mes formules de base :
• Huile végétale de CALOPHYLLE 6 ml
• Huile végétale de MILLEPERTUIS 3 ml
• Huile essentielle de PIN SYLVESTRE 3 ml
• Huile essentielle de ROMARIN À CINÉOLE 2 ml
• Huile essentielle d’EUCALYPTUS GLOBULEUX 2 ml
• Huile essentielle de RAVINSTSARA 2 ml
• Huile essentielle de NIAOULI 2 ml
Appliquer sur la poitrine au coucher. Ce mode d’utilisation a 2 actions complémentaires : les HE vont pénétrer par la peau et aller directement agir sur les bronches, mais, en plus, le patient va respirer toute la nuit ces HE très volatiles qui agiront également sur tout l’arbre respiratoire.
Si le virus est virulent et qu’il y a un risque de contagion au reste de la famille, on pourra désinfecter l’air en faisant diffuser le mélange suivant :
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• Huile essentielle de PIN SYLVESTRE 6 ml
• Huile essentielle de NIAOULI 4 ml
• Huile essentielle de SARRIETTE DES MONTAGNES 4 ml
• Huile essentielle d’EUCALYPTUS GLOBULEUX 3 ml
Mettre 2 gouttes sur un mouchoir et respirer régulièrement, ou bien utiliser un diffuseur d’arômes ou alors 5 gouttes dans un bol d’eau sur le radiateur.
Il existe de nombreuses façons d’associer et d’utiliser l’aromathérapie qui, par voie olfactive et en application sur la poitrine, reste une thérapeutique particulièrement efficace dans toutes les infections respiratoires.
Extraits de pépins de pamplemousse et agent colloïdal
Si ma priorité va à la propolis et à l’aromathérapie, je me dois de citer 2 autres anti-infectieux naturels qui peuvent avoir une place ici, mais seront moins puissants :
• Les extraits de pépins de pamplemousse (EPP), qui sont un bon antiviral, mais ont surtout comme avantage d’agir sur les mycoses. Je trouve la propolis supérieure en cas de bronchite ;
• L’argent colloïdal, qui peut être une alternative, surtout qu’il peut s’utiliser chez tout le monde, y compris les enfants. Il est encore mieux toléré que la propolis, à condition de ne pas le prendre sur une trop longue période.
En aigu, l’argent colloïdal est efficace si on le prend à raison d’une cuillère à café au moins 6 fois par jour. On ne dépassera pas 2 semaines de
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traitement. Il faut choisir un argent colloïdal à 15 ppm minimum, mais le mieux est de prendre un 20 ou 23 ppm, qui est plus concentré.
S’il marche bien sur les pharyngites et les angines par son action de contact local, je le trouve moins efficace dans les bronchites.
La phytothérapie : efficace contre la toux
Certains phytothérapeutes vont utiliser des totum de plantes comme le cyprès ou l’Echinacea pour soigner une bronchite aiguë, mais je trouve ça bien moins efficace que la propolis ou l’aromathérapie.
En revanche, la phytothérapie a une place de choix dans la prise en charge de la toux. Et dans les bronchites virales, c’est important, car on observe souvent des toux sèches épuisantes et douloureuses qui peuvent durer des semaines.
Pour enrayer la toux, il pourra donc être nécessaire d’agir très rapidement en utilisant des plantes en gélules. On prescrit en particulier :
• PLANTAIN (Plantago major) : probablement la plante la plus fidèle pour les bronches ;
• BOUILLON-BLANC (Verbascum thapsus) : émollient, expectorant et adoucissant (la fleur fait partie des espèces pectorales) ;
• GRINDELIA (Grindelia robusta) : cité également pour les toux grasses, il est en particulier utilisé dans l’asthme et les toux coqueluchoïdes ;
• AUNEE (Inula helenium) : toux quinteuses ;
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• LIERRE TERRESTRE (Glechoma hedeacea) : assez fidèle pour les toux sèches, alors que le lierre grimpant sera utilisé plutôt pour les toux grasses ;
• COQUELICOT (Papaver rhoeas) : toux spasmodiques.
Là encore, la liste n’est pas exhaustive.
Pour ma part, dans la bronchite aiguë, je prescris surtout en première intention une association de PLANTAIN + BOUILLON-BLANC (gamme Phytomance).
Le seul problème de ces plantes, c’est qu’il faut donner une posologie suffisamment élevée pour avoir une efficacité. On pourra prendre ainsi 2 gélules avant les 3 repas de Phytomance Plantain-Bouillon-blanc.
On peut également faire préparer des sirops par le pharmacien, comme cette vieille recette de sirop « béchique » (contre la toux) proposée par le Dr Valnet dans son ouvrage de phytothérapie. Il se prescrit à raison d’une cuillère à soupe 3 fois par jour en moyenne :
• Extrait fluide de drosera 5 g
• Sirop de coquelicot 400 g
• Sirop de fleur d’oranger 200 g
• Sirop simple ou Baume de Tolu qsp 1 000 ml
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Ou encore cette formule de sirop à prescrire en préparation magistrale qui m’a été soufflée par Danielle Rous, pharmacienne et grande spécialiste de phyto-aromathérapie, responsable de la revue Phytothérapie européenne que je vous recommande de lire :
• HE Myrtus communis 1 g
• HE Eucalyptus globulus 1 g
• Aconitum napellus 2DH 10 ml
• EF Erysimum officinale 20 ml
• Sirop de baume de Tolu 100 g
• Sirop de Desessartz 100 g
• Eau distillée qsp 250 ml
Prendre 1 cuillère à café 2 à 4 fois par jour — contre-indiqué chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes à cause des huiles essentielles.
J’utilise aussi Quantago, qui est un des rares sirops proposés par un laboratoire de produits naturels (PhytoQuant). Il est à base de Plantain, Immortelle, Grindélia, Marronnier d’Inde, Sauge et Tilleul. Ces plantes sont associées à la propolis et aux huiles essentielles de Fenouil, Pin sylvestre et Thym et au miel d’Eucalyptus. Il ne contient aucun additif ni conservateur. Il s’utilise à raison d’une cuillère à café 3 à 6 fois par jour.
Mais toutes ces plantes utiles sur la toux ne traitent pas la cause et seront donc toujours associées aux anti-infectieux détaillés plus haut.
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On peut aussi prendre en charge les toux par des traitements homéopathiques qui peuvent être particulièrement efficaces et souvent plus simples à prescrire.
L’homéopathie : incontournable dans les bronchites aiguës
L’homéopathie est un traitement que j’aime beaucoup utiliser dans les débuts de bronchite virale, surtout face à un syndrome grippal dont les symptômes sont décrits plus haut.
Voici les principaux remèdes utilisés dans ces situations.
INFLUENZINUM 9 CH est la prescription de base en cas de début de syndrome grippal. On évoque souvent ce remède dans la prévention de la grippe. On l’appelle d’ailleurs faussement le « vaccin homéopathique contre la grippe », ce qui est une grave erreur, car il ne s’agit en aucun cas d’un vaccin et son mode d’action est différent. Au final, le but de ce remède est tout de même de stimuler notre système immunitaire vis-à-vis du virus grippal, mais il sera également efficace sur les virus paragrippaux.
C’est pourquoi, en cas de début de syndrome fébrile avec frissons et courbatures, on pourra prendre 10 granules matin et soir d’INFLUENZINUM 9 CH pendant 3 jours. Cela relance l’immunité et va permettre d’enrayer plus rapidement l’infection.
À ce remède, j’associe souvent un complexe homéopathique qui marche bien : PARAGRIPPE®, que je prescris à raison de 1 comprimé à laisser fondre sous la langue 4 à 6 fois par jour.
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PARAGRIPPE®, proposé par le laboratoire Boiron, contient plusieurs remèdes homéopathiques très connus dans la prise en charge du syndrome grippal : Arnica 4 CH, Belladonna 4 CH, Eupatorium perfoliatum 4 CH, Gelsemium 4 CH, Sulfur 5 CH.
Il existe un autre complexe, le L52 de Lehning, qui associe : Eupatorium perfoliatum 3 DH, Aconitum napellus 4 DH, Bryonia 3 DH, Arnica montana 4 DH, Gelsemium 6 DH, China rubra 4 DH, Belladonna 4 DH, Drosera 3 DH, Senega 3 DH, Eucalyptus globulus 1 DH.
Paragrippe® est, d’après mon expérience, plus efficace quand il y a frissons et courbatures, alors que L52 sera surtout utilisé pour les syndromes infectieux aigus avec toux, mais avec un syndrome grippal moins marqué.
Mais un médecin homéopathe préférera choisir des remèdes spécifiques en fonction des symptômes que vous décrivez :
• BELLADONNA reste le principal médicament de la fièvre, mais ACONIT, BRYONIA et FERRUM PHOS sont également très utiles pour agir sur ce symptôme ;
• EUPATORIUM PERF et GELSEMIUM sont les plus utilisés sur les frissons et courbatures. Ce sont 2 grands remèdes de syndrome grippal.
• Dans tous les cas, demandez conseil à votre médecin homéopathe, mais il est certain que l’homéopathie prise dès les premiers frissons ou le début de la fièvre peut réellement enrayer un syndrome grippal débutant.
Et elle s’associe parfaitement avec la PROPOLIS.
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On ajoutera parfois, surtout en cas de fièvre marquée, un oligoélément, le CUIVRE, pour son action sur l’inflammation. Je donne dans ce cas GRANIONS DE CUIVRE : 2 ampoules matin et soir pendant 3 jours.
Pour agir sur la toux, l’homéopathie est également une solution très fidèle que j’aime bien utiliser.
Voici les principaux remèdes à envisager :
• BRYONIA : toux sèche de trachéite avec soif de grandes quantités d’eau. Elle est aggravée par le mouvement ou en parlant ou en entrant dans une chambre chaude. Se tient le thorax en toussant à cause de la douleur ;
• DROSERA est un des remèdes les plus utilisés : toux sèche aggravée la nuit en position allongée ou par chatouillement larynx et voix rauque. Douleurs costales améliorées en se comprimant le thorax ;
• HYOSCIAMUS est le principal remède des tous aggravées dès qu’on se couche et améliorée en position assise ;
• SPONGIA TOSTA : toux croupale comme une scie sur un morceau de bois avec sensation de brûlure dans la gorge. Nez sec et sensation de brûlure pharyngée améliorée buvant chaud ;
• STICTA PULM : toux sèche avec sécheresse du nez et un pincement douloureux à la racine du nez ;
• COCCUS CACTI : chatouillement laryngé, toux quinteuse qui se termine par une expectoration d’un mucus visqueux aggravée au réveil et vers 23 h, améliorée par l’air frais et l’eau froide ;
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• CORALLIUM RUBRUM : toux explosive, incontrôlable, suffocante. Grande sensibilité du larynx aggravée par l’air frais. Parfois avec vomissements (voir Ipeca) ;
• CUPRUM MET : toux coqueluchoïde, suffocante, améliorée en buvant de l’eau froide ;
• IPECA : principal remède de toux accompagnée de nausées, voire de vomissements. Sensation de chatouillement aggravée par l’inspiration.
Il existe des complexes homéopathiques qui peuvent être une bonne solution dans les toux simples et récentes :
DROSERA Composé : formule homéo classique pour les toux sèches (Corallium Rubrum 3 CH, Arnica Montana 3 CH, Cina 3 CH, Drosera Rotundifolia 3 CH, Solidago Virga Aurea 1 CH, Ipeca 3 CH, Coccus Cacti 3 CH, Belladonna 3 CH, Cuprum Metallicum 3 CH, Ferrum Phosphoricum 3 CH).
Il existe en gouttes (prendre 30 gouttes 3 à 4 fois par jour avant les repas), mais quand je choisis ce remède, je préfère l’utiliser en granules : prendre 5 granules 3 à 6 fois par jour dans la journée. Il sera toujours moins efficace qu’un remède homéo bien ciblé.
STODAL : associe Pulsatilla 3 CH, Rumex crispus 6 CH, Bryonia 3 CH, Ipeca 3 CH, Sticta pulmonaria 3 CH, Spongia 3 CH, Antimonium tartaricum 6 CH, Myocarde 6 CH, Coccus cacti 3 CH aa) : prendre 4 granules 3 à 6 fois par jour. Existe aussi en sirop, mais je le trouve moins intéressant, car trop d’excipients.
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PERTUDORON : associe Belladonna 3 DH, China rubra 3 DH, Coccus cacti 8 DH, Drosera 1 DH, Ipeca 3 DH, Mephitis 8 DH, Veratrum album 3 DH aa) : complexe homéo de Weleda plus particulièrement indiqué dans les toux spasmodiques de type coqueluchoïde. Prendre 30 gouttes 3 à 4 fois par jour avant les repas. C’est un complexe assez fidèle.
Vous voyez que, contrairement à l’allopathie, les médecines naturelles proposent de très nombreux remèdes pour prendre en charge les syndromes grippaux et autres bronchites virales aiguës. Il serait peut-être temps que toute cette approche intégrative soit mieux évaluée et enseignée dans les facultés de médecine. On éviterait probablement beaucoup de complications l’hiver.
Les bronchites bactériennes
Le traitement naturel des bronchites bactériennes est très limité.
Si une bronchite s’accompagne de crachats purulents, cela peut être grave, mais tout dépend du terrain. S’il s’agit d’un patient fragile, souffrant de bronchite chronique ou encore de diabète ou d’angine de poitrine, les antibiotiques sont souvent nécessaires, pour ne pas dire indispensables.
Si on est face à un patient en bonne santé qui présente un début de bronchite avec crachats épais, on peut appliquer le même type de traitement proposé pour les bronchites virales. Car la propolis et l’aromathérapie sont efficaces également sur les bactéries.
Mais tout dépend des symptômes, et un avis médical s’impose en général. S’il existe un foyer pulmonaire à l’auscultation ou bien si on entend un poumon respirer beaucoup moins bien que l’autre, il faudra envisager une
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radiographie, et si un foyer pulmonaire est dépisté, les antibiotiques sont nécessaires.
Donc tout dépend des symptômes et du terrain. Néanmoins, il ne faut pas oublier les traitements complémentaires pour accompagner les antibiotiques afin de bien les tolérer et même d’optimiser leur action.
Ainsi, en cas de bronchite purulente, en plus de l’antibiotique, je prescris à mon patient :
1) Des probiotiques matin et soir pour protéger sa flore.
2) Parfois, j’ajoute de la chlorophylle magnésienne en gélules pour son action sur la flore fongique et le confort intestinal, mais ça peut dépendre de chaque cas.
3) Un drainage hépatique, soit en homéopathie (L114 de Lehning, par exemple, à raison de 30 gouttes matin et soir avant le repas) soit en phytothérapie (desmodium, en particulier).
4) Du soufre, soit sous forme de Granions soit sous forme d’huile de Haarlem dans les cas les plus marqués ou en cas de terrain fragile.
5) De l’aromathérapie en application sur la poitrine, comme vu dans le paragraphe précédent, mais avez une formule plus adaptée aux bactéries :
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Préparer le mélange suivant dans un flacon de 25 ml :
• Huile végétale de CALOPHYLLE 6 ml
• Huile végétale de MILLEPERTUIS 3 ml
• Huile essentielle de PIN SYLVESTRE 3 ml
• Huile essentielle de ROMARIN À CINÉOLE 2 ml
• Huile essentielle d’EUCALYPTUS GLOBULEUX 2 ml
• Huile essentielle de NIAOULI 2 ml
• Huile essentielle de SARRIETTE DES MONTAGNES 2 ml
Appliquer sur la poitrine au coucher et éventuellement une deuxième fois dans la journée.
Si la toux est grasse, on évitera les antitussifs détaillés plus haut, qu’ils soient chimiques ou naturels. En revanche, l’association plantain/bouillon-blanc reste possible pour calmer l’inflammation et adoucir les muqueuses respiratoires.
La pneumonie : une bronchite aggravée
On parle parfois de pneumonie ou de broncho-pneumonie. En pratique, c’est une bronchite plus marquée sur le plan des symptômes et souvent plus grave. Elle peut être d’origine virale, mais elle est souvent bactérienne et se traitera donc par antibiotiques, comme toutes les bronchites bactériennes.
On parle de pneumonie quand l’infection est plus profonde et touche les alvéoles et pas seulement les grosses bronches. Quand tout l’arbre respiratoire est touché, on peut parler de broncho-pneumonie.
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On retrouve les symptômes habituels, mais plus marqués : fièvre et toux productive, souvent purulente. La gêne respiratoire est handicapante avec de la fatigue et des douleurs dans le thorax, comme un coup de couteau parfois, surtout en toussant.
La radio va montrer un foyer dans un des poumons, correspondant à une sorte d’abcès.
On peut rechercher le microbe en cause dans les crachats, mais la plupart du temps on traitera de façon probabiliste en utilisant de l’amoxicilline, parfois associée à l’acide clavulanique (Augmentin®) pour avoir le plus de chances d’être active sur un éventuel pneumocoque, qui est le germe le plus dangereux.
Cette bronchite grave touche surtout des personnes en situation de fragilité : personnes âgées, bronchiteux chroniques, convalescents, personnes sous traitement immunosuppresseur comme la chimiothérapie du cancer, diabétiques… Mais elle peut aussi toucher un sujet lambda dans une période de grande fatigue ou de grand stress, ou encore des enfants.
Sa prise en charge impose aussi le repos et l’obligation de garder la chambre, à la fois pour ne pas risquer d’attraper un autre virus, mais aussi pour ne pas contaminer son milieu professionnel. L’hospitalisation n’est utile qu’en cas de détresse respiratoire.
Mais le terme de « pneumonie » est parfois utilisé pour n’importe quelle bronchite sans preuve de l’atteinte alvéolaire. Il faut donc se méfier de ce diagnostic posé parfois par excès.
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La prise en charge de toutes les infections bronchiques productives reste globalement celle décrite dans le chapitre sur les bronchites bactériennes.
Partie 4
Prévenir les bronchites hivernales
Mais si les médecines intégratives, c’est-à-dire globales et physiologiques, associant toutes les approches thérapeutiques à notre disposition, sont très utiles pour la prise en charge de nombreuses bronchites, en particulier virales, elles le sont encore plus quand il s’agit de prévention.
Vous avez peut-être remarqué qu’en allopathie il n’existe aucune démarche de prévention à part la vaccination. C’est d’ailleurs pour cela que les vaccins sont tous devenus obligatoires. Parce que toute personne sensée sait qu’il est important de faire de la prévention. Alors puisque seule la vaccination est reconnue comme efficace dans ce domaine, il a été décidé de la rendre obligatoire.
Le débat pour savoir si c’est une bonne solution reste ouvert, et ce n’est pas ici que je l’aborderai. Je vais me contenter de parler de la prévention des infections respiratoires.
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Les vaccins de prévention hivernale
Ils sont essentiellement au nombre de 3 : vaccins contre la coqueluche, contre le pneumocoque et contre la grippe.
Vaccin contre la coqueluche
Il est, depuis très longtemps, proposé aux bébés, ce qui est logique, car la coqueluche est une maladie grave, surtout chez les enfants de moins de 2 ans chez qui elle peut être mortelle. Il faut savoir que près de 20 % des bébés qui attrapent une coqueluche passeront par un service de réanimation.
Pendant longtemps, on a eu un vaccin très mal toléré et peu efficace. Depuis plus de 15 ans, on dispose d’un vaccin dit « acellulaire » plutôt bien toléré et efficace dans 85 % des cas.
C’est pourquoi, même avant l’obligation vaccinale, c’était un vaccin que je proposais aux bébés en même temps que les vaccins contre le tétanos, la diphtérie et la polio, qui étaient les seuls obligatoires. Ils forment, avec la coqueluche, ce qu’on appelle le « tetracoq », trouvé aussi sous le nom d’Infanrix Tetra® (et quelques autres en voie de disparition puisque bien d’autres vaccins sont désormais obligatoires).
Un rappel chez l’adulte est recommandé uniquement pour éviter qu’il puisse contaminer les bébés non vaccinés. Encore une fois, je ne rentrerai pas ici dans le débat pour savoir si c’est une bonne idée, mais sachez que, chez l’adulte, la coqueluche est une infection respiratoire très pénible, donnant une toux épuisante et prolongée, mais qu’on sait
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parfaitement soigner (par antibiotiques) et qui, au final, n’est pratiquement jamais grave.
Vaccin contre le pneumocoque
Les pneumocoques peuvent donner des bronchites bactériennes graves. Elles sont très rares chez les bébés et pourtant on propose ce vaccin dès 2 mois, car ce microbe est aussi cause d’otites purulentes, pas forcément graves, mais marquées et nécessitant de fortes doses d’antibiotiques. Ensuite, on proposera ce vaccin aux adultes fragiles et en particulier aux bronchiteux chroniques ainsi qu’aux personnes qui n’ont plus de rate, car ils font plus souvent des pneumonies graves.
Ce vaccin a une efficacité allant de 50 à 95 % suivant les études, mais, chez l’adulte, s’il est efficace dans la prévention de la pneumopathie à pneumocoque, il est sans effet démontré sur la mortalité.
C’est donc à chaque adulte de décider, en concertation avec son médecin, s’il est opportun de faire ce vaccin qui protège uniquement contre le pneumocoque (et contre aucune des autres bactéries vues plus haut). Ces infections à pneumocoque restent une infection hivernale peu fréquente, bien que 30 % minimum des sujets soient porteurs naturellement de ce germe présent au niveau de la sphère ORL (on parle de porteurs sains), prouvant une fois encore que « le microbe n’est rien, mais que le terrain est tout ». Puisqu’on trouve ce microbe chez 30 % des gens, les infections devraient être bien plus fréquentes et, comme ce n’est pas le cas, cela prouve que nous avons des défenses naturelles contre ce type de germes que l’on peut entretenir par une bonne hygiène de vie et les démarches de prévention que je vais détailler plus bas.
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Vaccin contre la grippe
Nous en arrivons au vaccin qui crée le plus de polémique. Et ne voulant pas ouvrir ce débat ici, je vais me contenter de vous rappeler quelques faits.
Contrairement aux 2 vaccins ci-dessus, celui de la grippe doit être fait tous les ans.
En effet, non seulement le virus de la grippe mute, mais surtout le vaccin est peu efficace et pas longtemps. Les études disent qu’il est efficace environ dans 50 % des cas, mais ça dépend de l’âge et du terrain. Ainsi, chez les personnes âgées, qui sont les plus à risque vis-à-vis de la grippe, il est beaucoup moins efficace, car leur système immunitaire déficient ne réagit pas bien à ce vaccin. Et certaines années, comme en 2014, il n’a protégé que 10 % des individus !
Je vous indique les références des études officielles qui démontrent tout cela au cas où vous penseriez que j’invente des faits ou que je veux travestir la réalité.
Je rappelle que les vaccins contiennent des excipients dont on connaît mal les risques. Si un vaccin doit être fait tous les 10 ou 20 ans, comme c’est le cas pour beaucoup de vaccins chez l’adulte, la quantité d’excipients peut être considérée comme faible. Mais qu’en est-il du vaccin contre la grippe qu’on injecte tous les ans ? Au bout de 10 ou 20 ans, quel est le risque de l’accumulation de ces excipients ? Personne ne le sait, car aucune étude n’a été faite à ce sujet.
Mais surtout, le vaccin contre la grippe ne protège exclusivement que contre les virus de la grippe et en aucun cas contre tous les autres virus
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cités plus haut et qui sont bien plus fréquents. Pire encore, beaucoup de patients rapportent avoir été plus souvent malades l’année où ils ont fait le vaccin. En effet, au moment de la vaccination, il y a une baisse du système immunitaire qui est « occupé » par sa réaction au vaccin. Et il n’est pas rare que, dans les 15 jours qui suivent, le patient attrape un autre virus et se sente plus fragile. Et parfois cette fragilité va durer quelques mois. C’est une des raisons pour lesquelles je déconseille de faire un vaccin en plein hiver.
Alors on nous dira que la grippe est l’infection respiratoire virale la plus grave. Et que le vaccin, même s’il n’empêche pas d’avoir la grippe, peut permettre de la faire « moins fort ». C’est peut-être vrai, mais la grippe n’est pas la seule infection et il n’est pas démontré à ce jour que la vaccination fasse réellement baisser la mortalité, car les personnes les plus à risque sont souvent celles chez qui le vaccin est le moins efficace.
Encore une fois, la balance bénéfice/risque est à évaluer avec votre médecin, mais une chose est sûre, le vaccin ne protège que contre la grippe et, si vous voulez être moins malade cet hiver, vous aurez tout intérêt à agir de façon globale sur votre système immunitaire et votre terrain.
Prévenir les infections hivernales
Cela fait 30 ans que je prescris des traitements préventifs à mes patients pour qu’ils passent un bon hiver, et leur efficacité est plus qu’évidente à mes yeux. Je ne compte plus le nombre de patients qui reviennent chaque année en me disant : « Docteur, je voudrais que vous me redonniez le traitement pour la prévention hivernale, car depuis que je le fais, je ne suis
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plus malade l’hiver, juste quelques rhumes simples qui passent tout seuls. »
Ce n’est pas seulement qu’ils n’attrapent plus la grippe. Non, ils ne font plus aucune infection marquante. Pourquoi ? Parce que les traitements que je propose, comme tous les homéopathes, vont renforcer le terrain et stimuler le système immunitaire dans sa globalité. Pas uniquement contre un seul microbe, comme c’est le cas pour un vaccin.
Ainsi, mes patients croisent les mêmes microbes que leurs voisins ou leurs collègues de bureau, mais se défendent suffisamment bien pour que ces microbes n’aient plus prise. Là aussi, combien de fois ai-je entendu : « Tout le monde a été malade autour de moi, mais grâce à votre traitement, je n’ai rien attrapé » ?
Mieux encore, il arrive que mes patients fassent une grippe de temps en temps. Grâce au traitement préventif, mais aussi au traitement curatif exposé plus haut, cette grippe est souvent peu importante. Par contre, leur immunité a été relancée et, malgré la mutation régulière du virus, ils sont souvent tranquilles pour une dizaine d’années. À condition, bien entendu, de continuer à faire des traitements préventifs et à renforcer le système immunitaire, comme je vais l’expliquer. Et je peux dire que, en 30 ans, aucun de mes patients n’est mort de la grippe et je n’ai même pratiquement jamais vu de grippe grave chez mes patients qui prenaient un traitement préventif. Même chez ceux qui sont fragiles des bronches.
Mais je reconnais avoir un « biais de recrutement », car en tant qu’homéopathe, j’ai beaucoup moins de fumeurs dans ma clientèle et je n’ai que des patients qui s’investissent dans leur santé.
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Car le secret est là également : si mes patients passent un bien meilleur hiver que la moyenne de la population, c’est parce qu’ils font de la prévention et qu’ils essayent d’avoir une meilleure hygiène de vie. Il n’y a pas de secret, on n’a rien sans rien.
Voici les principaux traitements préventifs et les différentes démarches que je vais proposer pour prévenir les infections respiratoires hivernales.
1) Agir sur l’alimentation
Pour réduire l’inflammation intestinale et améliorer le système immunitaire, l’alimentation est essentielle. Vous devez savoir que 80 % des anticorps présents dans les bronches pour défendre nos poumons sont fabriqués dans l’intestin !
Il faut donc avoir une alimentation équilibrée, naturelle, diversifiée, en se méfiant des laitages, car ils sont souvent source de troubles digestifs péjoratifs.
Chez les personnes les plus fragiles, je propose de réaliser un bilan IMUPRO pour déterminer leurs intolérances alimentaires exactes. Quand j’applique ces notions chez des patients qui me consultent pour autre chose (eczéma, maladie auto-immune, migraine…), la première chose qu’ils me rapportent une fois qu’ils ont exclu les aliments fautifs, c’est : « Depuis que je mange ainsi, c’est incroyable, je ne suis plus malade l’hiver ! » Et c’est vrai à tous les âges.
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2) Agir sur la flore
Une flore équilibrée est indispensable à une bonne immunité. Elle limite les risques de gastro-entérite, mais aussi d’infections respiratoires. Si le patient n’a pas de fragilité particulière, je donnerai en général :
• Un probiotique ou un symbiotique le matin les jours pairs ;
• De la chlorophylle magnésienne le matin les jours impairs.
Voici 2 protocoles précis que j’utilise souvent :
Chez PhytoQuant :
• Quantaflore : 2 gélules le matin les jours pairs ;
• Quantaphylle : 2 gélules le matin les jours impairs.
Chez Therascience :
• Teoliance Premium : 1 gélule le matin les jours pairs ;
• Phytomance Chlorophylle magnésienne : 2 gélules le matin les jours impairs.
Mais bien d’autres laboratoires proposent des produits équivalents.
3) Nettoyer le nez
Les infections ORL viennent souvent du nez. Pour les bronches, c’est moins évident, mais beaucoup de toux et de bronchites commencent par une rhinopharyngite. C’est pourquoi je propose souvent aux patients de nettoyer leurs fosses nasales tous les soirs au coucher de la même façon qu’ils se lavent les dents. On respire une telle pollution toute la journée, surtout en hiver, qu’il est important de faire ce lavage du nez tous les jours.
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J’utilise des spécialités à base d’eau de mer avec du cuivre, de l’argent ou du manganèse (utile en cas de terrain allergique).
Par exemple :
• Stérimar® Cuivre ou Stérimar® Manganèse et plus rarement Stérimar® Soufre ;
• Oligorhine® (ou Oligorhine® manganèse pour les personnes avec terrain allergique) ;
• Rhinodoron® (Weleda).
4) Assainir l’air de la maison
C’est très important pour les personnes sujettes aux bronchites. J’ai déjà développé ce point plus haut en proposant un mélange d’huiles essentielles à faire diffuser.
On peut aussi utiliser des produits tout prêts, comme AROMASOL® (Naturactive), qui peut se mettre dans un bol d’eau chaude sur le radiateur en fonte ou bien dans un diffuseur ou un humidificateur prévu à cet effet.
Lutter contre l’air trop sec est très important pour les rhumes et les sinusites, mais également pour les personnes fragiles des poumons. Pensez à aérer les pièces régulièrement.
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5) Une supplémentation en vitamine D
C’est la base de toute action sur le système immunitaire. Il est indispensable de faire doser le taux sanguin de vitamine D et, en fonction de ce résultat, envisager une supplémentation tout l’hiver d’autant plus importante qu’il n’y a pas de soleil.
Pour ma part, je donne à mes patients les produits suivants :
• ZYMA D, qui est la seule vitamine D vendue en pharmacie sans aucun excipient chimique. On peut prendre en moyenne 5 gouttes par jour ou 50 gouttes tous les dimanches ou 1 dose de 80 000 unités tous les 2 mois, voire tous les mois. On peut le remplacer par Dédrogyl, à raison de 4 gouttes tous les jours ;
• De la vitamine D naturelle en gouttes comme le proposent de nombreux laboratoires (elle n’est pas remboursée). On trouve maintenant une vitamine D dosée à 1 000 unités par goutte. Les besoins moyens sont de 2 000 à 3 000 U par jour, mais il m’arrive de donner 4 à 5 gouttes (donc 4 000 à 5 000 U) par jour. J’utilise en particulier la vitamine D 1 000 de D.Plantes® ou DNAT 1 000 de Physiomance® ou encore Bio-D-Mulsion forte (Energetica Natura).
En pratique, quand je mets en place une telle supplémentation, je contrôle au bout de quelques mois le dosage sanguin afin de savoir si mon traitement est suffisant. Avec l’expérience, on arrive à trouver une posologie correcte pour tous les patients.
Je supplémente les patients au minimum d’octobre à avril.
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6) Les cures de vitamines
Quand je connais bien mes patients et qu’ils suivent mes recommandations diététiques depuis plusieurs années, ils ont une alimentation diversifiée, naturelle et vivante, riche en vitamines. Mais si je prends en charge un nouveau patient qui n’a pas de très bonnes habitudes alimentaires, je lui prescrirai pour le premier hiver une supplémentation en multivitamines en ajoutant systématiquement de la vitamine C naturelle.
Je conseille souvent des cures de vitamine C pendant l’hiver, surtout dans les périodes d’épidémie. Prendre dans ce cas 1 à 2 g de vitamine C par jour en 2 à 4 prises.
Par exemple, les comprimés d’acérola du laboratoire La Royale dosés à 500 mg de vitamine C 100 % naturelle par comprimé : 1 comprimé à croquer le matin et le midi en fin de repas.
7) Rechercher une anémie et surtout une carence en fer
Je fais systématiquement doser la FERRITINE et parfois le coefficient de saturation de la sidérophiline (reflets des stocks de fer). Si la ferritine est inférieure à 50, je proposerai une supplémentation en fer, car, s’il faut se méfier des excès de ce minéral, sa carence est une source fréquente de déficit immunitaire. On les voit beaucoup chez l’enfant, les femmes qui ont des règles abondantes et les personnes âgées qui ne mangent plus assez de fer et l’assimilent mal.
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8) Les traitements pour stimuler le système immunitaire
Nous arrivons au coeur de mon traitement préventif.
J’utilise l’homéopathie avant tout. Elle est très fidèle et me donne toujours de bons résultats.
Il y a plusieurs façons de faire. Voici un exemple que j’utilise souvent chez les personnes fragiles des bronches.
Le samedi matin, alterner à jeun :
• THYMULINE 9 CH : 10 granules 1 samedi sur 2 (je ne donne pas ce remède chez les allergiques, mais le remplace par POUMON HISTAMINE 9CH) ;
• SILICEA 9 CH : 10 granules 1 samedi sur 2.
Le dimanche matin, alterner à jeun :
• INFLUENZINUM 9 CH : 10 granules le 1er dimanche ;
• ENTEROTOXINUM 9 CH : 10 granules le 2e dimanche ;
• AVIAIRE 9 CH : 10 granules le 3e dimanche
• SERUM DE YERSIN : 10 granules le 4e dimanche
J’y associe l’oligothérapie, qui complète très bien l’homéopathie.
Le matin, à jeun, prendre les Oligosols suivants :
• CuOrAg Oligosols : 1 cuillère mesure le matin les jours pairs ;
• Mn-Co Oligosols : 1 cuillère mesure le matin les jours impairs (chez l’allergique, je remplace ce remède par Mn-Cu Oligosols).
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La phytothérapie est essentielle pour stimuler le système immunitaire dans sa globalité. J’inclus dans cette démarche les produits de la ruche souvent assimilés à la phytothérapie, même s’ils sont plutôt des produits de transformation des plantes et des fleurs.
9) Le soufre : indispensable pour la prévention des bronchites
J’ai déjà expliqué plus haut que le soufre est un oligoélément essentiel pour les muqueuses respiratoires et encore plus important pour les bronches, puisqu’il agit favorablement sur la qualité du mucus.
C’est aussi un antiseptique naturel particulièrement actif sur l’arbre bronchique.
Je le prescris sous 2 formes essentielles :
• En oligoélément sous forme de Granions (souvent) ou d’Oligosols (indisponible au moment où j’écris ces lignes) ;
• Huile de Haarlem, que j’ai détaillée dans un précédent chapitre, qui est incontournable chez toutes les personnes fragiles des bronches. Je l’utilise parfois dans une infection aiguë, mais je la prescris surtout en prévention pendant toute la saison froide et humide chez les bronchiteux chroniques.
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10) Les cures thermales
Pour les bronchiteux chroniques, elles sont une aide très appréciable. Je les recommande après l’été pour bien préparer l’hiver.
Mettre en place une prévention hivernale demande donc une démarche très complète, globale, intégrative, mais qui reste totalement naturelle.
3 granules ou quelques vitamines ne suffiront pas à obtenir des résultats probants. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles ces approches sont peu étudiées. Les scientifiques rechignent à faire des études avec autant de paramètres, car ils nous disent : « Au final, on ne sait pas réellement ce qui marche. »
Mais mes patients, qui sont plus pragmatiques, répondent : « Je me fiche de savoir ce qui marche, pour moi, c’est un ensemble, et ce qui compte, c’est que je sois moins malade. »
Évidemment, je ne donne pas l’intégralité de ces remèdes à tous mes patients. Cela dépend encore une fois de leur terrain, de leurs fragilités et aussi de leur demande. Avec l’expérience, on sait qui a besoin d’un traitement plus énergique et qui peut se contenter d’un traitement préventif simple basé sur l’homéopathie, par exemple.
Mais rappelez-vous que les bronchites sont des infections hivernales potentiellement plus graves qu’un simple rhume et, si vous êtes sujet à ce type d’affections, une prévention énergique et une démarche attentive sont nécessaires pour passer un meilleur hiver.
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Je peux vous garantir que ça marche et que, si vous allez dans ce sens avec l’aide de votre médecin, vous allez être beaucoup moins malade pendant la saison froide, même sans vaccin !
Mes 3 protocoles pour booster votre immunité
Voici 3 protocoles pratiques qui donnent de bons résultats. Je les choisis en fonction du patient, de son terrain et de ses attentes :
A) Protocole spécifique en phytothérapie
J’utilise la gamme de plantes Phytomance.
• Phytomance Echinacea : 2 gélules le matin, 20 jours par mois. L’échinacée est la plante la plus intéressante à mon sens pour stimuler le système immunitaire. Elle a montré dans de nombreuses études son efficacité sur la prévention des infections. Il ne faut pas la prendre en continu. Je l’alterne donc avec :
• Phytomance Gelée Royale : 3 gélules matin et midi, 10 jours par mois ;
• J’ajoute parfois Phytomance Ginseng : 2 gélules le matin pour son action sur l’immunité, mais aussi le dynamisme général.
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B) Protocole Quantastimmun
Ce produit spécifique, Quantastimmun, est issu du laboratoire PhytoQuant.
Quantastimmun est un produit complet 100 % naturel sans aucun excipient. Il apporte tous les produits de la ruche (gelée royale, pollen, propolis) et de l’échinacée, tout cela dans du miel d’eucalyptus et un petit ajout d’extrait de pépins de pamplemousse et de cacao.
Prendre 1 sachet le matin avant le repas, 6 jours sur 7.
C) Protocole basé sur les produits de la ruche
• Gelée royale pure, fraîche, en petits pots de 10 g prendre 1 g (cuillère mesure) de gelée royale pure le matin avant le repas pendant 10 jours par mois ;
• Pollen : 1 cuillère à soupe à mâcher le matin avant le repas les autres 20 jours.
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LES PRODUITS DE LA RUCHE POUR UN HIVER SANS MALADIE
par le Dr Éric Ménat
Miel, pollen, propolis ou gelée royale… ces substances fascinantes issues du travail des abeilles sont utilisées depuis plus de 9 000 ans. Et leurs nombreuses vertus en font aujourd’hui encore un remède exceptionnel pour notre santé. Pourtant, méconnus et peu valorisés, les colonies d’abeilles tout comme le métier d’apiculteur disparaissent peu à peu partout dans le monde.
Le Dr Ménat vous partage un dossier complet consacré aux trésors de la ruche pour mieux les connaître et, surtout, pour apprendre à chacun à mieux utiliser leurs bienfaits. Un dossier indispensable pour notre santé, d’abord… et pour notre planète !
PARTIE 1
Le miel, l’or des abeilles
Tout le monde connaît le miel. Mais le connaissez-vous vraiment ?
La production du miel en France dépend de la santé des ruches dont nous venons de parler, mais aussi de l’évolution du climat.
Voici la production des dernières années, mais aussi l’évolution de l’importation :
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En 2015, la production de miel a atteint 24 224 tonnes grâce à des conditions climatiques favorables tout au long du printemps et de l’été.
Les années 2014 et 2016 ont été des années noires, la production de miel en France ayant été au plus bas. 2017 a vu une augmentation des volumes, qui s’est poursuivie en 2018.
L’année 2018 s’est caractérisée par une sortie d’hivernage difficile et des pertes hivernales pouvant parfois dépasser les 30 % de ruches hivernées. Malgré ces pertes hivernales élevées, 2018 fut une année de forte progression, avec une augmentation de 40 % de la production de miel, en moyenne.
L’année 2019 ne sera pas une bonne année. Lors de l’assemblée générale du syndicat apicole de l’Aveyron en novembre 2019, des chiffres inquiétants ont été annoncés : une baisse de 50 % de la production de miel est prévue.
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Mais si presque partout ailleurs en France cette baisse de production est à mettre en corrélation avec le fort taux de mortalité des abeilles dû à l’utilisation de pesticides, en Aveyron, « la cause serait tout autre », selon le syndicat apicole. « L’Aveyron est plutôt une terre d’élevage. Il n’y a donc pas tellement d’épandages de pesticides », explique le coprésident, qui milite pour une petite agriculture paysanne.
« Mieux vaut des petites exploitations, indique l’apiculteur en louant le travail des agriculteurs, qui façonnent le paysage et contribuent par leurs actions à garder le milieu ouvert. » Pour expliquer cette baisse de production, il pointe plutôt « la météo au printemps et en été. Elle nous a joué des tours. Il a beaucoup plu au printemps pendant les floraisons, ensuite il a gelé et après on a eu droit à la canicule. Tout ce qu’il ne faut pas pour les abeilles ».
Une météo chaotique qui, dérèglement climatique oblige, aurait tendance à se répéter d’une année sur l’autre.
En parallèle, depuis plusieurs années, la demande en miel a fortement augmenté alors que la production est globalement restée stable, ce qui a entraîné une hausse des importations. Mais de quel miel parle-t-on et d’où vient-il exactement ?
Des fraudes sur le miel dans nos supermarchés
D’après le président de l’Organisation internationale des exportateurs de miels, de 2007 à 2013, la production mondiale a augmenté de 8 % alors que les exportations ont, elles, augmenté de 61 %. Comment cela est-il possible ?
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De très nombreux pays européens ont augmenté leur exportation de miel en 2015, mais aussi leurs importations en provenance de Chine. Ce miel est donc importé de Chine vers un pays européen (par exemple, un pays d’Europe de l’Est) où il devient, comme par magie, un miel « européen », et il est alors réexporté comme produit local. Ainsi, un tiers des miels dans l’Union européenne ne serait pas conforme à la provenance indiquée !
Mais la fraude ne touche pas uniquement l’origine géographique.
La question la plus importante est : est-ce que cette substance vendue sous l’appellation « miel » est du « vrai » miel ? Je pense notamment aux miels d’Asie qui seraient régulièrement dilués avec du sirop de glucose pour en diminuer le prix et augmenter la quantité à exporter.
Des cas de fraudes (30 % des échantillons) ont ainsi été découverts au Canada ainsi qu’en Belgique, avec plus de la moitié des échantillons non conformes.
Voilà comment on peut n’augmenter la production que de 8 %, et augmenter l’exportation de 60 % !!
Je vous assure que tout cela est tristement vrai. Vous pouvez en lire tous les détails dans l’excellent livre de Christophe Brusset, vous êtes fous d’avaler ça, paru aux éditions J’ai lu. Il a été un des acteurs de cette industrie et en connaît tous les rouages et toutes les « magouilles ».
Alors, quand vous choisissez un miel, je vous conseille de bien vérifier que le nom de l’apiculteur est noté et qu’il vient de France. Recherchez les nombreux petits producteurs présents autour de chez vous et achetez des produits locaux. Non seulement cela réduit l’empreinte carbone, mais, en plus, vous avez une chance d’acheter un produit naturel et de qualité.
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Faites même attention au « bio » qui ne veut pas dire grand-chose dans les produits de la ruche. S’il est indiqué « origine UE et non UE », détournez-vous de ce produit, car vous ne savez ni d’où il vient ni s’il est vraiment naturel ! Notez aussi que, en France, tout n’est pas parfait pour autant, du fait des pesticides et des contaminations chimiques.
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Attention au miel « synthétique » !
Le miel dit « synthétique » qu’on peut aujourd’hui trouver sur le marché est probablement la pire fraude constatée. Oui, vous avez bien lu : des produits vendus sous l’appellation « miel » qui ne contiennent en réalité aucun ingrédient ou presque en provenance d’une ruche !
Ils sont fabriqués à partir d’un mélange de glucose, fructose, maltose, d’acide gluconique, de colorants et d’arômes de fleurs de synthèse. Et les industriels qui les fabriquent (surtout originaires d’Asie) font même preuve d’une grande ingéniosité pour tromper les contrôles : ils ajoutent à ce mélange des extraits de pollens de ruche afin que la supercherie ne soit pas détectée par les analyses.
Des risques de contamination chimique inquiétants
Les sources de contamination du miel sont nombreuses et possibles sur tous les continents.
Les contaminants recherchés par les analyses sont des métaux lourds, des métalloïdes, des radionucléides, des résidus d’antibiotiques et/ou des pesticides. Ces composants peuvent provenir directement de la ruche, lors d’un traitement effectué par l’apiculteur, mais aussi et surtout de l’environnement de la ruche. Cela est donc totalement indépendant de l’apiculteur. Et ce dernier n’a pas toujours les moyens de changer la situation et d’éviter ce problème.
Une étude suisse publiée en octobre 2017 par la revue Science et basée sur l’analyse de miels provenant de 298 emplacements différents du monde montre que la quantité de certains insecticides trouvée dans le
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miel tend à augmenter dans le monde entier. Cela confirme une contamination générale des agroécosystèmes et une exposition environnementale croissante des abeilles.
Certains produits phytosanitaires diminuent ou disparaissent, mais les néonicotinoïdes, qui sont des insecticides systémiques retrouvés dans tous les tissus des plantes traitées, y compris dans le pollen et le nectar, se généralisent. Or, à des doses faibles et non mortelles, ces néonicotinoïdes peuvent notamment induire chez l’abeille à miel des troubles de l’apprentissage et de la mémoire. Ces troubles dégradent ou détruisent sa capacité à retrouver des aliments ou sa ruche, au point de parfois menacer la santé de la ruche entière.
La pollution des miels par les néonicotinoïdes est en moyenne de 1,8 nanogramme par gramme ; elle est beaucoup plus élevée en Amérique du Nord, avec 86 % des miels analysés contenant un ou plusieurs néonicotinoïdes en 2017, et la moins élevée en Amérique du Sud, où néanmoins 57 % des échantillons en contenaient.
Aucun des 200 échantillons analysés lors de cette étude ne dépassait les normes sanitaires édictées pour l’homme, mais les résultats sont néanmoins jugés très préoccupants puisqu’environ 1/3 des échantillons de miels présentaient des niveaux assez élevés pour affecter la santé des abeilles, voire de la ruche entière. C’est donc la pollinisation en tant que service écosystémique et de nombreuses espèces de pollinisateurs (ainsi que leurs prédateurs et les espèces qui en dépendent indirectement) qui sont menacés.
Ces résultats invitent aussi à mieux étudier les éventuelles synergies d’action (et donc de toxicité) entre les différents néocotinoïdes, mais aussi
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les autres produits phytosanitaires, puisque, en 2017, 45 % des échantillons de miel contenaient au moins deux types différents de néocotinoïdes et 10 % en contenaient 4 ou 5. Les effets synergiques écologiques et sanitaires de ces mélanges n’ont pas encore été étudiés, mais on soupçonne qu’ils exacerbent la toxicité des molécules absorbées séparément.
Les auteurs de cette étude suisse demandent aux gouvernements plus de transparence et de publications de données sur les quantités de néonicotinoïdes vendus et utilisés en agriculture, afin de clarifier les éventuelles relations entre quantités utilisées par les agriculteurs et quantités retrouvées dans les miels. L’avenir des producteurs de miel est aussi en jeu, car les néocotinoïdes sont suspectés de jouer un rôle clé dans l’effondrement mondial des populations de pollinisateurs, domestiqués et sauvages.
En clair, la pollution de l’environnement des ruches étant en progression à cause de l’agriculture intensive, la pollution du miel l’est aussi sans qu’on puisse en contrôler toutes les causes. Et ce, car on ne contrôle évidemment pas totalement le vol de l’abeille et le périmètre où elle va butiner.
Encore une fois, à chacun de se renseigner sur l’apiculteur qui élève les ruches et fabrique le miel et de le choisir en toute connaissance de cause. Avec 56 000 apiculteurs, vous en trouverez un probablement près de chez vous !
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Ces pesticides mettent en péril les ruches et la planète
En 1995, les insecticides néonicotinoïdes font leur apparition en France. Depuis lors, environ 300 000 ruches périssent chaque année et doivent être reconstituées. Les mortalités sont passées de 5 à 30 % de nos jours. Les rendements de miel par ruche ont été significativement réduits depuis 20 ans.
Les néonicotinoïdes sont une classe d’insecticides neurotoxiques, présents sur le marché depuis 1994. Ils sont systémiques, c’est-à-dire qu’ils sont diffusés dans l’ensemble des parties de la plante, y compris les fleurs, dans lesquelles les abeilles puisent le pollen et le nectar. Ils regroupent des molécules telles que l’imidaclopride, le thiaméthoxam ou la clothianidine, commercialisés sous les noms de Gaucho ou de Cruiser. Tous ces produits sont dangereux pour l’abeille au stade du semis, de la floraison, mais aussi lors du phénomène de guttation (processus biologique de transpiration des plantes et source importante d’eau pour l’hyménoptère).
Les acteurs de la filière apicole et une grande partie de la communauté scientifique constatent que ces insecticides portent de graves préjudices aux colonies d’abeilles et mettent en péril les productions de miel, touchant également de nombreuses composantes de la biodiversité : vie aquatique, vers de terre, oiseaux, etc.
Si les néonicotinoïdes sont les pesticides les plus toxiques pour les pollinisateurs, ils ne sont pas les seuls en cause dans le phénomène de mortalité des abeilles : la France, premier pays agricole de l’Union européenne, se situe au troisième rang mondial pour la consommation de pesticides, et cela est un facteur prépondérant de l’affaiblissement et des taux de mortalité alarmants des abeilles.
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Le miel, aliment ou « alicament » ?
Maintenant que vous connaissez mieux la production du miel et savez comment bien le choisir, venons-en à ses propriétés.
Le miel est utilisé à des fins thérapeutiques depuis l’Antiquité et connaît aujourd’hui une validation scientifique de ses propriétés antibactériennes et de son usage comme cicatrisant. Il est ainsi cité dans 500 remèdes de la pharmacopée de l’Égypte antique.
Il possède des propriétés antibactériennes, ce que confirment diverses études, et est utilisé comme moyen de désinfecter et de cicatriser des plaies, notamment lorsqu’il y a un besoin de traiter des bactéries résistantes aux antibiotiques. Une métanalyse fait état de son efficacité dans cette indication.
Le miel s’avère efficace contre de nombreux microbes particulièrement agressifs, comme Bacillus subtilis, Escherichia coli, les staphylocoques dorés, Pseudomonas aeruginosa et Enterococcus fæcium, même quand ces souches sont résistantes aux antibiotiques.
Un chirurgien de l’hôpital universitaire Dupuytren de Limoges a même traité dans son service plus de 3 000 plaies entre 1984 et 2009 grâce au miel, relevant l’absence de douleur à l’application, voire une diminution des douleurs chez le patient, et estimant la cicatrisation comme étant « de qualité […] dans la majorité des cas pris en charge » (voir encadré).
Le miel est avant tout un nutriment énergétique qui apporte de nombreux micronutriments. Il est donc recommandé aux convalescents.
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Il est également utilisé dans des associations pour traiter et calmer la toux, et c’est un excellent moyen pour prendre les huiles essentielles par voie orale.
Voici la composition nutritionnelle du miel :
• Sucres : 79 % répartis ainsi : - fructose 40 %, - glucose : 30 %, - saccharose, maltose et autres sucres : 30 % ;
• Eau : 15 à 18 % ;
• Peu de minéraux : 0,1 à 0,5 % ;
• Une bonne quantité de vitamines B1, B2, B3, B5, B6, B8, C, et accessoirement des vitamines A, D et K ;
• De nombreuses molécules actives, dont des enzymes et des facteurs antibiotiques naturels ;
• A noter que, à cause de sa teneur en sucres, le miel a un pH acide entre 4,31 et 6,02 !
De mon point de vue, le miel est plus un aliment qu’un médicament, surtout en comparaison avec les autres produits de la ruche que nous allons détailler plus loin. Il est nourrissant et reconstituant. Il est donc excellent pour les convalescents ou les personnes affaiblies.
En revanche, il peut être mal toléré sur le plan digestif par les personnes fragiles ou sensibles de l’estomac. Il pourra donner des brûlures d’estomac à cause de sa teneur en sucre et de son pH. Il pourra aussi gêner la digestion quand il est pris en fin de repas.
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Je conseille donc le miel essentiellement en dehors des repas, en particulier pour sucrer une tisane.
En cas de maladie infectieuse, les tisanes de thym au miel ou encore les « miel-citron chaud » feront des merveilles.
3 000 plaies soignées grâce au miel
L’utilisation du miel pour cicatriser des plaies est devenue une méthode reconnue grâce à plusieurs études, et surtout depuis que des services hospitaliers le pratiquent régulièrement. Le CHU de Limoges, on l’a vu, a été un des premiers à proposer et à étudier cette technique.
« Nous avons commencé à utiliser le miel dans le service de chirurgie viscérale et transplantations en 1984, sous l’impulsion du Pr Bernard Descottes, chirurgien, chef de service », raconte l’infirmière Ghislaine Pautard. Celui-ci avait lu des travaux réalisés à l’étranger sur les pouvoirs de cicatrisation du miel. « À l’époque, nous avions peu de produits efficaces pour la cicatrisation », précise-t-elle. Le Pr Descottes propose à son équipe de faire des recherches bibliographiques sur le sujet et d’observer les effets des pansements au miel sur les patients. L’aventure commence !
« Nous avons d’abord utilisé du miel toutes fleurs, que l’on trouvait dans la région, indique Ghislaine Pautard. Puis, une thèse en pharmacie, réalisée à la faculté de Limoges, sur le pouvoir antibactérien des miels a montré que les nectars issus de plantes ayant des propriétés antibactériennes, tels que la lavande et surtout le thym, avaient une activité antibactérienne encore plus forte. » Les bons résultats sont au
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rendez-vous ! « Nous avons vite vu que le miel avait un réel intérêt dans la cicatrisation », souligne l’infirmière.
Une étude comparative en double aveugle réalisée en 1988 a montré que, sur 3 types de plaies, la vitesse de cicatrisation était presque deux fois plus rapide avec le miel qu’avec 2 autres dispositifs médicaux reconnus (Biogaze, Débrisan). « De 1984 à aujourd’hui, plus de 3 000 patients ont bénéficié de pansements au miel dans notre service », se félicite Ghislaine Pautard.
La technique du pansement au miel est différente selon les divers stades de la cicatrisation. Celle-ci se déroule suivant 3 phases : phase de détersion, phase de bourgeonnement et phase d’épithélialisation. « Nous avons observé que le miel accélérait surtout la cicatrisation au stade du bourgeonnement », explique Ghislaine Pautard. Au début des études, le miel utilisé au CHU de Limoges était acheté directement auprès de producteurs sélectionnés et était analysé afin de voir s’il ne contenait pas de bactéries. « Aujourd’hui, il existe du miel en tube stérilisé par rayons gamma et notre hôpital l’utilise aussi », précise-t-elle.
Pourquoi le miel a-t-il ce pouvoir cicatrisant ? « On sait que le miel possède des propriétés antibactériennes liées entre autres à son osmolarité (teneur en sucre) et à la production d’eau oxygénée, explique Ghislaine Pautard. La glucose-oxydase, enzyme sécrétée par les glandes hypopharyngiennes de l’abeille, transforme le glucose présent dans le nectar en acide gluconique, avec libération d’eau oxygénée. En revanche, on ignore encore ce qui se passe au niveau des plaies. » Un groupe de recherche, composé de chercheurs de la faculté de pharmacie de Limoges, de l’IUT de Bourges et du CHU de Limoges, s’intéresse à la
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physiologie de la cicatrisation par le miel. Celui-ci n’a pas encore livré tous ses secrets !
Vous voyez que l’utilisation du miel sur les plaies ne doit pas se faire à la légère. On peut le pratiquer à la maison, mais il est préférable de toujours demander l’avis d’un médecin avant de mettre du miel sur une plaie. Il faut être sûr que cette dernière n’est pas à risque ou qu’elle ne comporte pas de corps étranger. Et il faudra bien entendu vérifier que les éventuelles bactéries sont bien contrôlées et ne se développent pas à l’intérieur de la plaie.
Quels miels privilégier ? Tous les miels favorisent la cicatrisation du fait de leur composition globale. Mais certains miels paraissent supérieurs pour le contrôle des bactéries. On cite souvent le miel de thym, de lavande ou encore le miel de manuka. Ce dernier est à la mode, mais il n’est pas plus cicatrisant qu’un autre.
Dans tous les cas, n’utilisez pas un miel industriel qui est un mélange — voire parfois un liquide sucré qui n’a rien à voir avec du miel — et dont la provenance est floue. Le mieux est d’utiliser un miel de producteurs locaux avec toutes les garanties possibles.
Certains proposent de verser le contenu de 2 gélules de propolis dans le miel pour augmenter son pouvoir antiseptique. On pourra aussi y ajouter des huiles essentielles adaptées à la situation. Demandez conseil à votre thérapeute.
Les huiles essentielles de niaouli, palmarosa, laurier noble, thym à linalol ou lavande font partie des plus utilisées pour les lésions cutanées.
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Voici mes conseils pour mettre cette technique cicatrisante en pratique :
1) Laver la plaie à l’eau ou au sérum physiologique. Couvrir entièrement d’une fine couche de miel avec une spatule. La plaie peut picoter un peu lors de l’application, mais ça passe rapidement ;
2) Recouvrir d’une gaze stérile, en fermant bien pour ne pas laisser passer d’air. Maintenir le pansement avec un bandage ou un sparadrap ;
3) Renouveler le pansement toutes les 12 à 24 heures, en procédant de la même façon, jusqu’à la cicatrisation complète.
Miel « solide » ou liquide, une qualité qui se vaut
Le miel, liquide à l’extraction, est une solution saturée en sucres et, comme toute solution saturée, il cristallise plus ou moins rapidement, en fonction de l’équilibre de ses sucres principaux — fructose et glucose. Plus la teneur en fructose est élevée, plus il restera liquide longtemps (comme le miel d’acacia). Plus la teneur en glucose est élevée, plus il cristallisera vite (comme le miel de colza ou de trèfle).
On observe chez les miels qui cristallisent vite la formation d’une « fleur » à la surface. Il s’agit de microbulles qui remontent en surface lors de l’entreposage. C’est un phénomène naturel qui ne nuit pas à la qualité du miel. Cet équilibre des sucres dépend de son origine florale, mais n’a pas de lien direct avec sa qualité.
En revanche, si un miel est chauffé à plus de 40 °C, sa cristallisation est retardée. Or, chauffer un miel à une température supérieure à 40 °C lui fait perdre en qualité.
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Le processus dit de « cristallisation dirigée » permet de maîtriser la taille des grains de cristallisation par ensemencement des miels et d’obtenir des textures crémeuses.
Miellat : mystérieux « excrément » au goût prononcé
Le miellat a plusieurs définitions. Officiellement, c’est un liquide épais et visqueux excrété par des insectes piqueurs suceurs (pucerons, cochenilles, etc.) qui se nourrissent directement de sève, rejetant par leur tube anal ce liquide, sous forme de gouttelettes, qui se déposent sur les feuilles. Ce liquide tombe dans le milieu environnant — il est ainsi responsable de salissures occasionnées aux voitures, monuments, trottoirs, terrasses et mobilier urbain se trouvant en dessous d’arbres infestés de pucerons — ou est collecté par d’autres insectes.
Nos chères abeilles, elles, en font une substance utile. Le miel de miellat est une substance que les abeilles fabriquent à partir des excréments des pucerons qu’elles consomment sur les feuilles des arbres. Principalement présent dans les miels de forêts, comme le miel de sapin, il leur donne cette saveur toute particulière.
Les abeilles ouvrières butinent ce miellat et le ramènent à la ruche pour le transformer en miel. Sombres, car très riches en matières minérales, les miels de miellat sont plus forts que les miels de fleurs. Ces miels sont très conseillés pour diminuer les états de fatigue, d’anémie, d’asthénie pour leur apport en oligoéléments et en sels minéraux. Les miels de miellat sont également plus riches en antioxydants que les miels de nectar.
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Pour finir, le terme « miellat » désigne également un mélange à base de miel et d’huiles essentielles afin d’utiliser ces dernières de façon agréable et efficace contre les infections hivernales. Dans un petit ramequin, un coquetier ou une tasse à café, mettez 1 bonne cuillère à café de miel liquide et ajoutez les huiles essentielles choisies pour agir sur votre affection. Bien mélanger jusqu’à obtenir une substance plus pâteuse et blanchie. Consommez ce mélange en plusieurs gorgées sur quelques heures.
On peut aussi préparer un miellat plus important avec 4 ou 5 cuillères à café de miel et une quantité d’huiles essentielles nécessaire pour une consommation régulière sur 3 jours, par exemple. Dans ce cas, préparez ce mélange dans un petit pot que vous pourrez refermer de façon hermétique pour conserver les propriétés des huiles essentielles.
Miel et aromathérapie : l’association anti-infections respiratoires
Le miel est un excellent véhicule pour utiliser les huiles essentielles. Voici donc une liste de remèdes que j’aime bien utiliser et qui ont fait la preuve de leur efficacité.
Pour les infections virales, je privilégie :
• Ravintsara (Cinnamomum camphora cineoliferum) : certainement l’antiviral le plus puissant, actif même sur le virus de la mononucléose ;
• Eucalyptus radié (Eucalyptus radiata) : une de mes huiles essentielles préférées pour les rhumes ;
• Arbre à thé ou tea tree (Melaleuca alternifolia) : un des très grands remèdes anti-infectieux ;
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• Niaouli (Melaleuca quinquenervia) : l’autre melaleuca et huile essentielle de référence en infectiologie ;
• Romarin à cinéole : le romarin ayant les propriétés antivirales les plus puissantes, contrairement au Romarin à verbenone, qui est avant tout une huile essentielle à visée hépatique (même si tous les romarins agissent sur le foie).
L’origan, la sariette et le thym ont des propriétés antivirales, mais ce sont avant tout des antibactériens. Le pin et l’eucalyptus sont aussi de grands anti-infectieux, mais ils sont surtout utilisés pour les infections respiratoires. On peut aussi citer : laurier noble, lavande aspic et officinale, citron, cannelle et la liste n’est pas exhaustive.
Voici quelques façons d’utiliser ces huiles essentielles en cas d’infection ORL virale :
On peut faire faire la formule suivante en pharmacie :
• RAVINTSARA 30 %
• ARBRE À THÉ 25 %
• EUCALYPTUS RADIEÉ 25 %
• CANNELLE 10 %
• NIAOULI 10 %
En gélule gastro-résistante : QSP (quantité suffisante pour) 1 gélule de 100 mg d’huiles essentielles.
Prendre 2 gélules matin et soir pendant 6 jours (ajouter 2 le midi suivant le poids de la personne et l’importance de l’infection).
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Ou, plus simplement, en cas de début de rhume, acheter 1 flacon d’huile essentielle d’arbre à thé et d’eucalyptus radié et prendre :
• HE arbre à thé : 1 goutte 4 fois par jour à la fin des repas sur du miel ;
• HE eucalyptus radié : 2 gouttes sur les poignets 2 ou 3 fois par jour à faire pénétrer et à respirer + 1 goutte derrière les oreilles (mastoïdes) matin et soir.
Voici également une recette de miellat contre les infections virales :
Mettre dans un petit ramequin :
• 1 bonne cuillère à thé de miel ;
• 3 gouttes d’huile essentielle de tea tree ;
• 2 gouttes d’huile essentielle de ravintsara ;
• 3 gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus radié.
Bien mélanger jusqu’à ce que le mélange blanchisse puis consommer par petites quantités sur 4 heures environ.
En cas d’infection bactérienne, des antibiotiques peuvent être nécessaires, mais l’aromathérapie a toujours une place importante. Elle pourra être utilisée dès le début de l’infection, permettant ainsi de l’enrayer rapidement et d’éviter le passage aux antibiotiques.
Il existe beaucoup de solutions entre les produits prêts à l’emploi, les huiles essentielles unitaires et les mélanges à faire soi-même ou à faire préparer.
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On peut ainsi utiliser :
HE de NIAOULI et de SARRIETTE des montagnes : prendre 1 ou 2 gouttes de chaque (suivant la tolérance) à la fin des 3 repas sur un peu de miel + 2 gouttes de niaouli sur les poignets (faire pénétrer doucement et respirer régulièrement également) + 1 goutte de niaouli derrière les oreilles, sur chaque mastoïde, à faire pénétrer.
Contre-indiqué chez les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 6 ans.
Voici une association d’huiles essentielles à faire préparer par le pharmacien, en gélules, éventuellement gastro-résistantes si vous êtes sensible de l’estomac :
- NIAOULI 30 %
- EUCALYPTUS GLOBULUS 25 %
- ORIGAN COMPACT 25 %
- THYM À LINALOL 10 %
- LAURIER NOBLE 10 %
En gélule : QSP 1 gélule gastro-résistante de 100 mg d’huiles essentielles.
Prendre 2 gélules matin et soir pendant 6 jours (ajouter 2 le midi suivant le poids de la personne et l’importance de l’infection).
Cette association est contre-indiquée chez les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de 12 ans.
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Ou bien on pourra préparer un miellat, particulièrement utile pour les angines :
Mettre dans un petit ramequin :
• 1 bonne cuillère à thé de miel ;
• 3 gouttes d’huile essentielle d’origan compact ;
• 2 gouttes d’huile essentielle de thym vulgaire à linalol ;
• 3 gouttes d’huile essentielle de niaouli.
Bien mélanger jusqu’à ce que le mélange blanchisse puis consommer par petites quantités sur 4 heures environ.
Quand l’infection est marquée, on peut y associer de la propolis en gélule et en spray buccal et prendre éventuellement un traitement homéopathique (voir ma synthèse à la fin de ce dossier).
PARTIE 2
Gelée royale, une denrée rare qui agit sur le « tonus »
La gelée royale est très éloignée du miel, bien que fabriquée aussi par les abeilles. C’est un des phénomènes que je trouve le plus merveilleux et étonnant dans la vie des ruches.
La gelée royale est une substance laiteuse et gélatineuse sécrétée par les glandes pharyngiennes des jeunes abeilles nourricières. Elle est destinée à l’alimentation des larves au premier stade de leur développement, puis constitue le régime alimentaire exclusif des reines durant toute leur existence.
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La gelée royale est une substance rare. Il a donc fallu trouver des subterfuges pour en faire une récolte suffisante pour la santé des hommes.
La gelée royale est un produit frais et délicat qui doit être conservé au froid (entre 0° et 5°C) dans un récipient hermétique. Quand elle est vendue fraîche (à privilégier), on la trouve dans des flacons de verre fermé par un bouchon en plastique (le métal est attaqué), le tout emballé dans un boîtier isotherme. C’est sans aucun doute la meilleure façon de le conserver.
La gelée royale est essentiellement produite au cours et à la fin de l’été. La nature étant toujours aussi bien faite, nous allons donc disposer de la meilleure gelée royale à l’entrée de la saison froide, quand nous en avons le plus besoin.
Méfiez-vous des gelées royales vendues en fin d’hiver. Elles peuvent ne pas être très « fraîches » ! Certains producteurs la conservent sous vide avant de la commercialiser afin de pouvoir en bénéficier toute l’année. C’est un bon procédé, mais en dehors des situations de convalescence, la gelée royale est surtout à consommer à l’automne et au début de l’hiver.
Une technique de production très minutieuse
La seule possibilité de la récolter est de provoquer un élevage de reines. Pendant la période d’élevage (entre mai et août), l’apiculteur « orpheline » la ruche (en isolant la reine dans une ruchette). Les abeilles se mettent alors à bâtir des cellules royales. Pour éviter que les abeilles ne bâtissent de façon anarchique des cellules n’importe où dans la ruche, l’apiculteur insère un cadre d’élevage sur lequel sont disposées une quinzaine de
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cupules (sorte de coupes) dans lesquelles il aura au préalable disposé des oeufs fécondés de 3 jours.
Pendant les 3 jours qui suivent, les abeilles nourrices remplissent les cellules royales de gelée royale pendant que les bâtisseuses les allongent.
C’est alors que l’apiculteur sacrifie les reines à naître pour prélever entre 200 et 300 mg de gelée royale par cupule.
Sur une saison, la ruche peut ainsi produire, dans les meilleures conditions, jusqu’à 250 g de gelée royale. Évidemment, une ruche qui produit de la gelée royale ne peut produire ni miel ni pollen dans la même année.
Une substance riche et unique, d’abord concentrée en… eau !
Voici la constitution de la gelée royale :
• 14,5 % de glucides (essentiellement du fructose et du glucose) ;
• 13 % de protides (apportant à peu près tous les acides aminés) ;
• 4,5 % d’acides gras ;
• 66 % d’eau ;
• Vitamines du groupe B ;
• Et de nombreuses autres molécules qui n’ont pas encore révélé tous leurs secrets. On trouve en particulier des facteurs de croissance.
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L’ensemble constitue un concentré nutritif très riche permettant une croissance rapide des larves d’abeilles. Cela explique aussi que la reine soit beaucoup plus volumineuse que les autres abeilles et qu’elle vive 5 ou 6 ans, alors que la vie des ouvrières ne dépasse guère les 45 jours.
Puissant fortifiant pour combattre la fatigue (mais pas que !)
La gelée royale possède des propriétés multiples. Comme le miel, elle contient des facteurs antibiotiques, particulièrement actifs sur des microbes comme le proteus et le colibacille.
Sa composition lui donne des propriétés de stimulation immunitaire très efficace.
Ses facteurs de croissance en font un remède très adapté aux convalescents, mais aussi aux enfants fragiles.
La gelée royale permet ainsi de :
• Augmenter ou relancer de la vitalité en général ;
• Combattre la fatigue, la faiblesse, l’asthénie, la neurasthénie, la dépression légère ;
• Stimuler la fatigue physique ET psychique (avec stimulation de l’humeur et renforcement de la volonté) ;
• Augmenter la résistance au stress, à la fatigue, au froid, aux infections (par renforcement des défenses naturelles) ;
• Ralentir le vieillissement physiologique ;
• Obtenir un meilleur rendement physique, sexuel, ou intellectuel avec une sensation de plus grande confiance en soi ;
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• Acquérir une plus grande résistance en période de fatigue physique (sport) ou intellectuelle (préparation aux examens).
Elle peut aussi être efficace sur les aménorrhées (absence de règles) et certaines dysménorrhées (irrégularités ou anomalies des cycles), et est ainsi indiquée également dans les cas de dysfécondité.
Parmi les nombreuses études autour de la gelée royale, des chercheurs de l’université de Gifu, au Japon, ont recruté 61 personnes en bonne santé, âgées de 42 à 83 ans, et leur ont donné de manière aléatoire soit 300 mg de gelée royale par jour (31 personnes) soit un placebo (30 personnes) pendant 6 mois.
Au bout des 6 mois, les chercheurs ont observé les changements sur l’état de santé des deux groupes et ont découvert que les personnes du groupe ayant reçu la gelée royale ont vu leur nombre de globules rouges augmenter, leur taux de testostérone augmenter légèrement (chez les hommes), leur tolérance au glucose s’améliorer ainsi que leur humeur. Ces résultats suggèrent que la gelée royale pourrait être utile dans la prévention du diabète et pour améliorer la performance chez les sportifs d’endurance ou de force.
De précédentes études ont déjà montré que la gelée royale améliorait le métabolisme du glucose chez des adultes en bonne santé. Plus surprenants encore sont les résultats d’une équipe de chercheurs turcs qui suggèrent que la gelée royale pourrait être utilisée pour lutter contre la maladie de Basedow, une maladie auto-immune qui touche la glande thyroïde, en modulant le fonctionnement du système immunitaire. Cela est étonnant puisque la gelée royale stimulerait l’immunité et pourrait donc être contre-indiquée en cas de maladie auto-immune. Ce résultat pourrait
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laisser penser qu’il s’agit plutôt d’un effet régulateur et non pas stimulant pur.
Beaucoup de recherches restent à réaliser concernant la gelée royale, qui n’a pas encore livré tous ses secrets et ses propriétés thérapeutiques.
Ses principales indications sont donc :
• Asthénies (états de fatigue) ;
• Asthénie des personnes âgées ;
• Prévention hivernale et, plus généralement, des maladies infectieuses ;
• Pertes d’appétit d’origine physiologique et amaigrissements ;
• Anémie et hypotension ;
• Certaines formes d’impuissance et d’asthénie sexuelle chez l’homme ;
• Les troubles de la fécondité chez l’homme et la femme et les dérégulations des cycles menstruels ;
• Neurasthénie et états dépressifs mineurs ;
• Toutes les situations de convalescence.
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Une cure de 3 mois au moins… Mon mode d’emploi
J’utilise préférentiellement la gelée royale nature, pure et fraîche vendue en petits pots hermétiques de 10 g à conserver au frais.
« Nature » et « pure » signifient qu’elle n’est mélangée à rien d’autre. Il existe des miels à base de gelée royale, mais la teneur en cette dernière est souvent ridiculement basse. Je ne vous les conseille pas pour bénéficier des propriétés de la gelée royale, même si ce sont de bons miels.
« Fraîche » veut dire qu’elle n’a pas été congelée. Elle a pu être conservée sous vide, ce qui ne modifie pas ses propriétés.
On trouve de la gelée royale en gélules. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, mais ses propriétés seront toujours inférieures à celles de la gelée fraîche et pure.
Il existe aussi des solutions liquides, souvent présentées en ampoules. Ce n’est pas mauvais, à condition que la teneur en gelée royale soit suffisante (1 g de gelée par ampoule), ce qui est rare. Ces produits sont souvent plus chers que la gelée en pots.
Dans tous les cas, la posologie est simple : il est conseillé de prendre 1 g (1 000 mg) de gelée royale le matin avant le repas, 10 jours par mois.
Le mieux est donc de choisir des petits pots de gelée royale fraîche et d’en prélever 1 g (soit 1/10e du pot) grâce à la petite cuillère-mesure fournie. Mettre cette gelée fraîche sous la langue et la laisser fondre.
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Si le goût particulier et assez amer de la gelée royale vous perturbe, vous pouvez la mélanger à un peu de miel de qualité au moment de la prendre.
Si vous choisissez des gélules de gelée royale, il faudra consommer 1 000 à 1 200 mg par jour (entre 4 et 6 gélules en général, mais c’est un peu moins efficace). De même, en ampoule : prenez 1 000 mg de gelée par jour.
À cause du prix, mais aussi de son mode d’action, on fait donc des cures de 10 jours par mois. On commence par 3 mois de traitement, mais on peut poursuivre sur 6 mois, par exemple d’octobre à avril.
J’alterne souvent la gelée royale avec 20 jours d’Echinacea pour la stimulation immunitaire ou bien avec 20 jours de pollen, pour son apport nutritionnel exceptionnel.
Vous trouverez de la gelée royale fraîche et pure auprès des apiculteurs de votre région ou en magasin de diététique (conservée au frigidaire). Sinon, vous pouvez en commander au laboratoire La Royale, un spécialiste des produits de la ruche : https://www.la-royale.com/.
À éviter en cas de cancer évolutif !
Il existe néanmoins une précaution d’emploi pour la gelée royale : le cancer. Si la consommation de gelée royale n’augmente pas du tout le risque de cancer (au contraire, même), la présence de facteurs de croissance fait que cet aliment naturel serait contre-indiqué en cas de cancer évolutif. C’est plus un principe de précaution, car aucune étude n’a montré le moindre risque, mais on évite toujours de prescrire des facteurs de croissance quand il existe un cancer évolutif.
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5 protocoles pour « booster » son système immunitaire
La gelée royale fait partie des produits de base que j’utilise pour la prévention des infections hivernales. Pour autant, seule, elle est insuffisante.
Sans entrer dans les détails, voici les autres produits que je lui associe et les différents protocoles que je propose à mes patients pour réduire leurs risques infectieux pendant l’hiver.
1/ Les corrections diététiques en fonction de votre terrain et de vos intolérances
Cette question est essentielle, mais nécessiterait un dossier à elle seule. Je me méfie avant tout des laitages de vache, surtout frais (donc le lait), qui peuvent favoriser les infections respiratoires. Mais si le patient présente des intolérances plus complexes — qu’il faudra dépister grâce à un bilan IMUPRO —, il sera nécessaire d’appliquer les exclusions qui auront été mises en évidence.
Attention aussi au grignotage et aux excès de sucres, qui surchargent le système digestif et favorisent les troubles de la flore intestinale.
2/ Soigner la flore et l’intestin, et stimuler l’immunité
En plus de la diététique, c’est l’autre approche de base.
Voici des exemples de protocoles pratiques qui me donnent de bons résultats.
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A) Protocole général
• Probiotique : 1 gélule le matin, les jours pairs
En alternance avec
• Chlorophylle magnésienne : 2 gélules le matin les jours impairs.
• Poudre d’Echinacea en gélule : 3 gélules le matin, 20 jours par mois
en alternance avec :
• Gelée royale fraîche : 1 dose de 1 g le matin, 10 jours par mois.
B) Protocole utilisant les produits du laboratoire PhytoQuant
• Quantaflore : 2 gélules le matin les jours pairs ;
• Quantaphylle : 2 gélules le matin les jours impairs ;
• Quantastimmun : 1 sachet le matin avant le repas, 6 jours sur 7.
Quantastimmun est un des produits les plus complets que je connaisse tout en étant 100 % naturel. Il apporte tous les produits de la ruche (gelée royale, pollen, propolis) et de l’échinacée, tout cela dans du miel d’eucalyptus et un petit ajout d’extrait de pépins de pamplemousse et de cacao. La dose de gelée royale est malheureusement un peu faible (110 mg par sachet), mais on la prend 6 jours sur 7. Ce protocole, appelé « lot hiver », est raisonnable en prix (moins de 30 € par mois). On pourra compléter ce protocole avec de la gelée royale pure et fraîche.
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C) Protocole basé exclusivement sur les produits de la ruche
• Gelée royale pure, fraîche, en petits pots de 10 g : prendre 1 g (cuillère-mesure) de gelée royale pure le matin avant le petit déjeuner pendant 10 jours par mois ;
• Pollen : prendre 1 cuillère à soupe à mâcher le matin avant le petit déjeuner les autres 20 jours ;
• 1 bol de citron chaud avec 1 cuillère à café de miel le matin au réveil dans lequel on pourra mettre de la cannelle et du gingembre ;
• 1 tisane de thym ou de romarin dans la soirée avec 1 cuillère à café de miel.
3/ Nettoyer le nez tous les soirs avec un produit à base d’eau de mer
Pour nettoyer les narines, vous pouvez utiliser par exemple : Oligorhine® ou Stérimar Cuivre. Vous pouvez pulvériser plusieurs fois au moment du coucher, puis vous moucher. À cause des pollutions et des microbes, il est tout aussi important pendant l’hiver de se laver le nez que de se laver les dents.
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4/ Apporter les vitamines et minéraux nécessaires
a) Vitamine D systématique : ZYMA D : 60 gouttes tous les dimanches ou vitamine D naturelle à 1000UI par goutte : 3 ou 4 gouttes tous les soirs au dîner. Il faudra contrôler son taux sanguin de vitamine D pour adapter la dose en fonction des besoins.
b) Magnésium à l’automne et au printemps.
c) Une cure de vitamines au coeur de l’hiver, en décembre, janvier et février, et en particulier de vitamine C.
5/ J’ajoute souvent un traitement préventif homéopathique (à personnaliser)
Voici un protocole homéopathique de base, mais ce n’est qu’un canevas, car il faut souvent l’adapter à chaque cas particulier.
Le matin à jeun, prendre les oligosols suivant :
• CuOrAg oligosol : 1 cuillère-mesure le matin les jours pairs ;
• Mn-Co Oligosol : 1 cuillère-mesure le matin les jours pairs (chez l’allergique, je remplace ce remède par Mn-Cu oligosol).
Le samedi matin, alterner à jeun :
• THYMULINE 9CH : 10 granules 1 samedi sur 2 (je ne donne pas ce remède chez les allergiques, mais le remplace par POUMON HISTAMINE 9CH) ;
• OSCILLOCOCCINUM : 1 dose 1 samedi sur 2.
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Le dimanche matin, alterner à jeun :
• INFLUENZINUM 9CH : 10 granules le 1er dimanche
• ENTEROTOXINUM 9CH : 10 granules le 2e dimanche
• AVIAIRE 9CH : 10 granules le 3e dimanche
• SERUM DE YERSIN : 10 granules le 4e dimanche
Je vous ai présenté ici un protocole de base avec les différentes démarches qui sont à la fois complémentaires et synergiques. Ça peut paraître beaucoup, mais c’est la meilleure façon de limiter les risques infectieux. Tout dépend donc de votre fragilité personnelle.
Certaines personnes ne prendront que les produits de la ruche. D’autres utiliseront préférentiellement la prévention homéopathique.
Mais, en pratique, si vous êtes très fragile au niveau ORL, je vous recommande de demander l’avis de votre médecin et éventuellement de consulter un spécialiste ORL afin de trouver le traitement le plus adapté à votre situation.
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PARTIE 3
Pollen, la substance « anti-coup de pompe »
En passant de fleur en fleur pour récupérer du pollen, l’abeille va polliniser les fleurs et leur permettre de donner naissance à des fruits. Mais en plus, le pollen permet de nourrir les larves et il apporte aux abeilles des protéines vitales.
L’abeille butineuse humecte la poussière très fine du pollen avec du miel et le stocke dans des corbeilles placées sur sa troisième paire de pattes. Ces pelotes sont ramenées à la ruche, où elles sont décrochées et emmagasinées dans des cellules. Dans la ruche, le pollen va fermenter, ce qui améliorera sa conservation et facilitera sa digestion.
Si le pollen des fleurs est bien connu et que tout le monde sait que les abeilles le butinent pour en faire du miel, le pollen à manger l’est beaucoup moins et des confusions sont souvent faites entre ces 2 éléments, dont l’un découle de l’autre.
Pollen des fleurs ou des abeilles, quelles différences ?
Le pollen des fleurs est la semence mâle produite par leurs étamines. Il est constitué d’une multitude d’éléments microscopiques, les grains de pollen, qui mesurent chacun de 20 à 40 microns (0,02 à 0,04 mm).
Ces minuscules particules forment une poussière facilement emportée par le vent, ce qui leur permet d’aller féconder les organes femelles des fleurs (les pistils).
Cette fine poussière est à l’origine de la rhinite allergique saisonnière.
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En butinant les fleurs pour en soutirer le nectar qu’elles transformeront en miel, les abeilles accumulent le pollen sur leurs pattes postérieures. Elles en forment de petites pelotes qu’elles rapportent à la ruche afin de l’utiliser comme nourriture.
Ces pelotes renferment, outre le pollen de diverses espèces végétales, des enzymes. Les abeilles produisent ces enzymes pour dissoudre la solide enveloppe qui enferme les éléments nutritifs à l’intérieur de chaque minuscule grain de pollen.
Les apiculteurs récoltent directement le pollen dans les ruches, mais seulement 10 % au maximum, pour ne pas piocher dans les réserves vitales de la ruche. C’est ce qui explique la rareté et le coût de ce produit. Le pollen est ensuite trié, séché naturellement ou congelé.
La « pelote » de pollen a une couleur variable suivant les fleurs butinées, allant du blanc au noir. En général, elles sont jaune-orange.
Êtes-vous vraiment allergique au pollen (des abeilles) ?
Ce sont les pollens issus des plantes anémophiles, c’est-à-dire pollinisées par les vents, qui sont responsables des allergies.
Les abeilles, elles, butinent des plantes ou des fleurs entomophiles. Or les pollens de ces plantes ne sont pas allergisants, en général.
La plupart du temps, les personnes qui présentent des allergies saisonnières aux pollens (appelées de façon incorrecte le « rhume de foins ») ne sont pas allergiques au pollen des abeilles. Consommer du
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pollen pourrait même aider à se désensibiliser des allergies (quelques études le laissent penser, mais des confirmations sont nécessaires).
Les vraies allergies au pollen d’abeille sont d’autant plus rares qu’il est mangé et non pas respiré, comme c’est le cas avec les pollens anémophiles.
Sachez, en revanche, qu’une sensation de gonflement de la gorge est possible quand on mange du pollen sans qu’il s’agisse d’une réaction d’origine allergique. C’est une réaction à certains enzymes présents dans le pollen.
Les personnes qui présentent une allergie aux pollens du printemps devront malgré tout se méfier et faire un test avant de consommer du pollen en quantité. Sachez néanmoins qu’il existe des traces de pollen dans le miel donc, si vous le tolérez, vous ne devez pas être allergie au pollen en pelote des abeilles.
Il peut se consommer d’ailleurs à tout âge, et même chez la femme enceinte. Reste à surveiller la qualité du produit, son origine et le risque de présence de pesticides.
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Une richesse nutritionnelle plus complète que le miel !
La composition du pollen est la suivante :
• 30 à 50 % de glucides ;
• 25 % de protéines avec les 8 acides aminés essentiels ;
• 18 % d’eau ;
• 18 % de fibres ;
• Peu de lipides (graisses) ;
• 5 % de sels minéraux et oligoéléments : calcium, chlore, cuivre, fer, magnésium, manganèse, phosphore, potassium, sélénium, zinc, etc. ;
• Toutes les vitamines du groupe B, des vitamines C, D et E ;
• Des enzymes, une hormone de croissance, des substances antibiotiques ;
• Des antioxydants, et en particulier des caroténoïdes (lutéine, zéaxanthine, rutine…) ;
• Des substances capables de réduire le cholestérol et le sucre en excès, les phytostérols.
Plus il est coloré et plus il est riche en caroténoïdes et en polyphénols (les principaux antioxydants).
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On peut évaluer la puissance antioxydante d’un aliment par le test ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity ou Capacité d’absorption des radicaux libres). Voici la comparaison du score ORAC de plusieurs pollens et d’aliments connus pour être riches en antioxydants :
.
On constate ainsi que le pollen de châtaignier est à plus de 500 quand les brocolis sont à 9 : 20 g de pollen, c’est donc l’équivalent de 1 kg de brocolis !
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Des vertus surprenantes qui agissent à 360°
Le pollen est donc avant tout, on vient de le montrer, un alicament très riche en antioxydants. Cela fait de lui un stimulant et un tonifiant très efficaces. Le pollen donne un « coup de fouet » physique et intellectuel.
• Il est recommandé pour les personnes déprimées, convalescentes ou présentant des problèmes d’appétit : il stimule l’appétit et permet une reprise de poids.
• Il corrige des carences nutritionnelles et enrichit les cellules. Il est particulièrement utile pendant les périodes de croissance, au cours de la grossesse ou chez les personnes vieillissantes et fragiles.
• Il est également indiqué pour les sportifs lors de périodes d’entraînement intense, ou encore pour les étudiants en période d’examens, car le pollen stimule les capacités intellectuelles.
• Le pollen a des propriétés prébiotiques. Il va donc favoriser le développement d’une flore plus équilibrée et il sera très efficace chez les constipés grâce à cet effet prébiotique et son apport en fibres.
• Le pollen serait utile en cas d’adénome de la prostate. Les composants du pollen, comme la rutine et le bétasitostérol, sont bénéfiques dans cette situation.
• De la même façon, par sa richesse en caroténoïdes, le pollen protège la rétine…
• Il stimule l’immunité par sa richesse en nutriments, par la présence de substances immunostimulantes et par son action positive sur la flore.
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Vous retrouvez dans les propriétés du pollen une certaine analogie avec celles de la gelée royale. Mais si cette dernière est active grâce à des molécules particulières et à des facteurs de croissance, le pollen, lui, est efficace surtout par sa richesse en micronutriments.
Ce qui ne l’empêche pas d’avoir certaines actions favorisées aussi par des molécules actives, comme des enzymes.
« Pelote » ou gélules : comment le consommer ?
Le pollen est un véritable aliment. À ce titre, il faut en prendre une quantité suffisante et sous la forme la plus naturelle possible.
Les gélules de pollen sont beaucoup moins efficaces que le pollen en pelote, du fait des quantités ingérées.
On conseille en général aux adultes de prendre 1 à 10 cuillères à café de pollen par jour, sachant que 1 cuillère à café rase contient environ 4 g de pollen.
• Pour ma part, je parle plus souvent en cuillères à soupe et je donne en moyenne 1 ou 2 cuillères à soupe par jour de pollen en pelote au début d’un repas.
• Pour les enfants, on peut débuter dès 6 mois avec ¼ de cuillère à café intégrée au repas. Mais je le propose rarement avant 6 ans.
• Chez les adolescents, on donne en théorie 12 g à 15 g de pollen, soit 1 cuillère à soupe par jour.
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Il faut bien mâcher ces pelotes. Ce sera plus efficace que si vous les mettez dans un yaourt ou une compote et que vous les avalez tout rond.
Si le goût ne vous plaît pas, je vous recommande de faire fondre les pelotes dans une boisson (jus de fruits ou tisane ou citron chaud, mais pas trop chaud) à laquelle on ajoutera du miel. Prenez-le de préférence le matin.
Veillez à ne pas faire cuire le pollen d’abeille, car cela aurait pour conséquence de détruire une partie de ses principes actifs.
Je propose le pollen par cures de 2 ou 3 mois et, comme indiqué plus haut, souvent 20 jours par mois en alternance avec la gelée royale.
On peut le prendre pendant tout l’hiver ou bien faire une cure de 3 mois à l’automne puis une nouvelle cure au printemps.
Le pollen d’abeille est un produit doux qui agit en profondeur. Les premiers effets peuvent prendre jusqu’à 2 ou 3 semaines à se manifester. En contrepartie, ceux-ci se prolongent pendant plusieurs semaines après l’arrêt de la cure.
Mais si vous l’appréciez, vous pouvez en prendre tout au long de l’année.
Préférez le pollen frais, conservé à -18 °C
La plupart des personnes connaissent le pollen sec, celui qu’on trouve le plus souvent dans les magasins de diététique ou sur les marchés. C’est un pollen efficace et riche en micronutriments, surtout s’il est bien coloré. Je vous conseille d’en choisir un « multicolore », il sera plus riche en vitamines, et aussi plus doux au goût.
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Mais il existe un autre pollen, plus rarement proposé à la vente : le pollen FRAIS.
Il n’y a aucun doute que le pollen frais est plus riche en micronutriments et en principes actifs et qu’il serait préférable de le consommer ainsi. Il est malheureusement plus difficile à trouver et plus cher, puisque plus rare.
On en trouve parfois directement chez l’apiculteur. Sinon, on peut l’acheter chez le seul distributeur de ce produit en France (à ma connaissance), la société Aristée de Pollenergie créée dans la région d’Agen par Patrice Percie du Sert, un des meilleurs spécialistes français des produits de la ruche.
Il propose une gamme de pollen frais qui devra être conservé au congélateur. Oui, vous avez bien lu : pas au frigidaire, mais au congélateur. Le pollen frais ne gèle pas à –18 °C et il se conserve très bien. Il suffit de le sortir au moment de la consommation, d’en prélever 1 ou 2 cuillères à soupe qu’on laissera quelques minutes à température ambiante avant de déguster.
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Pollenergie propose plusieurs pollens frais en fonction des arbres qui entourent les ruches, leur donnant ainsi des propriétés un peu différentes. On peut trouver ainsi, en particulier du :
• pollen de ciste, surtout utilisé en cas de fatigues ou de troubles intestinaux ;
• pollen d’aubépine, particulièrement riche en fer. On l’utilise surtout chez les convalescents et les sportifs ;
• pollen de bruyère, très riche en caroténoïdes. Utilisé chez les personnes ayant besoin de se détoxifier ou ayant un terrain acide. On l’utilise aussi en cas de fragilité cardiovasculaire ou de vieillissement de la rétine ;
• pollen de saule, qu’on utilise en particulier dans les problèmes de prostate, mais globalement pour toutes les fatigues.
Il existe bien d’autres spécialités à base de pollen frais, dont certaines, notamment, sont plus adaptées aux enfants, que vous pourrez découvrir sur leur site : www.pollenergie.fr.
Si vous le pouvez financièrement, privilégiez ce pollen frais. Mais n’hésitez pas non plus à acheter un bon pollen sec chez les apiculteurs de votre région.
Délicieuse boisson « énergisante » (à réaliser à la maison)
On peut aussi préparer une « eau de pollen » en mélangeant à une eau à température ambiante les mêmes proportions de pollen et de miel, à compléter, selon le goût, par du jus de citron ou d’orange. Très plaisante à consommer, cette boisson est en plus très vitalisante et reconstituante.
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Partie 4
La propolis, antibiotique naturel par excellence
La propolis est un enduit dont les abeilles se servent pour recouvrir toutes les surfaces intérieures de la ruche afin d’en assurer l’étanchéité, la solidité et l’asepsie.
Elles la fabriquent à partir de diverses résines qu’elles recueillent sur les bourgeons et l’écorce des arbres (surtout sur les peupliers et les conifères), et auxquelles elles ajoutent de la cire et des sécrétions salivaires.
La propolis joue un rôle hygiénique en créant une couche protectrice contre les invasions microbiennes ou fongiques. L’ouverture, nommée « trou d’envol », qui se trouve à l’entrée de la ruche est constamment ajustée et remodelée à l’aide de propolis afin d’adapter ses dimensions et son orientation en fonction des conditions climatiques.
Ce passage constitue par la même occasion une sorte de chambre de stérilisation à l’entrée de la ruche, d’où le nom propolis, qui signifie, en grec ancien, « devant » (pro) la « cité » (polis).
Dure et friable à 15 °C, la propolis devient molle et malléable aux alentours de 30 °C, puis collante ou gluante à des températures plus élevées. Sa couleur peut varier du jaune clair au brun très foncé, presque noir, en passant par toute une gamme de bruns suivant les types de résines recueillies par les abeilles ouvrières.
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Les coloris de la propolis diffèrent ainsi en fonction de l’arbre d’origine : plutôt verte au Brésil, rouge à Cuba, brune en France, car récoltée sur des bourgeons de peuplier et de châtaignier essentiellement.
Un des premiers remèdes antiseptiques et cicatrisants de l’Histoire
En Égypte, la propolis servait à l’embaumement. Elle était également connue des Grecs anciens puisque Aristote la présentait, dans son Histoire des animaux, comme un « remède aux affections de la peau, plaies et suppurations ».
Elle connut un regain de popularité à la fin du XIXe siècle lorsque les médecins de l’armée anglaise l’employèrent pour désinfecter les blessures et faciliter leur cicatrisation durant la guerre des Boers, en Afrique du Sud.
Une composition riche en huiles essentielles
Parmi les composants de la propolis, on note :
• Une forte proportion d’huiles essentielles (8 %) qui lui confèrent une partie de ses propriétés anti-infectieuses ;
• Des flavonoïdes, c’est-à-dire des antioxydants, dont certains sont assez puissants. Ils participent à l’effet anti-infectieux, mais aussi anti-cancéreux de la propolis ;
• Des vitamines A et B ;
• Des minéraux : silice, fer, zinc…
La propolis renferme plus de 400 composants différents, qui ne sont pas tous bien étudiés, mais qui expliquent en partie la puissance de son action.
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La propolis, contrairement au pollen ou au miel, n’a donc pas de propriétés « nutritionnelles ». Sa composition se distingue par sa richesse en huiles essentielles et en composés actifs qui en font un véritable antibiotique naturel, à la fois très complet et très puissant.
Des propriétés avant tout anti-infectieuses
La propolis est donc un anti-infectieux puissant au spectre d’action très large : antifongique (champignons), antibactérien et antiviral.
Elle a montré son efficacité sur toutes les infections respiratoires.
Mais elle est également utile dans les cystites, où elle potentialise l’effet anti-adhésif de la canneberge contre le colibacille.
Elle est aussi immunostimulante, même si la gelée royale et le pollen lui sont probablement supérieurs. Elle augmente la quantité de globules blancs, y compris au cours des chimiothérapies, comme le montre cette étude :
Les courbes ci-dessous montrent l’évolution sur un mois des globules blancs (WBC) chez la souris au cours d’une chimiothérapie par 5FU (un médicament fréquemment utilisé chez l’homme).
• La courbe du bas montre la chute importante des GB après administration du 5FU.
• La courbe du haut montre l’évolution des GB quand on donne un placebo (de l’eau, en l’occurrence).
• La courbe du milieu montre l’évolution de ces mêmes GB quand on ajoute de la propolis au 5FU. On voit que, globalement, la chute des globules est réduite de moitié !
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Mais la propolis a d’autres propriétés expliquées par les autres molécules actives. Elle est anti-inflammatoire et analgésique. On peut le constater facilement quand on pulvérise de la propolis sur des aphtes ou des lésions des gencives après chirurgie dentaire.
Elle est également cicatrisante de contact. On utilise beaucoup cette propriété en stomatologie.
La propolis stimule le NF-kappaB, un élément essentiel de notre immunité pour lutter contre le cancer. Des études montrent que la propolis est ainsi un produit antitumoral qui peut être associé aux traitements classiques contre le cancer.
Des études particulièrement probantes ont été ainsi menées sur le cancer de la prostate.
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Agit en profondeur contre les maladies infectieuses aiguës
On propose de la propolis principalement pour :
• Lutter contre toutes les maladies infectieuses, de toute nature ;
• Surtout ORL et bronchiques : pharyngites, laryngites, angines, rhinites, otites, sinusites ;
• Traiter les cystites en association avec la canneberge et éventuellement l’aromathérapie ;
• Dans toutes les lésions stomatologiques où elle fait des merveilles : aphtes, gingivites, plaies, soins dentaires, grâce à son effet analgésique ;
• La stimulation immunitaire pour prévenir les maladies hivernales en synergie avec les autres produits de la ruche ;
• La prévention des infections pendant les chimiothérapies et la protection des globules blancs.
5 formes de propolis à utiliser en prévention ou en soin
Vous trouverez de la propolis en pharmacie, parapharmacie et magasin de diététique ou encore dans des laboratoires spécialisés, sous différentes formes :
• Gélules (les plus utilisées) ;
• Ampoules ;
• Sirop ;
• Spray buccal ;
• Pâtes à mâcher…
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Si on utilise la propolis dans le cadre d’une infection aiguë, il faut en prendre une quantité suffisante. Chez l’adulte, en cas d’infection ORL ou bronchique, je donne entre 9 et 12 gélules par jour, en 3 prises. Les gélules contiennent souvent entre 200 et 250 mg de propolis pure. Je donne donc entre 2 et 3 grammes de propolis par jour. Ce traitement sera pris pendant 4 à 6 jours. Si au bout de 3 jours l’infection n’a pas tendance à régresser, il faut consulter un médecin.
On peut associer à ces gélules un traitement local avec un spray ou des pâtes à mâcher en cas de pharyngite. Certains sirops contiennent des quantités de propolis moindre, mais associée à des plantes pour la toux ou l’inflammation des bronches.
Si on utilise la propolis en prévention, on donnera 600 à 1 000 mg par jour, 5 jours sur 7 ou 1 semaine sur 2.
Pendant les chimiothérapies, on pourra prendre sans aucun risque d’interaction ni effet secondaire 1,5 à 2 g par jour (6 gélules en moyenne), les 7 jours qui précèdent chaque chimiothérapie.
La propolis n’a pas d’effet secondaire ni de précaution d’emploi. Elle peut être prise à tous les âges en adaptant la dose au poids. Malgré tout, je commence à utiliser les gélules uniquement après 6 ans. Avant, on peut utiliser des sirops. Attention aux spécialités contenant de l’alcool, qui sont alors contre-indiquées chez les enfants.
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4 marques de propolis que je préconise
J’utilise essentiellement 4 marques de propolis qui m’ont toujours apporté de bons résultats (par ordre alphabétique) :
- AAGAARD propose de nombreuses spécialités à base de propolis. Ses pâtes à mâcher sont célèbres. Cette marque commercialise de la propolis depuis 40 ans et a un très bon savoir-faire. La société porte le nom du biologiste K. Lund Aagaard, qui a fait beaucoup de travaux sur la composition de la propolis et sa standardisation. On trouve ces produits surtout en magasin de diététique et sur Internet.
- ARISTÉE, qui s’est appelé au départ POLLENERGIE, a été créé par Patrice Percie du Sert, un des meilleurs spécialistes français du pollen et des produits de la ruche en général. Je vous recommande ses livres. Ce laboratoire, on l’a vu, est le seul en France à proposer du POLLEN FRAIS congelé, qui est probablement un des meilleurs pollens que je connaisse.
Il propose 3 propolis :
1) la propolis verte du Brésil, très puissante pour lutter contre les maladies infectieuses ;
2) la propolis de peuplier « extra forte » est également un très bon anti-infectieux avec un effet anti-inflammatoire plus marqué ;
3) la propolis rouge de dalbergia est à part. Sa richesse en isoflavones, des phyto-oestrogènes, fait qu’elle est surtout utilisée en gynécologie.
Allez visiter leur site www.pollenergie.fr.
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- LADRÔME est une marque française qui a l’avantage de proposer des produits de bonne qualité, faciles à trouver en pharmacie et parapharmacie. La teneur en principes actifs peut être néanmoins un peu faible et elle ne propose pas de gélules de propolis pure. https://www.ladrome.bio/
- LA ROYALE est un laboratoire de produits naturels créé par une famille d’apiculteurs français qui se sont ensuite diversifiés et proposent aujourd’hui une très large gamme de phytothérapie. Ils n’en restent pas moins des spécialistes des produits de la ruche et proposent une excellente gelée royale pure et fraîche. Leur propolis pure en gélule est très puissante et leur spray buccal assez efficace pour les affections de la gorge et de la bouche. On ne trouve leurs produits que par correspondance. https://www.la-royale.com/
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Ma synthèse : comment venir à bout des infections grâce aux produits de la ruche
Voici une petite synthèse de l’utilisation des produits de la ruche dans le cadre des infections en général, et des infections hivernales en particulier, dans le but de vous montrer comment on peut les associer à d’autres approches naturelles.
En cas de rhumes et rhinopharyngites
Comme il y a des personnes différentes, il existe des rhumes différents. Certains ont le nez bouché alors que, chez d’autres, il coule beaucoup. La fièvre peut être plus ou moins élevée et parfois le rhume touche surtout le nez et les sinus (on parle parfois de « rhume de cerveau »), et d’autres fois il va « descendre » rapidement vers la gorge et la trachée, donnant une pharyngite et une toux, surtout la nuit à cause de l’écoulement nasal postérieur.
Mais dans tous les cas, c’est une infection virale qu’il faut essayer d’enrayer pour éviter qu’elle n’évolue vers une sinusite ou une angine bactérienne.
Voici un exemple de prise en charge :
• Oscillococcinum : 1 dose matin et soir le plus tôt possible.
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Suivant la cause, il existe des remèdes homéo spécifiques :
- Suite de coup de froid sec, de courant d’air, de climatisation : ACONIT 7CH : 5 granules, 3 fois par jour ;
- Suite d’exposition à l’humidité : DULCAMARA 5CH : 3 granules, 3 fois par jour.
• Coryzalia : 1 comprimé à laisser fondre sous la langue 4 à 6 fois par jour en dehors des repas.
S’il existe en plus des courbatures et des frissons, on pourra ajouter : L 52, 30 gouttes avant les 3 repas.
• Nettoyer le nez, au moins 6 fois par jour, avec RHINARGION®, RHINACTION® ou OLIGORHINE®.
• Si le nez est bouché, on pourra alterner les produits cités ci-dessus avec du HUMER® Nez Très Bouché ou, éventuellement, du RHINOFLUIMUCIL®.
Et il faut, bien entendu, agir sur les virus eux-mêmes. Pour cela, je donne en priorité 2 types de produits, que j’associe parfois :
• PROPOLIS en gélules : 3 ou 4 gélules, 3 fois par jour (4 gélules pour les personnes de plus de 80 kg) +/—
• AROMATHÉRAPIE : il existe plusieurs façons de faire. Par exemple : OLÉOCAPS® 1 : 2 capsules, 3 fois par jour pendant 5 jours et huile essentielle d’EUCALYPTUS RADIÉ : 2 gouttes sur les poignets à faire pénétrer et à bien respirer + 2 gouttes sur les mastoïdes.
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Suivant l’importance du rhume, on pourra faire aussi des fumigations avec des mélanges d’aromathérapie.
Ce traitement pourra se faire sur 5 à 7 jours suivant l’importance des symptômes. L’objectif est d’enrayer rapidement les symptômes pour être soulagé, mais aussi d’éviter l’évolution vers une
infection plus profonde : sinusite, bronchite ou trachéite, par exemple.
Pensez aux tisanes de thym et de romarin sucrées avec un peu de miel.
Le traitement d’une angine
En cas d’angine, c’est-à-dire de mal de gorge initial, parfois assez brutal, avec une véritable douleur à la déglutition et l’impression d’avoir la gorge serrée, il est indispensable de consulter pour vérifier s’il ne s’agit pas d’une angine bactérienne.
Si le mal de gorge fait suite à un rhume, un nez qui coule, il s’agit plutôt d’une pharyngite et on se retrouve un peu dans la situation décrite ci-dessus.
En cas d’angine bactérienne prouvée ou fortement suspectée, il est souvent plus rationnel de prendre un antibiotique. Demandez conseil à votre médecin.
Dans tous les cas, il sera utile d’accompagner ces antibiotiques avec un traitement pour la flore et le foie.
Pour soulager les douleurs de la gorge, je vous recommande les spécialités à base de propolis : spray ou pastilles à mâcher ou à sucer. Elles sont particulièrement efficaces.
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Si l’angine n’est pas typiquement bactérienne ou si la personne craint les antibiotiques et veut essayer un autre traitement pendant quelques jours pour enrayer l’angine, on peut proposer à la place des antibiotiques :
• PROPOLIS : 3 ou 4 gélules 3 fois par jour ;
• Aromathérapie : par exemple, OLIOSEPTIL nez-gorge, 2 capsules matin et soir.
L’homéopathie pour maximiser les effets !
On ajoutera en homéopathie (oui, elle est parfaitement compatible avec l’aromathérapie, à condition de ne pas les prendre au même moment) :
• HOMÉOGÈNE® 9 : 1 comprimé à sucer 6 fois par jour en dehors des repas. Ce produit est une association de plusieurs remèdes homéopathiques.
Si vous consultez un médecin homéopathe, il pourra mieux cibler le remède personnalisé qui vous convient et qui sera sans aucun doute plus efficace. On utilise souvent, en cas d’angine :
• Belladonna : la gorge est très rouge et la température très élevée. La bouche est sèche et la soif importante ;
• Phytolacca : la gorge est rouge avec des traînées vermillon ;
• Mercurius, qui est le grand remède homéopathique des angines blanches. On peut donner Mercurius solubilis 5CH dans la plupart des cas (dépôts blancs sur les amygdales, langue blanche et mauvaise haleine), mais on utilisera Mercurius proto-iodatus si l’angine est uniquement à droite et Mercurius bi-iodatus si elle est uniquement à gauche.
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Comme pour les rhumes, on pourra donner aussi en fonction des causes de l’angine :
• Suite de coup de froid sec, de courant d’air, de climatisation : ACONIT 7CH : 5 granules, 3 fois par jour ;
• Suite d’exposition à l’humidité : DULCAMARA 5CH : 3 granules, 3 fois par jour.
Ces traitements seront poursuivis 6 à 8 jours si les symptômes se calment les 4 premiers jours. Par contre, si au bout de 4 jours l’angine ne s’amende pas et que les douleurs et la fièvre sont toujours au même niveau, il sera indispensable de consulter pour envisager une antibiothérapie.
Le traitement en cas de sinusite aiguë
Là encore, on a souvent affaire à une infection bactérienne purulente et les antibiotiques peuvent être indispensables.
On repère la sinusite purulente à plusieurs critères :
• La violence des symptômes : fièvre, mais surtout douleur importante dès qu’on se penche en avant ;
• Le mouchage abondant parfois, et surtout très purulent, jaune-vert, parfois avec quelques traces de sang.
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S’il n’y a pas ces symptômes et surtout ce mouchage purulent et que les douleurs des sinus accompagnent un rhume ou une rhinopharyngite, on pourra surseoir aux antibiotiques et proposer une fois encore :
• PROPOLIS : 3 ou 4 gélules 3 fois par jour ;
• Spray nasal à la propolis ;
• OLÉOCAPS® 1 : 2 capsules 3 fois par jour.
On pourra compléter avec les remèdes homéopathiques suivants :
• SINUSPAX (association de plusieurs remèdes homéopathiques) : 1 comprimé à sucer 4 à 6 fois par jour.
Ou mieux, des remèdes plus spécifiques, et en particulier :
• KALI BICH 5CH (le remède le plus spécifique des sinusites) : douleur punctiforme et sécrétions nasales jaunes ;
• STICTA Pulmonaria 5CH : sinusite frontale et/ou ethmoïdale avec douleur à la racine du nez ;
• CINNABARIS 5CH : douleur en barre qui traverse le front ;
• si l’écoulement s’épaissit et devient plus « sale », on pourra essayer PYROGENIUM 9CH : 3 granules, 2 ou 3 fois par jour + HEPAR SULF 5CH : 3 granules, 2 fois par jour avant d’envisager de passer aux antibiotiques.
Il faut toujours, également, bien désinfecter le nez. Les fumigations peuvent être très utiles.
L’acupuncture est assez fidèle pour compléter le traitement des sinusites.
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La prise en charge intégrative d’une bronchite aiguë
Comme pour les angines, la majorité des bronchites sont virales. Dans ce cas, les antibiotiques ne serviraient qu’à éviter une surinfection bactérienne, mais ne soigneraient en rien l’infection bronchique.
Une bronchite bactérienne est une maladie grave. On peut la suspecter par l’atteinte de l’état général, une douleur localisée souvent sur la base d’un seul poumon et une expectoration purulente. On peut aussi la suspecter à l’auscultation. Au moindre doute, une radio des poumons permettra de confirmer le diagnostic et une antibiothérapie énergique devra être mise en place sur une durée de 10 jours minimum.
Si on est plutôt face à une bronchite virale, on peut réagir grâce à des antiviraux naturels qui bloquent le développement du virus en attendant de consulter le médecin.
2 approches sont prioritaires pour moi : la PROPOLIS et l’AROMATHÉRAPIE.
1) La PROPOLIS a ma préférence, car elle est bien tolérée et peut être utilisée chez pratiquement tous les patients, même les enfants. Je prescris 3 ou 4 gélules 3 fois par jour pendant 5 à 8 jours. Cette posologie pour un adulte dépend du poids du patient. Pour un enfant, il faut demander l’avis du médecin.
2) L’AROMATHÉRAPIE est tout aussi efficace sur les bronches, mais elle comporte des précautions d’emploi et il est préférable de demander l’avis d’un spécialiste avant de l’utiliser. On la prescrit par 3 voies :
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- Voie orale en capsules ou en gouttes. On a ainsi un traitement quasi équivalent à un antibiotique avec une action antivirale potentiellement plus puissante que celle de la propolis ;
- Voie percutanée que j’utilise pour ma part très souvent, car elle présente moins de contre-indications et est très complémentaire de tous les autres traitements ;
- Voie olfactive qui vient compléter les traitements, mais insuffisante si utilisée seule.
Quant au choix des huiles essentielles, en voici 3 incontournables pour leur action antivirale :
• RAVINTSARA (Cinnamomum camphora cineoliferum) est l’HE de référence pour lutter contre les virus respiratoires ;
• NIAOULI (Melaleuca quinquenervia) est l’autre HE la plus utilisée ici pour son spectre anti-microbien ;
• ORIGAN (Origanum compactum) est une huile essentielle puissante et de large spectre.
Il existe des huiles plus spécifiques des voies respiratoires :
• EUCALYPTUS GLOBULEUX (Eucalyptus globulus) ;
• PIN SYLVESTRE (Pinus sylvestris).
Ces 2 remèdes sont issus de conifères bien connus pour leurs huiles essentielles très volatiles et assainissantes pour les voies respiratoires. On les utilisera donc parfois par voie orale, mais surtout par voie cutanée et olfactive.
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D’autres huiles essentielles peuvent avoir une place dans la prise en charge des bronchites virales aiguës :
• Thym à linalol (Thymus vulgaris linaloliferum) ;
• Romarin à cinéole (Rosmarinus off cineoliferum) ;
• Sarriette des montagnes (Satureja montana) ;
• Myrte rouge (Myrtus communis) ;
• Cyprès (Cupressus sempervirens).
Et cette liste n’est pas exhaustive !
Vous pourrez retrouver certaines de ces huiles essentielles dans des spécialités proposées par différents laboratoires ou dans des formules prescrites par votre aromathérapeute.
Voici comment j’utilise l’aromathérapie en cas de bronchite aiguë.
• Par voie orale, si je préfère utiliser l’aromathérapie à la propolis, je peux donner :
• OLÉOCAPS® 4 (défenses naturelles), qui associe les HE de Ravintsara, Tea tree, Thym à feuilles de sarriette, Eucalyptus radié, Giroflier. Prendre 2 capsules à la fin des 3 repas,
Ou :
• OLIOSEPTIL Bronches, qui associe les HE d’Eucalyptus radiata, Ravintsara, Cannelle, Myrte, Marjolaine, Thym, Pin sylvestre. Prendre 1 ou 2 gélules 3 fois par jour en fonction du poids du patient, de sa tolérance aux HE et de l’importance de l’infection.
Mais, comme je le disais plus haut, j’utilise d’abord la propolis par voie orale, car les huiles essentielles sont agressives pour les estomacs fragiles et pas toujours bien tolérées sur le plan hépatique.
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En revanche, j’associe assez souvent à la propolis de l’aromathérapie par voie olfactive et cutanée.
En priorité, je propose un mélange d’huiles essentielles à appliquer sur la poitrine le soir au coucher et éventuellement 1 ou 2 autres fois dans la journée. On peut faire préparer ce mélange par la pharmacie ou bien le faire soi-même.
Voici une de mes formules de base :
• Huile végétale de CALOPHYLLE 6 ml
• Huile végétale de MILLEPERTUIS 3 ml
• Huile essentielle de PIN SYLVESTRE 3 ml
• Huile essentielle de ROMARIN À CINÉOLE 2 ml
• Huile essentielle d’EUCALYPTUS GLOBULEUX 2 ml
• Huile essentielle de RAVINSTSARA 2 ml
• Huile essentielle de NIAOULI 2 ml
Appliquer sur la poitrine au coucher. Ce mode d’utilisation a 2 actions complémentaires : les HE pénètrent par la peau et agissent directement sur les bronches, mais, en plus, le patient respire toute la nuit ces HE très volatiles, qui agiront également sur tout l’arbre respiratoire.
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Si le virus est virulent et qu’il y a un risque de contagion au reste de la famille, on pourra désinfecter l’air en faisant diffuser le mélange suivant :
• Huile essentielle de PIN SYLVESTRE 6 ml
• Huile essentielle de NIAOULI 4 ml
• Huile essentielle de SARRIETTE DES MONTAGNES 4 ml
• Huile essentielle de EUCALYPTUS GLOBULEUX 3 ml
Mettre 2 gouttes sur un mouchoir à respirer régulièrement ou bien utiliser un diffuseur d’arômes ou bien 5 gouttes dans un bol d’eau sur le radiateur.
Il existe de nombreuses façons d’associer et d’utiliser l’aromathérapie qui, par voie olfactive et en application sur la poitrine, reste une thérapeutique particulièrement efficace dans toutes les infections respiratoires.
Incontournable en simple prévention hivernale
Tous ces produits naturels peuvent aussi être utilisés en prévention. En voici 2 exemples.
Françoise, 56 ans, me consulte pour une prévention hivernale. L’hiver dernier elle a dû prendre 4 ou 5 fois des antibiotiques. Elle n’a aucune pathologie particulière, mais elle a l’impression d’être plus fragile qu’avant. Son bilan biologique est normal.
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Je vais lui proposer en première intention :
• Gelée royale : 1 g le matin, 10 jours par mois
En alternance avec
• Echinacea : 2 gélules matin et midi, 20 jours par mois
ET
• Pollen : 1 cuillère à soupe tous les matins, 20 jours par mois
• Probiotique tous les matins et vitamine D en fonction des besoins.
Un atout naturel chez le convalescent
Chez une personne fragilisée par une maladie ou une opération, la prévention hivernale devra être plus énergique et plus globale.
Gilbert, 70 ans, vient de se faire opérer d’une prothèse de hanche. Il veut récupérer ses forces et son dynamisme et limiter les risques de tomber malade cet hiver.
Je lui prescrirai :
• 1 citron chaud le matin au réveil avec une cuillère à café de miel et de la cannelle en poudre s’il l’apprécie ;
• 1 g de gelée royale le matin, 10 jours par mois en alternance avec
• Pollen : 1 cuillère à soupe tous les matins, 20 jours par mois ;
• Echinacea : 2 gélules matin et midi, 1 semaine sur 2 en alternance avec
• Propolis : 2 gélules matin et soir, 1 semaine sur 2 ;
• Probiotiques et vitamine D ;
• Vitamine C naturelle : 500 mg le matin et le midi à la fin du repas.
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Il y a, bien entendu, d’autres façons de faire pour utiliser ces produits, qui ne présentent, pour la plupart, pas d’effets secondaires ni de contre-indications.
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BOOSTEZ VOTRE TERRAIN IMMUNITAIRE : 13 STRATÉGIES QUI MARCHENT !
par Christian Brun
Avec l’arrivée des frimas, on imagine que l’atmosphère se sature soudainement de virus et de bactéries qui ne cherchent qu’à nous mettre à plat. Mais cette image d’une colonie de microbes invasifs attaquant notre organisme dès que le temps se gâte est erronée. C’est surtout en affaiblissant notre système immunitaire que nous rendons notre terrain propice au développement de germes qui, jusqu’alors, se tenaient plutôt tranquilles. Voici comment éviter les faux pas cet hiver !
C’est toujours la même rengaine quand l’hiver arrive : vent, pluie, brume, froid, nez rouge, nez qui coule, fatigue, toux, dépression, gorge qui pique, yeux qui pleurent… et pour finir « atchoum ! » Les maladies hivernales, nous les connaissons tous. Ce sont des maladies qui atteignent généralement la sphère ORL, avec notamment :
• Les fièvres avec lassitude ;
• Les grippes avec forte fièvre, frissons, courbatures, maux de tête, écoulement nasal, larmoiement… ;
• Les bronchites avec toux sèche ou grasse, difficultés respiratoires, douleurs thoraciques, inflammation du larynx, de la trachée ;
• Les angines ;
• Les rhumes avec toux et crachats, éternuements, écoulements ;
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• Les laryngites ;
• Les trachéites ;
• Les pharyngites ;
• La toux…
Évidemment, pour ce qui est des symptômes, chaque personne se défend avec ses propres armes. Elles dépendent de l’âge du sujet, de son tempérament, du degré de vitalité de ses glandes endocrines et du potentiel de son système nerveux. En effet, notre force vitale réside dans notre système endocrinien et dans notre système nerveux.
En hiver, il n’y a pas que les bronches qui souffrent !
Durant l’hiver, notre organisme est soumis à rude épreuve : le froid est un stress très important pour notre corps et pour tous nos différents métabolismes.
Notre organisme doit lutter en permanence pour assumer, malgré le froid externe, une température interne d’environ 37°C. C’est le phénomène d’homéostasie : une régulation de notre corps, comme pour beaucoup d’autres phénomènes, notamment la glycémie.
Bien entendu, cette lutte permanente engendre un affaiblissement de nos réserves protidiques, glucidiques, vitaminiques, minérales et enzymatiques.
Cela se traduit par de la fatigue générale et un affaiblissement de notre système immunitaire.
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Il est affaibli par manque de vitamines et d’oligoéléments, par un excès de travail dû à la présence, en hiver, de souches virales et bactériennes résistantes au froid : en effet, les virus aiment le froid et détestent le chaud !
De plus, cette lutte permanente contre le froid, en plus de déprimer l’organisme en vitamines et oligoéléments, engendre des radicaux libres. Or, le corps a besoin, lui aussi, de vitamines et oligoéléments pour lutter contre les effets pernicieux de ces radicaux libres.
Donc. Au final, vous voyez, on tourne en rond.
Le vrai pouvoir du froid
• Le froid a pour conséquence de ralentir les échanges cellulaires (alimentaires, d’oxygène et épuratif), ce qui entraîne un épuisement cellulaire d’un point de vue nutritif et respiratoire et un encrassement humoral, que le corps cherchera tant bien que mal à évacuer.
• Le froid est agressif pour nos poumons qui, eux aussi, se fragilisent. Cela permet alors à des hôtes agressifs et pathogènes de proliférer sur cette muqueuse, d’autant que, rappelons-le, le système immunitaire est faible.
• L’hiver est une période où notre alimentation est moins riche en vitamines et minéraux. C’est également une période où l’on consomme davantage de chocolat, d’alcool et d’autres mets de Noël, qui, s’ils sont réconfortants, ne sont pas les meilleurs alliés de notre santé !
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• Cette période hivernale est très difficile d’un point de vue nerveux et, bien souvent, on assiste à des dépressions hivernales saisonnières, ce qui est encore un signe dépressif du système immunitaire.
• Dernier point et certainement, à mon sens, le plus important : le froid est l’ennemi N° 1 de notre foie.
Voie respiratoire : la voie de secours pour seconder le foie
En effet, on peut se demander pourquoi les maladies hivernales interviennent uniquement pendant cette période. Vous l’aurez remarqué, il n’y a pas de grippe en été.
Alors qu’est-ce qui nous rend spécialement vulnérables à ce type d’affections en hiver ? C’est en réalité à cause de notre foie et, plus exactement, du blocage hépatique.
Le foie est l’organe le plus chaud du corps : le sang rentre dans le foie à 38/39°C et ressort à près de 42°C.
Or, quand le foie est soumis au froid et que sa température interne baisse, il n’est plus suffisamment irrigué et cela engendre une insuffisance hépatique et un blocage de certaines de ses fonctions, principalement celle de filtrage.
Normalement, les humeurs chargées des toxines alimentaires et/ou métaboliques se font filtrer par le foie : 2400 litres de sang passent dans le foie par 24 heures.
Le foie rejette le résultat de cette filtration à l’extérieur, sous forme de bile.
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La bile est un déchet, mais un déchet utile : elle émulsionne les graisses, alcalinise le duodénum pour permettre aux sucs pancréatiques d’être actifs, lubrifie le bol fécal permettant ainsi un transit et une évacuation intestinale plus aisés. Cela permet également la synthèse de la vitamine K (vitamine de la coagulation).
Mais quand il y a blocage hépatique (par le froid par exemple), ces humeurs prennent une voie de secours pour se faire filtrer.
Cette voie de secours est la voie respiratoire ainsi que les muqueuses de la face qui n’ont pas été prévues pour effectuer ce travail excédentaire de filtrage humoral.
Bien souvent, pour aider les voies respiratoires surchargées, le corps provoque une fièvre libératrice afin de brûler les toxines et provoquer une transpiration salvatrice qui favorise l’épuration et nuit aux virus qui n’apprécient pas la chaleur.
On est donc, en hiver, face à un terrain humoral encrassé qui se trouve être un lieu propice pour le développement des microbes (virus, bactéries, champignons…). Toutefois, le microbe ou le virus est une conséquence de la maladie et non la cause première.
Votre organisme est-il agressé de l’extérieur ou miné de l’intérieur ?
Pour expliquer la genèse de ces maladies et ainsi pouvoir les guérir réellement (et non se contenter de les soigner) il faut comprendre l’origine de la maladie en général.
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Il existe deux conceptions, deux théories sur l’origine de la maladie qui conditionnent deux modes de « traitement ».
1. La théorie exogène : le patient passif
C’est celle qui est officiellement admise. Elle est enseignée dans les facultés de médecine, c’est la théorie des microbes, des virus : le mal vient de l’extérieur et donc il faut faire face à cet agent extérieur responsable de notre mal. Cette théorie a été mise en évidence par Pasteur et est basée sur la notion de symptômes, de diagnostic, de médicaments, de vaccinations et stérilisation.
C’est une théorie qui généralement est admise par le grand public, car elle déresponsabilise et qu’elle donne à l’autre, c’est-à-dire le médecin, le pouvoir de nous soigner. Ce dernier détient le savoir, la connaissance.
Pour lui, les germes, les microbes sont dans l’air où ils vivent normalement. Quand ces parasites pénètrent dans notre organisme, ils engendrent diverses maladies telles que les maladies hivernales dites infectieuses et contagieuses.
Dans cette théorie, les germes pathogènes sont les causes uniques de nos maladies. Donc le thérapeute visera essentiellement à éliminer cet intrus responsable. Mais comment expliquer que certaines personnes passent des hivers sereins, même en présence de malades ?
Cette théorie semble ne pas tout à fait tenir la route, d’autant que nous vivons en parfaite harmonie avec des microbes, certains se trouvent dans notre organisme (peau, intestins, vagin…). De plus, notre système immunitaire est un système de défense extraordinaire. Il est plus judicieux
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de travailler à le renforcer, le rendre plus apte à combattre et le soutenir quand il est affaibli.
« Si la théorie des microbes était si juste, il ne devrait plus y avoir personne pour en parler »
P. V. Marchesseau,
père de la naturopathie française
(1911-1994)
2. La théorie endogène : nos actes provoquent la maladie
La théorie endogène part du principe que ce sont nos erreurs de vie qui encrassent nos humeurs, c’est-à-dire nos liquides nourriciers et éboueurs. Lorsque nous rompons l’équilibre de notre organisme, il y a des débordements qui s’observent, avec plus ou moins de force, de puissance selon la nature du sujet, son âge, sa constitution, etc.
La seule prévention consiste à ne pas détériorer ses tissus en adoptant une hygiène de vie parfaite. Si, accidentellement, un désordre cellulaire se produit, l’organisme possède les moyens pour y remédier et s’autoguérir.
Béchamp et Tissot sont à l’origine de cette théorie : quand le terrain humoral et cellulaire est souillé, perturbé, que sa constitution, son électromagnétisme sont faussés, alors, à ce moment, les organistes de la cellule sont libérés, ils ne sont plus tenus en suspension et ils deviennent des microbes-virus dits pathogènes. C’est cette théorie que suivent les naturopathes.
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Les maladies hivernales sont des maladies centrifuges (des maladies d’autodéfense) comme les maladies infantiles. La puissance de ces maladies dépend de la force vitale de l’individu disponible. Plus la réaction de l’organisme, pour se débarrasser de ses déchets, est intense et généralisée, plus cela sera favorable à l’autoguérison. Il convient alors, et c’est le rôle du praticien naturopathe, de comprendre et contrôler le processus pathologique et, le cas échéant, d’aider l’organisme à y faire face.
Êtes-vous en train de saboter vos défenses immunitaires ?
À l’inverse de la théorie exogène préconisée par l’approche allopathique, la vision naturopathe de la santé part du principe que ce sont nos actes qui engendrent un terrain immunitaire favorable à l’installation et la prolifération de microbes, virus, bactéries, champignons, etc. Il en va ainsi avec :
• Les excès alimentaires :
Trop de graisses (beurre, sauces, fromages), de sucres et d’éléments (alcool, tabac) qui altèrent la fonction hépatique et intestinale.
Les acides gras parvenus dans l’intestin sont absorbés :
- Pour 40 % par le système sanguin porte. Ils vont vers le foie (acides gras à petite chaîne).
- Les 60 % restants (acides gras à longue chaîne) sont véhiculés par le système lymphatique intestinal puis passent dans le canal thoracique (gros tronc lymphatique central).
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Cette lymphe « graisseuse » se déverse ensuite dans le sang au niveau de la veine sous-clavière gauche et rejoint ainsi la circulation sanguine pour alimenter le coeur. Puis ce sang-lymphe est envoyé au niveau pulmonaire via l’artère pulmonaire. C’est alors que les lipides en excès sont oxydés par le poumon, créant ainsi un terrain favorable à l’implantation d’un microbe.
• Le blocage des émonctoires hépatiques et intestinaux
Les pathologies hivernales sont des pathologies liées au froid et engendrent un blocage hépatique.
Nous sommes tous (!) physiologiquement des insuffisants hépatiques, soit de par notre hérédité, soit à cause de notre alimentation dénaturée, surcuite, chimique ou bien par les stress de la société de consommation et de surtechnologie. C’est-à-dire que notre foie, dont les fonctions sont multiples telles que filtrage, antitoxines, antimicrobiennes, anti-infectieuses, ne peut plus effectuer correctement son travail. De là découle le fait que nos émonctoires annexes doivent prendre la relève, notamment la fonction respiratoire. Or, cette voie respiratoire, vous en conviendrez, n’a pas été prévue à cet effet : la voie respiratoire n’a été conçue que pour permettre des échanges gazeux entre le milieu extérieur et le milieu intérieur (cellule).
Il en résulte que la voie respiratoire va tenter, tant bien que mal, ce filtrage de secours avec pour conséquence des catarrhes, des écoulements… Bref : les poumons sont pris et cela constitue un terrain favorable à une éventuelle colonisation microbienne… Mais vous constaterez que ce ne
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sont pas les microbes qui sont fautifs… Comme le disait le père de la naturopathie française, P. V. Marchesseau :
« C’est le marécage qui engendre les moustiques et non les moustiques qui engendrent le marécage. »
• La dégradation de la flore intestinale physiologique
Les plaques de Peyer, amas lymphoïdes des villosités intestinales constituent la première barrière immunologique de notre organisme en produisant certains lymphocytes (globules blancs spécialisés) et certaines immunoglobulines IgA.
Un dérèglement de cette flore, pour diverses causes (présence de champignons comme les Candida albicans, si fréquents de nos jours, ou encore une constipation opiniâtre, une mauvaise hygiène alimentaire ou encore la prise d’antibiotiques et autres médicaments à visée antisymptomatique, entravent la barrière immunologique de notre organisme.
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8 perturbateurs immunitaires à surveiller
1. Agents extérieurs : tabac, germes, allergènes… qui dépriment le système immunitaire et qui font chuter les antioxydants, notamment vitamines C et E.
2. Environnement : poussières, allergènes, air conditionné, air sec ou humide, vent, froid, inhalation de produits toxiques et agressifs…
3. Problèmes psychologiques engendrant des maladies auto-immunes par exemple. Mais aussi le fameux ras-le-bol : « j’étouffe », « je ne veux pas entendre » (otite) ou encore, « je suis incapable d’entendre et de dire » (angine). Là encore, tous ces éléments psychologiques peuvent engendrer un blocage hépatique.
4. Mauvaise gestion des stress qui peut engendrer, là encore, un blocage hépatique ainsi qu’une action sur le système nerveux et sur le système endocrinien.
5. Baisse du potentiel immunitaire par utilisation abusive de médicaments, de vaccination, de perturbateurs endocriniens…
6. Iatrogène (médication, antibiothérapie outrancière)…
7. Manque d’exercice physique et respiratoire, ce qui entraîne un blocage diaphragmatique et donc des problèmes respiratoires.
8. Colonne vertébrale et cloison nasale déviées : en effet, s’il y a déviation vertébrale avec des conséquences sur la cloison nasale (et
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inversement), un des deux poumons pourra être plus ou moins atrophié et ainsi présenter un terrain favorable à une pathologie.
Les 13 stratégies naturopathiques qui contrent le froid
1. Entreprendre une réforme alimentaire
- Éviter la prise chronique et importante de sucre à index glycémique élevé, dont le miel, très prisé en hiver, mais créant une hypoglycémie réactionnelle néfaste pour notre système immunitaire.
- Éviter de trop utiliser les graisses animales saturées [huile, lait, fromages (sauf chèvre ou brebis), chocolat, friture…] qui sont une source de mucosités.
- Préférer les graisses insaturées contenant des acides gras essentiels (huile vierge biologique de 1re pression à froid), sans excès néanmoins.
- Éviter l’excès de protéines animales source d’acides gras saturés
- Consommer des aliments de qualité, non raffinés.
- Éviter les produits fumés qui accaparent notre système immunitaire.
- Limiter ou éviter les aliments poison (café, alcool, tabac, coca-cola…).
- Augmenter la ration de fruits, légumes, céréales, oeufs, poissons et volailles pour un apport de vitamines, oligoéléments, enzymes, minéraux.
- Augmenter la ration de fibres alimentaires pour faciliter le transit intestinal.
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- Éviter, si présence de Candida albicans, les aliments fermentés et les sucres qui perturbent notre système immunitaire.
- Limiter les aliments acides qui chélatent nos minéraux.
- Veiller à la mastication et au calme durant les repas.
- Cuisson vapeur à privilégier.
- Éviter les régimes yo-yo.
- Entreprendre des monodiètes (compote de pommes, légumes cuits…).
- Pratiquer un jeûne sec (en 2 jours de jeûne sec, on peut épurer 10 litres de lymphe).
2. Débloquer les émonctoires du foie
- Cataplasme : chaud, ou bouillotte chaude sur la région hépatique, ou bain chaud.
- Plantes hépatiques pour drainer : artichaut, pissenlit, radis noir (attention aux calculs biliaires), fumeterre, boldo.
- Plantes régénérantes du foie : desmodium, chardon-Marie, Chrysantellum americanum.
- L’huile de Haarlem (mélange d’huiles essentielles de thérébenthine, de soufre organique et d’huile de lin et de chlorophylle) est un excellent draineur.
3. Réharmoniser la flore intestinale
• Probiotiques 10 MD (Lab Copmed) : inuline de chicorée, mélange de ferments lactiques (Lactobacillus acidophilus, Bifidobacterium
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animalis ssp. Lactis, Bifidobacterium longum, Bifidobacterium breve, Lactobacillus paracasei, Lactobacillus plantarum ; Lactobacillus rhamnosus).
1 gélule par jour, de préférence le matin ou le midi avant les repas avec un verre d’eau.
• Candinat (Lab Copmed) : extrait de feuille d’olivier, chardon-Marie, propolis, lithothamne, chlorophylle.
2 gélules par jour, de préférence avant les repas avec un verre d’eau.
• Perméal régul + (Lab Copmed) : L-glutamine, L-méthionine, marc de raisin, extrait de curcuma, vitamines B, curcuma, mélisse, myrtille, spiruline.
½ sachet par jour, pendant 1 semaine, puis 1 sachet par jour dilué dans une peu d’eau.
4. Réduire les risques dus à l’environnement : poussières, allergènes, air conditionné, air sec ou humide, vent, froid, inhalation de produits toxiques et agressifs… qui provoquent une irritation chronique des muqueuses.
5. Régler les problèmes psychologiques
6. Gérer son stress (relaxation, détente, visualisation…)
7. Éviter toute médication abusive (sauf urgence)
8. Supprimer ou réduire les agents extérieurs responsables de déséquilibres (tabac, germes…)
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Pour cela, utiliser des huiles essentielles en aérosols ou diffuseur telles que Eucalyptus radiata, Eucalyptus globulus ou Ravinsara aromatica. Consommer de la propolis (lab. La Royale).
Attention aux appartements trop chauffés (notamment attention au chauffage au sol pour les bébés qui jouent par terre).
9. Pratiquer régulièrement de l’exercice physique et respiratoire en plein air
10. Faire vérifier la colonne vertébrale et la cloison nasale (chez un ostéopathe)
11. Retirer les mucosités nasales (coton tige, mouche-nez, sérum de Quinton, lota…)
12. Remonter le potentiel immunitaire (liste non exhaustive) :
• Vitaminothérapie : Une cure de vitamine C permet de diminuer la sévérité et la durée des symptômes de la grippe et rhume d’environ 23 %. Vitamine C liposomale (lab Copmed) : 1 c. à café/jour à prendre pure ou diluée
• Oligothérapie : zinc (tueur de virus et stimulateur de l’immunité), cuivre or argent (agissent en stimulant les défenses naturelles), magnésium, soufre.
• Antioxydants : vitamine C, vitamine E, sélénium.
• Phytothérapie : échinacéa, shiitake, plantain (anti-inflammatoire, antitussif, antihistaminique), cassis (antihistaminique + vit C et
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cortisone-like), pulmonaire, guimauve, bourgeons de pin, bouillon-blanc, violette, tussilage.
• Gemmothérapie : elle sera particulièrement utile dans le cas de rhinopharyngites à répétition chez l’enfant. On préconise alors :
- Ribes nigrum bourgeons mac.glyc. 1D. (cassis)
- Rosa canina bourgeons mac.glyc. 1D. (églantier)
- Abies pectinata bourgeons mac.glyc. 1D. (sapin)
- Betula verrucosa bourgeons mac.glyc. 1D. (bouleau verruqueux)
- Carpinus betula bourgeons mac.glyc. 1D. (charme)
- Vitis vinifera bourgeons mac.glyc. 1D. (vigne)
- Juglans regia bourgeons mac.glyc. 1D. (noyer)
- Viburnum bourgeons mac.glyc. 1D. (viorne)
- Drosera T.M. (drosera)
- Tussilago T.M. (tussilage)
- Papaver rhoeas T.M. (coquelicot)
- Althaea officinalis T.M. (guimauve)
• Aromathérapie :
Huiles essentielles Ravinsara aromatica et niaouli derrière les oreilles et sur l’oreiller, Eucalyptus radiata, sarriette des montagnes, origan à inflorescence compact, girofle, cannelle…
>> Attention : ce sont des phénols qui sont dermocaustiques et hépatotoxiques.
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• Aromabiotique (Lab Copmed) : extrait de racine d’angélique, racine de bardane, feuille de thym, propolis, fleur d’oranger citron. 3 c. à café par jour dans un peu d’eau.
• EPP Pamplemousse synergisé (Lab Copmed) : extrait de pépin de pamplemousse citron, gentiane carvi. 15 gouttes 1 à 3 fois par jour dans un peu d’eau.
• Granuphytol (Lab Copmed) : thym, achillée millefeuille, ail, angélique, olivier, eucalyptus globulus, échinacea, ginseng, ortie piquante, pin, romarin. 2 sticks par jour à faire fondre sous la langue pendant 5 jours.
13. Balnéothérapie/hydrologie : bain ou sauna.
Les maladies hivernales sont des maladies volcaniques, c’est à dire des réactions d’élimination émonctorielles au niveau des voies respiratoires ou des muqueuses de la face.
Ce sont des maladies d’autodéfense.
Alors, pour guérir, ou mieux encore, pour provoquer l’autoguérison, il faut renverser la vapeur, faire basculer l’élimination vers le bas.
La grande réforme consiste donc à motiver le foie, la bile et les intestins et pour cela, la première médecine, la première thérapie sera de modifier sa :
- Façon de vivre
- Façon de penser
- Façon de sentir
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- Façon de croire
- Façon d’aimer
- Façon de se nourrir
Pour conserver, améliorer ou augmenter son capital santé, il faut donc impérativement soigner son :
- Hygiène alimentaire
- Hygiène neuropsychique
- Hygiène émonctorielle
Du poulet pour vos poumons !
Prenez tous les soirs un bouillon de poulet. Le poulet contient en grande quantité de la cystéine, un acide aminé. La cystéine ressemble à un médicament, l’acétylcystéine. Or ce dernier est prescrit dans les cas de bronchites et de sinusites. Ainsi, le poulet décongestionne les voies respiratoires !
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AYURVÉDA : CES 12 PLANTES « CHAUFFANTES » REPOUSSENT LE FROID EN HIVER
par Kiran Vyas
Vous pensiez que votre éternel rhume de janvier venait du froid et des nombreux microbes que l’on s’échange en hiver ? Vous n’y êtes pas du tout ! Selon l’ayurvéda, les problèmes de grippe, de bronchite, de fièvre et de rhume sont avant tout un problème de Kapha. Pour le réguler quand il est en excès, la médecine ayurvédique préconise une méthode bien à elle : rééquilibrer son nombril et manger piquant pour évacuer les microbes !
Voici ce qu’il m’est arrivé il y a quelques années, alors que je voyageais en Inde avec des amis. J’avais la fièvre, mal au corps tout entier, mal à la gorge et je n’étais pas capable de me lever de mon lit. Avec une voix cassée, j’expliquai au chauffeur de notre car ce qu’il devait faire avec mes amis voyageurs pour leur visite en ville ; il écoutait avec attention toutes mes consignes et je lui fis signe que j’avais fini de lui donner mes instructions. Je pensais qu’il allait partir, mais il restait là, debout devant moi. Cela commençait à m’énerver, j’allais le lui dire quand il commença à parler :
« Monsieur, si vous me le permettez, je pense que votre nombril est déplacé et, si on le remet en place, tout ira bien de nouveau pour vous. »
Je pensais que je devais avoir d’autres choses de déplacées, car je ne me sentais vraiment pas bien. Je repensai alors à tout ce que les grands maîtres de l’ayurvéda m’avaient enseigné sur le nombril.
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Les symptômes grippaux : signe d’un chakra déséquilibré
• Nabhi, c’est le nombril. C’est un shira marma (artères et veines). Les cinq éléments sont situés dans nabhi marma : vers le bas, c’est l’élément Terre, vers le côté gauche, c’est l’élément Eau, vers le côté droit, c’est l’élément Feu et vers le haut, c’est-à-dire vers l’estomac ou le plexus solaire, c’est l’élément Air, tandis qu’au centre, dans la profondeur et dans la hauteur, se trouve l’élément Ether.
• Nabhi marma est le commencement et la fin de l’existence humaine. C’est grâce au cordon ombilical que nous sommes nourris à l’état de foetus et toute notre personnalité, notre individualité commence dès nabhi marma. Il n’est pas rare que le groupe sanguin du foetus ne soit pas le même que celui de sa mère. Cette individualité commence dès le nombril et le nombrilisme et l’individualisme ne sont que des phénomènes physiques de premier degré. Par ailleurs, le nombril est un des points les plus importants de la marma thérapie. C’est aussi le chakra manipura, ce chakra relié à l’énergie, la force, la vitalité, la maîtrise, le pouvoir, etc.
Le traitement de nabhi est un métier à part entière en Inde. Certains tchikitsak (thérapeutes) travaillent uniquement sur ce marma pour le remettre en place.
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Nabhi se déplace par exemple quand on porte une charge trop lourde, au-delà de notre capacité. Cela ressemble un peu au travail que font les ostéopathes, experts de la structure osseuse et posturale, ou au travail des médecins spécialisés, comme les cardiologues, qui ne s’occupent que des problèmes du coeur. Il y a donc des experts de nabhi. La mise en place du nabhi marma est donc un très grand travail.
Le yoga et la méditation jouent également un rôle important pour équilibrer le prana et augmenter la force vitale de ce troisième chakra.
Je reviens à mon histoire. J’interrogeai mon chauffeur et lui demandai ce qu’il pouvait faire pour moi : dix minutes d’étirement des orteils, des bras, des jambes et quelques pressions sur certains points de marma et c’était fini. À ma grande surprise, j’étais complètement guéri et en pleine forme.
Comme souvent, la maladie est le signe d’un déséquilibre. Il faut alors retrouver l’harmonie pour guérir.
Laisser la fièvre brûler les bactéries
La maladie, notamment les maladies hivernales, sont le plus souvent le fruit d’un excès de Kapha.
L’excès de Kapha peut résulter d’un changement brutal du chaud au froid. Cela peut être dû à un courant d’air ou à un excès de nourriture : manger yaourt et fromage en soirée, par exemple, augmente Kapha dans le corps et, si le terrain est faible, si les amygdales n’ont pas pu absorber ce poison, les bactéries, les virus ou d’autres choses, la maladie se développe…
La solution : équilibrer le Kapha.
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On a coutume de dire, ici comme en Inde, que si vous soignez le rhume ou la bronchite, vous serez guéri très vite. En une semaine environ. Mais si vous ne vous soignez pas, cela risque de prendre plus longtemps : au moins sept jours !
La réalité est que le véritable remède pour guérir ces infections hivernales, c’est de prendre du repos. En effet, à chaque changement de saison, quand la grippe, la bronchite et la fièvre viennent, notre corps nous envoie des signaux pour nous inviter à ralentir notre rythme de vie quotidien. Un peu comme les radars sur les routes, qui nous limitent à 80 km/heure et nous forcent à ralentir.
De son côté, la fièvre n’est rien d’autre qu’une manière naturelle pour le corps de se chauffer pour éliminer certaines bactéries, virus ou toxines, pour les brûler et les éliminer. C’est pourquoi, selon l’ayurvéda, il ne faut pas chercher à faire baisser directement la fièvre : c’est un travail naturel du corps pour chasser la maladie. En revanche, pour l’aider, on a besoin de boire, de préférence de l’eau chaude, et de prendre du repos.
Une boisson exceptionnelle, que nous appelons la potion des initiés, est composée de jus de gingembre frais, de jus de citron, de miel et d’eau tiède. C’est la boisson par excellence pour se soigner.
Le mal de gorge qui accompagne le rhume, l’angine ou la bronchite sera miraculeusement soigné en prenant simplement de la poudre de curcuma mélangée avec du miel. En consommer une demi-cuillerée à café tous les quarts d’heure pendant trois heures et vous verrez le miracle se produire, même quand on a perdu sa voix, même quand on a de la fièvre
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ou une bronchite qui nous perturbe. On se sentira plein d’énergie et presque guéri au bout de ces deux ou trois heures.
Ce mal qui se loge dans les amygdales
« Il y a fort longtemps, les dieux et les démons se réunirent pour une même cause. Ils voulaient chacun obtenir le nectar d’immortalité, Amrutam.
La condition de base était qu’il fallait baratter l’océan : l’océan de l’inconscient, l’océan du subconscient, l’océan du supraconscient.
À la fin du barattage, il était certain que le nectar Amrutam en sortirait, mais, pendant tout le temps du barattage, de nombreuses autres choses en sortiraient également, et pas forcément bonnes.
Mais il fallait aller jusqu’au bout du processus pour obtenir ce merveilleux liquide d’immortalité et il fallait trouver quelqu’un qui puisse forcément prendre ce qui en sortait avant.
Les dieux et les démons se mirent d’accord, après de nombreuses discussions houleuses, pour que chacun à tour de rôle (dieux puis démons) prenne ce qui en sortirait, quoi qu’il arrive.
Ainsi, lors du premier barattage, c’est la déesse Lakshmi, déesse de la prospérité, de la richesse et de la beauté, qui en sortit. C’était au tour des dieux, alors le dieu Vishnu la prit et l’épousa immédiatement. Ensuite, ce fut au tour d’un démon de recevoir le cadeau qui sortirait du barattage de l’océan, et ce qui en sortit fut Visha, du poison mortel. Il fallait absolument que quelqu’un l’absorbe. Évidemment les démons refusèrent. Et les dieux
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n’en voulaient pas non plus… Pourtant, si personne ne le prenait, tout s’arrêterait et on ne pourrait pas trouver Amrutam.
Finalement, c’est le dieu Shiva qui se dévoua et but la coupe de poison. Il ne l’avala pas, mais le garda au niveau du cou et son cou devint bleu-vert. C’est ainsi qu’il gagna le prénom de Neelkanth, qui signifie tout simplement « celui qui a le cou bleu-vert ».
Si cela ne semble être qu’une simple mythologie indienne, pour les élèves de l’ayurvéda, cela symbolise que les amygdales sont nos premiers soldats sur le front des maladies et celles qui absorbent les premiers poisons, qu’ils viennent de l’atmosphère ou de la nourriture. De même, en cas d’infection, ce sont d’abord les amygdales qui absorbent le « poison » et, quand elles ne le peuvent plus, la maladie (bronchite, grippe, fièvre, rhume) se développe.
Des beignets de piments verts pour éliminer les mauvais germes
Il y a une école de pensée ayurvédique qui dit en anglais : « Stuff the cold and starve the fever », c’est-à-dire « farcir le rhume et affamer la fièvre ». Ainsi, pendant un rhume, il faudra boire beaucoup de soupes bien poivrées, si possible avec du curcuma, et il faudra jeûner en cas de fièvre.
Ma grand-mère, par exemple, avait une drôle de manière pour soigner son rhume : elle se préparait des beignets à base de pâte de farine de pois chiche, des beignets de piments verts entiers et bien piquants. Son dîner se composait uniquement de ces beignets, ses yeux pleuraient, son nez coulait, mais tout son corps rejetait les mucosités et, après une bonne nuit
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de repos, le lendemain matin, elle se réveillait en pleine santé, pleine d’énergie et d’enthousiasme.
En effet, les maladies de type Kapha sont dues le plus souvent à une accumulation de mucus. C’est un trouble classique des changements de saison. C’est une infection légère, logeant généralement dans les voies aériennes supérieures (rhinite, laryngite, bronchite…).
Pour les enfants qui souffrent très régulièrement de ces problèmes de rhume, au lieu de les emmener se faire opérer des amygdales, il vaut mieux leur faire un petit massage du dos et de la poitrine avec de l’huile de sésame additionnée d’huile d’eucalyptus. Puis, après le massage, leur appliquer sur la poitrine et la gorge un coton très légèrement imbibé de baume du tigre
(ou de Vicks) ainsi que sur le dos. Il est nécessaire de faire suivre cela d’une bonne nuit ou même d’une journée entière de repos.
On dit souvent que garder les pieds mouillés dans des chaussures mouillées pendant des heures va systématiquement produire bronchite ou fièvre (je me souviens de l’histoire de Rabindranath Tagore, écrivain et philosophe indien, prix Nobel de littérature en 1913, qui mettait exprès de l’eau dans ses chaussures et gardait ses chaussettes et ses chaussures mouillées pour tomber malade et éviter l’école). Les pieds froids doivent toujours être soignés. Pour les réchauffer, et réchauffer l’organisme, on peut frotter la plante des pieds avec de la poudre de gingembre séché.
Comme je l’ai écrit plus haut, l’excès de Kapha peut être dû à un changement brutal du chaud au froid. Je me souviens de cet homme, un grand artiste indien, que j’ai soigné uniquement par la chaleur et avec du sel chaud. Il vivait près d’Auray, en Bretagne. Il s’était marié avec une
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Française et était venu s’établir en France. Mais le climat lui avait provoqué une bronchite chronique dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Il avait déjà plus de 80 ans quand je suis allé le voir à Baden. Comme il avait toujours vécu à Pondichéry, où la température avoisine les 30 °C, j’avais conseillé à sa femme de chauffer sa chambre à cette température et de lui appliquer du sel chaud, dans un petit pochon, sur toute la zone de sa poitrine et de sa gorge. Cette méthode très simple l’avait énormément soulagé.
Des plantes médicinales, d’Orient et d’Occident, pour renforcer votre système de défense
La pharmacopée indienne compte des milliers de plantes que, pour la plupart, nous ne pouvons nous procurer dans les pays occidentaux. Fort heureusement, nos deux traditions possèdent certaines plantes en commun. Voici les principales, vues sous l’angle de leur énergie et de leur saveur, pour lutter contre les bronchites, la toux et les refroidissements.
L’ail
De saveur piquante et de nature chaude, il agit surtout sur Vata et Kapha. Il est utilisé notamment pour soigner, entre autres, les refroidissements… L’ail est l’un des plus grands protecteurs du système cardiovasculaire. De plus, il nettoie les muqueuses pulmonaires et favorise l’expectoration. Même si les vertus de l’ail cru sont supérieures à celles de l’ail cuit, ce dernier garde tout de même de très nombreuses qualités. Après avoir mangé de l’ail cru, mâcher une gousse de cardamome ou quelques graines de fenouil après le repas pour retrouver une haleine fraîche.
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Recette d’ail au ghee : 5 gousses d’ail épluchées, 1 cuillère à soupe de ghee.
Faire revenir les gousses d’ail dans le ghee chaud jusqu’à ce qu’elles soient dorées.
Le gingembre
Le gingembre est piquant et chaud. Il agit surtout sur Vata et Kapha. Il est très utile en cas d’insuffisance respiratoire, de toux, de bronchite. Le gingembre est plus actif pour éliminer les maux de type Kapha (mucus).
• Contre le rhume : tisane avec ¼ de cuillère à café de gingembre en poudre, ¼ de cuillère à café de cannelle et 1 cuillère à café de miel.
• Pour stimuler le système immunitaire : prendre chaque matin, à jeun, une boulette de gingembre, curcuma, mélasse et ghee.
• Traditionnellement, en hiver, on mange un gâteau à base de gingembre et de fenugrec en poudre pour augmenter l’immunité du corps.
Le poivre noir
C’est la plante piquante et chaude par excellence. Il agit de manière préférentielle sur Vata et Kapha. On l’utilise généralement comme stimulant digestif, mais aussi pour chasser le froid (refroidissement, froideur des extrémités…). C’est un antiseptique, un fébrifuge et un très bon expectorant. Il est conseillé en cas de fièvre, toux, bronchite, laryngite et infections virales.
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Contre la toux : mélanger 2 cuillères à soupe de jus de citron, 1 cuillère à soupe de miel d’acacia, ¼ de cuillère à café de gingembre en poudre et ½ cuillère à café de poivre fraîchement moulu.
La réglisse
La réglisse est douce et amère, de nature fraîche. Elle agit sur les trois doshas. Sa principale utilisation réside dans les problèmes respiratoires (toux, bronchite, maux de gorge) associés à de la fièvre. Elle est tonique et expectorante.
La cardamome
Elle est piquante et douce, d’énergie chaude. Elle agit surtout sur Vata et Kapha. Comme elle est stimulante et expectorante, c’est un remède contre la grippe et les infections bronchiques. Elle est également efficace contre les indigestions.
Le clou de girofle
De saveur piquante et de nature chaude, il agit surtout sur Pitta et Kapha. On l’utilise également pour combattre les refroidissements, les maux de gorge et les indigestions.
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Tulsi
L’usage du tulsi est très répandu en raison de ses propriétés antitoxiques et antimicrobiennes. De saveur piquante et amère, de nature légère, sec et chaud, il réduit Kapha et Vata. C’est un très bon expectorant utilisé pour soulager divers problèmes respiratoires : toux, refroidissement, fièvre.
• En infusion, les feuilles sont utiles en cas de refroidissement. On peut aussi se servir des feuilles pour faire des inhalations.
• En sirop : il apaise la toux, la bronchite et l’asthme.
La moutarde
Elle augmente Pitta. Elle est précieuse dans le traitement des problèmes respiratoires. On utilise l’huile de moutarde pour masser la poitrine, le nez, les oreilles.
En médecine traditionnelle, aussi bien occidentale qu’orientale, on utilise des cataplasmes à base de farine de moutarde pour traiter les problèmes respiratoires (refroidissement, bronchite). Dans ce cas, faire préalablement un massage à l’huile de sésame sur la partie concernée, car la pose de ces cataplasmes peut irriter les épidermes fragiles.
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Le trikatu
C’est un stimulant très puissant qui booste l’immunité du corps en neutralisant les déchets.
Il revigore les poumons et dégage les voies respiratoires en éliminant le mucus (asthme, bronchite, toux, rhume, respiration difficile chez les fumeurs par exemple). Il équilibre Kapha et peut augmenter Pitta.
L’anis étoilé (badiane)
Dotée de propriétés antivirales, anti-inflammatoires et antalgiques, la badiane est largement employée en phytothérapie. Elle équilibre les trois doshas.
On l’utilisera en cas de grippe et aussi en cas de douleurs articulaires : faire infuser 2 étoiles d’anis, ½ cuillère à café de gingembre frais râpé dans deux tasses d’eau pendant cinq minutes. Filtrer, ajouter 1 cuillère à café de miel. Boire trois fois par jour.
La citronnelle
Elle calme Vata et Kapha. Elle favorise la transpiration. Elle a un effet diurétique et antibactérien.
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Le curcuma
Il est tridoshique (il calme les trois doshas). Antiseptique, il fait merveille contre les maux de gorge et la toux, sèche ou grasse. C’est un puissant antioxydant et anti-inflammatoire.
• Maux de gorge et début de grippe : le curcuma est un antiseptique naturel. Mélanger quelques pincées de curcuma dans ½ verre d’eau chaude. Ajouter 1 pincée de sel. Faire un gargarisme trois fois par jour. Naturel et efficace aussi lors d’un début de grippe.
• Quintes de toux, sèche ou grasse (et maux de gorge) : préparer une tisane avec un verre d’eau chaude, 1 cuillère à café de poudre de curcuma. Ajouter quelques gouttes de jus de citron. À boire à petites gorgées de temps en temps.
• Pour les bébés à partir de 3 mois : mélanger 1 cuillère à café de miel avec un peu de poudre de curcuma et poser sur la langue du bébé trois fois par jour. Cette recette vaut aussi pour les adultes.
• En cas de toux sèche uniquement : faire chauffer dans un verre de lait de vache
Mon protocole ayurvédique anti-coup de froid
L’adaptation de l’organisme aux changements brutaux de température et d’humidité demande un surcroît d’énergie qui est parfois mobilisé au détriment des défenses immunitaires. L’organisme se défend alors moins bien contre les microbes et laisse pénétrer un petit germe, lequel provoque des symptômes (nez qui coule, petite toux, frissons, légère fièvre…).
Le froid n’est donc pas directement responsable des troubles, mais seulement de la dépression immunitaire passagère qui a laissé la place à l’agression virale ou microbienne.
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Selon la médecine traditionnelle indienne, ces coups de froid sont dus à un excès de Vata et, dans une moindre mesure, de Kapha. Les gestes vont donc consister à augmenter Pitta, afin de rétablir l’équilibre.
Mes gestes antirefroidissement
- Faites très attention à ne pas séjourner dans un courant d’air.
- Ne gardez pas la tête mouillée après la douche ou le shampoing : veillez à vous sécher rapidement les cheveux afin de ne pas garder la tête mouillée.
- Ne buvez pas de boissons froides et abstenez-vous de consommer de la nourriture qui ne soit pas fraîche ou des plats préparés depuis la veille.
- Évitez surtout de consommer des bananes, des laitages, des noix de cajou, des sucreries, car ces aliments augmentent la fraîcheur à l’intérieur du corps.
Mon régime « coup de fouet »
- Le gingembre est un aliment de saveur piquante et d’énergie chaude, capable de réchauffer l’organisme et de chasser l’excès de fraîcheur. Consommez-le râpé dans les plats cuisinés.
- Buvez, deux ou trois fois par jour, du jus de gingembre assaisonné de poivre, de miel et d’un peu d’eau tiède.
- La racine de gingembre séchée en poudre peut aussi être utilisée pour masser la plante des pieds et la paume des mains. C’est un geste qui permet de réchauffer rapidement les mains et les pieds gelés des personnes ayant séjourné trop longtemps dans la neige.
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- Pour augmenter Pitta et diminuer Vata et Kapha, faites-vous aussi masser avec de l’huile de moutarde ou de l’huile légèrement chauffée (sésame, amande douce…).
- Pour tous les problèmes de mal de gorge, des gargarismes d’eau chaude avec du curcuma et du gros sel sont aussi très efficaces. Pour les rhumes, un massage des sinus et du visage est aussi une bonne aide.
- Pour les refroidissements, rhumes et toux, je recommande une inhalation avec du thym ou quelques gouttes d’eucalyptus ou de camphre. La chaleur va faire transpirer et aider à mieux respirer et à guérir plus rapidement.
Dans tous les cas de figure, il faut équilibrer Kapha : ainsi, on peut soit augmenter Vata et Kapha descend, soit augmenter Pitta et Kapha descend.
Ton thé t’a-t-il ôté ta toux ?
La toux est un symptôme fréquent des bronchites, des laryngites, de l’asthme… C’est un réflexe de l’organisme soit pour expulser des sécrétions qui encombrent les bronches, soit pour calmer une irritation dans la zone rhinopharyngée. Dans le premier cas, on parle de toux grasse ; dans le second, de toux sèche. Autant la toux sèche peut être calmée sans que cela pose le moindre problème, autant la toux grasse doit être abordée avec prudence, car elle a des vertus d’élimination. Pour l’ayurvéda, la toux est toujours liée à une augmentation de l’énergie de Vata. Ce sont notamment les sous-doshas prana et udhana qui sont viciés. Les traitements visent donc à les assainir et à rééquilibrer les trois doshas.
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• Il faut s’abstenir de consommer tout ce qui peut augmenter encore Vata, notamment les aliments de saveur amère et astringente.
• L’un des mantras de l’ayurvéda affirme que « si l’on prend vasa, on n’a jamais peur de la toux ». Il s’agit d’une plante que l’on consomme généralement en jus frais associé à du miel.
• Vous pouvez aussi consommer un mélange de jus de gingembre et de miel avec un peu de curcuma.
• Chaque matin, vous pouvez commencer la journée en avalant, à jeun, une cuillerée de ghee et de miel additionnée de graines de cumin noir écrasées.
• Le soir, avant de vous coucher, prenez 3 grammes de poivre noir réduit en poudre très fine, mélangé à du miel liquide.
• En association avec ces gestes, l’ayurvéda dispose de médicaments que les médecins choisissent en fonction des cas. Par exemple : swaskupharas, bruhat panchamulakwath, sitopladi churna, kapha ketu, vasavaleh, abhrak bhasma, trishun.
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BAS LES MASQUES ! LES SOLUTIONS DE LA MÉDECINE CHINOISE CONTRE LA COVID-19
par Jean Pélissier
Parler de la Covid-19 aujourd’hui, en dehors du chemin balisé de la communication officielle, relève du défi un peu fou. Notamment à cause de la psychose qui gravite autour. Car oui, la planète est devenue folle ! Et de ce champ informationnel contradictoire et anxiogène découle une totale déconnexion entre la peur et la réalité. Dans ce chaos, les préceptes de la médecine chinoise nous rappellent heureusement qu’une autre perspective est possible.
Déjà, le paradigme de base est faussé : nous ne devons pas lutter contre la Covid-19, mais apprendre à vivre avec. D’ailleurs, la Covid-19 finira par devenir un terme générique englobant tous les coronavirus qui circulent sur cette planète (nous ne sommes pas sortis de l’auberge !). Dans ce contexte, nous devons impérativement donner au corps la capacité de se débarrasser d’un nouvel agresseur qui pourrait lui porter tort ou, mieux encore, de l’intégrer.
En médecine traditionnelle chinoise (MTC), un virus est une énergie perverse que l’on nomme Xie Qi. Des millénaires plus tôt, les médecins ne considéraient pas ces entités comme des êtres vivants, mais simplement comme des vecteurs d’information, un genre d’interface entre le vivant et l’énergie pure. Nous allons d’ailleurs voir que toutes ces entités portent un nom générique : le Vent (ou l’énergie du Vent).
Pour mieux comprendre cela, il convient de prendre du recul, de mettre en veilleuse notre cerveau gauche et, au contraire, d’éveiller les connexions neuronales de notre cerveau droit. En effet, il faut comprendre
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que notre organisme, à l’instar de notre environnement, est un incroyable écosystème qui s’adapte, se défend, s’harmonise et se régule en permanence.
40 millions de virus dans 1 m3 d’air !
Notre corps est un champ de bataille en perpétuel conflit : il lutte contre des envahisseurs (entre autres les virus) grâce à de « bonnes bactéries » et à certains champignons, avec l’aide de nos globules blancs. Le nombre de nos cellules est infime comparé à ces milliards de bactéries qui nous investissent : 1012 à 1014 bactéries se nichent dans nos muqueuses ! Chaque jour, des millions de virus se disputent et les attaquent. Chaque jour, elles en tuent des milliards. Dès qu’un nouvel arrivant fait irruption, très rapidement elles inventent un stratagème pour les « cannibaliser » en partie. Elles les reconnaissent et alors les détruisent. C’est ce qu’on appelle de manière réductrice nos défenses immunitaires, alors que les Chinois parlent de l’incroyable capacité d’adaptation de l’organisme et de son immense pouvoir d’autoguérison.
Les bactéries qui nous habitent, et qui forment une partie de notre écosystème, sont présentes sur cette terre depuis plus de 3,5 milliards d’années… Elles ont eu le temps d’apprendre à se défendre ! Voulez-vous encore quelques chiffres pour arrêter de penser qu’un virus est là, tapi au coin de la rue, prêt à vous agresser ?
• Nous inhalons en moyenne 200 000 virus par minute, soit 1,5 milliard par an !
• Les virus sont de l’ordre du micromètre, soit 0,001 mm. Ils n’ont que faire d’un masque classique, qui n’est qu’un simple filet à grosse maille pour eux.
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• Un mètre cube d’air contient de 1,7 à 40 millions de virus, et de 860 000 à 11 millions de bactéries !
• Une vingtaine de virus respiratoires différents circulent chaque année, et aucun test sélectif n’existe ! À nous d’en tirer des conclusions pour les tests positifs…
La maladie : une marque de faiblesse de nos microbes internes
Notre organisme est constitué d’une infinité d’autres organismes, qui vivent en parfaite entente quand l’équilibre est atteint. Ainsi, nous sommes de véritables « poupées russes ». Un conflit permanent entre éléments protecteurs et attaquants se produit à notre insu. La paix ne peut exister sur cette terre, et qui plus est dans notre corps !
C’est le paradigme de base de la MTC : nous sommes à chaque niveau de notre être une dualité Yin-Yang. Dès qu’un déséquilibre apparaît, c’est une pathologie qui s’extériorise. Comment le fait-elle ? Par des symptômes : les signaux d’alarme. Partout dans notre corps se déploient des champs de bataille. Or, quand trop de virus attaquent (c’est la charge virale) ou que nos bons microbes n’ont pas assez de force, c’est une guerre totale qui se met en place. Et nous pouvons alors le voir de l’extérieur : fièvre, maux de tête, courbatures dans tout le corps, transpiration… Toute cette symptomatologie n’est que l’objectivation de cette bataille souterraine. Carl Gustav Jung disait : « La maladie est l’effort que fait la nature pour retrouver son équilibre. »
En d’autres mots, avec une vision tout aussi holistique, une composante fondamentale dont ne tiennent pas assez compte les Modernes, à savoir le rôle princeps de l’énergie mentale et émotionnelle dans l’apparition de
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quelque pathologie que ce soit, la médecine chinoise dit exactement la même chose.
Essayons simplement de comprendre le déroulement de cette bataille. C’est le principe du « rasoir d’Occam » (philosophe du XIVe siècle), qui disait en substance : « Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité » ou, dit autrement : « Les hypothèses suffisantes les plus simples doivent être préférées. »
On ne parle ni de virus, ni de microbe pour expliquer la maladie, mais d’une attaque de l’organisme par une énergie perverse, que ce soit le Vent, le Froid, la Chaleur, l’Humidité ou la Sécheresse. Quand une de ces perversités attaque l’organisme, celui-ci se défend, et c’est de la lutte entre l’agresseur et les énergies de défense du corps que résulte l’apparition des symptômes. En ce qui nous concerne, une attaque de Vent ou de Froid (ou bien des deux en même temps) donnera ce que nous appelons en Occident la symptomatologie de la grippe.
Qu’est-ce qu’une grippe en médecine chinoise ?
Le Vent en médecine chinoise désigne le vent du climat, mais aussi tout ce qu’il peut véhiculer (microbes, virus, bactéries, champignons entre autres). En l’occurrence, les symptômes naissants résultent de la crainte du vent et/ou du froid : maux de tête, température, courbatures dans tout le corps, fatigue. Il faut considérer ces symptômes comme positifs, car ils nous confirment que le corps est en lutte et que celle-ci se passe dans la première couche de protection de l’organisme.
Le danger serait de ne pas avoir assez de défenses immunitaires et que la batterie des Reins soit trop faible. À ce moment-là, la symptomatologie
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de base risque de passer inaperçue et de laisser la perversité continuer son chemin et entrer plus profondément dans le corps. Dans ce cas-là, des complications peuvent apparaître, car la perversité attaque directement l’endroit le plus faible de l’organisme (que ce soient les poumons, le coeur, les reins…). La médecine chinoise parle alors de six couches de pénétration :
• Tai Yang (Vessie, Intestin grêle) ;
• Yang Ming (Estomac, Gros Intestin) ;
• Shao Yang (Vésicule biliaire, Trois Foyers) ;
• Tai Yin (Poumon, Rate) ;
• Shao Yin (Rein, Coeur) ;
• Jue Yin (Foie, Péricarde).
En théorie, quelle que soit sa nature, une perversité commence toujours par attaquer la surface du corps, le Tai Yang. Pour une agression de Vent ou de Vent-Froid comme la grippe, voici les symptômes classiques d’un corps qui se défend :
• Courbature du cou, trapèzes et haut du dos ;
• Température ;
• Fatigue ;
• Crainte du vent ;
• Pas de transpiration ;
• Pouls superficiel.
Cependant, si le corps est plus faible, la perversité peut atteindre le Shao Yin, auquel cas nous observons alors une augmentation de l’asthénie, de
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la fièvre, des douleurs et, surtout, de la transpiration (alors que ce n’était pas le cas précédemment). Les traitements sont donc totalement différents, d’où l’importance d’un diagnostic très pointu.
Une perversité peut dès lors pénétrer l’organisme et suivre l’ordre des six divisions jusqu’au Jue Yin. Quand elle atteint cette couche, c’est souvent la mort au bout du chemin. Mais elle peut aussi, au gré des points de faiblesse de l’organisme, sauter certaines divisions. Ces considérations ont été décrites dans des textes fondateurs tels que le Shang Han Lun de Zhang Zhong Jing (200 ans après J.-C.).
Ces 2 points dans la nuque vous protègent des maux d’hiver
Il existe deux points en MTC qui se situent de chaque côté de la colonne, à la base de la nuque, dans un creux appelé Feng Chi (« l’étang du vent »).
Ce sont en quelque sorte les points de pénétration du Vent, qui, en médecine chinoise, se rapporte au climat, mais aussi à tout ce qu’il véhicule (microbes, virus et autres attaquants).
Pour « obturer » ces deux points, portez une écharpe ou un foulard à chaque sortie. Vous pouvez être bras ou jambes nus, mais le port de ce morceau de tissu est essentiel pour faire barrière à l’attaquant.
Votre batterie des Reins est-elle bien chargée ?
En remontant 2 800 ans en arrière, nous retrouvons le Huang Di Nei Jing, bible de la médecine chinoise. Il décrit une relation très étroite entre les cinq éléments de la nature et les cinq logiciels organes. J’aime à dire
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qu’une vie entière ne suffirait pas à tirer des conclusions quand nous méditons sur Wu Xing, le tableau des cinq éléments.
Chaque logiciel organe, qui comprend un organe Yang « creux » et un organe Yin vital « plein », est le fils de celui qui le précède et la mère de celui qui le suit. Si nous prenons par exemple le Poumon (Poumon-Gros Intestin), c’est l’organe respiratoire, mais aussi tout le revêtement corporel, à savoir notre peau, qui respire et nous protège. L’énergie des Reins est à la base de nos défenses immunitaires, de l’autoguérison et de l’autorégulation de l’organisme. Si l’énergie de la peur, qui appartient à ce logiciel organe, est excessive, celui-ci s’épuise. Sa mère, les Poumons, tente de l’aider… si bien que son Yin s’épuise et que son Yang s’échappe : c’est l’énergie de l’inquiétude qui devient exacerbée. Mais c’est aussi la peau qui n’est plus contrôlée : les pores s’ouvrent et se ferment à contretemps. Les perversités externes (Vent, Froid, Humidité…) peuvent alors très facilement pénétrer dans les différentes couches de l’organisme.
Cela pour expliquer simplement que, lorsque votre énergie des Reins est affaiblie, votre « batterie » est à plat et vous attirez les perversités. Plus vous êtes fatigué mentalement et physiquement, plus les perversités s’enfoncent vers les couches plus profondes du corps, pouvant ainsi entraîner un « rhume de hanche » (nécrose de la tête fémorale chez les enfants) ou une péricardite (maladie pulmonaire grave).
Toutes les méthodes de prévention que nous a enseignées notre maître, le professeur Leung Kok Yuen, et que je vous révèle dans ce dossier, ont comme seule finalité de recharger la batterie des Reins.
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Même pas peur ! (Ma stratégie de défense antivirus)
La MTC explique que les émotions sont directement liées au fonctionnement de chacun de nos organes. Elle enseigne aussi que ce que le coeur « maître des émotions » émet, le corps le reçoit. La peur appartient à l’énergie des Reins, là où réside l’immense pouvoir d’adaptation et d’autorégulation de l’organisme.
Non seulement la peur vidange cette batterie, mais si, par exemple, vous vous focalisez sur la peur de la grippe, vous avez toutes les chances de l’attirer.
N’oubliez pas le vieil adage : « Ce que vous émettez, vous le recevez ! »
Quand la faiblesse interne attire la perversité externe
Il faut retenir que les symptômes présents au départ sont juste le reflet de la bataille qui est en train de se livrer. Ils prouvent que le corps est largement capable de se défendre. En règle générale ils durent 3 jours, s’ensuit encore un peu de fatigue puis nous sommes guéris. Cependant, voici quelques considérations.
• C’est parce que votre organisme présente, de façon chronique ou ponctuelle, une baisse de la batterie des Reins (donc de vos défenses immunitaires) que la perversité peut attaquer. Les Chinois disent : « La faiblesse interne attire la perversité externe. »
• Si votre batterie des Reins est rechargée, vous ne devez pas attraper la grippe (ou celle-ci se guérit en quelques heures).
• La première cause de la fragilité de vos barrières défensives provient directement d’une mauvaise gestion des émotions, c’est ce que démontre la médecine chinoise. Quand vous
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comprenez que la peur, le stress et l’angoisse sont en relation étroite avec l’énergie des Reins, je vous laisse seul juge des conclusions à tirer de ce qui vous accable quotidiennement.
Ce n’est que lorsque nous connaissons ces mécanismes que nous pouvons éradiquer la peur, qui en fin de compte est plus dangereuse que le virus lui-même.
Pas tous égaux devant la grippe (mais ça se travaille…)
Nous ne sommes pas tous égaux devant la grippe. Certains l’attrapent, d’autres non. Certains guérissent en 2 ou 3 jours, chez d’autres cela traîne encore et encore. Tout est une question de défenses immunitaires : la médecine chinoise parle de batterie des Reins qui, en pleine recharge, crée une barrière contre l’intrus (le virus).
Prenons un exemple. Trente enfants dans une classe sont en contact avec une personne qui a attrapé la grippe. Dix tombent malades, les vingt autres n’ont aucun symptôme. Pourquoi ? Parce que leur batterie des reins est suffisamment rechargée : leur corps a été capable de reconnaître ce qui lui était utile pour parfaire ses défenses, auquel cas le virus joue seulement un rôle d’encodage (on appelle cela l’immunité acquise asymptomatique). Dans l’autre cas, il n’a que faire de ce virus, et le rejette tout simplement.
Comment recharger sa batterie au quotidien ? Très simplement, par une respiration en pleine conscience, une quinzaine de fois par jour, pendant une à deux minutes. Une ou deux relaxations par jour de 10 minutes peuvent pallier un sommeil pas toujours réparateur. Une telle relaxation équivaut à 3 heures de sommeil ! Pratiquez au quotidien 10 à 15 minutes
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d’assouplissement ou, mieux, de qi gong, marchez (là aussi en pleine conscience) et, surtout, gérez vos émotions ! Éradiquez la peur, qui vidange votre batterie, la colère, qui fragilise votre Yang, la tristesse, qui étouffe votre énergie. Et si votre sourire, votre joie intérieure étaient les meilleurs remparts contre l’intrus ?
Pendant les périodes à risque, évitez la « grande bouffe », votre alimentation doit être plutôt frugale. Évitez les aliments trop lourds, les mauvaises graisses et les sucres rapides. Tout cela épuise inutilement votre énergie pour pouvoir être digéré, assimilé ou rejeté. On dit en médecine chinoise qu’une telle digestion décharge de moitié la batterie des Reins ! Mais si tout cela tient du bon sens, qui le pratique au quotidien ?
L’Artemisia, remède de choix pour éliminer le virus
Vous commencez à avoir les premiers symptômes grippaux (fièvre, courbatures…) et vous feriez bien un bon grog qui provoquerait une transpiration salvatrice. Les Chinois préfèrent la décoction de ciboule, gingembre et cannelle. C’est moins bon, mais ce sont aussi les inventeurs de l’aspirine, qui provient de l’écorce de saule.
Cependant, si vous avez de la température, des courbatures et que vous transpirez déjà, cela signale une faiblesse importante de votre organisme. Dans ce cas, ne prenez surtout pas de « formule transpirante », mais plutôt des remèdes à base d’Artemisia pour faire baisser la charge virale. En MTC, on ne tonifie jamais un organisme en début de bataille, pendant la montée en puissance de l’état grippal, car il y a un risque de renforcer le virus ! Tonifiez votre corps uniquement à partir de la phase déclinante de la maladie… Ne vous précipitez donc pas sur la vitamine C (elle sera
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plus utile au moment de la phase de récupération). Enfin, pour que cela ne s’éternise pas, mettez-vous « au vert » pendant une semaine, c’est-à-dire ne mangez que du riz et des légumes à chaque repas.
Comment se prémunir de la grippe (et des autres virus) ?
Pour être en forme, apprenez à respirer, à vous relaxer, gérez vos émotions et votre stress, ne surchargez pas votre corps par une nourriture inappropriée et/ou excessive, ne l’inondez pas de trop de liquides, gérez votre sexualité, ne dilapidez pas votre énergie par trop d’exercice… Que des évidences… encore faut-il les appliquer.
À titre préventif, si vous vous sentez fatigué, il est bénéfique de tonifier votre corps. Notre maître nous avait parlé d’une formule traditionnelle très complète appelée Qing Chun Bao, que l’on peut trouver sous forme de boîte de dix ampoules dans la plupart des épiceries chinoises. C’est un tonique à très large spectre de la batterie des Reins. Trois boîtes à raison d’une ampoule le matin, 5 minutes avant le petit déjeuner, sont une aide très intéressante.
D’autres toniques peuvent aussi vous convenir, mais il faut savoir qu’en pharmacopée chinoise on ne doit pas tonifier un organisme en train de livrer une bataille dans la première couche de protection du corps. Si vous avez une symptomatologie grippale, ne prenez pas de « dopant », car vous ne savez pas si, à ce moment-là, vous renforcez vos défenses immunitaires, ou au contraire l’attaquant. Il y a donc un risque d’augmenter toute la symptomatologie ! Ce n’est que sur la phase descendante de la pathologie, et a fortiori après la guérison, que vous devez tonifier votre organisme pour éviter tout risque de rechute.
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La vaccination : un concept obsolète
Évidemment, la question de la vaccination se pose. Faut-il ou non se faire vacciner ?
Premièrement, rappelez-vous que la symptomatologie grippale n’est que la conséquence d’une bataille se produisant dans la première couche de défense de l’organisme. Or la vaccination vous injecte la perversité (bien que sous forme atténuée) directement à l’intérieur.
Deuxièmement, observons un instant la nature. À force d’emploi de pesticides à outrance, les insectes prédateurs sont de plus en plus résistants et virulents. Les doses et les concentrations de ces mêmes insecticides suivent le même chemin. Auparavant, quelques centaines d’unités de pénicilline auraient suffi à éliminer ces petites bêtes, tandis qu’à l’heure actuelle les traitements se comptent par millions d’unités… et les pathologies sont de plus en plus résistantes. En vaccinant à tour de bras pour tout et n’importe quoi, et surtout en ne faisant pas confiance à l’extraordinaire pouvoir d’autoguérison de notre organisme, ne risquons-nous pas de devenir les vrais responsables de ces mutations imprévisibles ?
Troisièmement, le « principe de précaution » oblige certes les autorités à faire référence à des situations passées (comme la grippe espagnole, qui avait commencé par « une grippette » avant que le virus ne mute la saison suivante et fasse les ravages que nous connaissons). Si nous avons raison de rester attentifs à cette évolution, de nombreux virologues parmi les plus grands s’accordent à dire que le virus de départ de la Covid-19 est en pleine mutation. On en compte sept à ce jour et ceux-ci sont beaucoup moins dangereux. Or nous ne savons pas lequel donnera la
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grippe de l’hiver prochain. Le concept de vaccination devient donc obsolète.
Est-ce vraiment le virus qui est à craindre ?
Plus que la grippe elle-même, ce qui est peut-être le plus à craindre, ce sont les mouvements de panique absolument imprévisibles d’une majorité de personnes totalement désinformées ou, plutôt, mal informées. À force de cris au loup et de frustrations médiatiques, le jour où poindra à l’horizon une vraie pandémie, ces personnes risquent de baisser la garde parce qu’elles ne croiront plus en rien, et il est là le vrai danger !
Enfin, est-ce que le principe de précaution, qui s’apparente à un sauve-qui-peut général, à une déculpabilisation égoïste (le « je m’en lave les mains » de la Bible), à un générateur de peurs mondiales, ne serait pas devenu le vrai virus à combattre ? Répondre à cette question nous amène sur les chemins de la philosophie, sur des questionnements relatifs à la vie, et surtout sur ce que représentent la mort et les conséquences de la peur de la mort.
Vous l’avez compris, en Occident, nous faisons fausse route quand nous répétons à longueur de journée « Sus à l’envahisseur ». Avec ce raisonnement, nous allons finir par vivre dans une bulle, ce qui est une ineptie au regard de la médecine chinoise !
Certes, un minimum de respect des autres s’impose quand nous développons une symptomatologie grippale. Pour cela, responsabilisons-nous, sans nous laisser angoisser ni infantiliser ! Il est logique, pendant les quelques jours que dure un état grippal, d’éviter d’aller voir nos ascendants surtout s’ils sont en état de faiblesse, de rester au repos
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quelques jours chez nous, de nous laver les mains 2 ou 3 fois par jour avec du savon de Marseille (le gel hydro-alcoolique est très agressif pour la peau), de tousser et d’éternuer dans notre coude. Toutes les autres mesures ne sont absolument pas des mesures de santé, ce sont uniquement des mesures politiques.
La digitoponcture à votre secours !
Vous pouvez très facilement chauffer ou masser quelques points dont la particularité est de booster vos défenses immunitaires. Pour les localiser, il suffit de taper le nom du point sur « Saint-Google » : il s’agit des deux 36E Zu San Li au niveau des genoux, des 4RM Guan Yuan et des 6RM Zao Hai, situés sous le nombril. Vous pouvez y rajouter les 23V Shen Yu, dans le bas du dos. Et si vous vous êtes initié au maniement des bâtons d’armoise, c’est encore mieux. Pourquoi alors ne pas faire ces points à chaque changement de saison, histoire de donner plus de vigueur à votre organisme ?
La médecine chinoise explique que les moments les plus dangereux pour l’organisme se situent à l’entrée de l’hiver et au début du printemps. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !
Conclusion : ne vous laissez pas amputer !
Avec un minimum de réflexion, chacun est à même de comprendre que les trois amputations qu’on impose au monde entier ne riment ni avec la pleine santé, ni avec la plénitude du Coeur. Ces trois amputations sont celles :
• Du sourire, par le port du masque obligatoire ;
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• Du contact à l’autre, par ce terrible mot de « distanciation sociale » ;
• De la main et de l’avant-bras, porteurs d’amour et de relationnel, par la nouvelle manière d’envoyer le coude en guise de bonjour.
Ces amputations imposées par nos autorités sanitaires ne peuvent que nuire en profondeur à notre santé mentale et émotionnelle.
Ironiquement, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), « la santé est un état complet de bien-être physique [les masques diminuent nos défenses par manque d’oxygène, cause majeure des grandes fatigues], mental [lourdement affecté par les informations anxiogènes en boucle] et social [que dit-on de la distanciation ?], et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. Cela représente un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ».
Il convient d’arrêter de croire aveuglément à tous ces diktats sur la peur, mais au contraire de développer un optimisme débordant, en songeant que votre corps possède des facultés incroyables d’adaptation et d’autoguérison permanentes.
Encore faut-il, par vos pratiques quotidiennes, lui en redonner les capacités. Alors oui, vous aurez encore plus de chances de faire partie des 99,96 % des Français à avoir survécu à la Covid-19 !
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COMMENT LE STRESS DU 21ÈME SIÈCLE AFFAIBLIT VOTRE IMMUNITÉ
par le Dr Michel Frey
Stressé(e) ? Attention à votre immunité !
L’importance des émotions dans l’apparition de maladies organiques ou psychiques a fait l’objet de descriptions cliniques depuis bien longtemps. Nous savons tous que l’état émotionnel peut rendre notre système immunitaire vulnérable, car le stress contribue en grande partie à sa gestion.
S’il est important d’informer chacun sur l’importance du virus, à l’inverse, ces informations largement relayées par les médias peuvent aussi avoir un effet anxiogène qui peut nuire à notre organisation immunitaire.
L’hormone responsable de la régulation du stress est le cortisol. Il s’agit d’une hormone stéroïde qui est produite à partir du cholestérol. Ce sont les glandes corticosurrénales, au niveau des reins, qui le sécrètent. Le cortisol est indispensable à l’organisme. Il participe au métabolisme des glucides, des protéines et des lipides, et contribue à la régulation de la glycémie. C’est également une hormone qui va permettre la libération des lipides et des protéines vers les tissus musculaires.
Le cortisol régule également la réaction inflammatoire, la croissance osseuse, la pression artérielle ou encore le stress chronique. Son rôle est en réalité de nous aider à contrôler ce stress, c’est pourquoi on l’appelle « l’hormone du stress ».
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Mais face à une information externe déstabilisante, on observe une augmentation brutale de cette hormone pouvant entraîner une perte de cohérence immunologique.
Le stress affaiblit… même face à un rhume (c’est prouvé !)
Le stress va impacter toute notre santé.
1. L’impact du stress sur un rhume
Une équipe de chercheurs de l’université de Pittsburgh a choisi de montrer ce phénomène en cas de rhume. D’abord parce que c’est une maladie bénigne et courante que l’on peut facilement provoquer en déposant des rhinovirus dans le nez de volontaires en bonne santé ; d’autre part parce qu’il est facile de suivre l’apparition de cette maladie, les symptômes étant aisés à repérer. Au cours de cette expérience, les volontaires présentant des taux de cortisol élevés étaient plus vulnérables à la complication bactérienne du rhume. En conclusion, en cas de stress important, l’excès de cortisol généré inhibe notre système immunitaire face aux agressions bactériennes ou virales.
2. L’impact du stress sur nos globules blancs
De la même manière, un état d’anxiété chronique peut également générer une vulnérabilité immunitaire. C’est ce qu’a montré la psycho neuro-immunologie, ou étude des relations entre le cerveau et le système immunitaire. On fait ici la différence entre l’état de stress qui se manifeste ponctuellement lors d’expositions à des événements incontrôlables et celui de l’anxiété où le sujet est en permanence dans l’anticipation de situations qu’il redoute.
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Des études menées sur des animaux exposés à divers types de stress ont mis en évidence la sensibilité de la réponse immunitaire à un facteur d’agression émotionnel. À titre d’exemple, des chocs électriques imprévisibles diminuent les lymphocytes T (cellules du système immunitaire) chez le rat, alors que les chocs électriques n’ont pas d’effet quand ils sont prévisibles.
Le même phénomène existe chez l’homme lorsqu’il est exposé à divers événements de la vie comme le deuil, la maladie d’un parent, des difficultés conjugales, un concours, etc. Par exemple, dans le cas de l’anxiété chez des étudiants en première année de médecine, la période des examens est accompagnée d’une diminution des capacités de production d’interféron, une molécule à activité antivirale synthétisée par les globules blancs, ainsi qu’une diminution du pourcentage des cellules immunologiques appelées natural-killers.
Ainsi, face à un environnement hostile, un phénomène de déstabilisation émotionnel apparaît. Nous perdons confiance en nous et notre organisme perd ses capacités de faire face à la situation. Cela conduit donc à une vulnérabilité immunitaire et favorise la progression bactérienne et virale.
Anticorps : les détectives de virus
Nous possédons un système de défense, les anticorps qui agissent comme des sentinelles de reconnaissance des virus, des bactéries ou des microbes.
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Les anticorps sont des protéines qui servent à détecter et identifier tous les éléments étrangers pénétrant dans l’organisme pour que les cellules lymphocytes T, dites « natural-killers », puissent venir les éliminer.
Ils détectent en général des parties physiques de ces corps étrangers, comme par exemple certaines protéines présentes à la surface des bactéries ou des virus appelées « antigènes ». Lorsqu’un anticorps se fixe à une protéine étrangère, il agit comme un marqueur. Comme s’il donnait le feu vert aux natural-killers pour qu’ils puissent attaquer ce corps étranger.
Les anticorps sont produits par les lymphocytes B, l’un des types de globules blancs qui exercent une fonction immunitaire majeure dans la défense de l’organisme. Et à notre grand avantage, ces lymphocytes B ont une mémoire. Lorsqu’ils reconnaissent un antigène, ils produisent des anticorps qui préviennent les lymphocytes T « natural-killers ». Le système immunitaire peut ainsi répondre plus rapidement lorsqu’il rencontre le même agent infectieux.
La réaction de l’organisme s’adapte en étant plus intense et mieux ciblée et protège notre organisme d’une réinfection. C’est un peu sur ce principe qu’est fondée la vaccination.
Stoppez ce stress qui ronge votre immunité
Contrôler son stress est capital pour éviter cette vulnérabilité immunitaire. Il existe dans la médecine conventionnelle des molécules chimiques de type benzodiazépines qui sont des anxiolytiques. Si elles agissent bien sur notre comportement, elles n’ont guère d’action sur nos défenses
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immunitaires qui restent vulnérables. Ce ne sont que des masques confortables sur le plan émotionnel.
C’est pourquoi il faut agir à la source. De nombreux moyens nous sont proposés qui vont de la pensée positive jusqu’à la méditation en passant par les médecines de prévention. En voici quelques-uns.
1. Expérimentez la sophrologie
Souvent réduite à de la relaxation, la sophrologie va en réalité bien au-delà. C’est une méthode d’accompagnement psychocorporelle qui permet de gérer véritablement le stress au quotidien. Cette méthode — issue des pratiques orientales des arts martiaux — combine plusieurs exercices de relaxation dynamique inscrivant le corps au centre de la démarche de connaissance de soi et de mise en confiance.
2. Pratiquez le lâcher-prise
Cette méthodologie simple donne des ressources pour s’adapter aux différentes situations en tenant compte de nos difficultés. Elle renforce la confiance en soi et nous rappelle que nous avons tous en nous les ressources nécessaires pour répondre à cette situation.
La confiance en soi et le lâcher-prise sont deux notions entrant en jeu dans cette démarche qui cherche à répondre aux questions suivantes :
• Quelles sont nos peurs liées à l’absence de contrôle ?
• Quelle est ma capacité à donner du sens aux événements pour éviter de perdre de l’énergie inutilement ?
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• Quelle est ma capacité à prendre du recul, ma relation à l’échec ?
• Est-ce que je peux identifier ce mal-être pour agir en cohérence ?
3. Découvrez les arts martiaux tels que le qi gong ou le tai-chi
Une étude publiée dans le British journal of sport médecine démontre l’efficacité du tai-chi et du qi gong sur l’amélioration du bien-être mental. Alors que le qi gong fait l’éloge de la lenteur, le tai-chi prône quant à lui la maîtrise de l’énergie et du souffle.
Les Chinois nomment l’énergie vitale Qi, prononcé « tchi » ; selon eux, en maîtrisant le Qi, il est possible d’améliorer notre état de santé et de prévenir les maladies ; au final, atteindre un état idéal d’unité entre le corps, l’esprit, l’action et l’environnement. C’est le grand principe de la médecine traditionnelle chinoise qui donne à l’organisme la possibilité de trouver en lui-même l’énergie disponible face à la maladie avant qu’elle ne se manifeste.
Ces activités dites « gymniques énergétiques » permettent, par la lenteur des mouvements et de la technique respiratoire, d’activer la circulation de l’énergie dans le corps et surtout d’harmoniser le corps et la pensée.
Avec des mouvements simples, le qi gong est accessible à tous, sans restriction d’âge. On effectue les mouvements selon ses capacités, mais toujours dans l’idée de relier la pensée à tout le reste du corps. Notre culture occidentale n’est malheureusement pas sensible à cette vision, nous avons tendance à les dissocier et cette « déconnexion » aggrave le manque de contrôle de l’immunité.
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4. Faites confiance à l’acupuncture
L’exercice de la pratique des petites aiguilles par l’acupuncture s’inscrit parfaitement dans une approche de gestion du stress qui cherche à prévenir la maladie.
Un des grands principes de cette médecine est celui de l’adaptabilité, contrairement à la médecine conventionnelle qui utilise la substitution en remplaçant une fonction naturelle par une molécule chimique.
Dans l’acupuncture, le choix du placement des aiguilles est élaboré en fonction des mouvements saisonniers, climatiques, alimentaires et psychologiques. Cette notion d’adaptabilité permet à l’organisme de trouver en lui tout le potentiel dont nous disposons pour faire face à la pathologie.
Si cette médecine ne semble pas être une indication sur des sujets déjà contaminés et en état évolutif vers la détresse respiratoire, elle s’inscrit entièrement dans une politique de prévention par la régulation du système immunitaire dans la lutte contre l’invasion bactérienne, virale, voire psychologique.
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5. Adoptez la pharmacopée chinoise
Certaines plantes de la médecine chinoise sont très indiquées dans cette stratégie de prévention et d’adaptabilité de l’organisme à l’environnement. Citons notamment quelques plantes à l’action protectrice et stimulante de l’immunité :
• Huang Qi : Astragalus membra-naceus
Cette racine est sûrement la plus importante. Elle est utilisée depuis la nuit des temps dans la pharmacopée chinoise pour stimuler l’immunité et en particulier au niveau de la sphère ORL et des fonctions hépatiques. En médecine chinoise, la fonction du foie est très impliquée dans la stimulation du système immunitaire.
Cette racine peut être consommée soit en décoction à raison de 10 g matin et après-midi, ou encore dans la formule TELOSTIM Protect des laboratoires IDEC Therapeutic en association avec une autre plante chinoise, le Ganoderma lucidium.
• Le champignon Ganoderma lucidium :
Ce champignon est certainement dans la pharmacopée chinoise un des remèdes les plus indiqués pour lutter contre les manifestations bactériennes microbiennes et virales. Nommé Reishi ou LingZhi, il est utilisé depuis plus de 4000 ans. Il contient des antioxydants, vitamines, minéraux, acides aminés ; il est surtout très riche en polysaccharides (sucres complexes) qui stimulent nos défenses immunitaires. En Asie, on l’appelle le « champignon de longue vie ». En plus d’une importante action sur le stress, il offre une action anti-inflammatoire ainsi qu’une action sur
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la régulation du système cardiovasculaire en contrôlant la pression artérielle.
• La fleur Jin Yin Hua, Flo lonicera japonica ou encore fleur du chèvrefeuille.
Selon la tradition chinoise, cette fleur prise en décoction à raison de 10 g par jour a pour indication de « calmer la chaleur du sang ». Dans le cadre des affections virales ou bactériennes, elle fait tomber la fièvre. C’est la raison pour laquelle elle est aussi indiquée pour toutes formes de dermatoses sèches, d’eczéma, de dartre, voire le psoriasis.
Et après, quelles sont les leçons à tirer ?
Cette prolifération virale nous impose de penser autrement notre médecine pour entraîner nos défenses immunitaires en prévision de nouvelles affections virales (qui risquent fort de se renouveler dans les prochaines années).
Nous disposons de tout l’équipement biologique nécessaire, dans notre organisme, pour nous adapter aux agressions virales, microbiennes ou bactériennes du futur. Il est ainsi plus que jamais important de stimuler nos fonctions dès aujourd’hui et de ne pas attendre que la maladie arrive, s’installe ou revienne. Prenons soin de nous en respectant notre organisme pour ce qu’il sait faire avant d’être contraint d’avoir recours à des solutions thérapeutiques chimiques d’urgence.
De nombreuses solutions sont à notre portée : l’hygiène de vie par l’alimentation et le confort comportemental (en travaillant l’estime de soi),
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la phytothérapie de prévention dès l’apparition du moindre symptôme, la pratique des arts martiaux tels que le qi gong ou le tai-chi en exercice hebdomadaire, l’acupuncture pour rééquilibrer nos énergies et harmoniser le corps face aux variabilités du temps, ainsi que les compléments alimentaires.
Tout cela demande une réelle modification de nos habitudes que nous pouvons intégrer dans notre mode de vie. Il nous faut prendre en compte plus que jamais le respect que nous devons à notre environnement et à notre corps autant que faire se peut… sans jamais oublier notre incroyable capacité d’adaptation !
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MALADIES AUTO-IMMUNES : LA RÉVOLUTION MICROBIOTE
par le Dr Antonello D’Oro
Sclérose en plaques, maladie de Crohn, polyarthrite rhumatoïde… Pendant des années, la médecine était totalement démunie face à ces maladies dans lesquelles c’est le système immunitaire lui-même qui attaque l’organisme. Mais les dernières avancées de la science laissent entrevoir de grands espoirs !
Savez-vous qu’il faut en moyenne presque onze ans et la visite de cinq médecins avant de poser le diagnostic d’une maladie coeliaque ? Cela paraît incroyable, mais c’est comme ça pour la plupart des maladies auto-immunes. Il faut bien souvent de nombreuses années entre le début des symptômes et le diagnostic.
Pourtant, plusieurs années avant la maladie, on peut commencer à observer dans le sang la présence d’anticorps particuliers. Ils se mettent à agresser l’organisme lui-même.
Il est possible de prédire l’apparition des maladies auto-immunes
Dès que ces anticorps apparaissent, on peut prédire à plus ou moins long terme le développement d’une maladie auto-immune. Car leur présence n’est pas anodine pour notre organisme. En effet, au début ils agressent nos cellules et à ce stade il y peu de symptômes (fatigue, baisse de l’immunité, Brain fog ou brouillard cérébral etc.). Puis ils commencent à
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endommager nos tissus et finalement nos organes, et souvent c’est à ce moment-là que les critères de la maladie auto-immune sont posés.
Les maladies auto-immunes se caractérisent par une agression de l’organisme par son propre système immunitaire.
Il est peu fréquent que la médecine classique tienne compte de ces auto-anticorps tant que la maladie auto-immune n’est pas clairement développée. Toutefois, dans une approche nutritionnelle et préventive, ces anticorps peuvent être utilisés comme des biomarqueurs prédictifs : ils indiquent le début d’un processus auto-immun qui pourrait ne pas être inéluctable.
En effet, la science de l’épigénétique nous a montré que nos choix de vie interagissent avec nos vulnérabilités génétiques et ainsi vont déterminer le risque de développer une maladie auto-immune. Par exemple, si vous avez des anticorps antithyroïdiens (anti-TPO) qui apparaissent après un accouchement, la probabilité de développer une maladie d’Hashimoto dans les sept ans est de 92 %.
En disposant de cette information, vous avez une fenêtre d’opportunité pour agir. Dès lors, on peut envisager que la prise en charge d’une maladie auto-immune puisse commencer bien avant le début des symptômes, encore faut-il la dépister à temps.
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Une véritable épidémie de maladies auto-immune
Actuellement, plus de 80 maladies auto-immunes différentes sont répertoriées. En revanche, le nombre d’états d’auto-immunité est bien plus important. Ces maladies touchent environ 8 % de la population française, soit presque 5 millions d’individus. La maladie auto-immune la plus fréquente reste la thyroïdite d’Hashimoto touchant entre 2 à 5 % de la population. Parmi les maladies auto-immunes fréquentes, nous retrouvons :
• La thyroïdite d’Hashimoto
• Le diabète de type 1
• La maladie de Crohn
• La sclérose en plaques
• Le psoriasis
• La polyarthrite rhumatoïde
• La spondylarthrite ankylosante
• La maladie coeliaque
En ce début du XXIe siècle, les maladies auto-immunes sont devenues la 3e cause de morbidité et de mortalité après le cancer et les maladies cardiovasculaires, et ceci à peu près dans les mêmes proportions.
Certaines hypothèses récentes tendent à expliquer le développement de ces dérèglements immunitaires.
1. En premier lieu, l’hypothèse hygiéniste estime qu’une exposition insuffisante durant l’enfance à des agents pathogènes ou infectieux, par excès d’hygiène et d’antibiotiques, favoriserait le développement des maladies auto-immunes et des allergies.
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2. Plus récemment, ces dernières années, on découvre l’importance du microbiote intestinal comme régulateur indispensable de notre immunité. En effet, les recherches montrent que la déplétion des bonnes bactéries intestinales affecte la maturation du système immunitaire ainsi que la nature même de ses réponses immunologiques innées ou acquises. On parle de « la théorie des amis perdus ». L’idée centrale est que l’épidémie des maladies auto-immunes est une réponse immunitaire exagérée et pathologique provoquée par la perte de ces interactions avec les bactéries ancestrales usuelles de notre intestin. Cette théorie ne stipule pas que la perte de la biodiversité du microbiome soit la seule cause. Des facteurs génétiques ainsi que des facteurs déclenchants liés à notre environnement jouent aussi un rôle important. Toutefois, les recherches actuelles conduisent à penser que la reconstruction d’un microbiote sain est l’un des points fort d’une médecine préventive et thérapeutique dans ce domaine.
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Trois facteurs clefs dans l’apparition d’une maladie auto-immune
En médecine nutritionnelle, nous retenons trois facteurs nécessaires pour qu’une maladie auto-immune se développe : une prédisposition génétique, un facteur déclencheur dans l’environnement et un intestin perméable permettant le passage du facteur déclenchant à travers la muqueuse intestinale pour activer notre système immunitaire.
Une prédisposition génétique
La prédisposition génétique est une configuration génétique qui nous rend vulnérable à l’apparition d’une maladie. La maladie coeliaque, par exemple, peut apparaître chez une personne prédisposée génétiquement (HLADRQ2/Q8) lorsqu’elle est confrontée à un facteur de l’environnement particulier, dans ce cas le gluten. La plupart des maladies auto-immunes ont une prédisposition génétique reconnue. Ainsi l’antigène HLAB27 prédispose un individu à avoir une spondylarthrite ankylosante, encore faut-il que la personne soit confrontée à la fois à un facteur spécifique dans l’environnement et à une perméabilité intestinale permettant le passage de l’antigène.
Un facteur déclenchant dans l’environnement
La maladie coeliaque est une des maladies auto-immunes dont le facteur déclenchant est clairement identifié : le gluten. Cette maladie nous apprend que si nous pouvons identifier le facteur déclenchant et l’éliminer, nous stoppons le processus auto-immun. Toutefois cette maladie, pour se développer, nécessite également une prédisposition génétique (HLA DRQ2/Q8) et une atteinte de la muqueuse intestinale.
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Ces antigènes, débutant le cycle de l’auto-immunité, peuvent comprendre des molécules alimentaires, des bactéries ou virus pathogènes ou des éléments toxiques (pesticides par exemple). Les intolérances ou sensibilités alimentaires sont associées à une inflammation de la muqueuse. Les facteurs alimentaires les plus fréquemment incriminés comprennent le gluten, les produits laitiers et le sucre.
Le gluten, facteur perturbant clé dans les maladies auto-immunes
Le gluten est une famille de protéines qui se retrouvent dans certaines céréales (blé, seigle ou orge) qui entrent dans la composition des produits les plus courants. La maladie coeliaque est une maladie auto-immune caractérisée par une réponse immunitaire contre le gluten qui entraîne des lésions de la muqueuse intestinale, pouvant aller jusqu’à l’atrophie de la muqueuse et provoquer un syndrome de malabsorption.
Les personnes souffrant de cette maladie ont deux fois plus de risques d’être atteintes de maladies auto-immunes. L’arrêt du gluten chez ces individus réduit fortement le risque d’apparition d’une maladie auto-immune.
La sensibilité au gluten, qui est une autre réaction au gluten, semble être reliée à une dysfonction de l’immunité innée. Elle touche une plus grande partie de la population.
Elle ne détruit pas les villosités intestinales mais entraîne une inflammation systémique plus marquée. Les études montrent une plus grande incidence de maladies auto-immunes avec la sensibilité au gluten qu’avec la maladie coeliaque. Le gluten est un problème non seulement
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pour les personnes intolérantes mais probablement pour la plupart des individus, surtout ceux souffrant de maladies auto-immunes.
En effet, le Dr Alessio Fasano, chef du Département de gastroentérologie et du Centre de recherche de la maladie coeliaque du Massachussetts General Hospital de Boston, a démontré dans ses recherches que les céréales à gluten ne peuvent être complètement digérées et sont la cause d’une hyper perméabilité intestinale chez presque tout le monde, avec ou sans intolérance au gluten. Il existe donc une mauvaise digestibilité du gluten chez la majorité des gens, le plus souvent sans symptômes. On sait que le gluten peut provoquer une hyper perméabilité intestinale chez pratiquement tout le monde pendant les heures qui suivent son ingestion. Chez la plupart des personnes, la muqueuse guérit en quelques heures, sauf chez celles qui ont une sensibilité au gluten. À la longue, la paroi n’arrive plus à se réparer, la perméabilité devient alors chronique et le corps n’arrive plus à faire face à l’entrée d’aliments mal digérés, aux toxines, métaux lourds etc. Les conditions pour l’auto-immunité sont réunies. On peut dès lors comprendre que l’arrêt de la consommation du gluten lors d’une maladie auto-immune est souvent la première étape d’une prise en charge nutritionnelle.
Les produits laitiers suspectés
Le lait, souvent riche en sucre, pasteurisé et homogénéisé, est devenu néfaste pour la santé. La pasteurisation est un processus de chauffage à haute température qui tue les bactéries et détruit la plupart des vitamines et minéraux. L’homogénéisation donne une consistance crémeuse au lait, toutefois la modification de la taille des particules de lait fait qu’il pénètre plus rapidement et peut créer de l’inflammation dans le corps.
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L’intolérance la plus connue concerne l’intolérance au lactose. Il faut savoir que la moindre inflammation de l’intestin appauvrit la muqueuse en lactase. Dans le cadre d’une maladie auto-immune on retrouve fréquemment une dysbiose intestinale avec une inflammation de la muqueuse, ce qui rend le lactose indigeste et favorise la pérennisation de l’inflammation. Ainsi, par exemple, nous savons que 50 % des individus souffrant de la maladie coeliaque ont une intolérance au lactose, ce qui empêche souvent la guérison de cette maladie.
De plus, la caséine est une protéine assez difficile à digérer et par conséquent pouvant être inflammatoire, allergisante et favoriser l’auto-immunité. Par exemple, les produits laitiers sont incriminés dans le diabète de type 1 et semblent jouer un rôle dans d’autres maladies auto-immunes.
Le sucre, un facteur perturbant
Le sucre est omniprésent, pas seulement dans les desserts, les sodas mais aussi dans pratiquement tous les plats. Le sucre raffiné est souvent addictif autant qu’une drogue. Le sucre augmente l’inflammation dans le corps. Une alimentation riche en sucre est probablement la première cause d’obésité. L’excès de sucre a un effet suppresseur sur l’immunité. La glycation correspond à un excès de sucre dans le sang qui altère la structure des protéines. Ces protéines altérées ne sont plus reconnues par notre organisme comme faisant partie du soi et peuvent induire un phénomène d’auto-immunité par activation des cellules T inflammatoires. Récemment, plusieurs études incriminent ce phénomène de glycation des protéines dans les maladies auto-immunes. C’est pourquoi il est nécessaire de favoriser une alimentation à index glycémique bas en
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arrêtant le sucre et en réduisant les céréales raffinées tout en favorisant la consommation d’aliments pauvres en sucres (végétaux, fruits rouges).
Microbiote intestinal : le maître de notre immunité
Savez-vous que le microbiote intestinal contrôle chaque aspect de notre santé ? Il nous aide à construire des vitamines, à réguler notre métabolisme, influencer l’expression de nos gènes et la chimie de notre cerveau. Quelques chiffres suffisent à attiser notre réflexion. Le microbiote comprend 100 000 milliards de bactéries incluant environ 1500 espèces différentes.
Puisque 90 % des cellules de notre organisme proviennent des bactéries de notre intestin, il est curieux d’envisager que nous sommes humains à seulement 10 %. De plus, notre corps ne fonctionne qu’avec 26 000 gènes alors que l’on a répertorié environ 4 millions de gènes bactériens dans le microbiome et dont chaque individu, en moyenne, en possède environ 500 000.
Ces dernières années, les découvertes ont clairement montré qu’un microbiote équilibré permet le développement et le fonctionnement harmonieux du système immunitaire. Dès lors, on commence à comprendre que la composition de notre microbiote nous prédispose à la santé ou à la maladie. En effet, lorsque notre microbiote est appauvri en bonnes bactéries, les bactéries opportunistes ou pathogènes ont plus l’occasion de favoriser une inflammation, une perméabilité intestinale, d’activer des mauvais gènes ainsi que de favoriser l’émergence de maladies chroniques.
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De nombreux spécialistes du microbiote pensent que la perturbation première qui entraîne la maladie auto-immune (le diabète, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, la sclérose en plaques etc.) provient de l’altération de notre microbiote, ce qui a été démontré dans plusieurs études. Comprendre les éléments qui nous permettent de préserver notre microbiote est essentiel si nous voulons prévenir ou prendre en charge ces maladies.
Le premier constat débute déjà à la naissance. En effet le microbiote de l’enfant qui naît par voie basse est en contact avec des bactéries bénéfiques pour la maturation de son système immunitaire (Lactobacilles, Prevotella). Ainsi, une naissance par césarienne, impliquant en France un enfant sur cinq, ne permet pas un développement sain du microbiote et est associée à une augmentation du risque d’allergies dans l’enfance, de maladies inflammatoires de l’intestin et de maladies auto-immunes à l’âge adulte.
De plus, durant notre vie, notre microbiote est fortement influencé par notre environnement et particulièrement notre nourriture. L’essentiel de la nourriture occidentale riche en sucres, graisses saturées et farines raffinées (pizzas, viennoiseries, pâtes etc.) est pauvre en fibre et n’amène aucun bénéfice à notre microbiote. Pour se régénérer, la muqueuse intestinale a besoin de butyrate qui est un métabolite de la digestion des fibres prébiotiques.
Le butyrate produit par les bactéries commensales (bactéries amies) joue un rôle fondamental pour calmer nos réactions auto-immunes par la production des cellules Treg. C’est la raison pour laquelle il est important de manger des végétaux riches en prébiotiques pour nourrir nos bonnes bactéries. Rappelez-vous de la triade de l’auto-immunité, c’est ici que le
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choix des aliments est important : si l’alimentation amène assez de fibres prébiotiques (butyrate), cela réduit le risque de perméabilité intestinale qui reste la porte d’entrée de la maladie auto-immune.
La nutrition pour lutter contre les maladies auto-immunes
Cette prise en charge comprend des modifications alimentaires importantes pour moduler efficacement et de façon naturelle notre immunité. Il s’agit en premier lieu d’éliminer les aliments qui pourraient être néfastes ou mal tolérés par notre intestin, activant inutilement notre système immunitaire. Parallèlement, il faut s’occuper de la qualité du microbiote par une nourriture saine et adaptée. À cette prise en charge nutritionnelle, il est conseillé d’ajouter certains compléments alimentaires afin d’accélérer la réparation de la fonction barrière de l’intestin et de réduire l’inflammation systémique.
Le secret : éliminer les aliments mal tolérés par l’intestin
Il est important de connaître les aliments qui sont mal tolérés par notre intestin et qui peuvent activer notre système immunitaire. Nous avons vu que le gluten est l’aliment le plus impliqué dans les maladies auto-immunes, toutefois il existe d’autres aliments tels que les produits laitiers, les légumineuses, les oeufs, le maïs, le soja ou les levures qui peuvent entretenir une inflammation intestinale. Les bilans d’intolérances alimentaires ne sont pas toujours fiables et restent controversés par le milieu médical.
Il faut dès lors exclure momentanément certains aliments connus pour leur immunogénicité. Il existe plusieurs modèles de régimes d’exclusion ; en France, le plus connu est probablement le régime ancestral du Dr Seignalet qui consiste à enlever de l’alimentation les produits laitiers,
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le gluten ainsi que le maïs. Dans les pays anglo-saxons, de nombreux nutritionnistes s’inspirent du modèle alimentaire paléolithique (Dr Lorden) qui consiste à enlever toutes les céréales, ou pseudo-céréales, les légumineuses, les produits laitiers, voire les solanacées. Le Dr Lorden justifie ces restrictions en raison de facteurs antinutritionnels de ces aliments pouvant être responsables d’inflammation de l’intestin. Il s’agit par exemple des lectines ou agglutinines pour les céréales, les saponines pour les légumineuses ou des alcaloïdes pour les solanacées. Par rapport à un régime de type paléolithique qui reste difficile à appliquer pour de nombreuses personnes, l’approche progressive en trois phases, inspirée de celle du Dr Tom O’Bryan, semble intéressante au vu des résultats cliniques.
• Phase 1
Enlever pendant 3 semaines, de façon stricte :
• Le gluten (blé, orge, seigle)
• Les produits laitiers
• Les sucres
Cela, bien entendu, associé à une alimentation saine et respectueuse du microbiote (décrite ci-dessous) ainsi que la prise de compléments alimentaires adaptés (voir ci-dessous).
Si, après cette phase 1, la personne note une nette amélioration de l’état de santé, il est conseillé de poursuivre le plus longtemps possible. Mais si, après avoir suivi la phase 1, vous ne notez pas d’amélioration notable, c’est qu’il existe vraisemblablement d’autres coupables à repérer. Dans ce cas, passez à la phase 2.
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• Phase 2
Dans la phase 2 on continue à éviter le gluten, les produits laitiers et le sucre car ce sont des aliments hautement inflammatoires. À cette liste on ajoute d’autres aliments fréquemment impliqués. Cette phase s’approche plus d’un régime paléolithique. L’exclusion se fait pendant 3 nouvelles semaines et porte sur :
• Toutes les céréales (y compris maïs, millet, avoine, quinoa, riz, sarrasin, teff etc.)
• Les produits à base de soja
• Les solanacées (poivron, aubergine, pomme de terre, poivre, curry, baies de gogi, etc.).
• Phase 3
Si, après avoir suivi une phase 2 stricte pendant un minimum de 3 semaines vous notez une bonne amélioration de l’état de santé, une réintroduction selon tolérance est conseillée. On peut réintroduire 1 aliment à la fois tous les 3 jours, en notant sur un journal de bord les symptômes déclenchés par certains aliments tels que : fatigue, douleurs, éruptions cutanées, troubles digestifs, congestion nasale, céphalée, état grippal, etc. Par exemple, vous décidez de commencer par les solanacées et vous choisissez la tomate, que vous consommez chaque jour à dose progressive ; si vous ne notez pas de symptômes, le 4e jour vous introduisez un 2e aliment de la famille des solanacées, par exemple l’aubergine, ceci jusqu’à introduire tous les aliments enlevés de la phase 2. Puis si tout va bien, essayez de réintroduire après quelques mois un peu de sucres, et en dernier les produits laitiers. L’exception, c’est le
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maintien de l’exclusion du gluten qui reste fortement impliqué dans l’auto-immunité.
Toutefois, si après ces 6 semaines de régime vous n’allez pas mieux, il est conseillé de consulter un médecin formé en médecine nutritionnelle ou micro-nutritionnelle. Il peut être nécessaire de rechercher des facteurs déclenchants ou qui entretiennent l’auto-immunité tels que, par exemple, des infections chroniques (candidose, virus tels que CMV, Epstein Barr, l’HPV, maladie de Lyme) ou d’autres facteurs perturbateurs.
Si cette diète reste très efficace, elle est difficile à mettre en place par soi-même, d’où l’intérêt de se faire accompagner.
Nourrissez correctement votre microbiote, il vous le rendra au centuple !
Nous avons vu que le microbiote est le gardien de notre immunité et que bien s’occuper de son microbiote reste primordial pour la santé et le bon fonctionnement de celle-ci. Voici quelques conseils pour avoir un écosystème intestinal équilibré.
• Consommez en priorité des légumes et des fruits riches en polyphénols, gardez en tête de manger coloré car chaque couleur apporte des polyphénols et des vitamines différentes.
• Évitez le plus possible les produits transformés et favorisez les aliments bruts, réels et si possible biologiques.
• Évitez les sucres artificiels qui sont toxiques pour notre flore intestinale.
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• Consommez suffisamment de fibres prébiotiques pour nourrir et réparer l’intestin. Par exemple, des bonnes sources de prébiotiques peuvent être la chicorée, les artichauts, les poireaux, les oignons, l’ail, les topinambours, les pissenlits dent-de-lion, la banane peu mûre etc. Il faut savoir que la plupart des gens prennent leur dose de prébiotiques dans les fructanes des céréales avec gluten. Lors d’une diète sans gluten, l’apport principal de prébiotique chute et les bonnes bactéries ne peuvent plus se développer. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’inclure suffisamment de prébiotiques dans sa diète.
• Consommez régulièrement des aliments lactofermentés, ce qui permet d’inoculer régulièrement des bonnes bactéries et d’encourager celles de notre microbiote.
Bien choisir ses compléments
Nous avons vu que l’altération de la muqueuse intestinale joue un rôle dans la pathogénèse de la maladie auto-immune, et par conséquent il est souvent nécessaire de réparer la fonction de la barrière intestinale afin de réduire le passage de macromolécules alimentaires ou des toxines bactériennes. Certains compléments alimentaires peuvent favoriser la réparation de la muqueuse intestinale. Le plus connu reste la L-glutamine qui est un acide aminé stimulant la prolifération et la réparation des cellules de la muqueuse intestinale. De nombreuses préparations dans le commerce ajoutent, en plus de la glutamine, divers produits agissant sur la perméabilité intestinale tels que du zinc, de la vitamine D, du curcuma, du colostrum, etc.
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Lorsqu’on arrête de manger des aliments mal tolérés, on arrête de mettre de l’huile sur le feu. Il est toutefois important d’arrêter le feu, à savoir l’inflammation (cytokines inflammatoires). Les médicaments que l’on donne dans les maladies auto-immunes sont souvent prescrits pour couper l’inflammation en agissant sur les cytokines inflammatoires ou sur les régulateurs de l’inflammation (NF-kB). Quand la cascade inflammatoire est trop importante, les médicaments immunosuppresseurs sont nécessaires un certain temps, mais à long terme ils vont favoriser des effets secondaires sous forme d’infections ou d’augmentation du risque de cancer. Dans l’approche nutritionnelle, des compléments sont prescrits afin de moduler favorablement notre immunité et notre inflammation.
Nous allons donc utiliser des substances anti-inflammatoires naturelles telles que les polyphénols (curcumine, extrait de thé vert, quercétine, etc…), les acides gras oméga-3, la vitamine D, etc. Ces diverses substances vont activer de nombreux gènes régulant favorablement la cascade inflammatoire. Il est important d’utiliser ces diverses substances de façon associée afin de maximaliser l’effet de synergie sur la régulation de l’inflammation et de l’immunité.
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D’autres approches possibles
Nous avons vu que la prise en charge en médecine nutritionnelle cherche à traiter les causes qui ont amené l’expression de la maladie, alors que la médecine classique cherche à calmer le système immunitaire qui s’est retourné contre son propre organisme. Pour cela, la médecine utilise des médicaments immunosuppresseurs qui, certes, affaiblissent le système immunitaire, mais qui peuvent également sauver la vie du patient. Lorsque la maladie est trop active et les cascades inflammatoires se sont trop emballées, les traitements médicamenteux sont nécessaires un certain temps. Les deux approches peuvent être également combinées.
Cependant il est déconseillé d’arrêter ou de modifier un traitement sans en avoir discuté avec son médecin. Si cet article privilégie principalement l’approche nutritionnelle, l’être humain est complexe et d’autres facteurs peuvent jouer un rôle également important et doivent être intégrés. De nombreuses publications montrent que pour réguler notre immunité et maintenir un microbiote équilibré, il faut savoir également gérer son stress, faire de l’exercice physique (19) et avoir un sommeil de qualité (20).
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Les micronutriments utiles dans la maladie auto-immune
• Optimiser les niveaux sanguins de vitamine D. En hiver il est conseillé de prendre au minimum 2000 unités/j.
• L-Glutamine environ 3 g/jour, regarder pour des préparations combinées telles que Glutadyn de chez Bionutrics, Glutaform de chez Synergia.
• Omega-3 minimum 1 g/jour de EPA/DHA, selon le poids jusqu’à 3 g/j.
• Probiotiques : le choix reste difficile, une alternative est de consommer régulièrement à la place des produits lactofermentés.
• Zinc 15 à 30 mg/j (à moins qu’il soit déjà dans une préparation combinée).
• Curcumine, favorisez des formes bio-optimisées.
• Éventuellement, prenez du Colostrum : par exemple Colostro Noni (18)
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DOULEURS ARTICULAIRES : EXPLOREZ LA PISTE INTESTINALE
par le Dr Antonello D’Oro
Ce n’est pas faute d’avoir essayé… mais la médecine conventionnelle est encore totalement impuissante face à l’arthrose. Les toutes dernières recherches scientifiques laissent entrevoir une piste prometteuse : le microbiote pourrait se révéler être la clé manquante pour retrouver des articulations en pleine santé.
Les douleurs articulaires représentent une plainte fréquente lors d’une consultation médicale. Dès 45 ans, environ 30 % des gens déclarent souffrir de douleurs articulaires épisodiques ou fréquentes. Le terme de douleurs articulaires englobe souvent différentes causes qu’il est nécessaire de connaître si l’on veut traiter la racine du problème.
Le plus souvent, la médecine occidentale se contente de traiter les symptômes en prescrivant des antidouleurs et des anti-inflammatoires. Il existe pourtant des alternatives thérapeutiques naturelles qui s’adressent aux causes profondes de ces douleurs articulaires. Pour cela il faut surtout s’intéresser à l’intestin et à son microbiote.
En effet, ces dernières années la recherche médicale et scientifique a clairement montré une relation entre l’état de notre microbiote et les atteintes articulaires. C’est pourquoi s’occuper de la santé de son intestin est probablement la première étape indispensable pour s’occuper de ses articulations.
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Quels types de douleurs articulaires ?
Les douleurs articulaires peuvent être classées dans différentes catégories telles que les douleurs d’origine arthrosique, celles liées à un rhumatisme inflammatoire, les douleurs articulaires d’origine infectieuse (par exemple maladie de Lyme, parvovirus, etc.) ou post infectieuse (arthrites réactionnelles.) Ainsi que les douleurs d’origine microcristalline (goutte, chondrocalcinose).
Pour ne pas complexifier le sujet, nous allons ici principalement parler des douleurs d’arthrose et de celles liées aux rhumatismes inflammatoires qui représentent la grande majorité des douleurs articulaires.
L’arthrose
Il s’agit des douleurs articulaires les plus fréquentes. L’arthrose est considérée comme la conséquence d’une usure du cartilage liée au vieillissement et également à une prédisposition génétique, mais dont le processus peut être accéléré suite à des séquelles d’accident ainsi que suite à des contraintes répétitives dans le cadre d’activités professionnelles ou sportives.
La prise en charge classique de l’arthrose comprend la prescription d’antidouleurs, ainsi que de substances dites chondroprotectrices (chondroïtine, glucosamine, collagène, etc.). Toutefois la prescription de nombreux antidouleurs n’est pas anodine pour la santé avec des risques notables à long terme. Ainsi les anti-inflammatoires au long cours (par exemple diclofenac, ibuprofène, aspirine, etc.) sont connus pour favoriser
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des maladies cardiovasculaires, des saignements digestifs ainsi que des atteintes rénales ou hépatiques.
Les médicaments phares de l’arthrose sont les chondroprotecteurs tels que la chondroïtine ou la glucosamine qui sont toutefois d’une efficacité discutable et variable d’une personne à l’autre. Il y a quelques années, de nouvelles approches plus technologiques sont apparues comprenant l’injection dans les articulations de cellules souches ou de plasma riche en plaquettes (PRP) provenant de votre sang. Le but de ces traitements étant de stimuler la réparation du cartilage abimé. Quand ça marche, cette technique peut réellement aider les gens à avoir moins de douleurs.
Toutefois, dans toutes ces approches conventionnelles on ne s’adresse jamais aux causes profondes qui ont entraîné l’atteinte des articulations. Pourtant notre terrain joue un rôle déterminant dans le développement de l’arthrose. La recherche médicale a montré que des maladies métaboliques telles que le diabète, l’obésité ou l’insulinorésistance ont une influence sur le développement de l’arthrose et même sur l’intensité des douleurs. Ces maladies ont comme point commun une inflammation de bas grade avec un stress oxydatif agressant nos cartilages.
Mais récemment un troisième facteur déterminant a été mis en évidence : le microbiote. Il jouerait ainsi le rôle du chaînon manquant entre les maladies métaboliques, l’inflammation et l’arthrose.
Les arthrites inflammatoires
Cette catégorie de douleurs articulaires comprend le plus souvent des maladies auto-immunes dont les plus fréquentes sont la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante. La polyarthrite
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rhumatoïde touche environ 0,5 % de la population, ce qui affecte tout de même presque 300 000 personnes en France.
L’approche actuelle de ces maladies consiste à traiter les douleurs et l’inflammation ainsi que réduire l’activité excessive du système immunitaire. Par exemple, dans la polyarthrite rhumatoïde, on prescrit des corticoïdes (prednisone) associés à des traitements de fond dont le plus connu est le méthotrexate. Les corticoïdes sont souvent utilisés sur une période courte ou à faible dose en raison de leurs nombreux effets secondaires (ostéoporose, sarcopénie, HTA, fragilité de la peau, prise de poids, etc.). Le méthotrexate, qui est l’immunosuppresseur le plus prescrit comme traitement de fond, est relativement bien toléré, mais il a toutefois différents effets secondaires (nausées, vomissements, gingivite, diarrhée, fatigue, etc.).
À l’inverse, nous le verrons que la médecine fonctionnelle et nutritionnelle va s’intéresser principalement aux causes premières qui ont permis l’éclosion de ces maladies et le microbiote est souvent l’endroit où elles commencent. En effet, la recherche actuelle a montré dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde des perturbations du microbiote intestinal, en particulier une restriction de la biodiversité microbienne et une réduction des bactéries amies connues pour leurs propriétés immuno-régulatrices. Le microbiote buccal est également suspecté, en raison de la fréquence de périodontite marquée chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, ou encore de la présence d’ADN de Porphyromonas gingivalis dans le liquide synovial de certains d’entre eux. Ainsi, corriger ces anomalies pourrait améliorer et réguler l’immunité des patients d’une façon naturelle sans agresser leur organisme. Dans la spondylarthrite rhumatoïde, les études montrent des constats similaires quant à l’implication du microbiote.
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Et si ça venait de l’intestin ?
On peut actuellement suspecter que la source principale de la plupart des inflammations articulaires provient de l’intestin. En effet, la recherche montre de plus en plus de relations entre les rhumatismes inflammatoires, une dysbiose intestinale et l’augmentation de la perméabilité intestinale (leaky gut).
Dans l’arthrose, l’intestin est également impliqué, mais des perturbations de terrain comme l’inflammation de bas grade ou le stress oxydatif jouent également un rôle déterminant dans l’évolution des troubles dégénératifs.
Relation entre les douleurs articulaires et la muqueuse intestinale
La barrière intestinale est composée d’une couche de cellules épithéliales sécrétant des composés antimicrobiens et d’une couche de mucus offrant une interface protectrice contre les bactéries de l’intestin. Les cellules intestinales sont attachées les unes contre les autres par un système de jonctions serrées empêchant que des intrus puissent se faufiler à l’intérieur de notre organisme.
Si ces jonctions serrées sont abimées, alors l’intestin devient perméable, ce qui permet à des fragments bactériens, des toxines ou des composés alimentaires de pénétrer notre organisme et d’activer notre système immunitaire.
Ces réactions entre antigènes et notre immunité vont favoriser l’apparition d’une inflammation de bas grade dans l’ensemble de notre corps. De nombreuses études ont montré une relation avec ce mécanisme
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d’inflammation et diverses maladies comme les allergies, le diabète, les maladies cardiovasculaires, l’obésité, les troubles cognitifs. Ce même processus est responsable de la plupart de nos douleurs articulaires.
Ainsi, dans la polyarthrite rhumatoïde ou dans la spondylarthrite ankylosante, plusieurs études récentes ont montré une augmentation de la perméabilité intestinale qui était due à une altération des jonctions serrées ainsi qu’à une augmentation d’une protéine appelée zonuline, permettant le passage d’antigènes (bactéries, aliments, toxines) dans le corps provoquant des réactions immunitaires. Autant les bactéries intestinales qui pénètrent notre muqueuse intestinale que le gluten peuvent stimuler le largage de zonuline et ainsi augmenter la perméabilité intestinale !
Les réactions au gluten sont sévères lors de la maladie coeliaque, mais sont également présentes chez les personnes ne souffrant pas de cette maladie. D’autre part, des études récentes montrent également, dans les céréales à gluten, de fortes concentrations d’inhibiteurs de l’amylase/trypsine qui activent exagérément notre système immunitaire, provoquant une inflammation de l’intestin.
Il existe divers autres facteurs qui abiment la paroi de notre intestin et favorisent ainsi un leaky gut. Une des causes les plus fréquentes provient de notre alimentation occidentale. Cela comprend les excès de sel et de sucre, l’adjonction d’émulsifiants et de surfactants dans les produits transformés. Il faut également tenir compte de l’excès de graisses saturées, ainsi que l’excès de fructose industriel, etc.
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Mais la cause majeure entraînant l’inflammation de l’intestin et la perte de la fonction barrière de notre intestin provient probablement du déséquilibre de nos bactéries intestinales. C’est pourquoi la dysbiose est probablement un élément clé dans toutes ces douleurs articulaires.
Des bactéries intestinales dans vos articulations
Dans notre intestin, nous hébergeons environ 100 000 milliards de bactéries regroupées dans environ 1500 espèces différentes, toutefois seule une centaine de ces espèces représente 99 % de la population. Depuis quelques années nous pouvons identifier ces espèces grâce au séquençage de l’ADN de notre microbiote, ce qui nous a permis de commencer à comprendre les relations entre certains équilibres bactériens et notre santé ainsi que le risque de développer certaines maladies.
La première constatation, retrouvée dans de nombreuses études, est qu’une grande diversité bactérienne semble correspondre à une alimentation saine et une meilleure santé. De plus, certaines espèces telles que les lactobacilles ou les bifidobactéries ont des effets régulateurs favorables pour notre santé. Par exemple l’ADN de ces bactéries amies peut avoir un effet direct sur les cellules immunitaires protectrices appelées T régulateurs et ainsi réduire les réponses inflammatoires. De plus, les bifidobactéries produisent par fermentation des fibres alimentaires des acides gras à chaînes courtes dont le plus étudié est le butyrate. Une bonne concentration de ces acides gras à chaînes courtes dans notre intestin permet d’inhiber des bactéries pathogènes comme les salmonelles et de créer un bon environnement pour la croissance des bactéries amies et la santé de notre système immunitaire. Le butyrate et le propionate jouent également un rôle sur la régulation de la perméabilité
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intestinale et aident à réparer les jonctions serrées abimées. Les bactéries amies ont d’autres fonctions favorables telles que produire des substances antimicrobiennes contre les pathogènes et stimuler les cellules épithéliales de l’intestin afin d’augmenter la production d’IgA.
Maintenant que nous comprenons l’importance d’avoir une bonne barrière intestinale et un bon écosystème intestinal, nous allons comprendre comment la dysbiose est responsable de l’apparition des douleurs articulaires. La dysbiose représente un déséquilibre de nos bactéries intestinales au détriment de nos bonnes bactéries, empêchant les actions positives de ces dernières sur la protection de la barrière intestinale et la santé de notre système immunitaire. La présence d’une dysbiose indique également que des germes opportunistes (bactéries pathogènes, levures, parasites) ont pu se développer en excès. Ce déséquilibre peut amener à une inflammation de l’ensemble de notre corps, incluant les articulations.
La recherche confirme le rôle de la dysbiose dans le développement des arthrites. Ainsi a-t-on retrouvé la présence de fragments bactériens d’origine intestinale dans le liquide synovial des articulations examinées chez des patients souffrant de PR (Proteus mirabilis, Prevotella copri etc.). Ces composés bactériens ont la capacité d’initier un processus auto-immun favorisant l’éclosion de la maladie ainsi que d’entraîner stress oxydatif et inflammation, causant douleurs, gonflement et détérioration des cartilages articulaires.
D’autre part, il existe aussi une association entre le déséquilibre du microbiote buccal et la polyarthrite rhumatoïde, principalement chez les personnes présentant une parodontose. En effet, une bactérie appelée Porphyromonas gingivalis, fréquemment retrouvée dans les PR, produit des enzymes capables d’altérer certains tissus de notre organisme et de
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favoriser la maladie auto-immune. La polyarthrite rhumatoïde représente donc un état d’inflammation chronique pouvant être provoqué ou aggravé par la présence d’une dysbiose autant au niveau intestinal que buccal.
Devant la présence d’études de plus en plus nombreuses montrant cette connexion intestin-arthrite, de nombreux chercheurs suggèrent comme nouvelle approche thérapeutique de moduler le microbiote par la prescription de probiotiques, prébiotiques ou de transplantations fécales, ainsi qu’une prise en charge du microbiote oral en cas d’une maladie parodontale ou lors d’inflammation des gencives.
Des études récentes commencent également à mettre en évidence un lien entre le microbiote et l’arthrose. On sait depuis un certain nombre d’années que l’arthrose est plus souvent associée à des maladies métaboliques comme l’obésité ou le diabète. Ces perturbations métaboliques liées à un excès de sucre (glycation) et de graisse abdominale (inflammation) pouvaient expliquer l’accélération de processus dégénératifs articulaires. Toutefois ces maladies métaboliques sont elles-mêmes étroitement liées à des altérations du microbiote qui semblent jouer un rôle primordial. Des scientifiques canadiens ont ainsi étudié sur des rats le rôle du microbiote intestinal comme initiateur ou accélérateur de l’arthrose. Les rats qui étaient nourris par une diète riche en graisses et en sucre devenaient rapidement obèses, ils développaient une dysbiose intestinale et parallèlement leur score d’arthrose devenait plus élevé. Une autre étude a montré chez les rats obèses la présence dans le sang de bactéries intestinales (LPS) indiquant la présence d’une hyperperméabilité de l’intestin3. La dysbiose et le leaky gut étaient corrélés avec la progression de troubles arthrosiques.
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Il devient donc de plus en plus évident que le traitement de la dysbiose et du leaky gut seraient une étape nécessaire de la prise en charge des douleurs articulaires, même sans symptômes digestifs.
Autre fait intéressant, le traitement standard de l’arthrose reste la chondroïtine sulfate (Chondrosulf), toutefois ce traitement reste peu efficace. Des études récentes ont montré que son efficacité dépend en grande partie de l’état de notre flore intestinale. Ainsi une étude a montré qu’une présence abondante d’Akkermansia muciniphila (un probiotique important pour protéger la muqueuse) rendait efficace ce traitement alors que l’absence de cette bactérie était accompagnée par une progression de l’arthrose.
Guérir son intestin pour guérir ses articulations
De longue date nutritionnistes et naturopathes se sont occupés de la santé de l’intestin, reconnu comme carrefour essentiel de la santé. Il est réjouissant de constater que dans les douleurs articulaires, l’état de notre microbiote commence à être étudié et validé par la littérature médicale et la science. La médecine a toutefois de la peine à concevoir des approches holistiques non agressives, les études actuellement se concentrent sur des prescriptions de pro ou prébiotiques, ou plus récemment sur l’intérêt des transplantations fécales. En médecine nutritionnelle ou en naturopathie, il est important de traiter l’individu d’une façon globale, il s’agit bien entendu de traiter la dysbiose et le leaky gut avec certains compléments alimentaires et plantes, mais également de modifier si nécessaire l’alimentation et la gestion du stress de la personne.
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Voici les étapes principales d’une prise en charge holistique.
1/ Opter pour une alimentation anti-inflammatoire
2/ Assainir son microbiote en traitant sa dysbiose
3/ Guérir sa muqueuse intestinale en traitant son leaky gut
Une alimentation anti-inflammatoire
L’inflammation est une des causes principales des maladies chroniques comprenant les douleurs articulaires. Dès lors, réduire l’inflammation par une modification de notre alimentation est le but principal. En effet, la nourriture a le pouvoir de déclencher en nous des états inflammatoires à travers des nutriments comme le sucre ou les graisses animales, surtout lorsque nous manquons de graisses oméga-3 et d’antioxydants.
Le but d’une alimentation santé est de manger des aliments qui réduisent notre inflammation et qui soutiennent la santé de notre intestin. Il existe de nombreuses diètes santé (diète méditerranéenne, végétarienne, paléolithique, sans gluten, pauvre en glucides, acido-basique, etc.).
Le dénominateur commun de la plupart de ces diètes est la consommation d’aliments non transformés, de légumes et de fruits, de bonnes graisses ainsi que des céréales complètes et des légumineuses. Il faut parallèlement limiter la junk food, les graisses toxiques (Trans), le sucre, la viande rouge en excès et les farines raffinées. Dans une publication récente évaluant plusieurs études d’intervention, la diète méditerranéenne avait permis la réduction de l’inflammation et des douleurs chez des personnes souffrant de polyarthrite.
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Dans l’arthrose, l’alimentation est également importante principalement parce qu’elle peut réduire l’état inflammatoire. On sait que les personnes en surcharge de poids et/ou en insulinorésistance sont plus aptes à développer de l’arthrose.
Une publication récente a constaté sur une large population d’arthrosiques (4358 participants) que les personnes qui avaient une alimentation de type inflammatoire avaient plus d’arthrose au niveau radiologique. Cela a été également démontré sur des souris chez lesquelles une alimentation hypercalorique favorisait des troubles métaboliques s’accompagnant d’une dégradation accélérée du cartilage. De plus, une étude de l’Université du Michigan a évalué deux groupes de personnes souffrant d’arthrose sur une période de six semaines. Le premier groupe a continué à manger une alimentation habituelle riche en produits animaux et farines raffinées, le deuxième groupe a consommé une alimentation végétale comprenant à volonté des légumes, des fruits, des céréales complètes, des légumineuses et un peu d’oléagineux. À la fin des six semaines, ceux qui avaient mangé une diète végétale avaient beaucoup moins de douleurs articulaires.
Assainir son microbiote en traitant la dysbiose
La façon la plus efficace et naturelle pour traiter une dysbiose est, dans un premier temps, de nettoyer les bactéries pathogènes ou les levures (candida par exemple) avant de réensemencer le microbiote avec des probiotiques et des changements alimentaires (prébiotiques, aliments lactofermentés).
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Les bactéries amies
Les probiotiques sont des souches commercialisées de bactéries amies dont les effets positifs sur la santé sont documentés dans de nombreuses études. Les probiotiques sont connus pour leur capacité à traiter les dysbioses ainsi qu’à protéger les jonctions serrées et par conséquence à traiter le leaky gut. Par exemple le Bifidobacterium infantis augmente les taux d’occludine, une protéine qui répare les atteintes des jonctions serrées, alors que le Lactobacillus plantarum stimule la formation des jonctions serrées. D’autres lactobacilles ont des effets protecteurs sur la barrière intestinale incluant les lactobacilles salivarius, rhamnosus ou casei. En général, les probiotiques protègent indirectement la barrière intestinale en empêchant l’adhésion des mauvaises bactéries qui sécrètent des enzymes s’attaquant aux jonctions serrées.
Guérir sa muqueuse intestinale en traitant son leaky gut
Le leaky gut ou hyper perméabilité intestinale est dû, comme nous l’avons vu ci-dessus, à une atteinte de la muqueuse intestinale dont les origines sont multiples. Cette hyper perméabilité permet le passage d’aliments partiellement digérés, de bactéries ou d’autres pathogènes favorisant inflammation et réactions immunitaires. Les conséquences pour la santé sont nombreuses (allergies alimentaires, problèmes cutanés, troubles digestifs, fatigue, etc.) et concernant les douleurs articulaires, cela peut favoriser les rhumatismes inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, arthrite psoriasique, syndrome de Sjogren, etc.) ainsi que les douleurs chroniques telles que l’arthrose ou la fibromyalgie. Le traitement de la dysbiose reste la première stratégie pour aider à guérir la muqueuse intestinale. La prescription de probiotiques, en aidant à restaurer la bonne flore, aide également pour traiter autant la dysbiose que le leaky gut. Il existe
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toutefois des nutriments spécifiques pour réparer la muqueuse que nous allons voir ci-dessous.
La glutamine
La glutamine est un acide aminé abondant dans notre corps qui reste le composé phare pour réduire la perméabilité intestinale. La glutamine est concentrée dans le muscle et utilisée par toutes les cellules qui doivent se diviser rapidement, particulièrement les cellules épithéliales de notre intestin, mais également les cellules immunitaires. De nombreuses études ont confirmé la capacité de la glutamine pour réduire l’hyperperméabilité intestinale, particulièrement en augmentant une protéine qui régule et répare les jonctions serrées. Des chercheurs ont même montré chez des rats souffrant de leaky gut une nette réduction des niveaux inflammatoires (NFKB, TNF-alpha) après administration de glutamine. En termes de dosage, les études varient de 3 à 20 g par jour ; ces doses sont souvent bien tolérées, sans effets secondaires.
Zinc, resvératrol, curcumine… les autres composés utiles
Nous avons déjà vu l’intérêt des probiotiques dans la prise en charge du leaky gut. Le zinc semble également avoir un effet protecteur sur les cellules épithéliales de l’intestin et la prise de zinc a montré une capacité de réduire les lésions de la muqueuse intestinale. Dans des études animales, le resvératrol a montré une capacité à renforcer les jonctions serrées et réduire la perméabilité intestinale. La curcumine, qui est un composant du curcuma, est connue pour ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, ce qui la rend particulièrement intéressante dans la prise en charge des arthralgies. De plus, on a récemment mis aussi en évidence une capacité à renforcer la barrière
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intestinale et augmenter l’activité des bonnes bactéries. D’autres substances telles que le butyrate, la quercétine ou la berbérine ont montré une capacité à renforcer la barrière intestinale, probablement par des mécanismes multiples.
L’alimentation qui soulage
En cas d’arthrites inflammatoires (ex. : polyarthrite rhumatoïde)
Commencez par une diète d’élimination pendant environ trois semaines à un mois en excluant le gluten, les produits laitiers, le soja, le maïs, les oeufs ainsi que les solanacées (tomates, patates, poivre et aubergines). Éliminez parallèlement les sucres et les farines raffinées. Lorsque les symptômes se sont améliorés, réintroduisez progressivement chaque aliment tous les deux à trois jours en notant les effets sur la réapparition des symptômes. Les aliments qui réveillent vos symptômes doivent être exclus pour l’instant. L’exclusion du gluten est conseillée au long cours dans toutes les maladies auto-immunes.
Lors de douleurs articulaires
Éliminez ou réduisez :
• Sucres raffinés, fructose industriel (high corn sirup), farines raffinées.
• Les huiles hydrogénées, TRANS, huiles riches en oméga-6 (tournesol, soja, maïs…)
• Les viandes industrielles (non bio) contenant pesticides et résidus antibiotiques.
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• Les aliments transformés industriellement (tout ce qu’on ne trouve pas à l’état brut, contenant divers ingrédients rajoutés tels que sel, colorants, conservateurs).
Consommez en priorité :
• Mangez chaque jour des légumes pleins de couleurs et des fruits (apport en polyphénols et fibres).
• Mangez de bonnes graisses anti-inflammatoires telles que des poissons des mers froides, avocat, huile d’olive bio, oléagineux et graines (lin, chia, courge, chanvre, etc.).
• Mangez modérément des viandes bio, idéalement d’animaux élevés en pâturage.
• Mangez des céréales sans gluten non transformées (quinoa, riz sauvage, millet, sarrasin).
• Inclure des produits tirés de la noix de coco (huile, lait, yaourt, etc.). L’huile de coco est riche en acide laurique et caprylique aux propriétés antibactériennes et antifongiques.
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Le pouvoir des compléments
Les compléments de base dans les arthralgies
• Huile de poisson oméga-3 : environ 3 g d’EPA et DHA par jour
• Curcumine 500 mg 2 à 3 fois par jour
• Vitamine D 2000 UI par jour
• Complexe antioxydant (exemple Oxidyn de chez Bionutrics)
• En cas d’arthrose : rajoutez 10 g de collagène de type 2 non dénaturé pour nourrir le cartilage
Réparer la muqueuse intestinale
• L Glutamine en poudre (ex. Glutagenics) : dosage au début, les 2 premiers mois on peut prendre 2 fois 3 g par jour (10 min avant les repas) puis 3 g par jour pendant 3 à 6 mois.
(Notez que la vitamine D, le zinc, la curcumine peuvent aider à réparer la muqueuse, mais sont déjà inclus dans les suppléments de base. Le resvératrol est en option, intéressant pour la muqueuse de l’intestin et comme antioxydant).
Une petite cure d’herbes antimicrobiennes
Traiter une dysbiose ou un SIBO avec des herbes antimicrobiennes est important, car les mauvaises bactéries et les levures (candida) présentes dans l’intestin sont à l’origine de l’inflammation des articulations. Les cures antimicrobiennes peuvent durer entre un et deux mois au maximum.
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Les plantes les plus utilisées comprennent certaines huiles essentielles (origan, cannelle, thym, clou de girofle, etc.), la berbérine, l’artémisia, les extraits d’ail (allicin), etc. Le plus simple est d’utiliser des produits combinant ces plantes.
Voici quelques exemples de produits combinant diverses substances :
• Tricycline de Allergy research group (amazon.fr)
• GI MicrobX
• Biocidin (Bio Botanical Resarch)
De nombreuses personnes éprouvent la nécessité de refaire des cures ponctuelles une à deux fois par an. Gardez en tête que lorsque vous tuez de mauvaises bactéries ou des levures (candidose), ces germes, en mourant, peuvent libérer des toxines susceptibles de provoquer pendant quelques jours mal de tête, fatigue, aggravation de troubles digestifs. Il est conseillé de réduire les doses de moitié ou même faire une pause d’un à deux jours avant de recommencer.
Les probiotiques
Les probiotiques peuvent être pris en même temps que les herbes antimicrobiennes, dès lors il est préférable de les prendre au coucher, plusieurs heures après les plantes antimicrobiennes. L’autre possibilité est de débuter les probiotiques après le traitement antimicrobien. Les dosages doivent être au minimum de 25 à 50 milliards de bactéries par jour.
Les souches étudiées dans l’arthrite pour leur effet anti-inflammatoire sont principalement les Lactobacillus casei, acidophilus, rhamnosus, reuteri ou
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salivarius. D’autre part les Bifidobacterium infantis, bifidum et le Lactobacillus plantarum ont montré leur capacité à protéger les jonctions serrées et aident à guérir le leaky gut. Il est dès lors conseillé de prendre des probiotiques aux multiples souches intégrant le plus possible celles décrites ci-dessus.
Voici quelques exemples :
• Ther-Biotic de Klaire Labs
• Les Probiotics de la marque Garden of Life dont certains ont été formulés par le Dr Perlmutter sont composés de multiples souches (15 à 30 souches différentes de lactobacilles et bifidobactéries) qui incluent les souches décrites ci-dessus.
Rincez-vous la bouche à l’huile de sésame
Lors d’arthrites inflammatoires, l’état de l’hygiène buccale est important. Il est conseillé de consulter un bon dentiste et de faire un traitement local en cas de parodontose ou d’inflammation des gencives. Une approche très intéressante est le « oil pulling » à l’huile de sésame ou à l’huile de coco ; il existe également la marque Amanprana qui a deux formulations d’huile buccale très intéressantes.
Une nouvelle génération de traitements
Depuis une quinzaine d’années est apparue une nouvelle génération de traitements appelés « biologiques ». Il s’agit de médicaments visant à bloquer certains messagers-clé de l’inflammation comme le TNF alpha ou l’interleukine 1, 6 ou 17, etc. Les plus connus et les plus utilisés sont les anticorps anti-TNF alpha (l’Enbrel, l’Humira ou le Simponi.) qui, en réduisant notre immunité, sont accompagnés d’un risque d’infections
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quelquefois graves. Les études montrent que ces traitements permettent de réduire les symptômes et de prévenir la détérioration articulaire dans environ 50 % des cas. Même lorsque ces médicaments entraînent une rémission clinique de la maladie, il persiste une inflammation à bas bruit dans les articulations qui peut déboucher sur une récidive dès l’arrêt de ces traitements. Dans le meilleur cas, la maladie est « sous contrôle », mais elle persiste.
Restaurez votre barrière intestinale en trois semaines
Lors d’arthrites inflammatoires, il existe pratiquement toujours un leaky gut.
Cela signifie qu’il y a vraisemblablement des intolérances alimentaires, car des fragments alimentaires ont pu passer à travers une barrière intestinale poreuse et déclencher une réponse immunitaire qui se manifeste par un état inflammatoire. En fait, plus l’intestin est perméable et plus il existe d’intolérances alimentaires.
Dès lors, il peut être nécessaire au début d’exclure pendant quelques semaines certains aliments connus pour leur antigénicité, le temps que la barrière intestinale soit réparée. Les tests sanguins à la recherche d’intolérances ne sont pas toujours fiables, raison pour laquelle il est proposé de faire une diète d’élimination quelques semaines (trois à quatre semaines). Les aliments les plus incriminés sont en général le gluten, les produits laitiers, le soja, le maïs et les cacahuètes. Parallèlement, il faut bannir les sucres, les farines raffinées et les mauvaises huiles (fritures, trans, etc.) et opter pour une alimentation saine riche en légumes colorés et en fruits riches en polyphénols et en fibres. Une publication médicale a confirmé l’intérêt d’une diète d’exclusion dans la polyarthrite rhumatoïde.
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Les auteurs de ce livre Dr Éric Ménat, médecin généraliste, homéopathe, expert en phytothérapie et en nutrition Dr Antonello d’Oro, médecin rhumatologue, expert du microbiote intestinal et de ses impacts sur la santé https://www.lanutrition-sante.ch Dr Michel Frey, docteur en médecine, spécialiste de la médecine chinoise et du vieillissement. micfrey@orange.frhttps://www.telostim.comChristian Brun, naturopathe, formateur au sein de la plus prestigieuse école de Naturopathie en France (le CENATHO-Paris). https://christian-brun-naturo.fr Jean Pélissier, spécialiste de la médecine chinoise pelissier.j@wanadoo.fr https://www.jeanpelissier.com Kiran Vyas, spécialiste de la médecine ayurvédique.