LETTRE 1

La planète-machine, notre futur?

La planète-machine, notre futur?


Si un développement unilatéral est pensé à la fin, de grotesques images surgissent, qui révèlent des êtres spirituels essentiels. Dans l'article suivant, les images de cette nature sont portés hors du mythe de Science Fiction Star Wars et sont découverts à nouveau dans les phénomènes de l'industrie de haute technologie, où se révèle une similitude dans leur nature essentielle. Les premiers films Star War sont déjà chose du passé, mais leur mythologie vit encore. Non seulement dans le dernier film, qui a été montré partout dans le monde l'année dernière; mais aussi dans d'innombrables bandes dessinées, des jouets, des jeux d'ordinateur et les chiffres de ses figures centrales vivre et fascinent des millions de personnes. Même si l'on ne sait pas que George Lucas (le directeur) est connu pour être versé dans la plupart des ouvrages de Rudolf Steiner, on peut trouver la confirmation de cela à chaque étape.

"L'Étoile de la Mort"
Que ce soit en médecine ou en production automobile robotisée, que ce soit dans l'industrie du spectacle ou dans la vie quotidienne, partout dans le monde pousse la machine de plus en plus dominante. Pour des gens comme Bill Gates (chef de Microsoft)(1), il semble parfaitement justifié de vouloir être autorisés à se connecter avec des réseaux et des câbles le plus de domaines de la vie que possible, avec la plus grande vitesse possible et à la rigueur, de les informatiser totalement. La Terre, encerclée par des satellites toujours plus nombreux, devient de plus en plus étroitement recouverte dans le réseau mondial des télécommunications et des réseaux informatiques. Les grandes villes sont en constante expansion, des pays entiers sont transformés en déserts par l'industrie, et les paysages culturels qui ont évolué au fil des siècles sont sillonné par des routes à huit voies, des mâts télégraphiques et des tours de télévision. C’est à peine si l’on peut encore trouver une famille qui peut vivre sans l'omniprésence de la machine de divertissement, la télévision. Et maintenant, avec la technologie génétique, la nature vivante est elle aussi forcée dans le carcan de la manipulation mécanique. Si cette évolution est pensée jusqu’au bout, et si l'on suppose qu'il s'agit de la seule tendance de développement de l'humanité, alors il devient clair que sa conséquence finale sera la suivante: la destruction de l'environnement, de la nature vivante, en faveur de la mécanisation totale de tous les aspects de la vie. Si la personne est demandée de donner son avis, personne ne manifesterait sérieusement le désir de cette conséquence. Et pourtant, des millions d'êtres humains agissent de jour en jour, comme si cette chose était leur plus vif souhait. Même si l'individu ne le souhaite pas consciemment, la dynamique inhérente du collectif s'efforce avec objectif clairement dirigé vers une planète-machine. Tout le monde est opposé à cela, mais tout le monde est activement impliqué. Bien que les êtres humains ne veulent pas réellement la totale mécanisation - ils ne sont peut-être pas toujours être conscients mais une véritable réflexion peut l’élever à la conscience - ils font néanmoins tout ce qui est nécessaire pour la réaliser. Pour faire quelque chose, voire même, dans un certain sens, pour faire ce que l'on n'a pas vraiment envie, indique que ce n'est pas la réelle autonomie de l'être humain qui est derrière ce vouloir. Cela veut dire que ce vouloir ne vient pas de l'être humain et que, par conséquent, quelque chose de non-humain « veut » en lui ou elle. D’où vient cette volonté, si elle ne vient pas de moi? Cela doit être quelque chose qui n'est pas moi, mais qui a néanmoins la capacité de volonté (volition). Mais la volonté, dans le vrai sens du terme est quelque chose que seul un « être » peut faire: quelque chose qui a au moins une partie intérieure psychique; un objet mort ne peut rien vouloir. De cela, il s'ensuit, par conséquent, que des « êtres » doivent vouloir « dans » l'être humain, quand, dans un état de conscience émoussée, il ou elle veut quelque chose que, dans leur être intime ils ne peuvent pas vouloir (ou souhaiter).

Les stratégies de publicité et de marketing remuent cette volonté étrangère dans l’être humain sur une base quotidienne, par le biais de leurs manipulations de l'inconscient. Maintenant, l'Ëtre qui, dans l'être humain incline dans le sens d'une planète-machine, un processus grandement facilité par les constantes attaques suggestives de la publicité, porte dans la terminologie anthroposophique le nom « Ahriman ». Les êtres ahrimaniens "envahissent l'inconscient de l'être humain, ils s’infiltrent dans la vie volitive (volonté), la vie du métabolisme et du système limbique. C’est la race des êtres spirituels qui souhaitent inculquer à l'être humain un intérêt particulier à tout ce qui est matériel-minéral, qui souhaitent lui insuffler un intérêt dans tout, par exemple, ce qui est extérieurement mécanique, comme la machine." (2)

Aussi lié à cela est la destruction environnementale de tout ce qui a surgi des grands cycles de développement passé de la Terre produits grâce à la création divine de la vie des royaumes de la nature: "... Ils souhaiteraient que le monde des animaux disparaisse, que le monde humain physique humain disparaisse, que le monde végétal disparaisse. Du domaine minéral, ils souhaiteraient que seules subsistent les lois physiques, mais en particulier ils souhaitent que les êtres humains soient retirés de la Terre; Et ils souhaitent construire un nouveau Saturne [il s'agit d'une planète extra terrestre - Ingo Hoppe] composé uniquement de machines, un nouveau monde avec rien d’autre que des machines. Le monde pourrait alors continuer dans cette voie. " (2) Un des plus grands vendeur de technologie en Allemagne, l’entreprise "Saturn", a conçu une brochure sur les ventes - qui parle de "l'intelligence artificielle", montrant le logo de la planète saturne, et n’offre à vendre « que des machines ». Cela semble très efficace comme publicité.

Star Wars et ses arrière-plans spirituels
Il n'est pas facile pour la personne moderne d’accepter l'existence d'êtres spirituels. Et pourtant, la moitié de la population du monde se précipite pour voir des films comme Star Wars, qui est un véritable lieu commun plein de représentations visuelles de faits spirituels. Quelle est la raison de cela? Pourquoi les gens sont tellement intéressés par ces histoires? Est-ce simplement l'action et l'attrait du fantastique semblant? Cela est très peu probable. Celui qui a pénétré profondément dans l'art peut reconnaître que toute œuvre artistique d'imagination éveille un regain d'intérêt quand il contient également la vérité. Et la planète-machine dans Star Wars est une image exacte de ce que l'humanité, comme nous l'avons montré, est tellement occupée à bâtir, sans le vouloir. Dans le cinéma les spectateurs regardent avec horreur « l’Étoile de la mort » (Death star), et n'ont aucune idée que dans la vie réelle ils travaillent continuellement à sa réalisation. Serait-ce la raison pour laquelle l'effet d'horreur est si grand?

Cette horreur augmente alors considérablement lorsque l’être étrangement déshumanisé apparaît, qui possède des facultés paranormales et semble inextricablement lié à la machine planète, l’imprégnant et la contrôlant de sa puissance titanesque. Son nom est Darth Vader. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître pour le lecteur, c’est pourtant cela: Darth Vader est une imagination exacte science-fictionesque de l'Etre nous avons parlé plus haut comme Ahriman. Il existe d'innombrables correspondances entre les descriptions de Ahriman par Steiner, et ce Darth Vader, ce sombre, glacial dictateur, gelé presque à l’état de machine, qui contrôle avec une impitoyable sévérité son appareil militaire technologiquement avancé: l’'Empire' - un terrifiant système de répression et État monolithique socialement mécanisé par excellence." Darth Vader, le père déchu qui était autrefois sur le bon chemin, le père du combattant pour le bien, Luke Skywalker, qui rachète son père déchu en le vainquant dans un combat entre le bien et le mal, ce motif intérieur central de notre temps. L'ensemble du film est rempli à débordement de motifs, d’Etres et d’événements, qui ont manifestement été tirées par le directeur George Lucas des idées de Anthroposophie.

Darth Vader est une vraie image spirituelle: (3), il est une représentation imaginative du principe formateur façonneur d’un durcissement matériel mécanique qui peut, en dernier ressort, lorsqu'il est conçu comme un Etre, être articulé - dans une lutte avec les mots et les images - avec l'aide des imaginations picturales d’Ahriman, comme elles se trouvent dans l’Anthroposophie. Et cela en sachant que ce n'est qu'un balbutiement d’une tentative de décrire quelque chose qui est difficilement accessible à la conscience ordinaire et peut facilement être - et souvent - est rejeté comme un non-sens inintelligible. Toutefois, dans une réflexion qui serait plus exacte, et sans préjugé, et qui ne soit pas elle-même tributaire de l'avis de la mode du temps, il existe de très nombreux motifs rationnels d’affirmer d’une façon logique et factuelle l'existence d'êtres spirituels, sans néanmoins tomber dans une croyance naïve aux fantômes.

Mais pour en revenir au thème central de Star Wars: le dépassement du mal. D'une importance particulière ici, c'est la bataille d'épée de lumière de Luke Skywalker (le « Soleil Marchant dans le Ciel »), avec Darth Vader. Là, sur l'écran, il est montré avec une grande clarté, comment ce "Darth-Ahriman" pourrait être surmonté: non pas avec des frappes d’agression aveugle, ni même par le biais d'une guerre militaire; non, cela passe par un moyen concentré, la confrontation individuelle, avec l'épée de la lumière comme arme, d’une clôture de vigilance, tel qu'il est, assez judicieusement, pratiqué dans les écoles d'art dramatique pour le développement de la présence de l'esprit et d’assurance (certitude du but) dans les joutes verbales. Et qu’est-ce que ce rayon de lumière tranchant représente, en image? N'est-ce pas le symbole de la lumière du libre pouvoir du jugement, habilement exercé par l'autonomie contrôlée du penseur et 'chevalier de l'esprit "? ! L’illusion matérialiste-ahrimanienne, qui peut trouver son expression dans, entre autres choses, l'amour excessif des machines, la pensée scientifique est une construction sophistiquée pleine de tours de passe-passe, mais aussi plein d'erreurs factuelles - et donc ne pouvant être vus qu’au moyen de la puissance de jugement limpide. De cette façon, comme nous avançons à la connaissance de la réalité spirituelle, Ahriman, le dieu de la Maya (littéralement « illusion »), peut être vaincu. La salle d'audience tremble d'empathie dans cette lutte menée par le héros Solaire Luke Skywalker contre l'Empire de Darth Vader; Tous sont visiblement soulagé lorsque l’Étoile de la mort explose finalement. Leur plaisir est euphorique de la défaite de 'Darth Ahriman ". Cette victoire est comme un rêve, mais rêvé d’abord dans le cinéma. En réalité, d'autre part, l’enthousiasme excessif de notre civilisation pour le High-Tech se poursuit sans relâche. Et c'est sûrement ce que l'on aurait réellement aimé voir 'exploser' (ou au moins être diminué): Ahriman dans la vraie vie.(4)

"The Way Ahead" (La voie devant)
Quelqu'un qui ne fait pas seulement rêver, mais qui vit aussi ses rêves, quoique précisément dans la direction opposée, est, par exemple, Bill Gates. Le chef de Microsoft - depuis le début de cette année seulement responsables du côté "visionnaire" du travail – fait campagne avec un zèle presque missionnaire pour l'informatisation tout azimut de notre civilisation. C'est en grande partie grâce à ses efforts que l'industrie de haute technologie opère actuellement des transformations historiques sur une grande échelle – ils célébreraient supposément rien de moins qu’une « deuxième révolution industrielle ». Il s'agit d'une voie devant ('Way Ahead'), roulant à grande vitesse, pour reprendre le titre donné par Gates, avec une parfaite cohérence, dans son avant-dernier livre. La seule question est la suivante: où cette "voie" nous mène-t-elle ? Un mouvement orienté vers le futur imprègne l'ensemble de l'industrie informatique. La force motrice pour l'innovation dans ce secteur développe constamment de nouveaux produits à un rythme effréné, de sorte que dans quelques années, ce qui était salué y a peu de temps comme la dernière réalisation en date est déjà inutilisable. On est presque forcé de classer comme obsolètes ces technologies avec lesquels nous venons de prendre connaissance, et de les abandonner dans le but de se familiariser avec le tout nouveau produit: une "voie à suivre" à vitesse maximale, comparable à la course de voitures sur l’autoroute, exactement comme il est illustré sur la couverture du livre de Gates, à travers l'image d'une autoroute. Le message étant: ne vous arrêter pour l'amour du ciel ! ne vous arrêtez pas pour réfléchir! Cette course tête première vers l'avant va de pair avec la lutte continuelle pour la position de leader dans le monde économique. Quiconque n'est pas en évolution rapide et novateur va tout simplement finir au pied du mur dans la grande lutte capitaliste pour l'existence. Il est essentiel de gagner la grande course sur l'autoroute des affaires, du combat continuel des entreprises pour être à la fine pointe du progrès. Dans cette course la gigantesque entreprise informatique de Gates Microsoft a particulièrement bien réussi jusqu'à présent. C'est ce que des gens comme Gates trouvent le plus exaltant: "Mon objectif est avant tout de garder Microsoft à l'avant-garde par le biais de l'innovation continue. C'est un peu déconcertant de voir que dans le cadre de la poursuite du développement de l'informatique d'entreprise n'a pas été en mesure de maintenir sa position de leader d’une période à la période suivante ... Je voudrais briser cette règle. Quelque part devant nous se situe le seuil séparant l'époque de l'ordinateur de l'époque de l’Autoroute [ = réseau informatique Total]. Je tiens à être parmi les premiers à franchir ce seuil "(The Way Ahead, 1995).

Une orientation unilatéralement tournée vers l’avant met l'être humain en déséquilibre. Il perd, métaphoriquement parlant, sa posture droite et tombe dans l'animal, comme la position horizontale, dans laquelle la tête perd sa position supérieure et s'étend avec avarice vers le bas et vers l'avant dans une orientation matérielle vers l'avenir, reniflant autour continuellement dans sa chasse à l'information et aux technologies de plus en plus sophistiqués. L’organisation métabolique-limbique-abdominale de son côté est élevée de sa position subalterne par rapport à la tête, entrant ainsi, comme l'organisation des pulsions inférieures, le même plan horizontal que la tête. Ainsi, elle constitue la source réelle de motivation pour la production de technologie super intelligente dans la lutte pour l'existence économique. Comme nous l'avons indiqué plus haut, une partialité 'ahrimanienne’"peut être considérée comme le stimulateur de la volonté travaillant dans le système métabolique humain - c'est-à-dire dans sa vie inconsciente de la volonté, et inclinant vers une fascination excessive pour la technologie des machines. Gates décrit à maintes reprises son enthousiasme tout spécial pour les immenses possibilités inhérentes à la technologie qui ne cesse de s'améliorer. "Le sentiment que je peux voir dans l'avenir et avoir le premier aperçu d’indices significatif de possibilités révolutionnaires, m’électrise toujours. Je pense que j’ai une chance incroyable d’avoir eu encore une fois l'occasion de jouer un rôle au début d'un changement historique. Ce sentiment d'euphorie que j'ai vécu pour la première fois à l'adolescence, quand j'ai commencé à comprendre à quel point les ordinateurs seraient à bon marché et efficace un de ces jours... Une des raisons pourquoi je me suis résolu à prendre part au développement de l'ordinateur personnel, est certainement le souhait d'en avoir un moi-même "(5)

Addiction à l'avenir - et la destruction de l'environnement
Cette tendance à la mécanisation extrême, combinée avec la dépendance à l’avenir typiquement ahrimanienne que nous avons évoqué, porte sur la destruction de la nature vivante de l'environnement. Et cette destruction est la destruction de ce qui nous vient des âges passés ; de la nature qui est le résultat de l'évolution des cycles passés. C'est la preuve tangible du fait que, dans le passé, un processus d'évolution infiniment grandiose a eu lieu. Chaque arbre, chaque animal, le corps humain et le cosmos tout entier sont remplis d’une telle intelligence exaltée, sagesse et beauté, que par comparaison toute intelligence mécanique apparaît comme n'étant rien de plus qu'une imitation d’amateur. La science matérialiste peut essayer avec ses arguments trop compliquée de prouver le contraire, la nature, tant qu'elle est là, reste par son génie inégalé une preuve de l'existence d'une réalité créatrice travaillant (à l'intérieur) invisiblement. Et c'est ainsi, en collaboration avec toutes les œuvres d'art produites par l'homme, les moyens par lesquels, à tout moment, nous pouvons faire l'expérience d'une rencontre avec la réalité spirituelle pénétrant à travers la surface du monde quotidien. En cela, il est un pont vers le domaine de l'éternel, la sphère divin créateur, qui vit également dans l'être humain (parce qu'il a sa source dans celui-ci).

La destruction de l'environnement détruit ce pont, c'est à dire, elle coupe la voie de l'être humain à la divinité. Ahriman refuse de nous permettre de trouver le chemin du retour à la réalité de l'esprit créateur. À travers la civilisation de l'ordinateur que Gates désire si ardemment, l'être humain sera toujours davantage emprisonné dans un monde mécanique d’apparences, qui le coupe des forces créatrices de la nature extérieure, et la détruit en même temps.

Que Gates ait fait cela délibérément ou non, le paysage représenté sur son livre n'est rien d'autre que ce qui resterait si l’objectif Ahrimanien de destruction de l'environnement devait être réalisés, à savoir: le désert et la machine (autoroute). Si la totalité de la nature vivante est détruite, alors que ce qui est mort demeure, comme il est indiqué sur la couverture. Seul le minéral, la mesure, le nombre et le poids demeurent. Les lignes et les proportions mathématiques de la route sont comme une image de la sphère de mesure, nombre et poids, la sphère réelle d’Ahriman. Ainsi, la couverture du livre est une représentation exacte de la partialité (unilatérale) ahrimanienne et donc une caricature du contenu du livre. Car ce contenu n'est rien d'autre qu'un hymne interminable louant un monde d’ordinateurs merveilleux, l'expression de l'aspiration à un planète-machine de l'avenir.

Comme nous l'avons dit, il fait partie de l’intention ahrimanienne de supprimer non seulement la nature et les animaux vivants de la Terre, mais "en particulier, à arracher les êtres humains à la Terre", afin qu'ils puissent ensuite vivre sur une planète-machine. Cette suppression de l'être humain de la Terre serait l'objectif ultime à atteindre pour Ahriman, il serait le dernier chapitre de son histoire du monde de l'avenir. Lorsque le lecteur du livre de Gates "The Way Ahead a lu cette histoire en esprit, chapitre par chapitre, jusqu’à la toute dernière page, il ferme le livre et voit l'illustration sur le dos de la couverture. Il est (à l'image miroir) exactement le même paysage que sur la page de couverture avec une seule différence: l'être humain qui se tenait avant, est maintenant disparu; il a été « enlevé de la Terre ». La couverture de l'ouvrage donne une image exacte des conséquences qui seraient destinées, en fin de compte, à suivre la réalisation du contenu du livre.



Notes
1. Depuis le début de l'année, Bill Gates a remis la gestion quotidienne de son entreprise à son gestionnaire Steve Ballmer. À partir de maintenant, il veut se consacrer à son activité favorite, à savoir en tant que visionnaire et architecte de logiciel.
2. Rudolf Steiner: "La responsabilité de l'Homme pour le développement mondial" (GA 203), Lecture du 11 mars 1923.
3. Il va sans dire que ces "vraies images" ne peuvent qu’être banales dans le cadre d'une activité commerciale film de science-fiction.
4. Parler de la victoire sur Ahriman (ici nous parlons uniquement de la sphère d’Ahriman) en utilisant l’expression "explosion" est bien sûr très trompeuse, et n’est compréhensible que figurativement en termes d'images du monde de la science-fiction. Il n’y a pas là non plus aucune technophobie anachronique. Tout ce qui est nécessaire est un sain équilibre entre le développement extérieur et intérieur.
5. Bill Gates: The Way Ahead. Ces références à Bill Gates ne sont pas destinées à mettre en place des objets de haine superficiels. Elles ne servent pas non plus à susciter l’antipathie contre Bill Gates en tant que personne, qui serait tout à fait hors de propos. C'est seulement une tentative pour contribuer à une compréhension spirituelle des événements de notre temps. Gates est simplement une illustration de ce qui se déroule en chacun de nous d’innombrables manières différentes.

Cet article fut traduit en anglais par Graham Rickett de la revue Das Goetheanum Weekly, Nr. 32-33, 6 août, 2000 et légèrement édité par Tom Raines. Remerciements à l'auteur, Ingo Hoppe et Das Goetheanum Weekly pour la permission de publier cette version traduite.

 

LETTRE 2

Ahriman: de l'Atlantide au règne du démon solaire au XXIe siècle

Ahriman : de l’Atlantide à la fin de notre civilisation post-atlantéenne

Cet article est la deuxième partie d’un triptyque portant sur le rôle de Lucifer, Ahriman (Satan), la Bête Sorat et ses démons Asuras dans l’évolution humaine. Selon l'Anthroposophie, le courant spirituel initié par le philosophe et guide spirituel Rudolf Steiner, l’humain et la Terre évoluent spirituellement, or la liberté humaine ne peut s’exercer que dans la tension créatrice entre les pôles opposés, non pas du « bien » et du « mal », mais de Lucifer et Ahriman (Satan) , croissance et mort, chaud et froid, création et destruction, mysticisme exalté et matérialisme scientiste. Pour comprendre le déroulement de l’évolution humaine, il faut appréhender l’histoire comme étant l’expression extérieure de métamorphoses spirituelles.

Ahrimane en Atlantide
Au milieu de l’Époque lémurienne , Lucifer a introduit l’égoïsme dans l’homme, dans ses désirs, provoquant sa Chute. Au milieu de l’époque atlantéenne, en même temps que le germe du moi se durcissait, la possibilité du mal apparut - contre laquelle le Christ a implanté la loi morale du karma : la rétroaction des actes, paroles et pensées sur leur émetteur. Une partie de l’humanité a commencé à se réincarner en Lémurie, mais une autre partie est restée dans les mondes spirituels, en attendant les conditions matérielles plus denses de l’Atlantide pour s’incarner dans un corps doté d’un cerveau plus matériel, permettant de développer l’intellect individuel. C’est ce qu’exprime le récit biblique des « fils de Dieu » (fils d’Abel-Seth) qui s’unirent aux « filles des hommes », « filles de Caïn ». De cette union naquirent des géants, les rakshasas, qui séduisirent les Atlantes en leur enseignant les rudiments de la magie, et les menèrent dans les affres cataclysmiques de la magie noire. Ils leur enseignèrent notamment comment se réincarner dans un corps physique créé magiquement en manipulant l’activité de l’éther dans la croissance du corps physique, contournant ainsi le circuit naturel de la reproduction humaine de même que la loi du karma. Des formes humaines grotesques, naines et géantes, comme les Néphilim du récit de la Genèse, furent engendrés par suite de l’abus de ces forces éthériques de croissance. Ainsi, en dévoyant les Mystères atlantes de Vulcain , très attachés à la matière, Ahriman établit les premières écoles de magie noire. Les Atlantes accumulaient et distribuaient la force universelle du Tao, ou Vril, l’éthérique, à travers des réseaux de cristaux géométriquement et géographiquement disposés, dans le but de contrôler les forces des éléments, transporter les individus et les denrées et, sous le contrôle d’élites mégalomanes, pour manipuler l’esprit des masses. Alors que la Lémurie fut détruite par le feu souterrain déchaîné par les passions humaines, l’Atlantide fut inondée par le Déluge (-10 000) causé par l’abus des forces des éléments, mises au service de la magie noire la plus démesurée.

La corruption par Ahriman des Mystères de la grande époque post-atlantéenne
Environ dix mille ans avant notre ère, notre civilisation émergeait du déluge. 6000 ans avant notre ère, en contrepoids à la culture luciférienne omniprésente, des érudits bâtirent des obélisques, des tours de Babel , des tours d’ivoire du haut desquelles ils développaient une science ahrimanienne de l’astronomie et des lois cosmiques. Les mystères commencèrent à dégénérer : les mystères de Mars se changèrent en sacrifices d’enfants, ce que symbolise le Minotaure du labyrinthe de Crète - l’inversion satanique du Temple de Salomon. Les mystères de Vénus, où se pratiquait la prostitution sacrée, dégénérèrent en magie sexuelle. La déviance des Mystères de Vénus est racontée dans la Bible dans la danse de Salomé à la cour du roi Hérode. Pour la récompenser, ce dernier lui concéda un voeux : qu’on lui apporte sur un plateau d’argent la tête de Jean Baptiste. Ce symbole représente aussi les mystères solaires corrompus, le courant « anti-Graal ».

Peu avant l’an 666, des aristotéliciens gnostiques, chassés par l’empereur Justinien, trouvèrent refuge en Perse à Jundi Shapur (Gondishapur), où ils établirent une grande École de sagesse grecque. On y enseignait une haute science anatomique, astronomique, chimique, mathématique et philosophique, éclairée par la Gnose devenue décadente. Les plus grands scientifiques de Jundi Shapur pratiquaient des formes perverties de méditation et de magie au cours desquelles Béhémot, ou Ahriman, leur apparaissait et les inspirait, déversant en eux son génie démoniaque instinctif et intellectualisé à l’extrême. Il leur inspira le matérialisme, la méthode scientifique moderne, le dualisme corps-âme , l’idée que l’âme ne survit pas à la mort et que la pensée n’est qu’un reflet passif de la Pensée universelle. C’est grâce à leur traduction d’Aristote en arabe que celle-ci a pu arriver jusqu’à nous, or ils en ont fait un aristotélisme tronqué, rationaliste et matérialiste. Le but d’Ahriman était de provoquer l’individualisation précoce de l’« âme-conscience », dont le développement ne devait commencer que vers 1414 pour culminer vers l’an 3000. À l’inverse de Lucifer qui fixe notre attention sur le passé (la Gnose) et nous ramène dans l’ancienne clairvoyance passive d’origine atavique, Ahriman veut précipiter le futur dans le présent prématurément. Si l’école de Jundi Shapur n’avait pas été massacrée par les musulmans fanatiques, Ahriman aurait atteint son but et les techniques modernes comme le moteur à explosion, l’électromagnétisme, le nucléaire et l’ordinateur auraient vu le jour en 666, alors que l’humain n’était pas assez mûr pour gérer un tel génie instinctif et automatique. Notre développement spirituel aurait avorté. La famille Ben Jesu a pu échapper au massacre est s’est enfuie à Bagdad, où Al Rachid et plus tard Avicenne et Averroès poursuivirent la tradition rationaliste arabe. De là vient la méthode scientifique moderne de Francis Bacon, qui n’est autre que la réincarnation d’Al Rachid. Bacon a en quelque sorte « tué » le spirituel dans le langage en la réduisant à une donnée pouvant être traduite en code binaire, principe précurseur de l’ordinateur et de l’intelligence artificielle. Bacon imaginait un futur où le progrès scientifique et le confort amené par les avancées techniques établiraient un paradis sur terre, une « nouvelle Atlantide » en Amérique. Depuis quatre siècles environ, le courant souterrain issu de Jundi Shapur répand le matérialisme philosophique et scientifique, préparant ainsi l’incarnation d’Ahriman, autour de l’an 1998. Il apparaît que les mêmes impulsions que celles qui ont mené à l’établissement de l’académie de Jundi Shapur seraient derrière le triomphe du matérialisme historique de Marx dans le marxisme léninisme, qui est à l’origine du bolchevisme. Des intellectuels de Jundi Shapur se seraient réincarnés dans les grands penseurs matérialistes du XIXe siècle. D’autres se seraient réincarnés dans les scientifiques concepteurs de la bombe atomique à Los Alamos, au Nouveau-Mexique. Le matérialisme ahrimanien de Jundi Shapur, en ce qu’il réalise le futur prématurément, est aussi à l’origine du développement de l’ordinateur et de l’intelligence artificielle à Silicon Valley.

En 1332, 666 ans après la chute de Jundi Shapur, deux puissants mages noirs du culte du Taotl mexicain, inversion satanique du Tao de l’Atlantide, se réincarnent en Philipe Le Bel, roi de France, et en le pape Clément V. Ces crapules sanguinaires ont ordonné l’éradication des Templiers et, du coup, de leur projet social digne du plus grand idéal moral . Sous la torture, les Templiers perdirent conscience et leur Ego en fut dissocié. Ce vide fut comblé par Baphomet-Ahriman et, sous l’effet de cette possession démoniaque, les tortionnaires ont pu leur extirper des faux aveux. Ainsi l’histoire officielle des Templiers est un tissu de mensonges.

Philippe Lebel reviendra au quinzième siècle en Ignace de Loyola, fondateur de l’Ordre des Jésuites. Pour les Jésuites, un ordre à la fois militaire et initiatique très élevé, ‘la Fin justifie les moyens’, c’est-à-dire que tous les coups sont permis pour défendre et servir les intérêts de la dictature mondiale de l’Église et du Pape. Leur initiation les endoctrine jusque dans leur fibre la plus intime, la volonté elle-même, que les rosicruciens considèrent comme sacro-saint et intouchable, et donc ne pouvant faire l’objet d’une influence directe.

L’Archange Michaël fit tomber le Dragon pour la première fois dans l’Ancienne Lune , une autre fois lors de la chute des anges de Lucifer, une autre lors de la chute d’Adam par laquelle l’égoïsme pervertit son âme, une autre fois causant des épidémies de bacille, de Peste et de variole, et enfin une dernière fois en 1879, en jetant les Esprits des ténèbres, anges et archanges déchus, dans nos têtes, qui sont devenues leur nouveau champ de bataille . C’est Lucifer qui a été jeté des mondes spirituels dans la tête des hommes; Ahriman, lui, vient de sous terre. Depuis 1879, des êtres ahrimaniens s’incarnent dans des individus hauts placés des sphères politico-économiques et influencent leur volonté inconsciente de façon à ce que le système global réprime toute impulsion de renouveau social. D’autres êtres ahrimaniens influencent l’intellect des matérialistes, d’autres ravalent l’humanité à son identification à la race et à la nation, d’autres enfin sont en fait les âmes de défunts qui, à cause de leur paresse, de leur matérialisme ou de leur immoralité, sont temporairement utilisés par Ahriman comme des instruments de destruction. Michael respecte à ce point notre liberté qu’il ne peut rien faire pour nous sauver du Dragon si nous ne le combattons pas en nous-mêmes. Or il faut comprendre qu’il ne s’agit pas d’éradiquer le mal mais de le transformer.

L’influence d’Ahriman est sans cesse croissante. Son domaine étant la matière, il inspire la pensée matérialiste, non pas seulement le consumérisme, mais aussi l’entendement du monde qui considère que les phénomènes matériels ont des causes strictement physiques ou chimiques. Ahriman soude la pensée au cerveau, enchaînant l’individu au matériel. La pensée devient alors passive, un pâle reflet des impressions sensorielles, et l’homme pense alors de façon abstraite, aride et intellectuelle, se percevant comme un animal intelligent (darwinisme) ou une machine biologique. Si Ève est séduite par le Serpent séducteur, le feu luciférien des passions, l’homme a la propension à servir Ahriman-Satan, Méphistophélès, l’intellect rusé et calculateur. Lucifer est chaud et gonfle l’égoïsme ; Ahriman est froid et sans âme. Ahriman voudrait pouvoir bloquer toute évolution spirituelle, nous enfermer dans la quête de confort, de plaisirs, d’avoirs, de savoirs, de pouvoirs, de prévisibilité, de structure, de formalité.

Le Gardien du Seuil
Le Seuil du spirituel se trouve à l’intérieur et à l’extérieur de soi : à l’intérieur c’est l’écran de la mémoire, à l’extérieur c’est le voile des apparences, la Maya. L’humanité a franchi le Seuil au début du vingtième siècle, avec la fin du Kali-Yuga et le retour éthérique du Christ qui, apportant avec lui les nouvelles facultés de clairvoyance permettant de le percevoir, annonce le début du nouvel âge de lumière. Or parce que l’humanité était mal préparée à cette traversée, les frontières du Seuil, qui normalement gardent les éléments subconscients sous le seuil de la conscience, ne sont plus aussi étanches qu’avant. Voilà qui explique la montée des troubles anxieux et des maladies mentales, qu’on doit comprendre comme un signe des temps. Le Gardien du Seuil nous cache le monde invisible, qu’on ne saurait voir sans frémir. On ressent sa présence lorsque, en s’approchant du Seuil, on est pris d’un brûlant sentiment de honte. En effet, le Gardien étant le produit des actes de nos vies antérieures et de notre vie présente, il se charge que notre karma nous revienne en bonne et due forme, du moins tant qu’on refuse de prendre sur soi cette responsabilité. Le Gardien est donc notre Double et il nous incombe de le transformer. Le double est un agrégat d’élémentaux constitués de nos pensées et impulsions de volonté qu’on ne maîtrise pas, dont on est inconscient, que l’on n’a pas transformé. Il faut toutefois prendre garde, car voir le Gardien en face, cette image hideuse de soi-même, est une expérience terrifiante, voire dangereuse. C’est pourquoi une préparation morale adéquate est exigée avant de franchir le seuil par des moyens occultes. Si la pensée logique et la conscience morale ne sont pas assez fortes au moment de franchir le Seuil, une entité ahrimanienne entre en nous à notre insu, sous le seuil de la conscience, d’où elle nous influence. On revient alors avec un passager clandestin à son bord. Lorsqu’un scientifique étudie les propriétés de la matière, il déchire le voile des apparences sensibles et franchit le seuil séparant le matériel du spirituel pour déboucher dans le monde soi-disant subatomique, la sous-nature , le royaume des élémentaux ahrimaniens. Inconscient de l’existence de tels êtres, il en est d’autant plus vulnérable qu’il regorge de pensées matérialistes. Sous leur influence, il se sent plus intelligent, rusé et astucieux. Dans le meilleur des cas, il peut recevoir une idée d'invention géniale; dans le pire des cas, il devient « savant fou » ou même un tueur sadique. Caligula et les Césars ont exigé l’initiation sans préparation et sont devenus des tyrans mégalomanes. En l’absence d’un juste sens moral, l’individu devient haineux, dominé par un intellect mis au service de ses instincts de destruction.

La huitième sphère
Derrière notre monde se dresse un monde artificiel et spectral créé par Lucifer et Ahriman : la huitième sphère. Lucifer a initié la création de la huitième sphère en préservant illicitement des « imaginations » de l'Ancienne Lune, le stade planétaire précédant la Terre actuelle. Ahriman matérialise ces « imaginations » en les remplissant de substance minérale et de forces éthériques volées à la Terre et à l’homme. Lucifer et Ahriman tentent d’attirer à eux un maximum d’âmes humaines et de matière terrestre, dans le but de faire avorter la transformation de la Terre en la future Jupiter – aussi appelée « Nouvelle Jérusalem », pour créer à la place la planète d’Ahriman, la huitième sphère. Lucifer et Ahriman s'emparent surtout de la matière de la tête, la matière la plus spiritualisée de tout le corps, et des forces éthériques qu’ils matérialisent. Pour empêcher que trop de matière terrestre et cérébrale ne tombe aux mains de Lucifer et Ahriman, l’Élohim Yahvé-Jehovah a créé la Lune comme contrepoids à la huitième sphère.

L’intensification du phénomène ovni est un signe de l’incarnation imminente d’Ahriman. Les ovnis et les soi-disant extraterrestres sont des élémentaux (gnomes, sylphes, nymphes, fées, etc.) déchus. Ils ont un corps éthérique et astral, mais leur volonté est entièrement dirigée par des hiérarchies angéliques déchues. Ahriman matérialise l’éthérique, causant ainsi la chute d’un grand nombre d’élémentaux dans les couches souterraines de la Terre, dans la sous-nature, constituée des forces éthériques déchues. Ce ne sont donc pas des extraterrestres mais des intraterrestres. Les élémentaux déchus cherchent à se matérialiser pour échapper à l’implosion de leur race. Ils enlèvent des humains pour voler les forces éthériques liées aux organes reproducteurs, placer des implants agissant (par électromagnétisme) dans le système nerveux et sensoriel des victimes, et pour se nourrir des forces de l’âme, qu’ils n’ont presque pas développées. Ils sont de la même nature que le double et collaborent avec lui. Séduits par Ahriman, qui tente de nous entraîner dans la sous-nature, ils veulent s’emparer de la Terre et faire de nous leurs esclaves au lieu de suivre leur destin d’humains du futur. Si un nombre grandissant d’élémentaux choit dans la sous-nature et se retourne contre nous, c’est par notre faute, parce que l’égoïsme des technologies les fait choir et les « coince » dans la machine, dans la sous-nature. On peut les aider à retrouver la voie ascendante en pratiquant la Science Spirituelle (clairvoyance, vision dans l’astral), l’Art Objectif (clarté du sentiment et clair-audience dans l’éthérique), et enfin par la Technique Morale (clarté du vouloir et magie blanche, qui agit en transformant le physique).

Steiner a révélé que les loges occidentales égoïstes répandent sciemment une culture matérialiste pour exercer une certaine influence sur les masses. Après la mort, les individus matérialistes se retrouvent prisonniers de ces loges qui les utilisent pour leurs propres fins. Le spiritisme et la médiumnité, diffusant un « matérialisme spirituel », seraient des mises en scènes des loges occidentales ahrimaniennes. Tout penchant pour le matérialisme (le scientisme, la science-fiction), incluant le matérialisme spirituel (le spiritisme, la médiumnité) incline vers la huitième sphère, où les âmes restent prisonnières. Steiner dit que « prêter l’oreille aux annonciations merveilleuses des clairvoyants visionnaires est la manifestation d'un amour pervers pour la huitième sphère ». Les régressions sous hypnose, les « thérapies de vies antérieures », les expériences de transe, de médiumnité, de double vue ou de « remote viewing » (double vue), etc., témoignent de cette alchimie négative par laquelle de la substance terrestre et du cerveau humain sont transférés dans la huitième sphère. Les hallucinations causées par une disposition pathologique du corps, la prise de drogues ou la pratique d’anciennes techniques de yoga, que l’homme moderne doit éviter, sont de même nature, synthétique et artificielle, que la huitième sphère. L’ancienne clairvoyance instinctive, passive, visionnaire et d’origine atavique n’est rien de plus qu’une régression à l’état de conscience de l’Ancienne Lune, le stade planétaire précédant la Terre actuelle. Il faut acquérir la pensée logique pour développer une science spirituelle clairvoyante exacte. Les clairvoyants naturels manquant de pensée logique, qui seule permet de discriminer le réel de l’illusoire, s’égarent dans leurs visions, comme autant de symptômes de la perte de leur volonté individuelle et de leur libre-arbitre dans la huitième sphère. Dans la médiumnité, par exemple, des élémentaux ahrimaniens, dotés d’une intelligence extrême, investissent le cerveau du médium alors que son propre Ego s’est éclipsé. Les êtres qui répondent aux questions sont des élémentaux ahrimaniens liés à notre futur. Leur tâche est de transmettre les achèvements techniques d’une génération à l’autre. Lorsqu’ils s’infiltrent dans un médium, ils délaissent leur tâche normale et s’emmêlent dans le présent. Des informations tout à fait justes peuvent être révélées par la médiumnité, mais celle-ci n’est pas une voie d’ascension spirituelle légitime . Les élémentaux ahrimaniens s’infiltrent dans le médium via ses émanations chimiques, que les parapsychologues appellent ectoplasme. À ce stade, un processus s’apparentant à la magie noire s’enclenche. Les médiums n’en sont pas conscients, mais le mage noir l’est lorsqu’il conjure des élémentaux ahrimaniens, ses esprits familiers, à entrer dans ses émanations pour servir sa magie. Il se passe quelque chose de semblable dans l’hypnose : les suggestions de l’hypnotiseur déversent subtilement une charge éthérique dans l’hypnotisé, de sorte que toutes les arrières pensées de l’hypnotiseur, même non-dites, sont reflétées dans l’esprit passif du patient. L’hypnose viole carrément le libre-arbitre et la volonté individuelle en transgressant les barrières de la conscience éveillée. C’est un jeu très dangereux qui mène ses pratiquants dans la huitième sphère, où ils resteront liés l’un à l’autre jusqu’à ce que ces liens soient dissous par la prise de conscience mutuelle du tort causé. La psychanalyse est tout aussi dangereuse.

Aujourd’hui, tout est administré par des ordinateurs reliés en réseau par câble à haute vitesse, fibre optique, ondes radio ou satellites. Ces derniers, en plus des fax, des ondes émises par les téléphones portables, télévisions, radars, guidage de missile, etc., bombardent l’atmosphère et le cosmos de milliards d’ondes électromagnétiques, faites de séries de 1 et de 0, utilisant la dualité du magnétisme et de l’électricité. Une entité gargantuesque est née : l’araignée du Net, faite de l’activité collective et « consciente » de tous les ordinateurs en réseaux. La pensée, après avoir été vidée de tout contenu spirituel par le système binaire, commence à nouveau à s’emplir d’esprit, non pas de l’esprit des puissances divines mais de celui des êtres ahrimaniens qui habitent le monde souterrain, la sous-nature, constituée des forces mécaniques, électriques, magnétiques, nucléaires, et veulent nous y entraîner. Comme Ahriman qui veut posséder la planète, des démons ahrimaniens viennent de sous terre pour envahir notre monde et nous remplacer . Ainsi, un Double ahrimanien entre en nous peu avant la naissance. Le Double a son point d’impact dans l’électricité du système nerveux, liant ainsi notre pensée aux forces sous-naturelles de l’électromagnétisme géographique, d’une part, et des machines, d’autre part. Dans le développement technologique, le technicien n’est que l’instrument du Double ; seule l’intelligence des démons ahrimaniens comprend les ordinateurs.

L’influence d’Ahriman sur les rapports qu’entretiennent les humains avec la nature entraîne un nombre croissant de cataclysmes : éruptions volcaniques, inondations, tremblements de terre, par lesquelles les élémentaux manifestent qu’il est grand temps que nous nous éveillions à leur existence. Selon l’anthroposophe Bernard Lievegoed, le sommet d’activité des cataclysmes et du règne d’Ahriman se situe entre 2020 et 2040. L'Abîme sera grande ouverte, les démons vont entrer par milliers. Un règne totalitaire sera instauré, qui fera pâlir le national-socialisme et le bolchevisme. Manu sera réincarné pour mener la résistance, or sa seule présence ne garantit pas la victoire. Ahriman aussi sera incarné dans un humain. Toutes nos pensées, paroles et gestes influencés par les entités ahrimaniennes et lucifériennes concourent à la formation des corps physiques, éthérique et astral d’Ahriman. Ahriman est aussi incarné « macrocosmiquement » dans le réseau artificiel de l’électronique. Selon l’anthroposophe Patrick Steensma, sept aspects caractérisent la préparation de l’incarnation humaine d’Ahriman: 1) la suprématie de la pensée abstraite, à l’origine d’une vision du monde matérialiste et mathématique ; 2) la « congélation » des savoirs dans des archives, empêchant ainsi qu’elle ne vive dans nos coeurs; 3) la foi dans le quantitatif et les statistiques ; 4) l’activité intellectuelle ennuyée et dépourvue d’enthousiasme ; 5) les « guerres de clocher » et le nationalisme ; 6) l’interprétation fondamentaliste des Écritures, qui, par son unilatéralisme, mène à une conception erronée d’un Jésus strictement humain, à une hallucination sans lien avec le Christ réel; 7) l’établissement d’écoles d’occultisme visant le réveil chaotique et sans préparation adéquate de la clairvoyance d’origine héréditaire, qui est atavique, illusoire et hallucinée, tel qu’on peut le constater actuellement dans la tendance à chercher la clairvoyance et la médiumnité dans les lignées héréditaires.

D’ici la fin de la cinquième époque culturelle, qui s’étend de l’an 1414 à 3577, vont émerger trois nouvelles facultés spirituelles, qu’Ahriman veut faire dévier : l’occultisme eugénique en Orient, l’occultisme hygiénique en Europe et l’occultisme mécanique dans l’Ouest. Elles devront être développées par l’effort et se contrebalancer mutuellement dans le futur. Selon Steiner, l’« expérience socialiste » aurait été planifiée par des sociétés secrètes occidentales détenant de grands secrets concernant le futur de l’humanité, dans le but de saboter la mission spirituelle de l’Europe de l’Est . L’Europe de l’Est est en effet destiné à développer les facultés d’hygiène psychique, une médecine de l’âme qui tient compte de l’influence des morts sur la santé des vivants. La vaccination contre toutes les maladies imaginables est un autre facteur nuisant au développement de cette faculté : en évitant l’expression des maladies karmiques, le karma se manifeste par un mal-être et une perte de sens qui nuisent au développement de l’âme. La croyance en une réalité spirituelle sera considérée comme une maladie mentale et le potentiel de développement psychique et spirituel sera dépisté dans les gènes et interprété comme une « disposition à la maladie mentale » nécessitant une médication appropriée.

Le développement de l’eugénisme occulte est donné instinctivement aux Orientaux. L’eugénisme occulte est dévoyé par l’utilisation des forces duelles, notamment celles du bien et du mal, du Sagittaire, ou forces de Minuit, dans le but de favoriser l’incarnation d’âmes mauvaises. La faculté eugénique occulte éclairée par une compréhension spirituelle des lois astrologiques de la naissance permettra au contraire de favoriser la naissance d’individus moraux. Les soi-disant “extraterrestres” s’arrogent le développement de l’eugénisme occulte en étudiant le clonage et la génétique .

Le mécanisme occulte qui sera développé en Amérique permettra de mettre des machines en mouvement en vertu de la loi de résonance que découvrirent John Keely, Wilhelm Reich et Nicolas Tesla au début du XXe siècle. La technique morale, forme de magie blanche, sera développée par certains individus qui pourront mettre des machines en marche en leur transférant « comme par magie » les ondulations rythmiques cosmiques des constellations de la Vierge et du Poisson, qui sont les forces du Matin et du Soir. Cette faculté leur viendra de leur qualité morale exceptionnelle, laquelle leur permettra de diriger l’action des bons élémentaux qui les entourent en permanence. Le développement déviant, égoïste et unilatéral des forces de l’occultisme mécanique entraînera la mécanisation sociale par laquelle les élites contrôleront les masses en paralysant toute tentative de soulèvement. Ahriman veut étendre cet occultisme mécaniste à toute la planète pour écraser le développement des deux autres facultés et s’arroger leurs pouvoirs. L’imposition des micropuces fonctionnant au moyen de cristaux ainsi que l’utilisation des technologies à extrêmes hautes et basses fréquences électromagnétiques, telles que le projet HAARP pour la manipulation de la conscience humaine, servent un tel agenda. Les loges occidentales ahrimaniennes savent que les forces géomagnétiques exercent une action excitante sur le Double, qui éclipse alors plus facilement l’individu. Elles savent aussi que cette action géomagnétique est très puissante et particulièrement mécanisante - donc puissamment liée à la sous-nature et au double - sur le continent américain, tout particulièrement dans les Rocheuses, le repaire d’Ahriman . Le flux constant d’ondes électromagnétiques dans lequel on baigne, couplé à l’effet excitant du géomagnétisme sur le Double, nous lie aux machines et aux entités ahrimaniennes telles que le Double. À proximité des machines émettant de l’électromagnétisme, les terminaisons nerveuses sont durcies et « meurent » car l’électricité et le champ magnétique font sortir des nerfs tout ce qui est spirituel. La pensée sera donc de plus en plus ahrimanienne. À l’avenir, l’homme et la machine seront de plus en plus étroitement liés. Sous l’assaut des forces ahrimaniennes, les humains risquent de perdre contact avec le spirituel et de se lier à la sous-nature, sur une voie d’émancipation descendante, contraire à la voie d’ascension spirituelle de la Terre. Une race matérialiste, animale et sans âme est déjà en train de naître . Elle mènera la technoscience à son paroxysme, et ce dans tous les domaines. Ahriman fait déjà miroiter à ses « élus » le pouvoir que leur procurera ces technologies : « Si vous combinez tous les ordinateurs en réseaux, vous aurez l’omniscience, et vous pourrez contrôler le monde, être tout-puissants! ». On assiste présentement à la répétition karmique du désastre de l’Atlantide, avec son obsession du pouvoir et du contrôle absolu, sur un continent américain imprégné à satiété de résidus subtils de l’ancienne magie noire atlantéenne. En plus de favoriser le développement technologique, les loges occidentales répandent des courants de pensée matérialiste et intellectualiste, qui, allié à l’omniprésence des technologies et au géomagnétisme, durcissent l’éthérique et permettent au Double éthérique ahrimanien de nous dominer. Ces initiés des loges occidentales développent les forces de la pensée, les forces astrales de la tête, symbolisées par l’Aigle. Les circonvolutions du cortex cérébral, qui ressemblent à des plumes d’oiseau, sont une expression du processus alchimique sel (cristallisant) dans le cerveau et l’activité de la pensée. Les initiés ahrimaniens poussent à l’extrême ce processus en soudant l’intellect à la matière via la pensée abstraite, investissant ainsi leur pensée des forces destructrices et mécaniques de la sous-nature. Ahriman les séduit en leur promettant une puissance sans limite : « O Homme, Connais-moi. Je te donnerai le Pouvoir de créer un monde, dans ta Tête. » Pris dans un intellect déconnecté de la réalité, l’initié développe la clairvoyance primitive, atavique, au niveau de sa volonté inconsciente, où des entités ahrimaniennes le manipulent. D’autre part, Ahriman dévoie les forces de l’Aigle christique - que les gnostiques placent au sommet de l’Arbre de Vie -, liées au développement futur de l’Homme-Esprit , les transformant en forces de l’Aigle déchu, le Scorpion, symbole d’Ahriman. Ahriman saisit les forces du futur et s’en sert pour séduire les hommes et les élémentaux. Pour ses « élus », les initiés Illuminati, Ahriman offre l’immortalité ahrimanienne. Il faut pour cela que l’individu se soumette à divers rites apparentés à la franc-maçonnerie par lesquels le corps éthérique de l’individu et du continent sont durcis. C’est à l’intérieur de cet éther durci qu’après sa mort la personnalité de l’initié mène une sorte de demi-vie artificielle au sein d’une loge « VIP », gracieuseté d’Ahriman. Les membres de ces fraternités peuvent aussi contourner le circuit naturel de la réincarnation et du karma pour se former illicitement un nouveau corps physique et s’incarner à volonté. Que le durcissement de l’éthérique soit recherché consciemment par les initiés de telles fraternités ou qu’il soit subi inconsciemment par les populations, l’individu reste, après la mort, prisonnier de son corps éthérique et soudé à la Terre au lieu de s’élever normalement dans les sphères planétaires. En combinant technologie et art occulte, il sera possible de créer des machines qui utilisent littéralement les esprits des défunts retenus dans ces loges : par des procédés maléfiques, les morts seront irrésistiblement attirés dans le champ électromagnétique de la toile de l’intelligence artificielle, pour être illicitement introduits dans la vie humaine par la voie du signe zodiacal des Gémeaux, lié au binaire, à la polarité du magnétisme nord-sud et de l’électricité. Les élites se serviront de ces machines mues par les forces cosmiques des Gémeaux pour exercer leur influence sur toute la planète. Dans le futur, l’être-araignée de l’intelligence binaire informatique n’aura plus besoin de réseaux de machines séparées : elle aura pour fondement les champs magnétiques et électriques de la Terre elle-même, la transformant, par les forces mécanisantes des Gémeaux, en un véritable mécanisme automatique habité par des démons. Les vibrations humaines intellectualistes et mécaniques vont entrer en résonance avec le cosmos, déclenchant d’incontrôlables réactions en chaînes dans l’atmosphère, un pivotement de l’axe terrestre, voire même une désynchronisation des cycles cosmiques eux-mêmes! Dans les siècles à venir, le pouvoir de l’esprit sur la matière sera devenu une réalité. On aura découvert que la pensée est la face intérieure de l’atome et que ce dernier n’est en fin de compte que de l’électricité congelée. Puisque l’intellect et l’influx nerveux sont liés aux forces sous-naturelles, infernales, de l’électricité et de l’atome, et parce que l’intellect est une force de destruction, on pourra créer et détruire par la seule pensée. Le réveil de la clairvoyance, la découverte du pouvoir de l’esprit sur la matière et l’exploitation des âmes des défunts dans le fonctionnement de machines « géomagnétiques », sont autant de facteurs menant l’humanité à la guerre de tous contre tous, causant la destruction de la civilisation.

Lorsque, vers l’an 8000, la Lune se réunira avec la terre, les forces durcissantes et pétrifiantes de la Lune vont créer des conditions redoutables qui révéleront finalement aux hommes la vérité au sujet de leur pensée : densifiée dans l’atmosphère éthérique, leurs pensées matérialistes et intellectuelles vont cesser de n’être qu’un fantôme et prendront vie de façon effroyable, recouvrant la terre d’une nuée d’horribles élémentaux artificiels, créés par la pensée, ressemblant à des araignées mécaniques abominablement intelligentes et enchevêtrées les unes dans les autres, un peu comme les machines de l’intelligence artificielle dans le film La Matrice. Les individus qui n’auront pas vivifié leurs concepts matérialistes, intellectuels et fantomatiques resteront prisonniers du mécanisme des entités ahrimaniennes qui s’empareront alors de la Terre et dont ils n’auront pu se libérer. Les hommes qui auront vivifié spirituellement leur pensée s’uniront aux êtres surhumains et semi-angéliques des autres planètes qui descendront de plus en plus sur Terre pour nous aider à développer la science spirituelle .

En résumé, Ahrimane veut s’emparer des forces de vie éthérique de la Terre pour la durcir et créer sa propre planète mécanique, la huitième sphère, où il pourrait régner comme un Dieu avec les élémentaux ahrimaniens, empêchant ainsi la transformation de la Terre en Jupiter, la Nouvelle Jérusalem. Il fait miroiter un rêve aux élémentaux afin de les gagner à sa cause et qu’ils abandonnent le plan divin qui les destine à collaborer avec nous pour spiritualiser la Terre. Toutefois, lors de la réalisation du 666 , la huitième sphère sera jetée dans l’Abîme, comme l’indiquent les symboles apocalyptiques de la chute de la Prostituée de Babylone, du rejet des sept coupes de colère et du Serpent et de la Lune investie de tout le mal, tous deux écrasés sous le pied de la Femme vêtue de Soleil . C’est donc dire que, peu importe les manigances diaboliques qui pèsent sur nous comme une épée de Damoclès au dessus de nos têtes, seuls les êtres humains moraux poursuivront leur évolution spirituelle au-delà du « 666 ».

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Mephitopheles, Asuras
1905 The Occult Movement of the Nineteenth Century
1917 Secret Brotherhoods and the Mystery of the Human Double
1922 Nature Spirits
1923 The Archangel Michaël : his mission and ours


1 Lucifer est un Ange déchu, Ahriman un Archange déchu, les Asuras des Archées déchus et Sorat un Élohim déchu. C’est à Denys l’Aréopagite que Steiner emprunta cette terminologie des neuf hiérarchies célestes, intermédiaires entre Dieu et l’homme (la dixième hiérarchie tout au bas) : les Anges (Gardiens), les Archanges (des Peuples), les Archées (du Temps), les Élohim ou Puissances, les Dynamis ou Vertus, les Kyriotetes ou Dominations (Esprits de Sagesse), les Trônes (Esprits de Volonté), les Chérubins et les Séraphins.
2 Les 7 grandes époques terrestres sont appelées 1) Polaire, 2) Hyperboréenne, 3) Lémurienne, 4) Atlantéenne, 5) post-atlantéenne (la nôtre), plus deux autres ères à venir, l’ère du Verseau et du Capricorne.
3 L’éthérique, ce sont l'ensemble des forces de vie où agissent les forces formatrices d’origine cosmiques organisant et vivifiant la terre et le vivant. Ces forces sont en fait des êtres spirituels : les élémentaux, qui s’occupent de prendre soin de la nature sous l’égide des Dévas, les Anges de Gaïa. Ces êtres n’ont pas de moi indépendant mais ont une âme et règnent dans l’éthérique sur les dites « lois » de la nature (éléments et éthers, cycles journaliers, lunaires, saisonniers et solaires).
4 Les mystères de Vulcain ont donné les sciences et les arts. Les Vulcains, descendants de Caïn, sont le dernier groupe humain à s’être incarné en Atlantide, s’ancrant ainsi plus profondément dans la matière. Dans le futur, ils joueront un rôle important dans le développement de la technique morale, fondée sur la collaboration avec les élémentaux, dans la lutte contre la magie noire et les aberrations technologiques découlant de la trahison des mystères de Vulcain.
5 Cette culture luciférienne fut révélée et diffusée en Lémurie et en Atlantide sous la tutelle des grands guides spirituels de l’humanité, quand l’individualité humaine était encore à un stade infantile. Ils se sont ensuite retirés sur la lune, où ils se trouvent toujours. Ce sont ces maîtres qui ont inspiré la doctrine de la Société Théosophique à madame Blavatsky. Ils jugent les morts et façonnent le karma de leur prochaine vie.
6 Ces tours, qu’on retrouve notamment au Kurdistan, au Tibet, en Perse, au nord de la Mandchourie, à Niger, au Soudan, en Asie mineure, en Syrie, en Mésopotamie, au Turkestan et dans l’Oural, servent de centres sataniques de projections de courants mentaux.
7 Le concile de Nicée de 869 a aboli la tripartition de l’homme en corps, âme et esprit, ne conservant que le corps et l’âme. Les conséquences de ce dualisme se font sentir dans le matérialisme moderne.
8 Le projet social Templier est le modèle premier de la triarticulation sociale selon Steiner.
9 L’évolution humaine/terrestre a traversé les stades de Saturne, Soleil et Lune. Dans le futur, après la présente Terre matérielle, elle traversera les stades de Jupiter (état angélique), Vénus (état archangélique), et Vulcain (état d’Archée).
10 C’est à ce moment que des loges maçonniques, comme des coques vides, ont été envahies par les Esprits des ténèbres et mises au service d’intérêts politiques et économiques liés au nouvel ordre mondial. Le nouvel ordre mondial est un moyen pour Ahriman d’arriver à ses fins.
11 Ces êtres ahrimaniens sont les humains prématurés de la prochaine Terre, que Steiner nomme « Jupiter ». Ils sont le fruit immature de nos impulsions immorales. Au stade de Jupiter, les humains vont aussi rater la marche et déchoir au stade élémental; eux aussi influencent négativement le présent à partir du futur.
12 Les scientifiques qui croient avoir trouvé dans la loi du Chaos les principes organisateurs de la vie et du social confondent les forces chaotiques et destructrices de la sous-nature avec les forces vitales de la nature, l’éthérique.
13 En dehors de la vie et la mort, il y a la possibilité d’existence spectrale, une substance électromagnétique empreinte de sensation et de conscience. Dans la matière spectrale de la huitième sphère, l’individu conserve les propriétés du monde physique, mais son existence n’est plus que virtuelle.
14 La fondatrice de la Société Théosophique, Helena P. Blavatsky, croyait que la lune est la huitième sphère. En réalité, Yahvé s’est sacrifié en créant la lune en opposition à la huitième sphère. Or le mal est bel et bien lié à la lune : des êtres ahrimaniens et lucifériens y sont emprisonnés, et la magie noire se sert des forces lunaires. C’est aussi dans la sphère de la lune que les morts se purgent du mal qu’ils ont commis.
15 Ce sont plus souvent des femmes qui ont un don de spiritisme ou de médiumnité parce qu’elles ont conservé les clés de la clairvoyance atavique de par leur constitution particulière qui les rapproche de leur nature profonde, lunaire.
16 On a des raisons de croire que des personnalités haut placées (politique, finance, corporations) ont été remplacées par des doubles d’eux-mêmes, des simulacres d’humains dotés d’une psyché absolument identique à l’original. Ils seraient secrètement conçus dans le Nevada, qui, comme on sait, est le lieu de prédilection d’Ahriman.
17 Holy Blood, Holy Grail de Baigent, Lincoln et Leigh, source principale du Code De Vinci de Dan Brown, mènent le chercheur sur une fausse piste, une vision matérialiste d’une prétendue descendance mérovingienne de Jésus Christ et Marie-Madeleine. Cela supposerait que le Christ doive s’incarner dans une lignée de sangreal, ou ‘sang royal’, ce qui est faux. Cette interprétation du Graal est grossièrement matérialiste.
18 L’Ordre des Thugs formait des assassins destinés à éliminer des personnalités politiques importantes, de façon à influencer stratégiquement le cours de l’histoire suivant leurs propres intérêts. Grâce à des médiums, les maîtres de l’Ordre de la Main Noire soutiraient de l’esprit de leurs victimes des connaissances capitales concernant le futur de l’humanité. Seul un individu décédé aussi subitement et violemment, vivant une sorte de « naissance spirituelle prématurée » laissant ses facultés intellectuelles intactes, est enclin à révéler ainsi des informations aussi sensibles. L’assassinat de Franz Ferdinand est redevable à l’activité de tels Ordres.
19 En étudiant la matière du corps humain et ses forces formatrices, les soi-disant extraterrestres cherchent les « blocs de construction » qui leur permettront de se maintenir et créer leur propre planète, la huitième sphère. Chacun de ces « blocs de construction » contient le plan complet de la Nouvelle Jérusalem, qui nous permettra de créer notre univers, l’état futur de la Terre appelé Jupiter. À cet effet, la légende franc-maçonnique de la restauration du Temple (la Nouvelle Jérusalem) est prophétique et mérite d’être étudiée.
20 Ce n’est pas un hasard si le lieu de prédilection pour le développement de l’intelligence artificielle et de l’ordinateur, Silicon Valley, est situé en plein dans les Rocheuses : c’est parce que les forces durcissantes de l’éther-vie, très concentrées dans les Rocheuses, permettent à Ahriman de mieux s’ancrer dans le physique. Le NORAD est justement situé à Pike’s Peak, un site éthérique aussi puissant que Stonehenge. Les bases militaires souterraines américaines sont concentrées en Californie, au Nevada, au Nouveau-Mexique, Arizona, Utah, Colorado, où justement un grand nombre d’apparitions ovni sont rapportés chaque année.
21 Un individu incarné dans cette race peut toujours être racheté. Une race peut être sur le déclin mais la réincarnation de l’ego n’est pas déterminée par la race, elle en est indépendante.
22 L’homme est doté d’un corps physique, éthérique et astral. Par le travail du moi, dans l’âme de sensation (astral), l’âme pensante (éther) et l’âme de conscience (physique), on devra transformer les corps inférieurs en corps supérieurs : l’astral en Esprit-Soi (manas), l’éthérique en Esprit-Vie (buddhi) et finalement le physique en Homme-Esprit. Le développement de ce dernier ne commencera que la dans septième et dernière époque culturelle (5737-7897) de notre ère post-atlantéenne.
23 Ces loges détiennent les secrets de la cristallisation de la matière par l’éther-vie et cela leur permet d’influer sur la formation de l’ADN en se servant du pouvoir de l’or afin de forcer l’introduction de l’esprit dans la matière. Elles peuvent ainsi, à l’aide de pratiques héritées de l’ancienne magie noire atlantéenne fondées sur le pouvoir des formes géométriques appliquées aux courants éthériques géographiques, s’incarner et s’excarner à volonté grâce aux forces du Midi, celles des Gémeaux, via la porte du treizième signe zodiacal, celui du Serpent.
24 « Vulcain » désigne le niveau planétaire ou extraterrestre le plus rapproché de la Terre. Des êtres surhumains de Vulcain ont commencé à s’incarner dans l’humanité depuis 1879, soit en même temps que la Chute des Esprits des Ténèbres terrassés par Michael. Les êtres de la Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne, feront de même dans le futur. Il faut d’abord préparer le terrain en cultivant la science spirituelle pour que leur influence bénéfique se manifeste dans le renouveau de la vie sociale.
25 Le 666 se réalisera dans le sixième stade de développement planétaire, l’ère de Vénus, succédant à Jupiter.
26 Révélation (Apocalypse) de Jean 12:1. 16 :1. 18 :2.

 

LETTRE 3

 

le « Moi » : son origine spirituelle, son évolution, son environnement,

 

 

Le fait christique et les esprits retardataires : Lucifer, Ahriman, les Asuras.

 

avant-propos:

 

On pourrait placer la « Science de l’Esprit » sur le même plan que les autres conceptions du monde : matérialisme, monisme, spiritualisme, idéalisme, réalisme, etc.

On pourrait la considérer comme un moyen de satisfaire la simple curiosité. Il ne peut en être ainsi.

 

Grâce à la Science de l’Esprit, nous disposons d’une richesse vitale ne contribuant pas à la seule satisfaction intellectuelle, à notre soif de connaître mais constituant un facteur vital de notre existence même.

Nous avons acquis le degré de développement actuel grâce à des entités occupant un rang plus élevé que le nôtre.

Rappelons-nous que nous avons acquis le degré actuel de développement de notre vie affective, de notre vie volontaire, de notre intelligence, de notre forme, grâce à la contribution dans notre existence terrestre d’entités occupant dans l’univers un rang bien plus élevé que le nôtre.

Nous savons que sur Saturne, les Trônes ont déversé leur propre substance créant ainsi la première ébauche de notre corps physique ; que sur l’ancien Soleil, les Esprits de la Sagesse nous ont donné le corps éthérique ; que sur l’ancienne Lune, les Esprits du Mouvement nous ont donné notre corps astral ; qu’ensuite, sur la Terre, les Esprits de la Forme nous ont donné le « Je » (le Moi), afin que nous nous distinguions de notre environnement et puissions, d’une certaine manière, devenir un être autonome.

 

Les entités lucifériennes s’installent dans notre corps astral (corps du désir)

 

Grâce à ces Esprits de la Forme, nous devenons des êtres autonomes face au monde extérieur mais pas des êtres autonomes vis-à-vis de ces Esprits eux-mêmes ! Nous serions restés dépendant d’eux comme tenus par un fil et guidés par eux si, à l’époque lémurienne, les entités lucifériennes ne s’étaient pas opposées à ces Esprits de la Forme en nous offrant la perspective de la Liberté. Comment ont-elles procédé ? Elles se sont installées dans notre corps astral (corps du désir), notre constituant le plus intérieur reçu en dernier lieu sur l’ancienne Lune ; elles (les entités lucifériennes) nous donnent ainsi la perspective de la Liberté mais, en même temps, elles nous donnent la possibilité de céder aux passions, aux désirs. Si ces entités lucifériennes n’étaient pas intervenues, les Esprits de la Forme auraient pris possession de notre corps astral lui imprimant des forces nous modelant à leur image, à l’image des dieux ; nous serions devenus dépendant de ces Esprits de la Forme tout au long de notre existence, pour l’éternité. Ainsi, deux sortes d’entités agissent dans notre corps astral : celles qui veulent nous faire progresser suivant le plan de Dieu, et celles qui s’opposent à cette progression mais nous confèrent l’autonomie intérieure.

Si les entités lucifériennes n’étaient pas intervenues, nous aurions conservé dans notre corps astral l’état d’innocence et de pureté ; nous aurions éprouvé constamment la nostalgie des royaumes spirituels dont nous étions issus ; nous n’aurions pas pris plaisir à notre environnement ; nous aurions été dans l’impossibilité de nous intéresser aux impressions terrestres. Cet intérêt, ce désir d’impressions terrestres nous le devons aux entités lucifériennes qui nous ont enfoncés dans la sphère terrestre en pénétrant notre corps astral. Comment se fait-il que nous ne soyons pas devenus l’esclave des intérêts et désirs du monde des sens ?

Sous l’action des Esprits de la Forme, la maladie, la souffrance a été la conséquence de nos excès. C’est ainsi que dans le monde, existe un équilibre entre souffrance, maladie, mort et intérêt pour le seul monde physique. Si nous avions suivi uniquement les Esprits de la Forme nous n’aurions commencé à voir notre environnement que vers le milieu de l’ère atlantéenne et nous l’aurions perçu comme la manifestation d’êtres spirituels. Sous l’action luciférienne, nos passions, notre attirance pour le monde des sens nous ont ouvert les yeux prématurément, nous laissant voir tout notre environnement sensoriel.

 

Les entités ahrimaniennes s’introduisent dans notre corps éthérique

 

C’est ainsi que vers le milieu de l’ère atlantéenne, les Esprits ahrimaniens se sont introduitsdans ce que nous pouvions voir et comprendre ;ils se sont introduits dans notre corps éthérique (corps vital), nous amenant à considérer tout ce qui nous entourecomme de pures réalités matérielleset à ne pas percevoir au travers de cette substantialitéle spirituel qui la sous-tend.Si nous voyions le spiritueldans chaque pierre,dans chaque plante,dans chaque animal,nous n’aurions jamais été sujets à l’erreuret, de ce fait, au mal. C’est à ces cohortes ahrimaniennes que nous devonsd’être tombés dans l’erreur, dans les illusions ; au point quesi une mesure de correction n'était pas intervenue nous nous serions indissolublement liés à l'erreuret n'aurions pu progresser ;chaque erreur nous aurait fait régresseret nous n'aurions pu atteindre notre but.Quelle a été cette mesure de correction ?Les entités spirituelles du progrès nous ont donnés la capacitési nous le voulons de compenser nos erreurs et d'en venir à bout.

Cette capacité, c'est le karma. Nous n'avons pas à craindre le Karma ; soyons en reconnaissants au monde divin! Car le karma nous dit :

« On ne brave pas Dieu impunément !

Si tu as commis une erreur, il faut récolter ce que tu as semé. Cette erreur peut être réparée, ainsi elle sera extirpée de ton karma et tu feras un pas en avant ». Sans le karma, nous ne pourrions progresser au cours de l'existence. Le karma se révèle être un bienfait permettant de corriger toute erreur, d'annihiler toute régression. Ainsi le karma fait suite à l'action d'Ahriman.

 

Le karma permet de compenser les erreurs éthériques ; la maladie, la souffrance, la mort (qui en découle)permettent de compenser les erreurs astrales.

 

Les entités Asuras s’introduisent dans la conscience, dans le « Je ».

 

Tout comme Lucifer est intervenu à l'ère lémurienne, tout comme Ahriman est intervenu à l'ère atlantéenne, ainsi d'autres Entités vont intervenir à notre époque post-atlantéenne. Le corps physique a été ébauché sur l'ancien Saturne, le corps éthérique l'a été sur l'ancien Soleil, le corps astral sur l'ancienne Lune

Qu’est-ce qui se forme en nous, à présent sur Terre ? Au corps astral, s'est jointe l'âme de sensation qui en est une transformation inconsciente et dans laquelle Lucifer s'est installé. Au corps éthérique, s'est joint l'âme d'entendement qui en est aussi une transformation inconsciente et dans laquelle Ahriman s'est installé; à partir de cette âme, il suscite en nous des jugements erronés. Au corps physique, s'est jointe l'âme de conscience qui en est aussi une transformation inconsciente et dans laquelle vont s'installer de plus en plus les Asuras. Les Asuras vont donc s'installer dans le « JE » car le JE se déploie dans l'âme de conscience.

Le mal apporté par les esprits lucifériens conjointement au bienfait de la liberté sera entièrement éliminé au cours de l’évolution terrestre. Le mal apporté par les esprits ahrimaniens peut être aussi éliminé par le processus karmique. Mais le mal apporté par les puissances asuriques ne sera pas aussi facilement éliminé au cours de l’existence terrestre. Les Asuras s’attaquent à ce que l’Homme a de plus profond à son âme de conscience avec le « Je » suscitant l’union du JE au sensualisme de la Terre. Le « JE » sera arraché morceau par morceau ; et dans la mesure ou les Asuras se seront fixés dans l’âme de conscience, l’homme laissera sur terre des morceaux de son existence. Notre époque nous invite à maîtriser les forces ahrimaniennes ; elles sont de plus en plus  actives ; l’incarnation d’Ahriman s’est faite au début de notre troisième millénaire ; malgré cela nous pouvons en tirer du positif christique dans la mesure où nous le reconnaissons pour le mettre à notre service.

 

A notre époque, les Asuras s'annoncent par l'état d'esprit qui sévit, état d'esprit s'attachant à la seule vie des sens, oubliant les véritables entités et les mondes spirituels. Dire actuellement que les Asuras induisent l’homme en tentation est quelque peu théorique. Pour le moment, ils font miroiter l’image trompeuse que le « Je » n'est qu'un produit du monde physique ; ils lui font miroiter une sorte de matérialisme théorique. Mais ultérieurement, ils obscurciront la vue des hommes au sujet des êtres et des puissances spirituels ; ceci se manifestera de plus en plus par une débauche croissante, par une sensualité effrénée envahissant la terre. L'homme ne saura plus rien et ne voudra plus rien savoir d’un monde spirituel. Il enseignera toujours plus que les idées morales les plus élevées ne sont qu'une accommodation des pulsions animales. Il ne se contentera pas d'enseigner que la pensée humaine n'est qu'une modification d'une faculté animale, d'enseigner que l’homme, tant par sa constitution que par tout son être, descend de l'animal, mais prendra ces considérations au sérieux et vivra conformément à elles.

Actuellement, personne ne vit encore en accord avec l’idée que 1'homme, par essence, descend de l'animal, mais une telle conception règnera absolument, amenant les humains à vivre comme les bêtes, à s'enfoncer dans les pulsions et les passions animales. Et bien des choses qu'il n'est pas nécessaire de caractériser ici, qui se déroulent déjà dans les grandes villes sous forme d'abominables orgies de sensualité dépravée, nous font déjà entrevoir l'infernale lueur grotesque de ces esprits que nous appelons Asuras.

 

Il est assez impressionnant d’entendre que l’action des a      suras entraînera des pertes irrémédiables.

 

Un bref rappel :

Pour nous éviter de devenir l’esclave des intérêts et désirs du monde des sens, sous l’action des forces lucifériennes, les entités « régulières » (celles qui suivent le plan de Dieu) nous ont conféré souffrances, maladie et mort. « Tu enfanteras dans la douleur » (Gen 3,16)

L’écrit dans le mythe de la faute originelle peut aujourd’hui être compris au sens large. Et pour éviter que nous tombions dans l’erreur, sous l’action de forces ahrimaniennes ces mêmes entités régulières nous ont donné la possibilité du Karma?

Ces possibilités nous ont été données par le Christ bien avant son incarnation. Souvenons-nous que dans les anciens oracles atlantéens, les prêtres parlaient de « l’être solaire » ; que dans l’ancienne Inde, les saints Rishis parlaient de : «Vishva Karman » ; que dans l’ancienne Perse, Zoroastre parlait de : « Ahura Mazdao » ; qu’Hermès a parlé de «Osiris ». Et Moïse, annonciateur du Christ, a parlé de « Je suis qui Je suis » (Exode 3,14) cette Force qui, parce qu’éternelle, est la compensation de tout phénomène naturel. Tous ont parlé du Christ ; mais on ne pouvait le trouver que là où pénètre le regard spirituel : dans le monde spirituel. C’est de là qu’il exerçait son influence ; il nous a envoyé la possibilité du karma bien avant de descendre sur Terre. Nous savons ce qu’a permis lors du Golgotha pour toutes les âmes incarnées ou non la pénétration de son sang dans la Terre.

 

Et si le Christ ne s’était pas incarné ?

 

Que ce serait-il passé si le Christ ne s’était pas incarné ?

Rappelons-nous aussi le début de l’Evangile de Jean : « Au commencement était le Verbe. Tout fut par lui et sans lui rien ne fut ».

Avant le Golgotha, le monde spirituel n’était pour les âmes que solitude et ténèbres : « Plutôt être un mendiant sur terre qu’un roi au pays des ombres » disaient les Grecs. Pour les âmes qui y pénétraient après la mort, le monde spirituel n’avait pas alors cette transparence lumineuse : chacun se sentait seul, repoussé comme par un mur le séparant des autres. Tout ceci n’aurait fait que s’accroître : nous nous serions durcis dans notre Je, nous aurions été ramenés à nous-mêmes sans pouvoir trouver le pont vers les autres. Revenus sur Terre, nous aurions fait preuve d’un grand égoïsme qui se serait encore accru à chaque incarnation. Toute existence terrestre eut fait de nous de monstrueux égoïstes ; aucun espoir de fraternité, l’harmonie des âmes sur terre n’eut pas existé car chaque passage dans le monde spirituel eut effectué un renforcement de l’ego. C’est ce qui se serait passé sur Terre sans le Christ ; nos erreurs nous auraient amenés à être une sorte de sphère refermée sur elle-même, ne sachant rien des autres êtres. Que nous puissions progressivement retrouver la possibilité du contact d’âme à âme, la possibilité de déverser la grande force de la fraternité sur l’humanité tout entière, c’est à l’apparition du Christ que nous le devons. C’est à Lui que nous sommes redevables au cours de l’existence terrestre de la force de pouvoir corriger notre karma et de la force de pouvoir poursuivre notre évolution.

 

Le Christ est ainsi l’éclaireur qui guide l’homme hors de l’erreur lui faisant retrouver la voie ascendante. Le Christ est le guide sur le Chemin du retour à la Maison du Père.

 

Comment retrouver la vision du monde spirituel que nous avons perdue ?

 

Qu’avons-nous perdu en descendant du monde spirituel, en nous empêtrant dans les désirs et passions sous l’influence de Lucifer, puis dans l’erreur, l’illusion et le mensonge à l’égard du monde terrestre sous l’influence d’Ahriman ?

Nous avons perdu la vision directe du monde spirituel et sa compréhension. Nous devons maintenant la retrouver; et en tant qu’être conscient de soi, cela ne sera possible que si nous comprenons la signification du Christ, que si nous découvrons comment le Christ se rattache au monde tout entier et comment, en tant que « Je », agir en conséquence comme lui. Il ne s’agit pas de se satisfaire d’une influence inconsciente du Christ et de se dire : «Je suis content que le Christ soit venu. Il me rachètera ; Il assumera ma progression».

Non ; il s’agit bien au contraire de dire :

 

« Je veux connaître la nature du Christ,

Je veux savoir comment il est descendu sur Terre,

Je veux en esprit, prendre part à ce qu’il accomplit. »

 

 

 

Qu’en résultera-t-il ?

 

En s’insinuant dans notre corps astral, les esprits lucifériens nous ont fait descendre dans le monde des sens à la merci du mal mais nous ont donné ainsi la possibilité d’accéder à la Liberté. En nous faisant descendre sur la Terre, Lucifer est présent dans notre nature ; il nous a assujettis à l’existence terrestre en dirigeant vers la Terre les passions et appétits du corps astral, ouvrant ainsi la voie à l’influence d’Ahriman sur le corps éthérique, sur l’âme d’entendement.

Or, le Christ est apparu et avec Lui la force de nous reconduire vers le monde spirituel.

Lorsque nous reconnaissons le Christ, lorsque nous cultivons la Sagesse pour percevoir ce qu’est le Christ, nous accomplissons quelque chose de grandiose : nous libérons les entités lucifériennes ainsi que nous-mêmes; une libération qui survient par la connaissance du Christ.  Si nous nous contentions de dire : « Que le Christ soit venu me satisfait, je Lui laisse le soin de me racheter », tout en restant inconscient, alors, nous ne contribuerions aucunement au rachat des entités lucifériennes. En nous faisant don de la Liberté, ces entités nous ont aussi offert la possibilité de l’utiliser librement en vue de comprendre la nature du Christ.

Les esprits lucifériens seront alors épurés au feu du christianisme et le mal causé à la Terre sera mué en un bienfait. La Liberté acquise sera emportée dans la sphère spirituelle comme un bienfait.

Lucifer va pouvoir renaître sous une autre forme et s’unir au Christ dans la personne du Saint-Esprit. C’est grâce à lui que nous comprendrons ce qu’a réellement accompli le Christ. Le Christ a annoncé sa venue à ses disciples : «L’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom vous enseignera tout » (Jean 14, 26). Ce Saint-Esprit n’est rien d’autre que l’esprit luciférien ressuscité et à présent manifesté sous une forme épurée, glorieuse, l’esprit de la connaissance autonome, riche de sagesse. En quoi consiste cette sagesse ? C’est le courant mondial de la science de l’esprit, cette sagesse qui doit être élevée à la pleine conscience et qui ne doit pas rester dans l’inconscient du christianisme.

Lucifer s’est incarné avant le Christ générant la Gnose. Ressuscité, converti au bien, en reconnaissant le Christ, nous l’introduisons dans notre corps astral là où siège Lucifer ; c’est ainsi que Lucifer peut se purifier et devenir le porteur de la Lumière du Christ. Il porte le flambeau, il porte le Christ lui-même ; Lucifer est le porteur de la Lumière, le Christ est la Lumière. Le progrès de l’humanité dépend de la compréhension de l’événement sublime du Golgotha.

Jadis, le symbole universel vivant des langues de feu est descendu sur les Apôtres. Aujourd’hui, le même Saint-Esprit que le Christ nous envoie est le grand instructeur qui conduira peu à peu l’humanité vers une compréhension libre et consciente de l’événement du Golgotha. Il incombe donc au véritable christianisme de s’adonner à la Science de l’Esprit la science de l’Esprit-Saint. Les Hommes doivent à la Science de l’Esprit une prise de conscience progressive du Christ en tant que qu’Esprit illuminant le monde. Sur tout le globe, dans le monde physique, un progrès moral, un progrès de la volonté et de l’intellect en résultera. A travers la vie physique, le monde se spiritualisera toujours plus.

Les Hommes deviendront meilleurs, plus forts et plus sages, puisant toujours davantage aux sources profondes de l’existence. Ils rapporteront dans la vie suprasensible les fruits récoltés ici-bas et les remporteront vers une nouvelle incarnation. Ainsi la Terre sera toujours davantage l’expression de son propre Esprit, qui est l’Esprit du Christ.

Progressivement, la science de l’esprit sera comprise à partir des fondements du monde. On comprendra qu’elle est une puissance positive réelle.

Actuellement, l’humanité est sur le point de perdre complètement l’esprit. Certains se sentent exposés aux vicissitudes de l’hérédité et prennent peur. Seul, celui qui s’imprègne de ce que lui apporte le courant de la science de l’esprit peut maîtriser ce qui émane du courant héréditaire. Pour lui la signification de l’hérédité s’atténue et il triomphe de ce que le monde extérieur lui oppose. Ce n’est pas par des raisonnements philosophiques, par des discussions, en disant : «L’esprit existe » que l’Homme parviendra à la maîtrise du sensoriel mais en se pénétrant de cet esprit, en l’assimilant, en ayant la volonté de l’étudier dans tous les détails. Alors, la science de l’esprit rendra les Hommes physiquement sains car elle deviendra elle-même le remède qui rendra les Hommes beaux et sains dans le monde physique.

Certains se disent : «Pourquoi m’occuperai-je du monde spirituel ici sur terre ; je m’en occuperai après la mort quand j’y serai». Celui qui pense ainsi fera après la mort connaissance d’un monde spirituel lugubre et ténébreux. Car pour voir clair dans le monde spirituel, il faut se préparer ici sur terre ; il faut relier son âme au monde spirituel alors qu’on est encore dans le monde physique. Si nous ne développons pas les forces nécessaires, nous serons aveuglés dans le monde spirituel. Si le Christ n’était pas apparu sur Terre, l’Homme s’enfoncerait dans le monde physique et ne pourrait entrer dans le monde spirituel. Encore faut-il qu’il sache se lier à celui que le Christ a envoyé : à l’Esprit ; sinon, il reste inconscient. On ne peut acquérir la faculté de voir le monde spirituel que dans le monde physique.

L’Homme est venu sur Terre pour apprendre à voir le monde spirituel. Il resterait aveugle au monde spirituel s’il ne descendait pas sur Terre pour y acquérir cette conscience de soi, qu’il emmène en remontant dans un monde spirituel qui apparaît alors lumineux à son âme. La science de l’esprit n’est pas une simple conception du monde mais un savoir sans lequel ce qui est immortel en l’Homme ne saurait rien. En cultivant la science de l’esprit, nous ne faisons pas que nous instruire, nous nous transformons intérieurement ; c’est une force réelle qui pénètre notre âme et qui concerne la manière d’être de l’Homme ; c’est la force de l’Esprit-Saint. Il n’y a pas d’opposition entre la science de l’esprit occidentale et orientale. Il n’existe qu’une Vérité. Nous reconnaissons les vérités orientales dans la mesure où elles sont positives mais nous ne renonçons pas pour autant à reconnaître ce qui dépasse ces connaissances et donc d’y ajouter les vérités occidentales. Nous ne nions aucune des vérités de l’ésotérisme oriental mais nous contestons ce qu’il nie de l’ésotérisme occidental. Si l’on demande la raison de cet antagonisme, ce n’est pas à nous de répondre car seul celui qui nie a le devoir de répondre et non celui qui est d’accord. La science de l’esprit nous montre comment coopèrent les puissances du monde, comment ce qui semble entraver le progrès de l’humanité se révèle être un bienfait.

Tout ce que comporte le plan divin est bon, et le mal n’a sa raison d’être que pendant un certain temps.

Seul croit à l’éternité du mal celui qui confond le temporel et l’éternel. Aussi, seul celui qui ne sait pas s’élever du temporel à l’éternel ne peut comprendre le mal..............

 

LETTRE 4

 

Lucifer, Ahriman et Sorat

ou

la trinité du mal dans  l’anthroposophie de Rudolf Steiner


Considéré par plusieurs comme le plus grand initié du XXe siècle, Rudolf Steiner (1861-1925) est le fondateur l’anthroposophie, ou Science Spirituelle, qui se veut une Science du Graal, un renouveau des courants rosicrucien-alchimique, manichéen, platonicien et aristotélicien, une connaissance spirituelle de l’évolution cosmique et humaine qui passe par une compréhension nouvelle de la réincarnation et du karma. Clairvoyant et rigoureusement scientifique, Rudolf Steiner a décrit les rapports entre les réalités spirituelles et le visible. Il a compris que le bien n’est pas simplement l’opposé du mal mais qu’il naît plutôt d’une tension créatrice entre deux extrêmes. Selon lui, nous sommes présentement, et plus que jamais, impliqués dans une lutte de dimension cosmique menée par l’inspirateur de la Science Spirituelle et serviteur du Christ, Michaël, pour préserver l’équilibre entre les deux pôles du mal : l’Ange Lucifer (la fausse Lumière) et l’Archange Ahriman-Satan (dieu de la Mort). Mais au-delà de cette opposition factice se dresse un troisième adversaire encore plus élevé : la Puissance Sorat, l’Anti-Christ, ou la Bête, le chef des hordes de sauterelles apocalyptiques que constituent les Archées déchus, les Asuras des hindous(1). Michaël est un ardent défenseur de la liberté humaine et ne peut donc intervenir à notre place ; il attend notre action.

Cet article, qui ne prétend pas être représentatif de l’ensemble de l’œuvre de Steiner, constitue la première partie d’un triptyque portant sur l’activité des êtres spirituels déchus, Lucifer, Ahriman, Sorat et les Asuras, dans l’évolution humaine jusqu’à nos jours. Je crois qu’une telle symptomatologie des Signes des Temps permet d’accroître notre conscience du spirituel et de développer les forces nécessaires pour tirer un bien de tout ce mal car, après tout, il n’est aucun bien dont ne puisse sortir un mal ni aucun mal dont ne puisse sortir un bien.

Lucifer et Ahriman

Ce n’est pas à l’homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Puissances, aux Dominations de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux.
(Épîtres de Paul aux Éphésiens, 5 : 12)
Lucifer et Ahriman sont des êtres spirituels appartenant à des hiérarchies très élevées qui rejettent le fondement même de l’évolution cosmique. Ils ont en fait été commandés dans la nuit de temps par les hiérarchies supérieures afin d’initier le germe de la fermeture sur soi, de l’égoïsme, du mensonge et de la révolte contre le cours de l’évolution voulu par les dieux(2). Ces êtres des ténèbres ne sont pas plus là pour faire le mal qu’un train est fait pour user les rails : le mal est un effet secondaire de leur activité. Ils servent à ce qu’on se réveille, à ce qu’on redouble d’efforts spirituels, de même que les symptômes d’une maladie servent à alerter qu’il est urgent de mieux comprendre le corps et l’être humain total via la compréhension de ses pathologies.
 
Lucifer a son domaine dans l’Astral, le monde des désirs et des émotions que l’on partage avec les animaux mais aussi avec les Anges du Ciel, les Anges de la Terre (Deva) et les Élémentaux. L’Archange Ahriman a pour domaine l’Éthérique, le monde des forces formatrices de la nature et des forces vitales des vivants, dont est fait le corps physique des Anges, des Dévas et des Élémentaux. Lucifer est le mal qu'on retrouve à l’intérieur de soi ; Ahriman est le mal qu’on trouve à l’extérieur de soi, derrière les apparences. Lucifer, c’est la totalité des êtres spirituels qui l’ont suivi dans son infatuation égoïste. Certains d’entre eux favorisent notre spiritualisation, d’autres ne font que nous induire en erreur, flatter notre vanité et notre orgueil égoïste et nous inciter à délaisser nos responsabilités terrestres en nous faisant croire qu’on est déjà parfait, suscitant des débordements mystiques, des fièvres délirantes, des hallucinations, une régression dans les visions de l’ancienne clairvoyance atavique, instinctive, lunaire(3). Ahriman, c’est la totalité des êtres méphistophéliques ayant choisi la rébellion satanique contre le cours normal de l’évolution cosmique. Ce sont des forces de destruction qui agissent normalement dans les phénomènes de mort et de décomposition, de naissance même, mais dès qu’ils sortent de leurs limites naturelles, ils détruisent la vie du corps, de l’âme et de l’esprit en suscitant la soif de pouvoir, de plaisir et de confort, l’intellectualisme, la science matérialiste et la peur (du spirituel).

Steiner n’a pas inventé cette polarité des forces du mal : en fait, le mazdéisme persan (-4000) conçoit deux représentants du mal, Az (Lucifer) et Ahriman (Satan), tout comme Mani (216-272) le fit beaucoup plus tard dans son christianisme manichéen(4).  Le Serpent dans le Jardin, le Séducteur, le Tentateur, c’est Lucifer. Ahriman est le Dieu de la Mort, Mammon, dieu du monde matériel, inférieur, souterrain (Hadès-Pluton). L’Apocalypse de Jean raconte qu’après avoir été terrassé dans l’Abîme, le Dragon revient sous la forme de deux Bêtes : la Bête de la Mer (à sept têtes et dix cornes) et la Bête de la Terre (à deux cornes, dures comme l’acier), cette dernière annonçant l’Antéchrist, le Démon solaire du nom de Sorat, l’antithèse absolue du Christ. Dans la mythologie égyptienne, Lucifer correspond à Set, qui tua son frère Osiris, alors qu’Ahriman emprunte les traits du Typhon (5). Dans la mythologie grecque, Lucifer et Ahriman correspondent respectivement aux deux périls qui menacent Ulysse dans son périple initiatique à bord du Calypso : Charybde, le tourbillon des passions, et Scylla, les écueils du matérialisme.  

Première partie : Lucifer

Lucifer est un être extrêmement ambigu : parmi les Anges déchus lucifériens, il y a des êtres démoniaques mais aussi les êtres exaltés de sagesse, mi-hommes mi-dieux, extraterrestres, qui furent de grands enseignants pour l’humanité alors qu’elle était encore à un stade infantile. La perle de leur enseignement est la sagesse des douze boddhisattvas, qui tel un calice zodiacal porte l’Ego solaire du Christ. Comme Prométhée apportant le feu des dieux aux hommes, Lucifer est un « Porteur de Lumière » (Phosphoros); or il n’est pas la Lumière elle-même car, comme Jean l’indique au début de son Évangile, cette Lumière n’est autre que le Christ. Lucifer et le Christ sont en fait des frères jumeaux ; or on sait combien deux frères peuvent être différents. Dans un passé très lointain, au cours de la période cosmique que Steiner nomme l’ancien Soleil, le Christ s’est uni au Logos (le principe créateur du Cosmos) dans un élan de sacrifice de soi pour la Création. Lucifer voulut quant à lui tout illuminer de la lumière de son intelligence, de son indépendance et de son égoïsme sans borne (6). Il chuta ainsi de sa planète Vénus et tomba sur Terre. Ayant suivi Lucifer dans son esprit de mensonge et sa révolte, une part des hiérarchies commença dès l’ancien Soleil à prendre du retard par rapport à l’autre part qui poursuivit son développement. Au cours de la période cosmique suivante, l’ancienne Lune, une grande guerre éclata au Paradis entre ces deux factions des Anges : la légion retardataire menée par Lucifer, et la seconde menée par Michaël (qui n’était alors qu’un Ange). Cette guerre se solda par la victoire des Anges michaëliques, qui s’étaient séparés de la Terre afin d’agir sur elle à distance, sur les Anges rebelles qui entraînèrent dans leur chute le tiers des Anges. Les êtres retardés de l’ancien Saturne sont les Archées déchus, les Asuras ; ceux de l’ancien Soleil  sont ahrimaniens, les Archanges déchus ; et de l’ancienne Lune sont les Anges déchus, lucifériens(7).
 
Après les périodes cosmiques de l’ancien Saturne, l’ancien Soleil et l’ancienne Lune, vient la Terre. Son développement se divise en sept Grandes Époques : Polaire (-68 707), Hyperboréenne (-53 687), Lémurienne (-38 467), Atlantéenne (-22 347), Post-Atlantéenne (de -10 000 à 8000 de notre ère), plus deux autres Grandes Époques qui restent à venir. Durant l’époque Polaire, Adam était uni à Ève, la Vierge Terre Mère, comme par un cordon ombilical ; c’est pourquoi on dit d’Adam qu’il était Fils de la Vierge et du Christ qu’il est le second Adam. En Hyperborée, Adam était mâle-femelle, à l’image de l’Eloha lunaire Yahvé. C’est à cette époque que le soleil d’aujourd’hui se sépara de la masse terre-lune. Durant l’époque Lémurienne, Ève fut « extraite d’une côte d’Adam », ce qui signifie qu’elle est issue de la même « substance d’Ego », c’est-à-dire du sang rouge, capable de supporter un Ego. C’est à ce moment que la lune actuelle fut éjectée de la Terre en train de se minéraliser. Une part de l’humanité commença à se réincarner en Lémurie, mais une autre part resta en retrait, en attendant les conditions plus denses de l’Atlantide, qui permettront d’acquérir la conscience de veille, l’intellect individuel, gage de liberté. Ces retardataires sont les Veilleurs de la Bible, les fils de Seth (fils de Dieu) qui s’unirent sexuellement aux filles de Caïn (filles des hommes)(8). Ils se mêlèrent au reste de l’humanité et, comme Prométhée offrant aux hommes le feu des dieux, ils lui permirent de se diviniser en empruntant la voie de la liberté, pour enfin dépasser l’humanité bon enfant de Yahvé (Zeus).

Un récit kabbaliste raconte qu’avant Ève, Adam eu une première femme : Lilith. Lasse d’être attachée aux côtés d’Adam, elle se déchira de lui, se fit pousser des ailes et s’envola, le laissant seul et bien triste. Elle forniqua jour et nuit avec Lucifer, égorgeant à mesure ses rejetons(9). Pour apaiser Adam, Yahvé créa Ève, mais Lilith se mit en colère et s’unit à la forme du Serpent pour aller dans le Jardin tenter Ève, lui promettant que s’ils prenaient du fruit défendu, ils en obtiendraient la sagesse et deviendraient comme des dieux. L’Archée Lilith joue sur l’ambiguïté sophia/sapiens/serpens ; elle se prend pour la divine Sophia, qui est en fait d’une hiérarchie céleste supérieure, celle des Kyriotetes (Esprits de Sagesse), trois degrés au-dessus des Archées (10).

La tentation par le Serpent Lucifer et la Chute de l’Homme remontent au milieu de la Lémurie. La Bible dit que c’est Ève qui tenta Adam, or cela signifie que l’âme humaine – qui est toujours représentée par une femme - comprit son pouvoir de séduction et en usa pour se satisfaire. C’est ainsi que Lucifer a injecté les passions égoïstes dans le désir : le désir de nourriture, de plaisirs, de possession, la jalousie, l’obsession, etc. L’intelligence, la pensée individuelle qui initie l’expérience personnelle, commença alors à se développer unilatéralement, tel un cancer, étouffant l’intuition profonde. La Chute au sens large signifie donc la vulnérabilité de l’homme à tous les niveaux : dans la volonté, la Chute a entraîné le déclin moral et le péché en général ; dans la pensée, c’est l’erreur et le mensonge ; dans le sentiment, c’est le manque d’amour et le cynisme ; dans la perception, c’est l’émoussement des sens et la surestimation du matériel ; dans les processus vitaux, c’est la maladie ; dans le corps physique, c’est la mort (la fin de l’immortalité) ; enfin, dans la personnalité humaine, c’est l’obsession.    

Le fait d’avoir choisi de prendre le fruit de l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal, l’Arbre de la Dualité, l’Arbre de Mort, nous bloqua l’accès à l’Arbre de Vie, qui représente l’immortalité ainsi que le pouvoir sur les forces éthériques supérieures. Depuis, les processus éthériques et métaboliques sont gardées par des entités spirituelles ; l’homme n’y a plus accès. Sans ce blocage, nos corps éthérique et physique auraient vite fait de dégénérer sous l’effet chaotique des passions et des pensées. Yahvé voulait nous protéger du piège de la Chute dans l’expérience sensible en nous offrant non pas le Fruit de la Connaissance (l’Expérience) mais la Connaissance elle-même. Cette Connaissance, contrairement à l’Expérience, nous aurait permis d’entrer directement dans l’Éden. (11) Parce qu’on a confondu le Fruit de l’Arbre de la Connaissance avec la Connaissance elle-même et qu’on a séparé le Fruit de l’Arbre, on s’est soi-même exclu du Jardin.  L’Arbre de Vie était agréable à l’œil (unité) ; l’Arbre de Mort était un délice pour les deux yeux (dualité). Lucifer, qui agit au niveau de la tête, nous ouvrit les yeux, y laissant entrer la lumière, ce qui révéla notre « nudité » (qui signifie en fait que l’Ego est à découvert, révélé). Ayant séparé ce qui était uni, on se trouva jeté dans la dualité de la matière (vies et morts, homme et femme, jour et nuit, temps et éternité, Ciel et Terre, Esprit et Matière). C’est cette même dualité qui est la condition première de l’Expérience de la Liberté individuelle.  

   Lucifer tenta Adam et Ève en leur offrant la lumière de l’intelligence, qui initie l’expérience individuelle. C’est en effet par la tête qu’on s’affranchit du corps et qu’on se dit un « Je ». Or l’effet excitant de Lucifer sur l’intellect menaçait de durcir l’individualité humaine trop tôt. Pour faire contrepoids à l’activité de Lucifer (l’un des six Élohim solaire) sur l’activité cérébrale, l’Eloha lunaire et Créateur de l’homme, Yahvé, créa la lune. La lune est liée à la formation du corps, la reproduction, la génération et l’hérédité. Lucifer n’a de pouvoir que sur la tête ; il n’a aucun pouvoir sur les forces lunaires et yahviques de l’hérédité physique et de la corporéité. C’est pour contrer l’activité de Lucifer divisant les sexes et les races que Yahvé créa la lune, établissant ainsi les liens de sang. En divisant les sexes, un sexe introverti féminin et un sexe extroverti masculin, Lucifer espérait déclencher une guerre des sexes, semer le désordre, le diabole.(12) Par l’union charnelle des opposés sexuels complémentaires, symbole de l’amour infini qui est à l’œuvre dans la création, Yahvé a réuni ce qui a été séparé par Adam sous l’influence de Lucifer. On peut constater par soi-même que les premières bases de l'amour sont liées à la famille, au sang, à l'hérédité, donc à la lune. Le seul moyen de transformer l’égoïsme en altruisme était de faire de l’amour, qui porte vers l’union des opposés, le moteur de la vie, faisant en sorte que les sexes doivent obligatoirement s’unir pour se reproduire. L’amour s’est d’abord manifesté à travers l’instinct naturel de la sexualité physique. Il devint ensuite Éros - l'aspect de l’amour plus lié à l'âme et à l’astral – pour enfin se réaliser dans l’Agape : l'amour le plus pur fondé sur la loyauté entre deux Ego voulant se connecter à la destinée de l’autre. Par la seule influence de Lucifer, la liberté et l’individualité auraient fait de nous des égoïstes prématurément. Yahvé fit en sorte que l’autre sexe devint l’être aimé, étendant l’amour de soi aux liens amoureux, puis à la famille, à la tribu, à l’ethnie, à la race(13). C’est seulement beaucoup plus tard que Jésus-Christ put libérer l’amour de l’emprise des liens de sang pour le fonder désormais sur une base individuelle et ainsi le rendre à l’universel humain, renouvelant enfin l’Ancienne Loi de Yahvé (14).

Lucifer se serait incarné dans un corps humain en Chine vers l’an 2000 avant notre ère. Il aurait été le premier homme à comprendre les lois cosmiques par ses propres facultés logiques et à pouvoir les formuler. Il posa ainsi les bases d’une doctrine qui se répandit dans tout le monde oriental : le paganisme. Ce paganisme, dans lequel l’homme se sentait comme un membre du cosmos, fut le terreau dans lequel se développa le judéo-christianisme, qui, tel un oasis dans le désert, amena la première véritable impulsion morale (15). Toute l’époque Égypto-Chaldéenne-Babylonienne (-2907 à -747), placée sous le signe du Taureau, est le témoin de la grande tradition de sagesse luciférienne(16). Par exemple, Mithra, sacrifiant le Taureau correspond à Michaël terrassant Lucifer. Les cultes d’une divinité solaire, fils d’une déesse mère lunaire, étaient en fait lucifériens, car le Christ et Lucifer ont la même Vierge-Mère (17). Le catholicisme, avec sa Madone qui porte l’Enfant, est une reviviscence du culte mithriaque, comme en témoigne le port de la coiffe mithriaque par les Papes et les évêques.  Mais c’est aussi cette grande sagesse païenne « porteuse de lumière », mère des grands mythes et philosophies grecques, qui permit aux premiers chrétiens gnostiques de comprendre le Christ. En effet, sans la connaissance du Christ cosmique et sans l’aspiration luciférienne à vouloir remonter vers les cieux, la fonction du Rédempteur ne va pas de soi. Or la fuite du monde vers le spirituel, que valorisent Platon et les gnostiques (tous platoniciens), de même que le désir de mettre un terme aux réincarnations pour atteindre le nirvâna, témoignent d’un rejet de l’incarnation typiquement luciférien. Certains gnostiques affirment même que le Christ ne s’est jamais incarné et d’autres qu’il n’a jamais été crucifié! La Théosophie de Helena Petrovna Blavatsky, qui présente Lucifer comme le Maître spirituel et Illuminateur ultime, a pris un tournant redoutablement luciférien avec Annie Besant et Alice Bailey (18). Imitant les gnostiques, la Théosophie attribue les traits lucifériens négatifs au Créateur du monde matériel (le Démiurge de Platon), elle identifie la matière et son créateur au mal et la lumière spirituelle à Lucifer. L’ancienne Gnose préchrétienne est le Graal de la Théosophie : c’est un Graal luciférien puisqu’il ne porte pas en lui le sang du Christ, parce que sa Sagesse luciférienne, tournée vers le passé, n’a pas été transformée par l’Amour du Christ. Pourquoi la Théosophie rejette-t-elle Yahvé et le Christ? Parce qu’ils sont à l’origine de la douleur, la maladie, la mort et le karma. En Lémurie, Yahvé a compensé l’introduction de l’égoïsme dans le désir en imposant la mort, la maladie et la douleur comme symptômes indiquant que les passions ont causé du tort au corps. Les injonctions de Yahvé « Si vous en mangez, vous mourrez », « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » et « Tu enfanteras dans la douleur » ne signifient rien d’autre que cela. En Atlantide, le Christ a implanté la loi morale du karma en opposition au mal conscient rendu possible la première fois au milieu de l’époque atlantéenne via l’influence durcissante d’Ahriman sur l’ego et l’intellect humain. Le karma, la rétroaction des actes, paroles et pensées sur leur émetteur, nous apprend la loi morale cosmique selon laquelle on récolte ce que l’on a semé. Rejeter Yahvé et le Christ est donc puéril car les maux douloureux qu’ils nous imposent demeurent les seuls moyens pour l’Homme de prendre conscience des conséquences de ses passions, d’apprendre de ses erreurs pour se parfaire.

Dans la légende du Graal, Lucifer prend les traits de Klingsor, le mage noir armé de la Lance du Destin, s’en servant comme d’un bâton phallique dans ses rites de magie sexuelle (19).  Dans son jardin des plaisirs, Klingsor appâte les chevaliers du Graal avec des femmes sublimes, les entraînant sur la voie de la magie sexuelle/noire. Amfortas, Roi du Graal, tentera de libérer les chevaliers prisonniers ayant succombé à la tentation mais se laissera envoûter par les charmes sensuels des femmes du Jardin de Klingsor. Furieux d’avoir été séduit, Amfortas lance ses chevaliers contre les troupes de Klingsor, mais, dans un moment d’inattention, il perd la Lance aux mains de Klingsor qui le blesse au testicule avec la Lance empoisonnée. Puisque « le roi et son royaume ne font qu’un », le royaume du Graal devint une terre gaste (gâtée, pourrie), malade, en attente de guérison, comme son roi.(20) Seul Perceval saura vaincre Klingsor, récupérer la Lance et guérir le roi. La morale de cette histoire est qu’Amfortas n’aurait pas dû se lancer dans une chasse aux sorcières mais aurait plutôt dû regarder en lui-même, être attentif à sa propre vulnérabilité liée au penchant humain très fort pour la quête de plaisirs et, à plus forte raison, la quête de satisfaction sexuelle, représentée ici par la blessure au testicule. C’est cette même blessure, comme une épine enfoncée profondément dans la chair, qui causa la division intérieure et la répression d’une part de la conscience dans l’inconscient. Amfortas n’aurait pas dû non plus utiliser la Lance (les forces spirituelles) pour se venger(21). Perceval ne s’en servit que pour guérir le roi, après quoi il la rangea aussitôt. Encore aujourd’hui, les influences magiques de Klingsor rayonnent de par le monde, à partir de Chastel Merveil, le château de Kalot Bobot à Terra de Labur en Sicile(22). Par l’union de Klingsor avec Iblis, épouse d’Eblis le Lucifer islamique, des influences durcissantes (lunaires) irradient la planète à partir de nombreux centres de magie noire, causant la formation de fibres mortes et inconscientes dans l’âme (astral), échappant au pouvoir de l’Ego, nous ouvrant à l’influence de démons, de fantômes et de spectres(23). La tâche qui nous incombe est de les revivifier, les éclairer en s’ouvrant à la lumière du Christ.

Si Lucifer n’avait pas injecté l’égoïsme dans le corps astral humain, on n’aurait jamais connu les bassesses dont l’humain est aujourd’hui capable. On serait en accord parfait avec la volonté des hiérarchies célestes, mais on serait resté des êtres sans autonomie, de belles effigies sans liberté, des automates de bonté. Sans l’indépendance et l’autonomie individuelle, qui impliquent une césure avec la volonté des hiérarchies supérieures, on n’aurait jamais pu développer le libre-arbitre. Un amour vrai doit venir librement, sans contrainte. Or la liberté, comme Lucifer, doit être sauvée de l’égoïsme, transmutée par l’amour. Lucifer est représenté par le bon larron crucifié à la droite du Christ à qui il demanda : « souviens-toi de moi lorsque tu entreras au Ciel », ce à quoi le Christ répondit qu’ils y entreraient tous les deux en même temps (24). C’est donc dire que Lucifer est racheté lorsque le corps astral et l’âme humaine qu’il a corrompus regagnent la pureté (catharsis) de la Vierge Sophia, lorsque l’âme humaine (Isis-Sophia-Perséphone), tombée aux mains de Lucifer, renaît de sa mort tragique. Réaliser le Graal implique de transformer le cosmos passé de Sagesse luciférienne en un cosmos futur d’Amour christique. On atteint le Graal en ravivant sa conscience d’être, comme Lucifer, un être spirituel déchu, en vainquant les forces diviseuses du Serpent, en laissant le Christ vivre en soi, bref en devenant graduellement un Graal (gradalis signifie « graduel ») (25). Le salut de Lucifer est le secret de l’Esprit Saint : une fois la Liberté transmutée par l’Amour, l’individualité héritée de la force diviseuse du Serpent deviendra pure comme la Colombe, un véritable Esprit Sain, à la fois saint (holy) et guérisseur (healing).

Notes
1 :    Steiner emprunte à Denys l’Aréopagite sa terminologie des hiérarchies célestes, intermédiaires divins entre l’homme (la dixième hiérarchie tout au bas) et la Trinité : de bas en haut, les Anges (Gardiens), les Archanges (des Peuples), les Archées (du Temps), les Exusiai ou Élohim ou Puissances (Esprits de la Forme), les Dynamis ou Vertus, les Kyriotetes ou Esprits de Sagesse ou Dominations, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins.  

2 :   C’est sous l’effet des forces lucifériennes venant du cosmos extérieur que les planètes, originellement spirituelles, se sont repliées sur elles-mêmes, ont acquit une rotondité et une matière visible. De même, l’or est un métal luciférien en ce qu’il est fait de lumière minéralisée, de lumière qui s’est repliée sur soi, qui s’est densifiée.

:   En ressuscitant l’ancienne clairvoyance, Lucifer nous entraîne dans son royaume perdu, la huitième sphère, hors du chemin normal, septénaire, de l’évolution  humaine et terrestre. Celle-ci fera l’objet d’un prochain article.

4 :   Religion de non-violence absolue à vocation universaliste, répandue de la Gaule à la Chine en passant par l’Afrique du Nord, le manichéisme fut la religion de l’empire Perse de l’an 250 de notre ère à sa brutale éradication au VIIe siècle. Tel un « Bouddha occidental » et un « Christ oriental », Mani incitait à transformer le mal au lieu de le combattre. Il se proclame « Sceau des Prophètes » près de quatre siècles avant que Mahomet ne s’approprie le titre.

5 :   Le Vishvakarman des Hindous, l’Ahura Mazda des Perses, l’Osiris ses Égyptiens, l’Apollon des romains, c’est toujours les six Élohim solaires, l’Être solaire, le Christ sous ses différents aspects.

6 :   À l’image des jours de la semaine, la cosmogénèse de Steiner débute avec l’ancien Saturne, le chaos de pure chaleur habité par les Archées, alors à leur stade humain, et où l’homme développe le germe du corps physique. Après une nuit cosmique (le pralaya des hindous), débute l’ancien Soleil, où les Archanges y vivent leur stade humain. Ce Soleil central, qui n’est pas le soleil actuel, étend ses influx spirituels vers la masse extérieure où l’homme développe son corps éthérique. Après une autre nuit cosmique, débute le stade de l’ancienne Lune, où l’homme développe le corps Astral et où les Anges vivent leur stade humain. Répétant le stade solaire, une sorte de soleil divin se sépare de la masse de matière fluidique unissant terre et lune, pour l’irradier de ses influx spirituels. Après une autre nuit cosmique, débute le stade actuel de la Terre. Les stades précédents se répètent et six Élohim s’établissent dans le soleil actuel, se séparant de la Terre afin de durcir la terre à distance par leur action spirituelle, permettant à l’homme d’atteindre la conscience de soi. L’Eloha Yahvé éjecte la lune pour éviter que la terre se durcisse trop. Dans le stade suivant, Jupiter (rien à voir avec la planète actuelle), la Jérusalem Céleste se réalise et la terre spiritualisée devient un soleil. Après une nuit cosmique, Jupiter sera suivi de Vénus, où le Jugement Dernier (666) séparera les bons des mauvais. Le cycle se clôt avec Vulcain, où l’homme devient lui-même Créateur.

7 :   Comme Lucifer, les formes de vie parasitaires sont des êtres retardataires de l’ancienne Lune. Dans la mythologie germanique, Loki (Lucifer) tue Odin-Baldur en l’empoisonnant avec du gui, un parasite du chêne. Le gui ne peut métaboliser les minéraux par lui-même, il doit parasiter un autre végétal qui fait le travail pour lui. L’humain, quant à lui, est parasité par le Double, qui s’attache à l’embryon humain et le tourmente afin de se nourrir de l’énergie émotionnelle (astrale) générée par l’incertitude et l’anxiété.

8 :   Genèse, 6 : 1-4. De cette union naquirent des géants qui séduisirent les Atlantes, les menant à leur perte.
9 :   L’égorgement des bébés de Lilith signifie que les formes-pensées astrales issues de la sexualité pervertie ne peuvent porter l’Ego et deviennent des êtres astraux sans Ego, des démons appelés Asuras. Ceux-ci menacent l’unité même de l’Ego en le soumettant à l’esclavage des instincts inférieurs. « Le sommeil de la raison engendre des monstres » (Goya). Or la « fornication avec la matière » n’est pas nécessairement de nature sexuelle, elle consiste d’abord à vivre et à penser de façon matérialiste : croire que « la sexualité explique tout » ou vivre sa sexualité – le réchauffement du sang – à travers le nationalisme, le chauvinisme, le fanatisme, l’esprit partisan. Dans l’Apocalypse, la Grande Prostituée de Babylone fait couler le sang des saints ; de même, le sensuel fait couler le sang du spirituel.

10 :   Pour les gnostiques chrétiens, Sophia est le seul aspect de Dieu accessible à l’homme. Elle est Sagesse et purification (catharsis) de l’Astral, comme l’Esprit Saint est le salut de Lucifer (corrupteur de l’Astral). La perte  tragique d’Isis-Sophia (Perséphone, l’âme humaine) aux mains de Lucifer signifie que l’abstraction luciférienne (notamment astronomique et théologique) nous empêche de voir Isis-Sophia, la Reine du Ciel, dans les étoiles.

11 :   Le Jardin n’est pas l’Éden, il est l’antichambre préparatoire à l’Éden. L’Éden est le Paradis.

12 :   Selon Légende rosicrucienne du Temple, Adam et Ève furent créés par l’Éloha Yahvé selon sa propre image bisexuée. Caïn, le rejeton de Lucifer et Ève, représente le masculin, et Abel,  fils d’Adam et Ève, représente le féminin. Caïn tuant Abel signifie que l’intellect étouffa l’intuition profonde, féminine. La séparation des sexes apparut avec Seth, qui remplaça Abel. Dans le futur, la race d’Abel-Seth développera les qualités caïnites, lucifériennes, de l’enthousiasme, alors que la race de Caïn, enflammée de désirs, acquerra la sagesse caractéristique de la race d’Abel-Seth. Selon la même Légende, l’architecte du Temple de Salomon, Hiram, descendant (et réincarnation) de Caïn, prédit, avant de mourir assassiné par trois mauvais apprentis à qui il refusa de révéler ses secrets maçonniques, qu’un de ses descendants terminerait son chef-d’œuvre, restaurant le Temple et sa mer de fonte (1 Rois, 7 :23),  qui représentent, comme le Sceau de Salomon, l’union du feu de Caïn et de l’eau d’Abel-Seth.

13 :   L’Éloha Yahvé était le Dieu du Peuple Élu, du sang Hébreu. Pour préparer l’incarnation du Christ dans la lignée de David, Michaël, a veillé sur elle en tant qu’émissaire de Yahvé. D’Archange des Hébreux, Michaël a progressé au rang d’Archée du temps (1879 à 2300). Comme l’ombre portée de Michaël, Mammon (Ahriman), dieu du matérialisme, règne sur les mondes inférieurs en même temps que lui. Gardien de la Pensée cosmique, Michaël veille à ce que la pensée humaine trouve sa voie vers la science spirituelle en toute liberté, par son propre effort.

14 :   « Je ne suis pas venu porter la paix  mais le glaive » (Mt. 10 : 34).  « Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre. Non, vous dis-je, mais la division. Car désormais s’il y a cinq dans une maison, elles seront divisés : trois contre deux, et deux contre trois » (Luc 12 : 51). « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère » (Mt, 12 :50).

15 :   Jean-Baptiste traitait de « bande de vipères » (Luc, 3 :7 ; Mt. 3 :7) les païens qui adoraient les astres, le monde extraterrestre, à travers le culte du Serpent.

16 :   L’Incarnation du Christ agissant tel un pivot, un axe de réflexion dans l’évolution historique, l’époque actuelle (1413-3574) reçoit les Imaginations, christiques ou matérialistes, des Anges de l’époque Égypto-chaldéenne.

17 :   Isis mère d’Horus, EA (SophEA : Sophia) mère de Marduk (Michaël), Ishtar mère d’Ishkur-Yahvé, Sémiramis mère de Tammuz, Astarté-Innana épouse de Baal, Athéna, etc., sont associées à Vénus et à la Lune.

18 :   Steiner dit s’être servi de la Théosophie comme d’une estrade pour rendre compte de ses propres recherches. Il reconnaissait volontiers qu’à ses débuts la Théosophie était inspirée par de grands maîtres rosicruciens. Il prit la direction de la branche allemande occidentale de la Théosophie avant de s’en dissocier en raison d’un différend avec Annie Besant, leader de la branche orientale, qui prenait Krishnamurti pour le Christ réincarné.    

19 :   En perçant le flanc du Christ en croix avec cette Lance, le soldat romain compatissant Longinus permit la réalisation de la prophétie messianique voulant qu’ « aucun des ses os ne soit brisé ».

20 :   Parce que l’Astral a été infecté par Lucifer et que l’Ego est (comme le Christ) maître des éléments, l’homme entraîne dans sa chute les Élémentaux (Etres Éthériques) et l’environnement.

21 :   L’utilisation des forces spirituelles pour des fins égoïstes est le commencement de la  magie noire.

22 :   Aleister Crowley fonda en 1920 au même endroit son centre de magie noire/sexuelle, l’Abbaye de Thélème.

23 :    Le Double éthérique est un être ahrimanien, méphistophélique, lié aux influx nerveux, à l’électricité et au magnétisme terrestre. Il se tient sur le seuil de l’inconscient, bloquant l’accès aux mondes spirituels tel un « Gardien du Seuil » et se charge que des coups du destin nous frappent, du moins, tant qu’on ne l’a pas confronté et qu’on n’a pas pris en main nos responsabilités karmiques. On ne s’en libère qu’en prenant la responsabilité de le transformer.

24 :   Évangile de Luc, 23 : 42.

25 :   Épître de Paul aux Galates, 2 : 20.

Pour en savoir plus…
STEINER, Rudolf (écrits et recueils de conférences)
2001   The Holy Grail: selections from the works of Rudolf Steiner
2001   The Goddess: selections from the works of Rudolf Steiner
1919   Lucifer et Ahriman
1910   La Science de l’Occulte
1909   The Deed of Christ and the Opposing Spiritual Powers: Lucifer, Ahriman,
Mephistopheles, Asuras
1906   The Temple Legend: Freemasonry and related occult movements
1905   The Occult Movement of the Nineteenth Century
1904   Mythes et légendes et leurs vérités occultes
1904   Cosmic Memory

NESFIELD-COOKSON, Bernard
1998   Michael and the Two-Horned Beast: the challenge of evil today in the light on Rudolf Steiner’s science of the spirit.

PROKOFIEFF, Sergei O.
1993   The East in the Light of the West. Two Eastern Streams of the Twentieth Century in the Light of Christian Esotericism. Part 1: Agni Yoga.

SEASE, Virginia et Manfred SCHMIDT-BRABANT
2003   Paths of the Christian Mysteries: From Compostela to the new world.

 

 

LETTRE 5

 

LETTRE 6

 

Le Double, par l'anthroposophe Adriana Koulias

Les êtres humains ont toujours eu un pressentiment qu’ils portent en eux-mêmes un autre être. Les mythes et légendes parlent du monstre qui doit être conquis si l’être humain veut progresser. Les Perses l’ont vu en Enkidu, le compagnon sauvage et poilu de Gilgamesh, les Grecs l’ont vu comme le Minotaure qui devait être surmonté par Thésée, les frères Grimm l’ont dépeint en Rumplestiltskin, le petit homme rusé qui enfonce sa jambe dans la terre et se déchire en deux lorsque la fille résout l’énigme de son nom. Cet être a aussi été dépeint par Hermann Hesse dans son livre ‘Steppenwolf’ et par Dostoïevski dans son poème ‘le Double’. L’énigmatique créature qui se nourrit du sang des êtres humains pourrait même être le vampire des vieilles légendes. Un parasite qui hait la lumière du jour et vit seulement dans la noirceur. Le Loup-Garou est un autre exemple tout comme le conte de Frankenstein. Plus récemment nous le voyons en la créature de Gollum dans Le Seigneur des Anneaux.

Ce soir nous allons explorer le double selon Rudolf Steiner et sa connaissance de l’humain triarticulé.

Rappelons-nous ce que nous avons dit à propos de l’être humain.

Rudolf Steiner nous a dit que l’être humain est constitué de trois corps (physique éthérique astral), trois degrés de l’âme (sentante, intellectuel, consciente), et d’un ego qui un jour développera trois membres spirituels.

Ce soir nous allons nous concentrer particulièrement sur le corps et l’âme.


Les parties physiques sont :

• Corps physique - Os / Membres
• Corps éthérique - Sang / Organes
• Corps astral - Nerfs / Sens


Les parties de l’âme sont :

• Âme sentante - Sentir
• Âme intellectuelle - Penser
• Âme consciente - Vouloir

L’être humain n’est pas aussi isolé qu’on l’imagine. Dans chaque respiration, dans chaque perception, dans chaque absorption de nourriture, dans chaque sensation, pensée et acte de volonté, les êtres humains sont accompagnés par des êtres de nature spirituelle. Des êtres Lucifériens et des êtres Ahrimaniens (êtres d’opposition retardés) entrent dans l’âme humaine durant l’évolution, et c’est un fait qu’ils vivent côte à côte avec des êtres élémentaires, ou esprits de la nature, et aussi des êtres spirituels supérieurs (progressifs) dans nos corps Physique, Éthérique et Astral.

Nous avons entendu dans des conférences passées comment Lucifer est entré dans l’être humain à travers ses nerfs et sens, c’est-à-dire dans son corps astral, durant l’époque Lémurienne. Cela a rendu possible à Ahriman, qui existe autour de nous dans le monde matériel, d’entrer dans l’homme par ses sens. Ahriman désire ardemment résider dans le corps Éthérique car c’est là, dans le corps de forces formatrices, le corps de vie où réside la mémoire, qu’il trouve son nid de développement le plus adéquat. À côté de ces êtres il y a des esprits de la nature élémentaux qui entrent dans l’homme à travers sa nourriture, enchantés dans les minéraux et vitamines qu’il ingère. Par ses yeux aussi l’homme absorbe ces êtres élémentaires qui vivent dans l’élément Éthérique de la Terre, par son sens de l’odorat et tous ses autres sens, goûter, toucher, etc. Ces êtres n’ont pas d’Ego et dépendent de l’homme afin de progresser. Un homme de caractère moral désenchante ces êtres et leur permet de progresser d’avantage dans leur évolution.
Un homme qui n’est pas moral les piège en lui-même, ainsi ils deviennent la proie d’êtres Lucifériens et Ahrimaniens.

Il y a cependant un autre être qui entre en l’homme, juste avant qu’il naisse. Cela forme une partie de ce que Steiner appelle ‘le Double’.

À la naissance, l’homme ne peut pas pénétrer complètement ses corps Éthérique et Physique avec son Ego et les parties de son Âme. C’est-à-dire qu’il reste inconscient à la partie physique de l’existence humaine. L’être humain ne descend pas dans celle-ci. Nous voyons ceci dans le conte biblique de la Chute lorsque l’Arbre de Vie (le corps Éthérique) est refusé à l’homme lorsqu’il mange le fruit de l’Arbre de la Connaissance. Cela arriva pour notre propre bien, parce que la connaissance concernant ces processus n’était pas seulement dangereuse – l’homme aurait été capable de manipuler son corps physique, c’est-à-dire jusque dans ses os aussi bien que son sang, etc. – mais elle aurait aussi dévié son attention du développement de sa conscience d’Ego. Pensez seulement à quel point il est difficile de se concentrer lorsque l’on a de la douleur, ou lorsqu’on est malade. À ces moments vous ne pouvez pas utiliser vos facultés supérieures parce que vos processus physiques les dominent. Nous ne devons pas être capable de sentir chaque processus de la digestion, chaque impulsion de nos cerveaux vers nos muscles. Cela serait extrêmement dérangeant, et se produit seulement durant une maladie.

Il était alors nécessaire pour l’humain d’oublier cette connaissance, et il en résulta l’inconscience de celle-ci.

Rudolf Steiner nous dit que partout où a lieu une inconscience, cela crée des opportunités pour les êtres spirituels d’entrer en l’homme. Ainsi le fait que l’homme est inconscient dans sa nature physique crée une opportunité pour les êtres spirituels d’entrer dans le vide laissé par l’âme et l’esprit. C’est dans cet espace qu’entre, peu de temps avant que nous naissions, un être qui prend possession de ces processus physiques inconscients.

Cet être, nous dit Rudolf Steiner, tombe dans la catégorie des êtres Ahrimaniens. Un être qui est connecté avec le grand être d’opposition Ahriman dont le royaume est la matière, la terre et les éthers déchus.

Ce double au service d’Ahriman continue à vivre en nous durant notre vie, en majorité dans notre corps Éthérique de la même manière que notre esprit vit surtout dans notre âme.

Pourquoi est-ce qu’ils entrent dans l’homme ?

Ces êtres sont Ahrimaniens de caractère et ainsi ils sont des êtres retardés qui servent les êtres qui ont déchu durant l’ancien Soleil. Des êtres Ahrimaniens qui ne pouvaient pas passer par  leur stade humain à ce moment ont dû réaliser leur développement à un autre moment ne convenant pas à leur existence – sur une Terre Physique. N’ayant pas de corps physiques avec lesquels suivre leur développement ils devaient prendre résidence dans le corps physique des êtres humains s’ils ne voulaient pas souffrir trop grandement.

Leur sphère particulière d’action est le corps Éthérique.

Dans le corps Éthérique repose notre potentiel pour la mémoire et par conséquent notre Intellect. En lui repose aussi le pouvoir de l’amour et les prémisses de ce qui sera un jour la vraie conscience. Ce n’est alors pas difficile de voir pourquoi ces êtres sont attirés vers cette sphère car ils ont une intelligence Mephistophélique extrêmement grande, mais c’est une intelligence Ahrimanienne qui n’a pas de chaleur de cœur et pas de conscience. Dans le corps Éthérique repose nos tempéraments et nous pouvons voir le lien ici avec ces êtres qui sont possédés d’une forte volonté apparentée à la nature des éléments. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire que ces êtres sont connectés avec les éthers déchus qui ont à un moment été dans une phase de croissance-génération et sont maintenant en train de dégénérer, c’est-à-dire que ce qui à un moment existait dans le monde extérieur des éléments, éclairs, tonnerre, feu, vents, cyclones, mers rageantes – résultats des effets des éther Lumière, éther Chimique-Sonore et éther Vie – existent maintenant dans un état déchu dans la terre en tant que forces de l’électricité, magnétisme et le pouvoir de l’Atome.

Ce dessin de Rudolf Steiner nous donne une idée du Double. Notez les sept chakras liés au corps Éthérique ou ce que les Orientaux appellent Chi. Sa forme en rayon, les deux cornes et les yeux hypnotisés – éther Lumière dégénéré ou Électricité. Les grandes oreilles symbolisant l’éther Chimique-Sonore dégénéré ou magnétisme. Et l’éther Vie dégénéré qui est symbolisé par les ailes. Sa force vient d’une fissure dans la terre. L’homme assit sur la montagne de l’objectivité regarde ce double de l’autre côté de l’abysse ou seuil du monde spirituel et envoie des rayons bénéfiques pour transformer le double.

Il y a une chose que ces êtres ne peuvent tolérer, c’est la mort. Ils doivent quitter le corps humain avant que celui-ci ne meure. Ils ne peuvent accompagner l’esprit humain après la mort. Ils doivent attendre la prochaine incarnation de cet être afin de pouvoir se glisser à nouveau dans son corps.

Ils sont illusionnés cependant et croient qu’ils seront un jour capable de rester dans le corps humain après la mort.

C’est en fait le but de diverses confréries noires qui initient leurs membres vers une immortalité Ahrimanienne en faisant descendre le matérialisme, qui est approprié seulement pour le processus de pensée, jusque dans le corps Éthérique. Cela densifie le corps Éthérique de telle sorte qu’il ne se désintègre pas dans le monde Éthérique après la mort. Ce corps Éthérique dense est le véhicule parfait pour ces êtres. Cependant ils n’ont pas été capables de réussir cela à grande échelle à cause d’un évènement capital : le mystère du Golgotha qui est la mort du Christ. Après sa mort l’être du Christ est entré au cœur même de l’élément Éthérique et Physique de la terre, restreignant ainsi l’activité de ces êtres. Cela est caractérisé dans la Bible par sa descente aux ‘enfers’ souterrains. Cela a rendu impossible pour ces êtres de triompher de la mort et devenir les maîtres de l’évolution humaine.

Cela dit, nous ne devons pas penser que cet être n’est pas nécessaire pour le développement humain car il l’est. Toutes entraves rendent une personne plus forte. Et c’est cette entrave même qui rend la mémoire possible. Car c’est ce double qui transporte avec lui la mémoire de tout ce que nous avons fait de nous-même de vie en vie. Sans ces êtres, l’homme n’aurait aucune mémoire de ce qu’il a vécu consciemment et inconsciemment lorsqu’il a traversé le Seuil, par la mort ou l’initiation.

À un certain point de notre développement nous devenons capables d’atteindre le Seuil entre le monde des sens et les mondes spirituels. À ce moment l’homme tombe sur cet être que Rudolf Steiner décrit dans de nombreux livres comme le petit gardien du seuil.

‘…Là s’élève le phénomène connu en tant que Gardien du Seuil – l’apparition du double inférieur de l’homme. L’être spirituel de l’homme, composé de ses impulsions de volonté, ses désirs et ses pensées, apparaissent à l’Initié en une forme visible. C’est une forme qui est parfois répugnante et terrible, car c’est la progéniture de ses bons et mauvais désirs et de son karma – c’est leur personnification dans le monde astral…’

Cet être barre la voie du monde spirituel parce que tant que nous transportons le bagage de nos fautes et erreurs, tous nos désirs et besoins inférieurs, toutes nos impulsions de volonté, tout ce qui est périssable et non éternel, nous sommes trop lourds et ne pouvons pas entrer.

C’est une vraie bénédiction de voir cet être parce qu’en voyant ce que nous avons créé de lui et sa forme hideuse, nous sommes encouragés à travailler sur nous-même pour nous parfaire afin que nous puissions supprimer l’influence de cet être.

Ce n’est pas surprenant ensuite que l’existence de cet être dans notre corps de vie mène à des maladies de nos organes. Dans le corps Astral cet être se manifeste par des maladies psychologiques, nerveuses.

Comment est-ce que cela arrive ?

Cela résulte des forces déchues qui sortent de la terre et sont immédiatement connectées au double. Là où le double est fort en nous il attire les forces déchues qui ensuite le nourrissent et l’animent davantage. C’est un fait qu’il y a certains êtres qui préfèrent certains lieux géographiques où tel ou tel éther déchu prévaut d’avantage et va entrer dans les êtres humains nés ici et là. Les forces déchues dans l’homme (le double) sont particulièrement renforcées en venant en contact avec leur contrepartie dans le monde extérieur.

Comment le percevons-nous ?

Dans la vie de tous les jours nous le voyons dans notre intellect partout où ce dernier devient dur et froid et manquant de sentiment. Nous le voyons dans nos tempéraments – partout où quelque chose devient habituel, partout où nous perdons le contrôle de nos émotions et à tout moment où nous avons la convoitise de choses d’une nature matérielle.

Un être qui vient immédiatement à l’esprit est Gollum du Seigneur des Anneaux. Il convoite l’anneau de pouvoir, qui sert les éthers déchus et leur seigneur. « Mon Précieux » est son slogan. Il est intelligent, rapide, rusé, mais n’a pas de cœur, tout ce qu’il fait est pour lui et lui seul. Il accompagne son maître Frodon, qui au début veut le tuer et plus tard prend pitié de lui et veut le racheter. C’est sage parce que sans Gollum la quête n’aurait pas pu être complétée.

Comment le rachète-t-on ?

Premièrement, comme dans Rumpelstiltskin nous devons apprendre son nom. C’est-à-dire nous devons le reconnaître avec la conscience de notre Ego, étant donné que chaque fois que nous le reconnaissons il perd du pouvoir.

Deuxièmement, nous devons élever notre penser du monde de la matière. Cela est fait en
• Ordonnant nos pensées (volonté dans le penser) par des exercices de concentration
• Libérant notre penser du cerveau par des méditations sur des vérités spirituelles qui sont animées, réchauffées par le ressentir (ressentir dans la pensée).

Troisièmement nous devons travailler sur notre vie de sentiments pour équilibrer les hauts et les bas par
• Équanimité (pensée dans le sentiment)
• Positivité (volonté dans le sentiment)

Quatrièmement, nous devons travailler sur notre vouloir à faire le bien
• Exercices de volonté (pensée dans le vouloir)
• Ouverture d’esprit (sentiment dans le vouloir)

Cela transforme l’Âme humaine et les corps physiques, permettant ainsi à l’impulsion du Christ d’y entrer. Quand le Double vient en contact avec l’être du Christ, il est immédiatement sauvé, racheté. L’être du Christ est caractérisé en ce sens comme étant le Grand Gardien du Seuil vers le monde spirituel. C’est lui qui se tient devant nous en tant que grand Archétype, l’idéal vers lequel nous devons nous tourner pour prendre exemple.

Un vieux sage a déjà dit à son élève :

‘Quel être est plus fort en toi, le Dragon ou l’Agneau ? ”
Le jeune élève était perplexe et répondit, “Je ne sais pas maître.”
À quoi le maître répliqua,
“Le plus fort est celui que tu nourris le plus.”

Allons-nous nourrir le dragon ou allons-nous créer l’espace dans lequel l’agneau peut exister?

Cela  ne dépend que de nous......

 

LETTRE 7

 

 

LETTRE 8

 

C’est l’été.

 

Les forces christiques s’éloignent de la terre pour aller « inspirer » auprès du Père...

 Nous sommes laissés à nos propres forces intérieures...à la merci des forces lucifériennes et ahrimaniennes qui font tout leur possible pour nous attirer à elles...

 A nous donc d’essayer de ne pas tomber entre leurs griffes sous leur séduction,

Et, dans la mesure de nos capacités, « d’expirer » ces forces spirituelles intérieures, pour le bien du monde et de l’humanité...

 Dans l’attente des forces Michaëliques de l’automne...

 

LETTRE 9

 

La Transfiguration

 

 

La transfiguration, n’est-ce pas le passage de l’ancien au nouveau ?

N’est-ce pas un saut dans l’évolution de notre humanité ?

De quel ancien ? De quel nouveau ?

 

L’Ancien ?

 

C’est Moïse qui nous donne une Loi : « Dix commandements » ; dix liens qui nous relient entre nous, qui nous relient au Divin.

Une Loi qui nous est imposée de l’Extérieur. (la conscience n’intervient pas)

C’est Elie et avec lui tous les Prophètes qui nous révèlent ce que Dieu attend de nous.

 

Le Nouveau ?

 

C’est Pierre, Jacques et Jean à l’aurore des temps inaugurés par le « Christ ».

 

Le Christ qui ne veut plus une Loi qui nous soit donnée de l’extérieur, mais une Loi que nous découvrions en chacun de nous, au plus profond de nous, librement et consciemment. (Âme de conscience)

Le Christ qui ne veut plus les révélations venant des Prophètes, mais provenant de Lui  (le Christ) vivant à « l’intérieur » de chacun de nous.

 

Le Christ  invite notre « Moi-Ego ou petit moi, petit je », à prendre conscience qu’il (le moi-ego après un « retournement » vers le « Moi Spirituel ») est une coupe au sein de laquelle, il (le Christ) habite et dans laquelle il est venu déposer la Force-d-Amour et ses Révélations afin de lui donner la capacité d’exercer dans l’Amour Pur son Penser, son Sentir et son Vouloir. (triangle de Feu) (Petit Gardien du Seuil).

 

Désormais, ce n’est ni la Loi de Moïse, ni la Parole des Prophètes qui nous vient de l’Extérieur mais la Loi et les Révélations reçues dans notre conscience qui gouverneront notre vie. (à la condition expresse que notre Âme puisse, veuille et accepte le retournement vers le Soi-Spirituel).

 

Le Christ est venu rendre possible le passage de la Loi extérieure à la Loi intérieure ; il est venu nous inviter à suivre notre conscience éclairée par lui, afin que « nous » (le Moi-Spirituel) puissions « nous » réaliser, « nous » accomplir comme Lui a réalisé, a accompli le corps offert par Jésus. (corps préparé astralement et éthériquement).

 

C’est ce corps accompli, (Homme-Esprit) ; corps à la réalisation duquel nous sommes appelés, qu’il a montré à Pierre, Jacques et Jean.

Cette réalisation de l’Homme sur lui-même (par la transfiguration du « corps astral ou corps du désir » en « Soi-Esprit », puis du « corps éthérique » en « Esprit de Vie » et enfin du corps physique en « Homme-Esprit) pouvait-elle être appelée autrement que « Fils de l’Homme » ?

Ce que le Christ a réalisé dans le corps de Jésus en trois ans, c’est à notre Moi dépouillé de son Ego (« Je ou Moi Spirituel ») de le réaliser dans son propre corps physique, progressivement jusqu’à la « fin des temps ». (« Je Véritable »).

 

Tel est l’appel que le Christ nous fait en se révélant transfiguré !

 

N’est-ce pas le sens des Paroles du Christ, dans son enseignement :

« Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l’accomplir » ?

N’est-ce pas le sens des Paroles du Christ, lorsqu’il expira sur la Croix :

« Tout est accompli ! » ?

N’est-ce pas ce saut dans l’Evolution

– passer de la Loi et des Révélations prophétiques extérieures

à une Loi et des Révélations christiques intérieures que l’Apôtre Paul a compris

lorsque, après sa rencontre sur le Chemin de Damas et sa retraite sur le Mont Sinaï,

il s’exprimait en disant : « Ma conscience m’autorise à dire…. », alors qu’auparavant il observait la Loi avec grande rigueur ?

 

 

Deux millénaires se sont écoulés…

Où en sommes-nous ?

Nous avons négligé le conseil du Christ : « Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d‘eux » ( Mt 18,20)

 

Nous avons aussi oublié que le Christ « habite » en chacun de nous.

Ces réalités signifient que nous sommes appelés à nous rencontrer pour partager ce que la maturité individuelle de chacune de nos consciences a « entendu » du Christ en elle, ou a vu « « s’éveiller » en elle lors d’échanges avec des chercheurs comme nous !

 

Longtemps, nous avons été enfermés dans des croyances et dogmes souvent sous peine « d’excommunication » et n’avions pas à nous exprimer et à partager !

Pendant ce temps, les lois de « l’Evolution »  activaient le développement de notre conscience. Celle-ci voulait se libérer des contraintes et voulait comprendre ; elle voulait un enseignement adulte (pas du petit lait mais de la nourriture solide comme disait l’apôtre Paul), et voulait abandonner ce qui était de l’enfance ! Elle (notre conscience) devint exigeante mais ne sut où trouver la vérité qu’elle cherchait ; isolée, seule dans son coin, étouffée par des occupations égocentriques qui la distrayaient sans la faire grandir, (influences Lucifériennes & Ahrimaniennes) elle se forgea ainsi des opinions non conformes aux « Lois de l’Existence » ; elle tomba gravement dans l’erreur et chercha en vain des points de repère.

Elle rencontra d’autres consciences, comme elle (notre conscience) en mal de vivre ;

Il y eut des regroupements qui aboutirent à bien des révoltes, des exactions collectives ou individuelles.

Les Eglises chrétiennes (églises catholiques ou temples protestants)  sont nombreuses. Elles parlent d’œcuménisme ou de sauvegarde de l’âme, mais ce n’est possible que si : « Tu penses comme moi… ».

Elles reconnaissent difficilement la Liberté individuelle en leur sein.

 

Une lueur d’espoir pour l’église catholique avec le Pape François quand il déclare :

« Ceci est important pour les relations œcuméniques : non seulement mieux se connaître mais aussi reconnaître ce que l’Esprit a semé dans l’autre comme un don qui nous est aussi destiné » (lors de l’interview réalisée par le P. Antonio Spadano, sj)

 

Puissent toutes les Religions (après avoir fait un certain travail sur l’Âme de Raison ou d’Entendement)  reconnaître la Liberté de conscience pour chaque être humain au point que leurs spécificités (des Religions) disparaîtront pour ne laisser place qu’à une seule communauté religieuse !

 

« La Communauté en Esprit » grâce à une « Spiritualité Laïque ».

 

Les misères vécues actuellement par les Européens ne disparaîtront que si l’Europe se reconstruit dans le respect des trois grandes aspirations de la conscience humaine :

  • la solidarité dans la satisfaction des besoins ou la Fraternité dans le domaine économique,

 

  • le respect, par tous les citoyens, des Lois les reliant entre eux

ou l’Egalité dans le domaine juridique,

 

  • le respect de la Liberté de Pensée ou la Liberté dans le domaine culturel et cultuel.

 

Trois domaines autonomes mais étroitement liés.

Une Europe qui ainsi deviendra une communauté où vivra la Force de la Conscience de chacun de ses citoyens, où chaque Conscience se reconnaîtra.

Et cela est également vrai pour le Monde !

 

Puisse cette vieille Europe Chrétienne montrer enfin le vrai visage du Christ !

 

Une Utopie ?

 

Certes, c’est une utopie pour le commun des mortels, mais c’est la seule solution !

Une solution possible lorsque nous exercerons la Force d’Amour que le Christ a déposée dans notre Moi individuel afin de lui faire don (à notre moi) de la capacité de se dépouiller de son Ego, par le « retournement de l’Âme ».

 

LETTRE 10

 

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Rudolf Steiner
La science de l’esprit,
l’Evangile,
et l’avenir de l’humanité
Conférence publique de Rudolf Steiner
en introduction à son cycle de conférences
sur l’Apocalypse (Nuremberg, 17juin 1908)
- 2 -
- 3 -
NUREMBERG pourra célébrer l'automne prochain un beau
centenaire. Car c'est à l'automne de 1808 qu'elle a accueilli dans ses
murs un des plus grands esprits d'Allemagne; un de ceux dont certes
on ne parle pas beaucoup aujourd'hui, dont les oeuvres sont encore
moins bien comprises, mais qui, lorsqu'il sera compris un jour, sera
d'une grande importance pour la vie de l'esprit humain. Il est certes
difficile à comprendre, et c'est pourquoi il s'écoulera bien quelque
temps avant que les hommes ne le comprennent. C'est à l'automne
de 1808 que le philosophe Hegel est devenu directeur du Lycée
royal de Nuremberg.
Hegel a émis une affirmation que nous pouvons peut-être,
aujourd'hui justement, prendre pour point de départ de nos
considérations. Il a dit que la pensée humaine la plus profonde est
liée à l'incarnation du Christ, à sa personne historique, extérieure; et
que ce qui fait la grandeur de la religion chrétienne, c'est que, si
profonde qu'elle soit, elle peut être comprise facilement par la
conscience extérieure, et qu'en même temps elle l'incite à une étude
plus approfondie. Elle est accessible à n'importe quel niveau de
culture, et en même temps répond aux exigences les plus hautes. -
Telles sont les paroles de Hegel!, le philosophe allemand.
Que la religion chrétienne, le message de l'Evangile, soit
compréhensible à chacun, quel que soit son niveau de conscience,
nous l'avons appris depuis près de deux millénaires. Qu'il fasse
appel aux pensées les plus profondes, à un approfondissement
majeur des enseignements de la sagesse humaine, ce sera l'une
des tâches du courant spirituel anthroposophique, de la science de
l'esprit, de le montrer, lorsque celle-ci aura été saisie dans sa
signification la plus juste, dans ses impulsions les plus intimes, et
qu'elle sera devenue le maître de la vie humaine. Ce serait mal
comprendre l'étude d'aujourd'hui que de croire que l'anthroposophie,
la science de l'esprit, est sous quelque rapport une nouvelle religion,
- 4 -
et qu'elle veut mettre une nouvelle confession religieuse à la place
d'une ancienne. Pour éviter tout malentendu, on aimerait même
dire : si un jour la science de l'esprit est comprise comme il faut, on
verra clairement que, tout en étant le soutien le plus ferme, le plus
sûr, de la vie religieuse, elle n'est pas elle-même une religion, et que
par conséquent elle ne peut en aucun cas s'opposer à une religion.
Mais par ailleurs, elle peut être l'instrument, le moyen par lequel
expliquer et rendre compréhensibles les sages enseignements, les
vérités les plus profondes et les secrets les plus graves et les plus
riches de vie des religions.
C'est s'éloigner peut-être un peu trop que de prendre, pour décrire le
rapport entre l'anthroposophie et les documents de telle ou telle
religion - et aujourd'hui nous aurons affaire aux documents chrétiens
-, que de prendre la comparaison suivante: entre l'anthroposophie et
les textes sacrés, le rapport est le même qu'entre les vérités
mathématiques et les documents qui, au cours de l'histoire, sont
apparus sous la forme de livres ou de manuels. Nous avons un livre
très ancien qu'en fait seul étudie de près celui qui est familiarisé
avec l'histoire des mathématiques : c'est la géométrie d'Euclide. Elle
contient pour la première fois, sous une forme propre à
l'enseignement, ce que les enfants apprennent déjà à l'école
aujourd'hui. Mais combien peu de ces enfants ont conscience que
tout ce qu'ils apprennent sur les droites parallèles, sur le triangle, sur
les angles, etc., se trouve dans cet ancien livre, et fut là, pour la
première fois, donné à l'humanité ! A bon droit, on éveille en l'enfant
la conscience que l'on peut par soi-même comprendre ces choses,
que si l'esprit humain met ses forces en action et les applique aux
formes dans l'espace, il est capable de comprendre ces formes sans
tenir aucun compte de cet ancien livre. Mais celui qui n'a peut-être
pas connu celui-ci et a assimilé l'enseignement des mathématiques
et de la géométrie, s'il en prend connaissance un jour, saura le
comprendre et apprécier à sa juste valeur ce qu'a donné à
l'humanité l'homme qui, le premier, a proposé ce livre à son esprit.
On aimerait caractériser de semblable façon le rapport de la science
de l'esprit avec les documents religieux. Ses sources sont telles
qu'elle ne doit être limitée à aucun document, à aucune tradition,
quand son impulsion est bien comprise. La connaissance courante
du monde sensible nous procure le savoir dont dispose l'humanité
par le libre usage des forces humaines; de même, les forces et les
facultés spirituelles, suprasensibles, endormies dans l'âme, nous
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fournissent la connaissance du monde suprasensible, invisible, qui
sous-tend le monde sensible tout entier. De même que l'homme,
lorsqu'il se sert de ses organes sensoriels, est capable de percevoir
ce qui lui apparaît extérieurement, et qu'il est capable de relier, de
rattacher entre elles ses perceptions grâce à son intelligence, de
même, lorsqu'il se sert des méthodes que lui transmet la science de
l'esprit, il est capable de voir au delà du décor de la réalité sensible,
là où résident les causes spirituelles, où s'activent et travaillent les
êtres que l'oeil sensible ne voit pas, que l'oreille sensible n'entend
pas, mais bien l'oreille suprasensible. La source, la source
indépendante et libre du savoir spirituel, c'est donc le libre usage des
forces humaines, même si, chez une grande partie de l'humanité
d'aujourd'hui, ces forces suprasensibles sommeillent encore; et de
même, c'est le libre usage des forces orientées vers le monde
sensible qui est à la source du savoir extérieur. Lorsque d'une façon
quelconque on est entré en possession de connaissances qui
atteignent la réalité au delà du monde des sens, l'invisible au delà du
visible, on peut, armé de ce savoir suprasensible, comme on l'est du
savoir sur les objets et les événements extérieurs, et comme le
géomètre se reporte à l'ouvrage d'Euclide, se reporter aux traditions,
aux livres, aux documents qui l'ont communiqué aux hommes au
cours de l'histoire. On peut alors le contrôler d'un point de vue
analogue à celui du géomètre actuel qui contrôle la géométrie
d'Euclide. On peut alors apprécier et reconnaître la vraie valeur des
anciens documents. Et pour celui qui suit cette voie, qui réellement,
armé des connaissances sur le monde suprasensible, aborde les
documents de la révélation chrétienne, ils ne perdent vraiment rien
de leur prix. Bien au contraire, ils brillent à ses yeux d'un éclat plus
vif qu'à ceux de l'âme qui ne fait que croire. Ils montrent qu'ils
contiennent des richesses plus profondes que ne le pressentait
l'homme autrefois, avant d'avoir acquis la connaissance
anthroposophique.
Mais il nous reste encore à voir clairement le sens d'une question si
nous voulons adopter l'attitude juste vis-à-vis du rapport de
l'anthroposophie avec les documents religieux. Demandons-nous
donc:: qui comprend le mieux la géométrie d'Euclide, celui qui peut
traduire littéralement le texte du livre et qui, sans avoir d'abord
pénétré l'esprit de cette géométrie, veut en transmettre le contenu,
ou celui qui, ayant d'abord compris la géométrie, sait la retrouver
dans l'ouvrage ? Imaginons un simple philologue devant le livre, et
qui ne comprendrait rien à la géométrie: que d'erreurs il commettrait
- 6 -
s'il voulait en dévoiler l'esprit! C'est ce qu'ont fait pour les documents
religieux un grand nombre de gens, même de ceux qui étaient
appelés à en approfondir le sens véritable. Ils ont abordé ces textes
dans l'ignorance de toute autre source possible de connaissance.
Cela nous vaut aujourd'hui des commentaires très scrupuleux, des
explications rassemblant toutes les connaissances historiques, sur
l'origine des documents par exemple, mais qui sont de même valeur
que celles que donnerait de la géométrie d'Euclide quelqu'un qui ne
serait pas géomètre.
La connaissance en matière de religion - nous ne voulons pas
l'oublier - est quelque chose que l'on ne peut acquérir qu'à l'aide de
notions acquises par la voie de la science de l'esprit, bien que celleci
ne soit qu'un levier de la vie religieuse, et non une religion ellemême.
Ce qui caractérise le mieux la religion, c'est le contenu du
coeur humain, de la sensibilité humaine, de cette somme de
sensations et de sentiments par lesquels l'homme élève le meilleur
de son âme réceptive vers les forces et les entités suprasensibles.
Le caractère de la religion d'un être humain dépend du feu de ce
contenu de son âme, de la force de ces sensations, de la nature de
ces sentiments, de même que la manière dont un homme aborde un
tableau dépend de la chaleur qui bat dans sa poitrine et de son sens
de la beauté. Le contenu de la vie religieuse, c'est certes ce que
nous appelons le monde spirituel, suprasensible. Mais pas plus que
la sensibilité esthétique, artistique, n'est ce que nous appelons
l'appréhension spirituelle des lois internes de l'art - bien qu'elle en
stimule la compréhension -, cette sagesse, cette science qui conduit
dans les mondes spirituels n'est la même chose que la religion. Elle
donnera au sentiment religieux plus de gravité, plus de grandeur,
plus de dignité et plus de richesse, mais elle ne veut pas être ellemême
une religion pour qui la comprend bien, quoiqu'elle puisse
conduire vers la religion.
Si maintenant, de ce point de vue de la science de l'esprit, nous
voulons comprendre la force et l'importance, le sens et l'esprit de la
révélation religieuse chrétienne, il nous faut pénétrer très avant dans
la vie spirituelle. Il nous faut du regard remonter à un passé
infiniment lointain, en d'autres termes nous reporter même à
l'époque qui a précédé la religion dans l'humanité, et chercher à voir
comment elle est née. Y a-t-il eu sur terre un temps qui précéda la
religion ? Oui, il y eut autrefois sur terre une époque où la religion
- 7 -
n'existait pas ; la science de l'esprit, elle aussi, doit le confirmer, bien
que dans un tout autre sens que la sagesse matérialiste.
Que signifie pour l'humanité la religion ? Elle fut et sera encore
longtemps pour les hommes ce que le mot exprime déjà. Car le mot
religion signifie : union de l'homme avec le divin, avec le monde
spirituel. Et dans l'essentiel, les époques religieuses sont celles où
l'homme aspirait à cette union avec Dieu, soit en puisant à un savoir
ou à un certain sentiment, soit parce qu'il sentait que sa volonté ne
peut être forte que lorsque la force divine l'imprègne. Les temps où
l'homme, pour ainsi dire, pressentait en lui-même plutôt qu'il ne
possédait un savoir extérieur, dans lesquels il pressentait plutôt qu'il
ne contemplait le monde suprasensible ou le sentait présent autour
de lui, voilà les époques religieuses de notre terre. Et auparavant, il y
en eut d'autres où il n'avait pas besoin de ce lien, et n'avait pas cette
soif de l'union avec le monde suprasensible, spirituel, parce qu'il le
connaissait aussi bien que l'homme d'à présent connaît le monde
des objets sensibles. A-t-il besoin aujourd'hui d'être persuadé que
les pierres, les arbres, les animaux existent ? A-t-il besoin de
quelque document, d'un enseignement qui lui confirme ou lui fasse
pressentir qu'il y a des pierres, des plantes, des végétaux ? Non, car
il les voit, il les contemple autour de lui, et c'est pourquoi il n'a pas
besoin d'une « religion » des choses sensibles. Imaginons un
homme qui vivrait dans de tout autres mondes, armé de tout autres
organes des sens, de tout autres facultés de connaissance, qui ne
verrait ni les pierres, ni les plantes, ni les animaux parce qu'ils
seraient invisibles pour lui, un homme qui serait informé de
l'existence des pierres, des plantes, des animaux par des documents
ou par quelque autre moyen : que serait pour lui ce qui est pour vous
réalité visuelle, expérience, savoir immédiat ? Ce serait pour cet
homme sa religion. Si quelque part un livre lui disait : il y a des
pierres, des plantes, des animaux, ce serait pour lui sa religion, car il
ne l'aurait jamais vu. Il y a eu pour l'homme un temps où il a vécu au
milieu des entités et des réalités spirituelles sur lesquelles le
renseignent aujourd'hui les religions et les doctrines sacrées.
Le mot d'évolution rend aujourd'hui dans de nombreux domaines de
la conception du monde un son magique, et pourtant il n'est appliqué
par les savants qu'aux faits matériels, extérieurs. Pour celui qui
regarde le monde à la lumière de la science de l'esprit, tout, tout est
en évolution, et avant tout la conscience humaine. L'état de
conscience dans lequel vous vivez, grâce auquel, lorsque vous vous
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éveillez le matin, vous voyez et comprenez le monde sensible grâce
à vos organes sensoriels, cet état de conscience s'est développé à
partir d'un autre. Dans le langage de la science de l'esprit, nous
l'appelons la claire conscience de veille, et elle s'est développée à
partir d'un autre, d'un très ancien état de conscience que nous
appelons conscience imaginative obscure. Nous remontons certes
ici à des états évolutifs anciens de l'humanité, dont une
anthropologie extérieure ne dit rien, pour la raison qu'elle n'utilise
que les sens et les méthodes rationnelles. Elle croit que, dans un
passé très reculé, l'homme aurait passé par des états qui en fait
seraient semblables à ceux des animaux actuels.
Dans des conférences antérieures, il a été indiqué comment nous
avons à nous représenter selon la science de l'esprit le rapport de
l'homme avec les animaux. L'être humain n'a jamais été comparable
à l'animal actuel. Il ne descend pas d'êtres semblables aux animaux
d'aujourd'hui. Les formes d'évolution par lesquelles il a passé se
révéleraient, si nous voulions les décrire, très dissemblables. Les
animaux d'aujourd'hui sont comme des êtres restés à des stades
antérieurs d'évolution, qu'ils ont laissés se figer. L'homme a dépassé
ces stades antérieurs, les animaux, eux, ont régressé. Nous voyons
donc dans le monde des animaux des frères attardés des hommes,
mais qui ne sont plus revêtus de ces formes antérieures. Ces formes
d'évolution anciennes ont existé à une époque où régnaient sur terre
d'autres conditions de vie, dans lesquelles les éléments n'étaient pas
distincts les uns des autres comme aujourd'hui, où l'homme n'était
pas doté d'un corps comme aujourd'hui, et était pourtant un homme.
Il a pu attendre, au sens figuré du mot, le moment de son évolution
où il pourrait descendre dans la chair, le moment où cette matérialité
charnelle serait telle qu'il pourrait y développer la force actuelle de
l'esprit. Les animaux n'ont pas pu attendre, ils se sont figés à un
stade antérieur; ils se sont chargés de chair plus tôt qu'il n'eût fallu.
C'est pourquoi ils ont dû rester en arrière. Nous pouvons ainsi nous
représenter que l'être humain a vécu dans d'autres conditions et
dans d'autres formes de conscience qu'aujourd'hui. En les observant
à travers les millénaires, nous les trouverions toujours différentes.
Ce que nous appelons aujourd'hui pensée logique, intellect et
intelligence ne s'est développé que plus tard dans l'humanité. Des
forces humaines qui aujourd'hui déclinent déjà étaient beaucoup plus
puissantes, par exemple la mémoire, qui était dans le passé
infiniment plus développée qu'aujourd'hui. Le développement d'une
civilisation de l'intelligence a fait notablement régresser la mémoire.
- 9 -
Celui qui porte aujourd'hui sur le monde le regard d'un sens pratique
quelque peu développé peut reconnaître aujourd'hui encore que ce
qui est affirmé conformément à la science de l'esprit n'est pas sans
fondement. On pourrait dire : si cela est vrai, les hommes actuels
qui, par quelque hasard, sont arriérés, devraient faire apparaître que
leur mémoire précisément est moins retardée. Ils devraient aussi
révéler que lorsqu'on s'efforce de développer l'intellectualité d'êtres
artificiellement retardés, leur mémoire en souffre. On a pu observer
dans cette ville un cas caractéristique de cette nature.
Le professeur Daumer 1, dont on ne saurait assez estimer la valeur,
a bien observé ce cas sur la personne d'un être qui fut pour
beaucoup une énigme, et qui, arrivé un jour à Nuremberg de façon
mystérieuse, est mort à Ansbach de façon non moins mystérieuse ;
le même être dont un écrivain dit 2, pour esquisser ce que sa vie a
de mystérieux, que lorsqu'on l'enterra, c'était un jour où d'un côté du
ciel, à l'horizon, le soleil se couchait, et où de l'autre, à l'opposé, la
lune se levait. Vous le savez, je parle de Kaspar Hauser. Si vous
laissez de côté toutes les controverses que ce cas a engendrées, si
vous ne tenez compte que de ce qui s'est avéré en toutes
circonstances, vous saurez que cet enfant trouvé qui, parce qu'on ne
savait pas d'où il venait, fut nommé l'enfant de l'Europe, ne savait ni
lire ni écrire lorsqu'on le trouva. A l'âge de vingt ans, il ne disposait
d'aucun acquis dû à l'intellect, mais, chose curieuse, il avait une
mémoire prodigieuse. Lorsqu'on commença à l'instruire, lorsque la
logique pénétra dans son âme, sa mémoire faiblit. Cette modification
de l'état de conscience fut encore liée à autre chose: à l'origine, il
était d'une sincérité innée presque inconcevable, et c'est
précisément sur ce point de la sincérité qu'il s'égara de plus en plus.
Plus il prenait goût à l'intellectualité, et plus elle faiblissait.
Nous pourrions étudier bien des choses en approfondissant cette
âme artificiellement retardée. Et celui qui s'appuie sur la science de
l'esprit ne considère nullement comme mal fondée la tradition
populaire en laquelle nos érudits n'ont pas foi, et selon laquelle
Kaspar Hauser, encore ignorant de tout, et du fait qu'il existait des
êtres faits tout autrement, exerçait une étrange influence sur les
1 1800-1875. Voir aussi de Peter Tradowsky : « Kaspar Hauser ou le combat pour
l’esprit » Edts Triades.1985
2 Il s’agit vraisemblablement de Jakob Wassermann et de son roman : « Caspar
Hauser ou la paresse du coeur, 1907, et Club français du Livre, Paris 1952
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bêtes furieuses amenées devant lui. Celles-ci se soumettaient à lui
avec la plus grande douceur. De lui, quelque chose émanait qui avait
pour effet d'apaiser l'animal furieux prêt à se jeter sur un autre.
Comme je le disais, et parce qu'un pareil cas se présente que la
science de l'esprit permet de comprendre, nous pourrions pénétrer
dans la nature de cette personnalité si énigmatique, et vous auriez
alors devant vous un cas qui vous montrerait que tout ce qui paraît
inexplicable dans la vie ordinaire trouve, grâce à la science de
l'esprit, son explication dans des faits d'ordre spirituel. Certes, de tels
faits ne sont pas accessibles à la spéculation philosophique, mais
uniquement à l'observation spirituelle; mais ils sont compréhensibles
pour la pensée logique et sans oeillères.
Tout cela ne devait être dit que pour vous montrer comment vous
pouvez accéder à cette idée que l'actuel état de conscience s'est
développé à partir d'un autre, très ancien, dans lequel l'homme ne se
trouvait pas en contact direct avec les objets perçus par les sens,
comme nous aujourd'hui, mais avait en revanche un lien avec les
faits et les êtres spirituels. Il ne voyait pas la forme physique de
l'autre, qui d'ailleurs, à cette époque, n'existait pas comme elle est
aujourd'hui. Lorsqu'un être s'approchait de lui, quelque chose
comme une image de rêve s'élevait dans son âme. La forme et la
coloration de cette image lui montraient si cet être avait pour lui de la
sympathie ou de l'antipathie. Une telle conscience percevait les faits
spirituels, et par là le monde de l'esprit. Tout comme il vit maintenant
avec des êtres de chair et d'os, l'homme vivait en ces temps, lorsqu'il
dirigeait son regard sur lui-même et se voyait lui-même âme et
esprit, parmi des êtres spirituels. Ils étaient présents pour lui. Il était
esprit parmi les esprits. Bien qu'il n'ait été doté que d'une sorte de
conscience de rêve, les images qui s'élevaient en lui avaient un lien
vivant avec son environnement.
C'était le passé durant lequel l'homme vivait encore dans un monde
spirituel dont il est descendu plus tard, afin de se créer un vêtement
de chair perceptible aux sens, adapté à la conscience qui lui
convient aujourd'hui. Les animaux existaient déjà physiquement
alors que l'homme percevait encore les régions spirituelles. Il vivait à
ce moment parmi des êtres spirituels, et pas plus que vous n'avez
besoin de preuves pour être convaincus de l'existence de la pierre,
des plantes et des animaux, l'homme de ces origines n'avait besoin
d'un témoignage quelconque pour être convaincu de l'existence des
êtres spirituels. Il vivait parmi les esprits et les dieux, et c'est
- 11 -
pourquoi il n'avait pas besoin d'une religion. C'étaient alors les temps
préreligieux.
Puis l'homme est descendu, sa forme précédente de conscience
s'est métamorphosée en l'actuelle. Il ne voit plus planer dans
l'espace des couleurs et des formes ; pour lui, les couleurs
recouvrent la surface des objets. Dans la mesure où il apprit à
orienter ses sens vers le monde extérieur, celui-ci s'étendit comme
un voile - la grande mâyâ - devant le monde spirituel, et il fallut qu'à
travers ce voile l'homme reçoive le message de ce monde spirituel.
La religion était devenue nécessaire.
Mais il existe aussi un stade entre l'époque qui précède la
conscience religieuse et celle de la conscience religieuse
proprement dite, un stade intermédiaire. C'est de là que datent les
mythologies, les légendes, les traditions populaires parlant des
mondes spirituels. C'est une érudition superficielle ignorante des
véritables faits spirituels que celle qui prétend que les personnages
de la mythologie allemande ou nordique, de la mythologie grecque,
que tous les textes parlant des dieux et des actes divins sont des
inventions de l'imagination populaire. Ce ne sont pas des inventions.
Le peuple ne prend pas quelques nuages qui passent pour de petits
moutons. Qu'il le fasse, c'est une fable de nos érudits actuels, pleins
d'une vive imagination dans ce domaine. La vérité est tout autre. Les
anciennes mythologies, les anciennes légendes, sont les derniers
vestiges, les derniers souvenirs laissés par la conscience
préreligieuse. La tradition a conservé ce que les hommes voyaient
eux-mêmes. Ces hommes qui décrivent Wotan, Thor, Zeus, etc.,
l'ont fait parce qu'en eux subsistait un souvenir de ce qu'ils avaient
vécu autrefois. Des bribes, des fragments arrachés à ce que l'on
avait vécu, voilà ce que sont les mythologies.
Cet état de conscience intermédiaire se manifestait encore
autrement; à l'époque où les hommes étaient déjà intelligents, disons
même très intelligents, il y en a toujours eu qui, au moins dans des
états exceptionnels - appelez-les extase ou folie, comme vous
voulez -, étaient capables de voir les mondes spirituels, de percevoir
encore ce qu'avaient perçu autrefois la majorité des êtres humains.
Ceux-là rapportaient avoir encore vu eux-mêmes quelque chose du
monde spirituel. Ces récits s'ajoutaient aux souvenirs et ainsi
naissait une foi vivante. Ainsi se fit une transition vers l'état religieux
proprement dit.
- 12 -
Et comment fut préparé le stade religieux proprement dit dans
l'humanité ? Grâce aux moyens et aux voies trouvés par l'homme
pour développer son être intérieur de façon telle qu'il put à nouveau
voir et contempler les mondes dont il est issu, et qu'il avait perçus
autrefois dans un état de conscience nébuleux. Nous abordons ici un
chapitre qui, aux yeux de bien des hommes modernes, ne contient
que bien peu de données vraisemblables, le chapitre des « initiés »
Qu'étaient donc les initiés ? C'étaient des hommes qui développaient
par certaines méthodes leur âme et leur esprit de façon telle qu'ils
pouvaient à nouveau pénétrer dans le monde spirituel. L'initiation,
cela existe ! En toute âme sommeillent des forces et des facultés
suprasensibles. II vient, ou tout au moins il peut venir pour tout
homme, le grand moment, le moment solennel où ces forces
s'éveillent. Ce moment, nous pouvons l'évoquer intérieurement en
nous représentant ce que fut par ailleurs l'évolution de l'humanité en
employant les mots de Goethe 3 nous pouvons dire :Notre regard
porte vers un passé lointain dans lequel l'homme physique ne
possédait pas d'oeil physique ni d'oreille physique comme
aujourd'hui. Nous nous reportons en arrière à ces temps dans
lesquels, aux endroits où se trouvent aujourd'hui ces organes, il y
avait des organes « indifférents » qui ne pouvaient ni voir ni
entendre. Pour l'homme physique, un temps vint où ces organes
aveugles se développèrent et devinrent des points lumineux, où ils
se perfectionnèrent peu à peu, jusqu'à ce que la lumière devienne
pour eux une réalité. Il vint de même un moment où l'oreille de
l'homme fut assez développée pour que Ie monde jusqu'alors muet
se manifeste par des sons et des harmonies. De même que le soleil,
grâce à ses forces, a travaillé à modeler ses yeux dans son
organisme, l'homme aujourd'hui peut vivre selon son esprit, de sorte
que les organes de son âme et de son esprit, aujourd'hui indifférents,
se développent de façon analogue. L'instant peut survenir, il est déjà
survenu pour beaucoup, où leur âme et Ieur esprit se transforment
comme un jour s'est transformée leur organisation physique. De
nouveaux yeux et de nouvelles oreilles apparaissent à travers
lesquels, issus de l'environnement spirituellement obscur et muet,
3 Les mots de Goethe : « L’oeil doit son existence à la lumière. A partir d’organes
animaux secondaires et indifférents, la lumière produit pour elle un organe qui lui
soit semblable et ainsi l’oeil se forme par la lumière et pour la lumière, afin que la
lumière intérieure vienne répondre à la lumière extérieure ». dans : J.W. Goethe,
Traité des Couleurs, introduction de Goethe. Triades 1986 page 80.
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brille la lumière et résonnent les sonorités. Un développement est
possible qui conduit aussi à s'adapter à la vie dans Ies mondes
spirituels. C'est cela, l'initiation. Et dans les écoles des Mystères, les
méthodes conduisant à cette initiation sont mises à la portée des
humains tout comme le sont, dans le monde extérieur, tes méthodes
appliquées, disons, dans ]es laboratoires de chimie ou de recherche
biologique. La différence entre celles de la science extérieure et
celles de l'initiation, c'est seulement le fait que la première doit
mettre au point des instruments et des appareils annexes. Mais pour
celui qui veut devenir un initié, il n'y a qu'un unique instrument qu'il
lui faut développer, c'est lui-même, avec toutes ses forces. De même
que dans le fer peut être latente une force magnétique, dans l'âme
humaine sommeille, latente, la force de pénétrer dans le monde
spirituel de la lumière et des sons. C'est ainsi que vint le temps où la
vision normale ne perçut plus que le monde physique-sensible, et où
les guides de l'humanité étaient de ces initiés dont le regard pouvait
pénétrer dans les mondes spirituels, et qui pouvaient communiquer
et expliquer les réalités du monde spirituel dans lequel l'homme avait
vécu autrefois.
Où conduit le premier degré de l'initiation ? Comment se présente-t-il
à l'âme humaine ? Ne croyez pas que cette évolution ne comporte
que spéculation philosophique, que concepts subtilement élaborés et
raffinements intellectuels. Les notions que l'homme possède sur le
monde sensible extérieur se transforment en celui qui accède au
monde spirituel. Désormais, il ne comprend plus à l'aide de concepts
aux contours fixes, mais grâce à des images, à des Imaginations.
Car il grandit en s'adaptant au processus spirituel qui a engendré la
Création. Seuls les objets du monde sensible sont déterminés, ont
les contours rigides que nous leur connaissons. Au sein de la
Création universelle, vous ne trouvez pas d'animal aux formes
figées. Vous avez comme fondement quelque chose comme une
image dont peuvent naître les différentes formes extérieures, une
réalité vivante, un organisme. Il faut s'en tenir rigoureusement à la
parole de Goethe : « Tout ce qui passe n'est que symbole 4 » C'est
par des images que l'initié apprend tout d'abord à connaître et à
comprendre, qu'il apprend à s'élever dans le monde spirituel. Il faut
alors que sa conscience devienne plus mobile que celle qui nous
sert à comprendre le monde sensible qui nous environne. C'est
4 Faust II, acte V, choeur final.
- 14 -
pourquoi l'on nomme ce stade du développement : la conscience
imaginative. II conduit l'homme à nouveau dans le monde spirituel,
mais non par une voie nébuleuse. Cette conscience sacrée est
limpide et claire comme l'est la conscience de jour elle-même.
L'homme s'en trouve enrichi en ajoutant à la conscience de veille
celle du monde spirituel. Il vit donc, au premier stade de l'initiation,
dans la conscience imaginative. Et ce qu'apprenaient dans les
mondes spirituels ceux qui étaient ainsi initiés, il en a été fait
communication à l'humanité dans les traditions et les documents,
tout comme il a été fait communication à celle-ci, par Euclide, de la
science ordinaire de la géométrie. Nous savons ce que contiennent
ces documents, nous le reconnaissons lorsque nous remontons à
leur source, c'est-à-dire à la vision des initiés.
Ainsi en fut-il au sein de l'humanité jusqu'à l'apparition de la plus
haute entité qui ait jamais cheminé sur la terre, du Christ Jésus. Un
élément nouveau intervient alors dans l'évolution. Si nous voulons
que nous soit bien clair ce en quoi consiste l'essentiel de cet élément
nouveau dont le Christ Jésus fit don à l'humanité, il nous faut
considérer que dans tous les centres d'initiation préchrétiens,
l'initiation nécessitait pour l'homme un isolement complet du reste de
l'évolution humaine, et un travail accompli sur son âme dans les lieux
les plus secrets. Et surtout, il nous faut voir, clairement que dans la
conscience de l'homme, il subsistait encore, lorsqu'il s'élevait à
nouveau vers le monde spirituel, un reste de l'ancienne conscience
imaginative, de la simple conscience de rêve. Il fallait que l'homme
fuie ce monde des sens pour pouvoir pénétrer dans le monde
spirituel. Cela n'est plus nécessaire aujourd'hui, et c'est ce qu'a
provoqué l'apparition du Christ Jésus sur la terre. Du fait que le
principe du Christ est entré dans l'humanité, l'être central, le point
central du monde spirituel a été une fois présent dans un être
humain sur cette terre, ce même être qu'aspiraient à retrouver tous
ceux qui cultivaient une vie religieuse, qui ont contemplé dans les
centres d'initiation, qui ont quitté la voie du monde sensible pour
pénétrer dans le monde spirituel. L'être dont il a été annoncé que
l'homme voit en lui son entité la plus haute, a pris place dans
l'histoire avec le Christ Jésus. Et celui qui comprend quelque chose
de l'authentique science de l'esprit sait que tout enseignement
religieux donné avant l'apparition du Christ est une Annonce du
Christ Jésus.
- 15 -
Lorsque les anciens initiés voulaient parler de l'être le plus sublime
qui leur était accessible dans le monde ,spirituel, et en qui ils
pouvaient contempler la source originelle de toutes choses, ils ont
parlé du Christ Jésus sous les noms les plus différents. Il nous suffit
de nous remémorer un seul exemple, celui de l'Ancien Testament,
qui est aussi une Annonce. Nous nous souvenons que Moïse, alors
qu'il devait conduire son peuple, reçut cette mission 5 : Dis à ton
peuple que ce que tu dois faire, le Seigneur, ton Dieu, te l'a indiqué. -
Moïse dit alors : Comment les gens me croiront-ils, comment
pourrai-je les convaincre ? Que dois-je leur dire s'ils me demandent:
Qui t'a envoyé ? - Et il lui est mandé : Dis que c'est le « Je suis » qui
t'a envoyé.
Lisez et comparez, aussi exactement que vous le pouvez, avec le
texte original. Vous verrez de quoi il s'agit là. Le « Je suis », qu'estce
que cela veut dire ? « Je suis », c'est le nom de l'entité divine, du
principe christique de l'homme, de l'entité dont il ressent en lui une
goutte, une étincelle quand il peut dire « je suis ». La pierre ne peut
pas dire « je suis », la plante ne peut pas, l'animal ne peut pas dire
« je suis ». L’homme est le couronnement de la Création parce qu'il
peut se dire à lui-même « je suis », qu'il peut prononcer un mot qui
n'a de sens que pour celui qui le dit. Par ce mot « je », vous ne
pouvez nommer que vous-même. Aucun autre ne peut vous nommer
en disant « je ». L'âme s'adresse ici à elle-même dans ce mot auquel
n'accède qu'un être qui ne parvient à l'âme par aucun sens extérieur,
par aucune voie extérieure. Ici, le Dieu parle. C'est pourquoi le nom
« Je suis » a été donné à la divinité qui remplit l'univers. « Dis que le
‘’Je suis’’ t'a dit cela ! » - voilà ce que Moïse devait répondre à son
peuple.
Ce n'est que lentement que les hommes apprennent à comprendre
complètement le sens profond de ce « Je suis ». Les humains ne se
sont pas tout de suite ressentis comme des individualités. Vous
pouvez encore le voir dans l'Ancien Testament : à cette époque les
humains ne se ressentaient pas encore comme des individus. Les
membres des tribus germaniques aussi, même dans les premiers
temps du christianisme, ne se ressentaient pas comme tels. Pensez
aux Chérusques, aux Teutons, etc., aux tribus germaniques qui
vivaient dans le pays qui est aujourd'hui l'Allemagne. Le Chérusque
avait plutôt le sentiment d'être une partie du Moi de la tribu.
5 Exode 3, 14
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L'individu n'aurait pas prononcé avec autant de fermeté
qu'aujourd'hui : « je suis ». Il se sentait enclos dans un organisme
composé de tous ceux qui étaient du même sang que lui.
Chez les hommes de l'Ancien Testament, ce lien du sang englobait
un très large cercle. L'individu se sentait porté par tout le peuple qui
était pour lui gouverné par un Moi. Il savait ce que signifiait « Moi et
le Père Abraham sommes un », car il remontait à travers les
générations jusqu'à Abraham. Il se savait protégé, lorsqu'il voulait
dépasser son Je individuel, en le Père Abraham, par tout le sang,
porteur extérieur du Moi du peuple, du Moi collectif, et qui coulait à
travers les générations.
Si maintenant nous comparons avec les mots chargés pour tout
adepte de l'Ancien Testament d'une si haute signification ce que le
Christ Jésus a apporté, nous projetons comme la lumière d'un éclair
sur tout le progrès qui fut accompli par l'évolution du christianisme.
« Avant qu'Abraham fût, était le « Je suis ». Que signifie : avant
Abraham était le « Je suis » ? - Telles sont en effet la traduction et
l'interprétation justes de ce passage de la Bible. Il signifie :
Remontez le cours des générations, vous trouverez en vous-même,
dans votre propre individualité, quelque chose de plus durable
encore que ce qui coule à travers toutes les générations liées par le
sang. Avant vos ancêtres, il y avait le « Je suis », cette entité qui
pénètre en tout être humain, dont toute âme humaine peut faire en
elle-même l'expérience directe. Non pas moi et le Père Abraham,
non pas moi et un père temporel, mais moi et le Père spirituel qui
n'est lié à rien d'éphémère, nous sommes un. « Moi et le Père
sommes un ». En tout individu il y a le Père. Le principe divin vit en
lui, quelque chose qui était, qui est, qui sera.
Après avoir, au long de presque deux millénaires, commencé
seulement en réalité à ressentir la force de cette impulsion
cosmique, les hommes reconnaîtront pleinement, dans les temps
futurs, ce que signifie pour l'humanité le « saut » qui s'est produit
dans l’évolution, dans la mission de la terre. Ce qu'on ne pouvait
reconnaître qu'en dépassant l'existence individuelle, en saisissant
l'Esprit de tout un peuple, c'était ce que cherchaient à atteindre les
initiés d'autrefois.
Lorsque dans le monde ordinaire quelqu'un entendait cela, il disait:
le Je est quelque chose d'éphémère qui commence avec la
naissance et finit avec la mort. Mais s'il était initié aux secrets des
- 17 -
Mystères, il voyait en ce que l'autre ressentait la même chose que ce
qui coule à travers le sang des générations, ce qui est un être
véritable; il y voyait l'Esprit de sa tribu. Il pouvait contempler ce qui
n'est accessible que dans le royaume de l'Esprit, mais non dans la
réalité extérieure. Il pouvait contempler un dieu qui passait à travers
le sang des générations. Se trouver face à face avec ce Dieu, cela
n'était possible que dans les Mystères. .
Ceux qui le comprenaient pleinement, les disciples intimes qui
entouraient le Christ Jésus, avaient conscience qu'un être de nature
spirituelle, divine, se tenait devant eux, vivant dans une personnalité
humaine charnelle. Ils sentirent qu'en le Christ Jésus était présent le
premier être humain individuel portant en lui un Esprit comme
autrefois seules des masses collectives d'hommes le ressentaient en
elles, et comme il ne pouvait être sinon contemplé que dans le
monde spirituel par les initiés. Il était le « premier-né » parmi les
hommes.
Plus l'être humain s'individualise, plus il peut devenir porteur
d'amour. Là où le sang enchaîne les hommes les uns aux autres, ils
aiment ce que ces liens du sang les poussent à aimer. Lorsque
l'individualité est accordée à un être, lorsque cet être couve et nourrit
l'étincelle divine qui est en lui, les impulsions de l'amour, les ondes
de l'amour peuvent aller d'un homme à un autre dans la liberté du
coeur. Une impulsion nouvelle est ainsi venue enrichir l'ancien lien
d'amour qui dépendait de la consanguinité. Peu à peu, celui-ci se
transforme en un lien d'amour fraternel qui, passant d'âme à âme,
finira par englober l'humanité tout entière dans un commun amour.
Mais c'est le Christ Jésus qui est la force, la force vivante par
laquelle, dans l'histoire manifestée aux yeux extérieurs, l'humanité
est devenue une communauté de frères. Et les hommes
comprendront qu'ils doivent voir dans ce lien de l'amour fraternel le
christianisme accompli, le christianisme spiritualisé.
On dit facilement aujourd'hui : la théosophie doit rechercher le noyau
de vérité commun à toutes les religions 6, car toutes les religions ont
6 Deuxième principe de la Société Théosophique.
A propos de la « Théosophie » : En janvier 1902, Rudolf Steiner devient membre de
la Société théosophique et secrétaire général pour l'Allemagne.
En juillet, à Londres, il rencontre les responsables de la Société théosophique, dont
sa présidente Annie Besant.
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le même contenu. Ceux qui parlent ainsi, qui ne comparent les
religions que pour y chercher ce qu'elles ont de semblable dans
l'abstrait, ne comprennent rien au principe de l'évolution. Ce n'est
pas en vain que le monde évolue. Il est vrai que chaque religion
contient la vérité, mais en évoluant de forme en forme, elle se
développe vers des formes supérieures. Vous pouvez certes, si vous
voulez approfondir suffisamment vos recherches, trouver aussi dans
les autres religions les enseignements du christianisme. Car il n'a
pas apporté de nouvelles doctrines. Mais l'essentiel dans le
christianisme, ce n'est pas la doctrine. Prenez les fondateurs de
religions préchrétiennes. Ce qui importe chez eux, c'est ce qu'ils ont
enseigné. Imaginez qu'ils soient restés inconnus, et qu'ait subsisté
ce qu'ils ont enseigné. Ç'aurait été suffisant pour l'humanité. Tandis
que pour le Christ Jésus, ce qui importe, c'est qu'il ait existé, c'est
qu'il ait vécu sur cette terre dans un corps physique. Ce n'est pas la
foi en son enseignement, mais la foi en sa personnalité qui est
l'élément décisif, c'est que l'on ait vu en lui le premier-né parmi ceux
qui peuvent mourir, et à qui on demande : Dans la situation dans
laquelle je me trouve, ressentirais-tu toi aussi les choses comme je
les ressens ? Penserais-tu aussi comme je pense maintenant,
voudrais-tu aussi comme je veux ? - L'important, c'est que sa
personnalité soit le grand modèle vis-à-vis duquel ce qui importe, ce
n'est pas d'écouter ses enseignements, mais de le regarder luimême,
de voir comment il a agi. C'est pourquoi les disciples intimes
du Christ Jésus disent tout autre chose que les élèves et les
disciples des autres fondateurs de religions, qui disent : Le maître a
enseigné ceci, il a enseigne cela. - Mais les disciples du Christ, eux,
disent 7 : Nous ne vous parlons pas de mythes subtilement élaborés
ni de préceptes ; nous vous disons ce que nos yeux mêmes ont vu,
ce que nos oreilles mêmes ont entendu. Nous avons entendu la voix,
nos mains ont effleuré la source de la Vie, afin d'être en communion
avec vous. - Et le Christ Jésus lui-même dit : Vous serez mes
En octobre, il participe à la fondation de la Section allemande de la Société
théosophique dont il devient le secrétaire général.
Fin 1912, il se sépare de la Société théosophique et à Noël, fonde la Société
anthroposophique. Pourquoi ? Parce qu’il constate que la Théosophie ne parvient
pas à poursuivre son évolution en accédant à une véritable compréhension du
Christ.
7 Jean - 1ère épître : 1, 1-4
- 19 -
témoins à Jérusalem, en Judée, jusqu'à la fin du monde 8. - Ces
paroles expriment quelque chose de très important: Vous serez mes
témoins jusqu'à la fin du monde - c'est-à-dire : il y aura de tout temps
des hommes qui, comme ceux de Judée et de Galilée, pourront dire
par un savoir instinctif qui était le Christ au sens de l'Evangile.
Au sens de l'Evangile, qu'est-ce que cela signifie ? Rien d'autre
sinon qu'il était dès le commencement le principe qui vivait en toute
création. Il le dit : Si vous ne croyez pas en moi 9, croyez au moins
en Moïse; si vous croyez en Moïse, vous croyez en moi, car Moïse a
parlé de moi. Nous l'avons déjà vu, Moïse a parlé de lui en disant :
Le « Je suis » me l'a dit. - Mais alors ce « Je suis » n'était jusque-là
perceptible qu'en esprit. Que le Christ soit apparu visible dans le
monde, homme parmi les hommes, c'est ce qui fait toute la
différence entre l'Evangile du Christ et la révélation divine par
d'autres religions. Car dans celles-ci, la connaissance spirituelle était
tout entière orientée vers ce qui était alors hors du monde.
Désormais, avec le Christ Jésus était apparu dans le monde quelque
chose qui devait être compris sous la forme même d'une
manifestation sensible. Que ressentirent les premiers disciples
comme étant l'idéal de leur sagesse ? Non plus seulement de
comprendre comment les esprits vivent au pays des esprits, mais
comment le principe le plus élevé a pu être présent sur terre dans la
personnalité historique du Christ Jésus.
Il est beaucoup plus facile de nier la nature divine de cette
personnalité que de la ressentir ainsi. C'est en cela que se distingue
de ce qu'on appelle le christianisme intérieur une certaine doctrine
des débuts du christianisme : la Gnose. La Gnose admet bien la
divinité du Christ, mais elle n'avait jamais pu s'élever jusqu'à
reconnaître que le « Verbe » s'est fait chair et est demeuré parmi
nous, comme le souligne l'auteur de l'Evangile selon Jean, qui dit : Il
ne faut pas considérer le Christ Jésus comme quelque chose qui n'
discernable que dans l'invisible, mais comme le Verbe qui est
devenu chair et a habité parmi nous. Vous devez savoir qu'avec
cette personnalité humaine, une force est apparue qui agira jusque
dans le plus lointain avenir en tissant autour de la terre la force d'un
amour spirituel réel, qui agit et vit en tout ce qui anime l'avenir. ~ Et
8 Actes 1, 8
9 Jean 5, 46 : « car si vous croyiez en Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a
écrit de moi »
- 20 -
si l'homme se confie à cette force, il pénètre dans le monde spirituel
d'où il est descendu; il s'élèvera de nouveau jusqu'au plan où accède
déjà aujourd'hui le regard de l'initié. Il se dépouillera de tout ce qui
est lié aux sens en pénétrant dans le moI spirituel.
De même que le disciple qu'on initiait dans le passé pouvait jeter un
regard rétrospectif sur la vie spirituelle des temps passés, ceux que
l'on initie au sens christique du terme acquièrent, en participant aux
impulsions du Christ Jésus la faculté de voir ce que deviendra notre
monde terrestre si les hommes agissent dans l'esprit de ces
impulsions. Comme on peut jeter un regard rétrospectif sur les états
passés, on peut à partir de l'apparition du Christ sur la terre, voir
dans l'avenir le plus lointain. On peut dire : la conscience se
transformera encore, telle sera la position de l'homme entre le
monde spirituel et le monde sensible. Alors que l'ancienne initiation
orientait vers le passé, vers une sagesse antique l'initiation
chrétienne conduit à dévoiler l'avenir au néophyte. Ce qui est
nécessaire, c'est que l'homme ne soit pas seulement initié pour ce
qui relève de sa sagesse, de sa sensibilité, mais qu'il le soit pour sa
volonté. Car c'est ainsi qu’il sait ce qu'il doit faire, les buts qu'il doit
se fixer pour l'avenir. L'homme ordinaire, l'homme de la vie sensible,
se fixe un but pour l'après-midi, pour le soir, pour le lendemain matin.
L'homme spirituel est capable, guidé par les principes spirituels, de
se fixer des buts lointains qui stimulent sa volonté et vivifient ses
forces. Fixer ainsi des buts à l'humanité, c'est concevoir le
christianisme dans son ésotérisme au sens véritable, au sens le plus
élevé, dans l'esprit du principe christique des origines. C'est ainsi
que l'a compris celui qui a formulé le grand principe de l'initiation de
la volonté, qui a écrit l'Apocalypse. On comprend mal l'Apocalypse si
l'on ne voit pas qu'elle apporte l'impulsion qui va vers l'avenir, vers
l'activité, vers l'action.
Tout ce que nous avons fait passer aujourd'hui devant notre regard
doit être compris dans l'esprit de la science anthroposophique. Je
n'ai pu aujourd'hui qu'en donner une esquisse. Lorsqu' avec l'aide de
cette science on comprend ce qui se cache derrière le sensible, on
porte un regard compréhensif sur ce qui a été annoncé dans les
Evangiles et dans l'Apocalypse. Et plus l'on progresse en pénétrant
dans les mondes suprasensibles, en les approfondissant, plus l'on
perçoit la profondeur des documents chrétiens. Ils brillent d'un éclat
plus haut, leur contenu apparaît plus vrai et plus profond lorsqu'on
les aborde d'un regard spirituel affiné tel que peut le développer
- 21 -
l'anthroposophie. Il est vrai que l'âme la plus simple peut pressentir
les vérités que recèle le christianisme. Mais la conscience ne se
contentera pas toujours de cette prescience, elle se développera et
voudra savoir et connaître. Mais même lorsqu'elle s'élèvera vers les
plus hautes connaissances, de profonds mystères subsisteront pour
elle dans le christianisme, accessible à l'âme la plus simple, mais
aussi à l'intellect le plus développé. L'initié le vit en images. C'est
pourquoi la conscience naïve peut pressentir les vérités qu'il
enferme; mais l'homme exigera la connaissance, et non plus la foi. Il
pourra trouver dans le christianisme un contenu pleinement
satisfaisant quand la science de l'esprit lui donnera l'explication des
Evangiles. C'est pourquoi la science de l'esprit prendra la place
même des philosophies anciennes les plus évoluées. Elle portera
témoignage de la belle parole de Hegel citée au début : la pensée la
plus profonde est liée à la personne du Christ, historique et
extérieure ; toute sorte de conscience – et là réside la grandeur du
christianisme – peut comprendre les aspects extérieurs de ce
christianisme. En même temps, il fait appel à la sagesse la plus
pénétrante. Le christianisme parle à tout degré de culture, mais il
peut répondre aux exigences les plus hautes.
- 22 -
« A l'égard de l'anthroposophie,
je l'ai souvent répété,
celui qui la comprend réellement
et ne la fige pas en des dogmes
ne croira jamais
que la forme
dans laquelle elle s'exprime aujourd'hui
doive rester la même
pour tous les temps futurs »
Rudolf Steiner dans :
« Impulsions du Christ et conscience du Moi »
Triades, p. 15. Conf. du 25.11.1909 - GA 17
- 23 -
L'âme humaine est aujourd'hui, de par sa façon
d'éprouver les choses, étrangère à tout
dogmatisme, étrangère au fond à tout
sectarisme. Or la difficulté à dépouiller
précisément ce sectarisme est indéniable
Rudolf Steiner lors du Congrès de Noêl 1923,
Absence de préjugés.
Perception du nouveau.
Conscience de l’évolution passée, présente et en devenir
- 24 -

 

LETTRE 11

 

L'Approche anthroposophique de la réincarnation et le problème de la huitième sphère

Quand il fut demandé à Rudolf Steiner de décrire sa mission en tant que maître spirituel, il dit qu’elle consiste à réintroduire la réincarnation et le karma dans le christianisme. Cela donne une bonne idée de la place que tiennent le karma et la réincarnation dans son œuvre, une œuvre non seulement très vaste mais aussi très profonde quoique difficile d’accès à prime abord.

Cet essai vise à donner un aperçu le plus cohérent possible de la vision qu’avait Rudolf Steiner de la réincarnation. Or il serait insuffisant de s’en tenir à cela ; il faut le connaître, retracer ses influences et ses positions philosophiques et occultistes, en décrivant sa vision de l’être humain et du cosmos, etc.

La cosmosophie et l’anthroposophie steinerienne
Steiner se distancie des « spiritualistes », or il considère néanmoins que tout le matériel est une manifestation visible du spirituel qui lui est antérieur. Le but de toute la création serait le développement du « Moi » humain. La vision anthroposophique du cosmos est donc non seulement christocentrique mais aussi anthropocentrique. Steiner conçoit que la Terre elle-même se réincarne sept fois selon un plan précis (Steiner, 1910). L'humain était présent depuis le commencement avant même la création du minéral, mais peu conscient de lui-même. Le corps physique a commencé son développement dans la première incarnation de la Terre, nommée Ancien Saturne (rien à voir avec la planète), un corps céleste fait de pure chaleur. Le corps éthérique (forces formatrices), que nous partageons avec les végétaux, tire son origine de l’incarnation suivante, aérienne et gazeuse : l'Ancien Soleil. Le corps astral, l’âme animée faite d'émotions, de sensibilité et de rêve, que nous partageons avec les animaux, s'est développé sur l'Ancienne Lune, l'état fluidique qui constitue le troisième stade, immédiatement antérieur à la Terre minérale actuelle. Au cours de l’Ancienne Lune certains êtres spirituels, ou hiérarchies célestes, sont entrés en opposition avec les hiérarchies progressives ; ainsi de nombreux anges déchus ont rejoint les rangs de Lucifer dans sa révolte. Les Archées, les Archanges et les Anges ont vécu leur stade humain (évidemment  pas comme nous actuellement) respectivement dans l’Ancien Saturne, l’Ancien Soleil et l’Ancienne Lune. L’espace-temps réservé à notre développement est la Terre (Steiner, 1910).

L’homme est descendu graduellement suivant une pente descendante (involution) afin d’acquérir le « Moi ou Je », dans la matière minérale. C'est seulement dans la Terre minéralisée, la quatrième incarnation de la terre, au plus bas de la descente dans la matière, que l'humain a pu développer un Moi (petit Moi ou petit Je, différencié du Moi ou Je spirituel et du Véritable Moi ou Véritable Je, qui est la rencontre avec le Christ éthérique), donc Moi conscient d'être séparé des autres (moi et les autres et plus « nous »). Des êtres spirituels ont pris du retard dans l’évolution et constituent aujourd’hui des forces perturbatrices dans l'évolution humaine. Ce sont ces êtres spirituels retardés, lucifériens, qui ont causé la chute de l’homme que l’on appelle le péché originel (mais l’homme n’a pas péché au sens propre du terme car il n’avait pas encore de Moi, de Je ; on pourrait dire que c’est son corps astral ou corps du désir qui a péché...). Par conséquent, l'homme acquit la conscience du Moi plus tôt que prévu, grâce ou à cause des forces Lucifériennes ; grâce pourrait-on dire car c’est grâce à ces forces Lucifériennes qu’il peut dire « Je », et donc qu’il a acquis la liberté de choisir son avenir, son chemin ; « Liberté & autonomie ». L'homme se trouve depuis confronté aux forces du mal et son incarnation constitue l’arène d’un combat entre les forces progressives et les forces retardataires et dont l’enjeu est la liberté humaine. Une fois le Moi acquis et la liberté qui y est liée, l’homme a acquis la possibilité de faire le mal. Pour sauver l’humain de la déchéance rendue possible par la liberté individuelle, le Christ s’est sacrifié en s’incarnant dans la chair afin de pouvoir se manifester humainement et montrer aux hommes la voie de l’Ascension. Sans l’incarnation du Christ, et si l’humain ne suivait pas son exemple, la création irait à sa perte à cause des forces lucifériennes (la fausse lumière) que l’homme prend pour des forces divines et qui écartent l’homme de son « incarnation ». Le Christ est venu porter les forces nécessaires à la résurrection des corps (Homme-Esprit). Sans son incarnation et son union avec le devenir humain et terrestre, l’humanité entière serait incapable de retourner au spirituel, au monde divin (mon Royaume n’est pas de ce monde....), après avoir acquis la Liberté et en toute autonomie, par un « retournement » du corps du désir, d’avoir choisi « d’être dans ce monde mais plus de ce monde ». Jésus-Christ a révélé une imagination du Graal aux apôtres, signifiant que l’homme doit devenir un Graal en portant le sang du Christ, c’est-à-dire en transformant ses corps inférieurs (corps physique éthérique et astral) en corps supérieurs spiritualisés (Soi-Esprit, Esprit-de Vie et Homme-Esprit), et faire de même avec la Terre (elle aussi dotée d’un corps physique éthérique et astral, ce dernier étant fait des esprits de la Nature) en s’unissant à elle. La tâche de l’homme est donc de « s’unir » à la matière et aux règnes inférieurs qui constituent ses propres corps inférieurs de même que ceux de la Terre, afin de les spiritualiser  (dans ce monde mais pas de ce monde). Les réincarnations visent justement à spiritualiser cette matière, comme l’a fait le Christ lorsqu’il s’est incarné et s’est uni à la Terre lors de la Crucifixion sur le Golgotha. Les réincarnations ont débuté avec la Chute de l’homme (péché originel) et auront donc une fin - lors de la résurrection des corps. Au terme des réincarnations, il n’y a pas fusion avec Dieu mais bien communauté d’individus indépendants unis dans leur projet de former ensemble la communauté humaine au sens le plus élevé (Communauté en Esprit). Dans la future incarnation de la Terre, appelée Jupiter ou la « Nouvelle Jérusalem », l’homme accédera au statut d’Ange (il perdra son corps physique et gagnera un corps spirituel) et devra s’occuper des petits êtres de la Nature devenu grands, rendus à l’état humain (mais pas comme nous actuellement). C’est donc dire que nos Anges gardiens individuels (Moi ou Je spirituel) furent autrefois humains et qu’avant d’être humains, nous étions des petits êtres de la Nature (élémentaux), comme Arielle la petite sirène qui voulait devenir humaine (De Jong, 2000). Puis viendra la sixième réincarnation de la Terre : le stade de Vénus. C’est dans cette incarnation de la Terre que sonnera le Jugement Dernier, le moment crucial de la fermeture de l'Abîme de la Bête, marqué par le 666. L’homme est indéfiniment perfectible et devient ce qu’il pense de lui-même ; ainsi ce qui est présentement intérieur sera révélé extérieurement par « la marque de Dieu sur le front » (Steiner, 1908). C’est alors que se produira la grande analyse, la grande décantation, la grande division entre l’humain vraiment humain et l’homme retardé, demeuré animal, mû par un égoïsme unilatéral, dont la destination ultime est l’Abîme, l’enfer. L’esprit humain qui y est condamné disparaît à jamais et retourne à la « soupe primordiale ». Parce que Dieu respecte la liberté, il ne peut pas « sauver » de l’extérieur quelqu’un qui s’est fermement ancré dans le mal. Enfin, dans le septième et dernier stade de Vulcain, l'homme sera devenu un dieu créateur et deviendra, à la suite des neuf hiérarchies angéliques traditionnelles (voir Denys l'Aréopagite), la dixième hiérarchie céleste, celle de la Liberté et de l'Amour. Comme le fils est lui-même appelé à devenir père, le rêve prométhéen de la divinisation de l’homme se réalisera et il sera en mesure de diriger une nouvelle création.

Les religions de libération et les religions de résurrection
Les religions hindoues et bouddhistes et autres religions préchrétiennes sont des religions de libération, affirme Steiner : l’humain voulait retourner à l’esprit et fuyait l’incarnation, la matière et la terre (forces lucifériennes) (Archiati, 1996). Dans le monde hébreu, puis chrétien, a germé une religion de résurrection, qui vise à unir l’homme avec la terre et la matière et à les transformer par amour (dans ce monde mais pas de ce monde). La résurrection n’est pas la libération : ce n’est pas l’âme qui fuit la matière vers l’esprit mais bien l’esprit qui s’unit parfaitement à la matière. L’homme est présentement trop faible pour rester uni à la terre et à la matière. Le Christ est tellement plein d’amour qu’Il s’est uni avec la terre et le devenir humain. Il est tellement sans résistance qu’Il n’a pas besoin de se désincarner (Archiati, 1996). Parce que nous endommageons nos corps physique, éthérique et astral, nous devons quitter le corps périodiquement (tous les soirs pendant le sommeil). Or les dommages faits au corps astral ne peuvent trouver leur expression (sous forme de retour karmique) en une seule vie parce que le corps est devenu, au fil des millénaires, imperméable à l’esprit (Archiati, 1996). Il faut donc se réincarner pour récolter les fruits de ses actes, pensées, paroles, bref de tout ce qui découle de notre libre choix. Ultimement, nous ferons comme le Christ et nous nous unirons avec la Terre dans l’amour. Puis l’amour rendra la poussière minérale au cosmos car l’amour dissous (Archiati, 1996). Il restera un corps humain-terrestre parfaitement spiritualisé, dépourvu de poussière minérale (Homme-Esprit).

Des théosophes accusèrent Steiner de donner préséance à la religion chrétienne, or pour lui le Christ transcende les religions et n'est aucunement limité par les dénominations chrétiennes. Le Christ se serait manifesté (manifesté ne veut pas dire réincarné...) avant le christianisme dans Vishvakarman (ancienne Inde), Ahura-Mazda (ancienne Perse), Osiris (ancienne Égypte) et dans Odin dans les mythes nordiques avant de s'incarner pour la première et unique fois, dans un corps physique en Palestine et de révéler son imagination du Graal pour le futur : la transformation-résurrection de l’humanité et de la Terre (Archiati, 1996). Les anciennes religions à mystères devaient servir à préparer la voie à la venue du Christ et jouent un rôle de Précurseur. La Gnose issue des anciens mystères est une voie dépassée qui selon Steiner appartiendrait à l'époque égypto-chaldéenne, soit du quatrième millénaire à l’an 747 avant notre ère (Steiner, 1910). La voie d’initiation moderne n’est plus une gnose ancienne reçue passivement lors d’une initiation de trois jours. Le christianisme a transformé de fond en comble les anciens mystères et les a rendus publics en les révélant dans les sept stations de la Passion du Christ. Les premiers chrétiens gnostiques ont compris le mystère du Christ à travers le prisme de la philosophie grecque et de la sagesse des mystères d’Orient, que Steiner appelle "luciférienne", c'est-à-dire découlant des révélations anciennes de Lucifer, qui se serait incarné en 3000 avant notre ère (Steiner, 1910). Son dualisme esprit-corps et son attitude de fuite devant le monde (dualité) illustrent son côté « luciférien ». La voie d'initiation moderne, rosicrucienne (la véritable Rose-Croix), renouvelle le courant du Graal, lequel a renouvelé le christianisme manichéen et gnostique (Steiner, 1910). Steiner parle également de la « Véritable Initiation Chrétienne », l’initiation du cœur dont il décrit le plan : voir « l’Evangile de Jean » de Rudolf Steiner p163 l’initiation chrétienne, et « la Science de l’occulte » page 459 : l’acquisition des connaissances Supra Sensorielles.

L’organisation de l’être humain
Au stade d'évolution où il se trouve, l'homme peut être divisé en neuf, sept, quatre ou trois parties. En neuf : physique, éthérique, astral, âme de sensibilité, âme d'intelligibilité, âme de conscience, Esprit-Soi (manas), Esprit-Vie (buddhi), Homme-Esprit (atma) ; en sept : physique, éthérique, astral, Moi ou Je (inférieur, reflet du Moi spirituel qui ne s’incarne pas), Soi-Esprit (manas), Esprit-Vie (buddhi), Homme-Esprit (atma) ; en quatre, puisque les corps supérieurs ne sont pas encore réalisés : physique, éthérique, astral, Moi ou Je ; et finalement en trois : corps, âme et esprit. Les corps supérieurs – l’esprit - seront actualisés dans le futur. L’enseignement de la Véritable Rose-Croix ou la Véritable Initiation Chétienne peuvent permettre d’atteindre plus rapidement des niveaux que les humains n’atteindront que dans le futur. Les corps spirituels résultent de la transformation des corps inférieurs, par un travail spirituel conscient du moi dans l’âme sur les corps inférieurs (dans le corps astral par un « retournement », puis travail du corps astral sur le corps éthérique et ensuite travail du corps éthérique sur le corps physique), ce qui les élève à l’état de corps spirituels. L'âme est l'intermédiaire entre le corps matériel et l'esprit issu des mondes supérieurs divins.


Le devenir de l’homme après la mort
Au cours du sommeil, le corps physique reste imprégné de l’éthérique (qui le maintient en vie), mais le corps astral  et le Moi  le quittent pour leur propre monde, dans l’invisible. Au moment de la mort, par contre, le corps éthérique, le corps astral et le moi quittent définitivement le corps (Steiner, 1910). Le moi, qui reste enrobé de l’astral et de l’éthérique, verra sa substance éthérique se dissoudre en trois jours environ, après avoir assisté au spectacle de sa vie entière à l’état de veille (Steiner, 1910). Une fois le corps éthérique dissous, l’individu entre dans le monde de l’âme (Steiner, 1910). En s’élevant vers les mondes supérieurs, il traversera une par une les sept sphères planétaires, dans l’ordre : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne (Steiner, 1912). À ne pas confondre avec les incarnations planétaires décrites plus haut. L’esprit et son âme entrent d’abord dans le kamaloca (« lieu du désir »), le monde lunaire, où ils se départissent des désirs brûlants, qui le tourmentent tels des ombres démoniaques mais qu’il ne peut plus assouvir puisqu’il n’a plus de corps physique (Steiner, 1910). L’individu revit ainsi une seconde fois les actes de sa vie passée en subissant en bien ou en mal ce qu’il a fait subir aux autres, durant les un tiers de la durée totale de sa vie (Steiner, 1910). Il retrouve seulement ses proches qui sont décédés avant lui, puis ceux qui sont morts après lui. Ceux-ci lui renvoient les impressions – positives et négatives, objectives et subjectives - qu’il leur a laissées de son vivant (Steiner, 1912). Il ne peut que contempler le spectacle de ses actions – tel que le conçoit Aristote -, impuissant parce qu’il ne peut plus rien y changer, ce qui l’attriste au plus haut point. L’individu revit tout ce qu’il a infligé à autrui mais de son point de vue : s’il a pris plaisir à faire souffrir un autre, il revit cette souffrance de façon décuplée. Cela n’a rien à voir avec le karma comme tel ; c’est plutôt une sorte de purgatoire (Steiner, 1910). Si l’individu n’était pas très conscient du spirituel et que ses proches ne l’étaient pas non plus, il ne peut plus sentir leur présence de l’autre côté du voile de la mort et se sent très seul. Steiner parle de la lecture aux défunts afin de leur montrer que l’on ne les oublie pas ; ce qui toutefois ne correspond pas au spiritisme ni au médiumnisme, que Steiner condamnait (Steiner, 1912) la lecture aux morts n’est pas une communication avec les morts ; elle n’est que dans un sens ; des vivants vers les défunts et surtout pas dans l’autre sens, des défunts vers les vivants pour ne pas les bloquer sur leur chemin de retour. Les éléments de l’âme (astral) sont laissés en arrière dans la sphère de la lune (kamaloca) et l’esprit poursuit sa route vers les mondes spirituels proprement dits. Dans la sphère immédiatement supérieure, celle de Mercure, la force ou la faiblesse morale de l’individu se manifeste (Steiner, 1912). Un individu immoral deviendra un ermite solitaire dans les mondes spirituels. Plus l’individu a été moral, plus il est entouré et en bonne compagnie (Steiner, 1912). Toute douleur morale et spirituelle est guérie au niveau de la sphère de Mercure car tout cela ne peut entrer au Ciel. Ensuite, dans la sphère de Vénus se reflètent les impulsions religieuses et artistiques de l’individu (Steiner, 1912). Il y retrouve ceux qui partageaient ses croyances religieuses comme une communauté de croyants. Un incroyant se trouve encore plus seul, mais un incroyant épris d’art peut compenser son manque de sentiment religieux par le sentiment artistique.

Dans la sphère suivante, la sphère Solaire, n’entre que ce qui est apte à entrer dans l’universel. Le passage de la sphère de la Lune à la sphère du Soleil correspond au passage de la subjectivité de l’âme à l’objectivité du spirituel (Archiati, 1996). Avant le mystère du Golgotha, le Christ était dans la sphère Solaire, mais depuis qu’il s’est uni avec la terre, il ne s’y trouve plus. On n’y retrouve que son reflet. L’individu court ici le risque de confondre Lucifer avec le Christ, puisque les deux se ressemblent et, selon Steiner, disent les mêmes paroles : « vous êtres des dieux » (Steiner, 1912 : 101, 139). Le sort de l’individu au-delà de cette sphère dépend de la compréhension de la part de l’individu de l’universalité des religions et de leur relation avec le mystère du Golgotha – l’union du Christ avec la Terre (Steiner, 1912). C’est d’ailleurs au niveau du Soleil que les transformations majeures de l'individu ont court : la pensée se traduira dans la vie future par la démarche physique et les membres, et inversement, l’état physique des membres se traduira par sa façon de penser (Diet, 2002). Il est donc impossible que l’individu conserve une ressemblance corporelle et psychique d’une vie à l’autre puisque les deux s’inversent : sa pensée formera ses membres et l’action des membres formera sa nouvelle façon de penser.

Dans la sphère de Mars, l’individu quitte définitivement le microcosme pour entrer dans le macrocosme. Il commence à communier avec les êtres des hiérarchies célestes, mais vaguement, puisqu’il ne peut qu’entendre leur « parole » et voir leurs manifestations (Archiati, 1996). Ensuite, au niveau de Jupiter, il comprend la pensée - le Logos – des êtres spirituels qui l’entourent (Archiati, 1996). Enfin, au niveau de Saturne, l’individu est en communion avec les êtres célestes (Archiati, 1996). Là il tourne son regard vers le Zodiaque, au-delà des sphères planétaires, où il peut discerner une figure sublime de Lumière, la lumière du Christ. C’est le « Minuit de l’Existence », la rencontre du Moi Supérieur avec le Christ (Prokofieff, 1995). Devant ce spectacle grandiose l’être humain (si l’on peut encore l’appeler ainsi...) se sent tellement petit et imparfait que naît en lui le désir irrésistible de redescendre sur Terre, puisque ce n’est pas en communion avec les êtres spirituels qu’il peut développer, par exemple, la charité et l’altruisme, mais seulement dans la rude expérience de l’incarnation sur terre, avec tout son lot d’égoïsme et auprès d’autres individus humains. Le moment de la redescente vers une future incarnation correspond à un obscurcissement progressif de la conscience. L’individu perd conscience de sa communion indifférenciée avec les êtres spirituels et ne peut comprendre que leurs manifestations (Archiati, 1996). Peu à peu, l’individu porte un intérêt grandissant pour le devenir historique de l’humanité. Il commence à choisir un couple – le choix est une notion platonicienne importante reprise par Steiner -, dans une nation, une ethnie, une communauté, une famille précise. Trente-six degrés de générations avant la naissance séparent le moment du choix et le moment de l’incarnation, soit près de 1200 ans ! (Archiati, 1996). Un être humain dit « normal » se réincarne deux fois, une fois en homme une fois en femme, à l’intérieur d’une période culturelle de 2160 ans (le soleil prend 2160 ans à parcourir un signe zodiacal de l’année solaire platonicienne de 25 920 ans) donc une fois aux mille ans. Il est possible qu’un individu s’incarne deux ou trois fois de suite dans le même sexe pour des raisons particulières et précises mais pas plus.

L’être humain étant très diversifié, la durée-type d’une incarnation tous les 1080 ans varie beaucoup. Elle peut même se réduire à 500 ans ou presque, surtout aujourd’hui, en période de matérialisme épidémique (Steiner, 1912). Les individus matérialistes, attachés à leur animalité et à l’intellectualité, peinent à évoluer dans les mondes supérieurs et reviennent trop rapidement vers leur prochaine incarnation. Steiner (1912 : 191-192) en donne des descriptions à donner froid dans le dos : les immoraux et les paresseux, une fois décédés, sont incapables de s’orienter eux-mêmes dans les mondes supérieurs et deviennent la proie d'Ahriman, qui les utilise comme esprits élémentaux ahrimaniens, comme forces de destructions, notamment sous la forme de maladies endémiques (bacille, peste, virus) ou d’obsessions poussant des vivants particulièrement immoraux vers le meurtre d’enfants ou de jeunes adultes. Toutefois, les forces de croissance de la jeune personne, qui n’ont pu s’épuiser en raison de son décès précoce, deviennent des puissances spirituelles positives, compensant ainsi l’accroissement du nombre de défunts qui deviennent les instruments d’Ahriman (Steiner, 1912 : 193).

Peu de temps avant la renaissance, l’individu voit le précieux germe de son corps physique lui glisser entre les doigts et filer vers le ventre de la future mère. Profondément attristé, il s’enrobe de substance éthérique prise à même la substance éthérique du cosmos. Il vit dès lors dans l’éthérique et y retrouve le Christ et, à son service, Michaël, qui lui montrent le karma de sa vie (Steiner, 1912). Le choc peut parfois être si grand que l’individu ne s’en remettra pas et passera sa vie à nier son destin et à se fuir soi-même. Après la troisième semaine de développement fœtal, le « noyau » du Moi entre dans le processus de formation du corps, lui imprègne sa forme et commence à s’y incarner (Archiati, 1996). En fait, le Moi ne sera complètement incarné dans le corps que vers la vingtaine. Steiner voit dans les mouvements saccadés et brusques de l’enfant, un indice de l’incarnation incomplète du Moi dans le nouveau-né.

Les étapes de redescente vers l’incarnation sont récapitulées après la naissance : le nouveau-né vit d’abord en communion indifférenciée avec son environnement et son entourage. Il commence à marcher à s’orienter dans une direction précise, tout comme dans la communion, qui constitue « la forme suprême d’orientation et d’engagement sur une voie » (Archiati, 1996). Ensuite, le nouveau-né écoute les paroles - logos - de ses parents, mais sans comprendre. Il devient ensuite capable de comprendre et de parler, puis, lors de la chute des premières dents, un changement majeur se produit dans l’enfant : l’énergie de volonté, qui était monopolisée par le développement physique, est tout d’un coup libérée et peut se transformer en force d’imagination, libérant les énergies nécessaires au développement de la pensée (Archiati, 1996). Le stade d’union avec l’éthérique est ainsi répété, car selon Archiati (1996) et Steiner (1910), la pensée est en rapport avec l’éthérique par sa la capacité de pénétrer et de comprendre les forces cosmiques éthériques.

Manifestations du karma
Steiner a tenté de décrire les processus spirituels qui gouvernent le cycle de la vie et de la mort. Il reste encore à expliquer les rapports qui lient une vie à une autre, individuellement. Au cours de plusieurs vies, disons trois vies d’affilée (a-b-c), une attitude de haine (a) nous revient en souffrance (b) et cette souffrance nous rend stupide et apathique (c) (Steiner, 1912). Au contraire, une attitude d’amour (a) rend plus profondément joyeux (b) et plus apte à comprendre et à connaître le monde (c) (Steiner, 1912). Une attitude à mi-chemin entre amour et haine serait une attitude neutre de devoir (a), laquelle nous revient en indifférence (b), puis se transforme en une vie dépourvue d’orientation, à la dérive (c) (Steiner, 1912). La situation est plus complexe dans le cas de l’envie, une maladie typiquement luciférienne qui concerne le désir et qui constitue une négation de l’individualité d’autrui, une incapacité à se réjouir de son bonheur (Archiati, 1996). L’envie (a) nous rendra plus critique (b) et cette attitude critiqueuse nous revient en insécurité et en dépendance (c), laquelle se manifestera par une faiblesse corporelle (d) (Steiner, 1912). On peut le guérir dans l’enfance en lui pardonnant son erreur, son envie (Archiati, 1996). Le mensonge est une maladie typiquement ahrimanienne qui concerne la vérité objective en ce qu’il consiste à nier l’universel, ce qu’on a tous en commun, le sens du vrai (Archiati, 1996). Le mensonge (a) devient de la légèreté morale et de la frivolité (b), rend le regard fuyant, incapable de faire face au regard d’autrui (c), et tout cela risque de générer des déficiences mentales (d) (Steiner, 1912). On peut corriger partiellement ces traits dans l’enfance en lui lisant des contes, empreints de vérités simples et universelles – justement ce qui avait été nié (Archiati, 1996).

Les maladies ont généralement des causes lucifériennes ou ahrimaniennes (sataniques). Lucifer est le séducteur qui nourrit l’égoïsme, l’ambition, l’infatuation du moi et la dévaluation du corps. Le mysticisme flou, la ferveur religieuse, les rêveurs décrochés, les extatiques  sont lucifériens. À l’inverse, Ahriman est le parfait scientiste matérialiste qui ramène tout au corps ou à des processus matériels et nie la réalité de l’esprit. Il rend l’individu non pas égoïste mais destructeur, intellectualiste abstrait, froid et analytique, calculateur, sans vie, étroit d’esprit, stéréotypé, sec et crispé. Les maladies d’origine lucifériennes sont le fruit du chaos dissipatif des passions : fièvre, instabilité émotionnelle, folie, ivresse, hallucinations, désintégration de l’individu (Schütze, 1978). Les maladies ahrimaniennes sont de même nature que la mort : paralysie, durcissement des artères et des articulations, ossification, calcification, crampes, inflexibilité, lourdeur, insensibilité, sclérose, rhumatismes, etc. (Schütze, 1978) Le mal n’est donc pas simplement l’opposé du bien : le mal est aux extrêmes et le bien et la santé sont le produit d’un équilibre dynamique entre deux excès. Il est ainsi possible de rétablir la santé de l’organisme, de l’âme et de l’esprit en contrebalançant un excès luciférien expansif par son antithèse ahrimanienne contractive et vice versa.

Les ressemblances psychophysiques, les liens de sang et les affinités électives
On sait que dans l’intervalle entre deux vies, au niveau de la sphère Solaire, la pensée et les membres s’inversent : la pensée – intérieure - devient le futur physique – extérieur – et vice versa : l’action extérieure des membres du corps se manifestera dans la façon de penser. De la même façon, Steiner explique que les ressemblances psychophysiques des individus d’une même famille proche, que la science actuelle attribue à l’hérédité, seraient en fait les signes extérieurs que l’esprit même de ces individus se ressemble (Archiati, 1996). C’est d’abord parce qu’ils s’aiment et se ressemblent en esprit qu’ils se sont incarnés dans la même famille et, par conséquent, qu’ils se ressemblent physiquement. Steiner affirme de plus que, d’une vie à l’autre, les liens héréditaires, les liens de sang, alternent avec les liens d’affinités (Archiati, 1996). Par exemple, les individus avec lesquels j’ai développé des liens d’affinité et d’amitié, sur une base libre, je les retrouverai parmi les membres de ma famille dans ma prochaine vie. Et inversement, les membres de ma famille actuelle, en plus d’avoir été mes affins dans ma vie antérieure, seront mes affins dans ma prochaine vie. Puisque ceux qui développent des liens d’affinité en viennent à se ressembler au niveau psychique et que, dans l’intervalle entre deux vies, l’extérieur et l’intérieur s’inversent, par conséquent, dans leur prochaine vie, ils se ressembleront physiquement, d’autant plus qu’ils seront unis par le sang. Puis, lorsque les membres de cette même famille se retrouvent enfin dans l’intervalle spirituel entre deux vies, ils développent le désir de nouer, dans leur prochaine vie, des liens libres, fondés sur les affinités (Archiati, 1996). Ils prévoient ensemble qu’ils se retrouveront entre vingt et quarante ans sur la base de leur liberté - fondée sur le karma, certes, mais libérée des liens de sang (Archiati, 1996). On peut changer la qualité de nos relations avec nos consanguins, mais le lien de sang lui-même ne peut être changé ; dans le cas des liens d’affinités, on est complètement libre de nouer et de dénouer des relations sociales selon notre désir. C’est certain qu’en vertu du karma on attire à soi ce que l’on est, qu’on le veuille ou non, mais plus on en est conscient, moins on est soumis au déterminisme des liens karmiques. Steiner souligne aussi qu’à peu d’exception près, les mêmes individus se réincarnent en groupe et rencontreront au cours de leur vie seulement les individus avec lesquels ils sont karmiquement liés (Archiati, 1996). Il sera donc à jamais impossible de se réincarner en même temps que notre arrière arrière grand-père car celui-ci est décédé avant notre naissance. Lui se réincarne en même temps qu’un groupe karmique particulier et différent du nôtre, qui inclut seulement les individus auxquels il est karmiquement lié.

 

 

A suivre : Modalités du karma.